La gestion de la pandémie passe à l’heure d’hiver !

Par Gauthier Jacques, rédacteur en chef.

Covid Safe, loi pandémie, CODECO… on fait le point.

Depuis près de deux ans, nous ne cessons de parler de cette fameuse pandémie, des variants, des vaccins, et bien plus encore. Bien que la Covid-19 comptabilise jusqu’à présent 4,6 millions de décès dans le monde, ce n’est la plus meurtrière des pandémies. Rappelons-en brièvement deux autres. La première est la peste noire. Entre 1347 et 1351, la peste bubonique se répand dans toute l’Europe et sera responsable de la mort d’environ 25 millions de personnes sur tout le continent. La deuxième est la grippe espagnole. À la fin de la Première Guerre mondiale, les autorités de santé publique n’avaient pas de protocoles officiels en place pour faire face aux pandémies virales. La grippe espagnole – dont le foyer principal était chinois et non espagnol – fera plus de 500 millions de contaminations et 50 millions de victimes, soit plus que la guerre en elle-même pour être tout à fait précis.

Si nous nous arrêtons quelques instants pour faire le point sur la situation mondiale, le constat est sans appel. Hausse des contaminations, comme nous pouvons le constater dans le graphique ci-dessous.


Source: ECDC, Our World in data. Chiffre jusqu’au 17 octobre, données pour la Finlande et Suède indisponibles.

Le graphique montre que, parmi tous les pays d’Europe occidentale à la forte couverture vaccinale, l’Irlande et la Belgique sont ceux qui connaissent l’augmentation la plus rapide du nombre d’infections et d’hospitalisations. Mais quelle est la situation de nos pays voisins ?

Aux Pays-Bas, le gouvernement de Mark Rutte a demandé à son organe consultatif dans la lutte contre la pandémie (l’Outbreak Management Team) de formuler des recommandations de mesures supplémentaires. Chez nos voisins français, l’Hexagone réussit à contenir le virus. Avec l’introduction du Pass sanitaire, la France a pu augmenter considérablement son taux de vaccination ; 74% de la population pourrait être vaccinées d’ici la semaine de Toussaint. Pour le Luxembourg, le gouvernement a également instauré le Pass sanitaire dans l’optique d’augmenter le taux de vaccination puisqu’il reste encore un quart de la population adulte qui n’a pas encore reçu de dose de vaccin. Et pour le sud de l’Europe, le virus est contenu. Quand la Covid-19 est arrivée en Europe, au printemps 2020, l’Italie, l’Espagne ou encore le Portugal étaient les pays les plus touchés. Aujourd’hui, leurs statistiques sont parmi les meilleures d’Europe.

Et la Belgique dans tout ça ? Quid du dernier CODECO ?

Avancé à ce mardi, la réunion du Comité de concertation – initialement prévue ce vendredi – a pris plusieurs responsables de court. Ni Sophie Wilmès (au Rwanda), ni Pierre-Yves Dermagne (au Danemark aux côtés du Roi), ni Rudi Vervoort (en Turquie), ni Jan Jambon (à Dubaï) n’étaient physiquement présents. Ne soyons pas alarmistes, ce n’est pas un retour au confinement, tant s’en faut ! Cependant la parenthèse estivale est terminée et la gestion de la crise passe à l’heure d’hiver. La page de l’épidémie n’est pas encore tournée. Outre le retour du port du masque dans tous les espaces publiques intérieurs ou l’imposition du Covid Safe Ticket (CST) dans tout le pays, la loi pandémie sera activée.

Cette loi a été publiée au moniteur le 20 août et est entrée en vigueur le 4 octobre dernier. Pour qu’elle soit utilisée, il faut d’abord qu’une situation d’urgence épidémique soit déclarée par un arrêté royal, sur base d’une délibération du conseil des ministres. Il faut, ensuite, déclencher la phase fédérale de gestion de crise. Des arrêtés royaux doivent être pris pour fixer les mesures restrictives de liberté à instaurer : accès au territoire, limitation d’accès ou fermeture de certaines catégories, limitation ou interdiction de rassemblements, limitation ou interdiction de déplacements, conditions d’organisation du travail, etc. Dans la suite logique, la Chambre a 15 jours pour confirmer ou infirmer mais il ne faut pas attendre cette ratification pour la mise en œuvre des nouvelles règles. En cas de concertation non-aboutie « le fédéral peut décider seul » déclare Patrick Goffaux, professeur de droit administratif à l’ULB. Par ailleurs, les autorités locales peuvent prendre des mesures complémentaires via les bourgmestres ou gouverneurs.

D’aucuns vitupèrent contre ces possibles restrictions liberticides et populicides – comme l’aurait très justement souligné Gracchus Baboeuf – mais une telle loi n’est pas une première dans notre pays. En effet, un décret sanitaire avait notamment été pris dans une situation de choléra en 1831 qui punissait de peine de mort les contrevenants. Nous sommes, donc, bien loin des amendes, peines de travail ou des peines de probation autonome imposées par cette nouvelle loi pandémie.

Sources 

Six pandémies qui ont marqué l’histoire, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (Dossier Léguer Serain, pp. 10-11).

Gérer la crise la crise sanitaire avec la loi pandémie, cela change quoi ? , l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.3).

Comment l’Europe répond à la hausse des contaminations au covid, l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.4).

La loi pandémie sera activée, les mesures harmonisées, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (pp. 4-7).

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