Rencontre avec Caroline Taquin, une Courcelloise Bourgmestre et Députée

Par Guillaume Chiarappa, journaliste Piccolo. 

Présentez-vous en quelques mots

Je suis institutrice primaire de formation et maman de deux adolescents de 16 et 17 ans.

Je me suis investie en politique en 2005 et ma première élection date de 2006 au conseil communal de Courcelles et au conseil provincial du Hainaut. Je me suis ensuite présentée aux élections fédérales en 2007 et aux régionales en 2009 encouragée par Véronique Cornet et Olivier Chastel. J’ai été à nouveau sur le pont aux côtés d’Olivier Chastel en 2010. En 2012, après 50 ans de gestion socialiste à Courcelles, 3ème commune de l’arrondissement de Charleroi (31000 habitants), nous avons rassemblé une majorité avec le CDH et ECOLO et je deviens Bourgmestre

En 2014, j’ai été candidate (élue un bref instant !) sur la liste fédérale menée par Olivier Chastel mais le système de dévolution de la case de tête m’écarte des enjeux du Parlement fédéral. En 2018, la Liste du Bourgmestre a remporté la majorité absolue aux élections communales, et j’ai de nouveau ouvert notre majorité, par loyauté, au CDH et ECOLO. En 2019, Denis Ducarme et Charles Michel me font confiance pour la 3ème place sur la liste de la Chambre et les citoyens m’accordent d’être Députée fédérale. Je m’investis pleinement en Santé, Intérieur, Émancipation sociale notamment.

Je suis donc actuellement maman, le plus beau métier du monde, et députée fédérale ainsi que bourgmestre de Courcelles.

Vous êtes surnommée le “bulldozer bleu”, cela vous rend-il fier ?

Je trouve le terme pas très féminin  mais si c’est pour souligner le travail au quotidien et la majorité absolue conquise en terre carolorégienne ça me va ! Je suis assez déterminée et je me suis forgée aux valeurs libérales et sociales instinctivement et naturellement. J’aime aller à l’essentiel, je suis pragmatique et j’évalue sans dogmatisme sur base d’analyses concrètes. Ensuite en fonction des résultats, on développe encore et on réoriente si nécessaire en fonction des témoignages de la population. 

Mon leitmotiv : être utile. Trouver la solution individuelle qui m’est présentée et améliorer la vie collective, dans la mesure des possibilités. Pour assurer un cadre de vie positif et une cohésion sociale (cela vise donc beaucoup de dossiers en sécurité, logement, aide sociale, environnement, sport, vie associative, folklore, patrimoine, culture,…). Mes deux mandats, l’un local et l’autre fédéral, sont énergivores, mais extrêmement complémentaires. Et puis aux côtés du « bulldozer » il y a évidemment une équipe… avec des pelleteuses, des chargeuses, des tractopelles, des rouleaux compresseurs. Et aussi des services communaux qui doivent être au plus près des citoyens. Alors fière d’une dénomination non, mais fière et contente du travail bien fait évidemment ! Fière de pouvoir aider, d’apporter du plus et du mieux. Mais humblement, car je sais que chaque jour est une nouvelle histoire… Par ailleurs, je tiens à préciser que j’ai décidé d’ouvrir politiquement mon collège, l’échange avec un partenaire politique dans une majorité me semble très important et utile.

La majorité absolue sur votre commune, c’est… 

La démonstration qu’il n’y a rien de figé, qu’il n’y a pas de fatalité et qu’avec de la pédagogie, de la proximité, de la confiance et du travail, beaucoup de choses sont possibles. Et c’est donc aussi la démonstration qu’il n’y a jamais rien d’acquis ! 

La majorité absolue, c’est une facilité de travail pour avancer plus vite et en cohérence dans toutes les compétences communales. C’est aussi une grande responsabilité, car il n’y a pas de « faux-semblants » ou de « jeux » que l’on peut observer dans la dilution des responsabilités vu notre système électoral de coalition politique, avec souvent de nombreux mouvements politiques qui composent une même majorité. Car ce qui est essentiel c’est la cohérence dans l’action que l’on mène.

