La crise du Covid dans les écoles, ou comment rendre les choses toujours plus compliquées.

Par Nathan EYNATTEN

Depuis mars 2020, et l’annonce de la fermeture totale des écoles pendant une période indéterminée, il est évident que le rythme scolaire a totalement été bouleversé. Tous les acteurs de l’enseignement s’accordent à le dire : rien n’est plus comme avant ! Effectuons un petit tour d’horizon sur ce qui a changé et sur les conséquences désastreuses que cela peut avoir…

Première étape : suspension des cours

Cette mesure, prise dans l’urgence, nous ne pouvons pas fondamentalement la critiquer ; qui pourrait prétendre ce qu’il était bon de faire dans une situation de crise comme celle qu’a dû gérer notre ancien gouvernement, alors que l’ensemble des experts annonçaient une catastrophe épidémiologiste en cas d’inaction.

Cependant, aujourd’hui, nous pouvons constater les dégâts, en termes d’apprentissages, qui ont été causés par cette fermeture des institutions scolaires. Les enseignants n’ont pas pu terminer le programme de l’année en cours ; il revenait donc aux enseignants de l’année suivante de terminer les apprentissages essentiels pour continuer à accumuler des compétences.

La fermeture totale des écoles a également eu comme impact une énorme cassure dans le rythme scolaire, à tous les niveaux de l’enseignement (de l’école maternelle jusqu’à la dernière année de master universitaire). En effet, les élèves se levaient quand ils le souhaitaient, n’étaient pas contraints de travailler pour l’école … c’était, en quelques sortes, de belles vacances supplémentaires. Comment revenir à un rythme plus ou moins régulier par la suite ? Surtout que, nous allons y venir, l’école n’a jamais réellement repris…

Deuxième étape : reprise partielle des cours

Avant la fin de l’année scolaire 2020-2021, certains élèves ont pu retourner à l’école : les élèves ayant des difficultés d’apprentissage et nécessitant un accompagnement privilégié – bonjour le système discriminatoire, Madame Désir. Les autres devaient apprendre à utiliser une plateforme numérique tout en gérant le travail que les professeurs leur donnaient. Notons à ce stade que les professeurs, plus que jamais, ont été également sollicités d’une manière inédite : ils ont dû adapter en un temps record l’ensemble de leurs cours en version numérique pour garantir les bases solides de l’enseignement de base.

Perte de motivation, lacunes dans les apprentissages et essoufflement du corps professoral ne sont que trois exemples de conséquences que les élèves ou leurs enseignants ont pu ressentir pendant cette fin d’année scolaire. Malheureusement, ils n’étaient pas au bout de leur peine…

Troisième étape : entre le « vert pastelle » et le « rouge sang » – un arc-en-ciel de couleurs liberticides

Nous exagérons le trait, bien entendu, lorsque nous parlons de « couleurs liberticides », veillez nous en excuser, Madame la Ministre, mais… malgré tout… vous admettrez que votre code couleur qui avait pour vocation de réguler les ouvertures/fermetures des écoles dès la rentrée 2020-2021, n’avait rien de clair.

Au départ, nous avions envie de croire que l’épidémie était dernière nous : nous rentrions en code vert ! Ce code vert n’aura, in fine, duré que quelques jours puisque la situation épidémiologique s’aggravait : passage au code orange amorcé !

Les écoles étaient donc invitées à organiser les cours en hybridation – sauf pour les élèves du primaire et du premier degré secondaire. Il fallait donc trouver un moyen d’organiser les cours à moitié à l’école et à moitié à la maison. Les parents devenaient donc des enseignants, pendant qu’eux aussi ils télétravaillaient, les élèves jonglaient avec l’ordinateur et leurs cours, enfin… s’ils y arrivaient, et ce sans aucun stresse car, comme l’année précédente, la ministre de l’Enseignement obligatoire l’avait déjà annoncé : lors des délibérations, les enseignants et les directions seront amenés à considérer l’hybridation et donc à être indulgents. Traduction : vous passerez tous, sauf grosses exceptions.

L’année 2020-2021 a été une succession de changements de couleur, en fonction d’abord de la situation en FWB, puis au niveau régional, puis au niveau local … bref un casse-tête sans nom que personne ne comprenait.

Quatrième étape : qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis le début de cette année scolaire, les écoles sont ouvertes et les élèves peuvent suivre les cours à temps plein en classe. Sauf que, dans les faits, les choses ne sont pas aussi simples. Le virus est toujours présent, donc il n’est pas impossible qu’une quarantaine soit exigée pour un élève, et donc c’est au professeur de s’adapter : donner cours en se filmant pour être en direct chez les élèves absents. Tenter, tant bien que mal, de gérer les apprentissages malgré les lacunes accumulées. Essayer de redonner aux élèves le plaisir d’apprendre, et surtout de leur réapprendre la vie à l’école, car comme expliqué ci-dessus, les deux dernières années scolaires n’a pas aidé nos jeunes dans leur rythme…

Une peur règne dans les écoles : le retour à l’hybridation ou – pire encore – une nouvelle fermeture totale des écoles.

L’enseignement est un secteur qui aurait toujours dû être considéré comme essentiel, et qui pourtant, aujourd’hui, est mal mené.

Les Jeunes MR plaident pour un retour à la normalité dans les écoles, un retour aux apprentissages réels et efficaces, une vraie considération des enseignants et de leurs élèves.

Nous encourageons nos dirigeants à prendre en compte la réalité du terrain avant d’annoncer sur un plateau de télévision des mesures qui sont encore loin d’être prises. Les directions des écoles sont à bout de souffle, ils attendent avec impatience les nouvelles circulaires dans lesquelles ils risquent d’apprendre que leur rôle va encore changer. Vont-ils devenir médecins, agent de tracing ? Vont-ils être amenés à devoir, une nouvelle fois, organiser un sens de circulation dans l’école ou vont-ils devoir investir dans des logiciels pour permettre une hybridation ? Bref, quand vont-ils retrouver leur fonction principale : gérer un établissement scolaire où l’objectif est de garantir à chacun des élèves un épanouissement et une qualité d’apprentissage ?

Nous encourageons également nos enseignants à tenir le coup, les jeunes MR savent qu’ils sont sur le front chaque jour pour faire du mieux qu’ils peuvent. Leur objectif reste l’accompagnement des jeunes dans la réussite, et pour cela nous leurs sommes reconnaissants !

Enfin nous pensons à chacun d’entre nous, jeune élève, jeune étudiant ou jeune diplômé, qui doivent, chaque jour, augmenter notre capacité d’adaptation.

En résumé : gardons le cap ! Soyons forts, nous allons pouvoir tenir le coup.

Nathan EYNATTEN – Délégué jeunesse, enseignement, formation & vie étudiante.

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