En votre qualité de Bourgmestre qu’avez-vous mis en place sur votre territoire communal lors de cette crise sanitaire ?

On s’est adapté assez vite et je suis fier de notre collège et des services communaux qui ont dû se mettre à travailler autrement. On essaie d’être le plus à l’écoute possible dans les conditions de confinement et de semi-confinement, c’est différent, le contact et la vie sociale me manquent, mais je pense qu’on y arrive vu les circonstances. 

Il faut juste que ça s’arrête très vite. On essaie de communiquer un maximum d’informations claires et concrètes. Concrètement, je pense évidemment aux stocks d’équipements pour le personnel médical et de soins de mon entité, car ça n’arrivait pas de la région ou du fédéral. Nous l’avons fait le plus vite possible dès la première vague.

Voici trois actions que nous avons mises en œuvre depuis ces 12 mois de crise :

    1. « Courcelles écoute ». C’est une ligne d’écoute mise en place par le PCS et gérée par la coordinatrice de la maison de village qui est aussi psychologue. Ce call center a pour but d’aider les personnes souffrant psychologiquement de la crise sanitaire que ce soit à cause du stress, de l’isolement, de l’épuisement ou encore de deuil… Depuis quelques semaines, le service propose également une permanence solidaire, d’accueil, d’écoute et de réorientation pour les personnes qui en ont besoin. 
    2. L’économie locale. Nous avons mis en place une aide financière à tous les secteurs impactés par les mesures liées au confinement. Des primes ont été octroyées aux différents secteurs économiques (Horeca, commerçants, ambulants, forains, sociétés de taxis, clubs sportifs et sociétés folkloriques) touchés par la crise allant de 300 à 600€ selon la phase à laquelle leurs activités ont pu reprendre ou pas encore.
      Nous avons mis en place très vite des chèques sous la forme de bons d’achat de 10 € pour les adultes et 2×20 € pour les enfants (de moins de 18 ans) qui ont été distribués aux citoyens à dépenser dans les commerces locaux. L’objectif de ce projet était la relance économique de nos commerces. Le montant alloué à ce projet est de 700.000 € !
      Par ailleurs, bien logiquement nous avons décidé que des taxes soient gelées ou annulées (terrasses, enseignes, débit de boissons…). Ceci représente +/- 50.000€/an !
    3. La protection sanitaire dans nos écoles. Nous avons acheté des masques pour les enseignants, des masques pour les familles, taille adulte et taille enfant. Encore récemment des FFP2 pour le personnel scolaire. Et nous avons fait le choix du port du masque dans l’école primaire alors qu’il était impossible d’avoir une réponse claire du ministre de la santé ou des experts. Ces derniers mois nous ont d’ailleurs montré que nous avons bien fait… Ce n’est pas facile. Nous le faisons avec beaucoup de pédagogie et je remercie d’ailleurs les enfants et les familles qui adhèrent à cette mesure à plus de 80% depuis des mois. J’espère que nous pourrons revoir cette mesure. En tout cas je me suis rendu compte, une fois de plus, qu’il faut prendre ses responsabilités. Personne ne décide pour vous. La crainte de décider, c’est quelque chose que je n’ai jamais aimé. Il faut analyser. Se faire conseiller et puis décider. Nous l’avons fait en équipe.

Depuis votre entrée au parlement, quel est le dossier qui vous a tenu le plus à cœur ? Et pourquoi ?

Je ne peux pas vous en donner un seul ! Je suis membre effective de la Commission Intérieur, de la Commission Santé et notamment aussi du Comité de l’Émancipation sociale. Il y a bien sûr ma proposition pour soutenir les infirmiers indépendants et de soins à domicile. Elle a été adoptée par le Parlement récemment et demande des aides très concrètes pour eux (indemnité pour la logistique des visites de soins à domicile, augmentation de leur prime informatique, simplification du regroupement infirmier, révision de la nomenclature des actes infirmiers qui méritent mieux, création d’un cadastre dynamique pour tous les infirmiers du pays…). Il y a aussi la proposition de loi visant l’interdiction de vente de protoxyde d’azote aux moins de 18 ans. Ces capsules de gaz, de plus en plus détournées de leur usage et inhalées par des jeunes, gaz qui peut faire des dégâts terribles sur la santé. Je suis aussi heureuse d’avoir participé à des propositions sur les violences intrafamiliales (formation des services d’accueil, place des pharmaciens dans la prévention et assistance…) et sur le « Covid longue durée ». Et je suis aussi contente d’avoir déposé une proposition de loi pour le financement fédéral des fins de carrière pour nos policiers ‘NAPAP’. Cela représente 46 millions d’euros pour les zones de police du pays, c’est extrêmement important pour les policiers, mais aussi pour les finances communales qui elles-mêmes financent les zones de police. Beaucoup de sujets et problèmes me tiennent à cœur. Nous allons prochainement déposer un texte sur l’encadrement des soins psychiques au niveau Santé mentale avec un lien aussi avec la lutte contre les harcèlements (qu’ils soient scolaire, familial, professionnel ou sectaire).

Ça ressemble à quoi, une vie de Députée-Bourgmestre ?

J’ai une formation d’institutrice et j’ai déjà de nombreuses années d’engagement politique. Avant d’être élue bourgmestre, il y a un cheminement, assez collectif d’ailleurs au niveau local. Comme ça n’arrive pas du jour au lendemain, on se forme et on acquiert de l’expérience avec le temps. On ressent d’ailleurs cela lorsqu’on se retrouve en charge de telles responsabilités. Être bourgmestre, c’est une action qui vous colle à la peau. Vous ne déposez pas dans le hall votre fonction en rentrant, c’est réellement du 7j/7 et presque 24h/24. On ressent évidemment un sentiment du travail accompli lorsqu’on est réélue, mais on voit de suite tout ce qu’il faut faire « maintenant », demain et pour après-demain : dans le fonctionnement quotidien et pour investir dans les services et les infrastructures pour développer les services, son entité et sa région. Lorsque vous avez la possibilité de coupler cela avec un travail d’équipe locale et au parlement fédéral comme je le fais depuis bientôt deux ans, c’est vraiment intéressant, car vous avez les deux pieds dans le quotidien et vous pouvez tenter d’agir là où l’on fait les lois, où on peut les modifier, où on peut les améliorer. Je le vis très fréquemment, en matière de santé ou de sécurité notamment. Les journées sont bien remplies, j’aime ce que je fais. Je le fais complètement investie mais je veille à avoir toujours le recul nécessaire. Par ailleurs, j’aime évidemment mes moments de vie familiale, il faut un équilibre, c’est indispensable. J’essaie d’être toujours à l’écoute de mes enfants et d’échanger aussi, c’est très souvent fort intéressant pour moi, je pense que ça l’est pour eux aussi ! 

Étiez-vous avant aux Jeunes MR, vous y faisiez quoi ?

Ah oui, c’est par là que j’ai débuté et j’y tiens ! J’ai participé à la création des JMR de Courcelles en 2006 avec d’autres jeunes qui font partie de mes merveilleux souvenirs pour toujours. Nous avons initié les ramassages de déchets, les récoltes de matériels scolaires, “un cours un sac” (On aidait les enfants à préparer leur CEB et les parents donnaient des sacs pour notre action propreté en échange), nous avons créé avec Joël Hasselin, qui est échevin aujourd’hui, un grand événement annuel pour mettre en valeur tout l’associatif de Courcelles à la veille de la rentrée des classes … J’étais également déléguée aux jeunes élus dans la section provinciale. Je suis reconnaissante pour la confiance qui m’a été accordée à l’époque par Jean-Claude Meurée mon chef de file en 2006 et fière du soutien que nous apportons à nos jeunes et dont ils prennent soin !  

Aurore Goossens travaille à mes côtés à la commune, au parlement fédéral et est un exemple d’investissement, de responsabilité et de confiance.

Source photo DHhttps://www.dhnet.be/regions/charleroi/caroline-taquin-positive-au-covid-au-lit-depuis-une-semaine-5f8d76d0d8ad5827055f422f

Les solutions de Denis Ducarme pour soutenir les Indépendants

Pour cette troisième et dernière capsule vidéo, vous retrouvez notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques et son invité de marque, Denis Ducarme, Député fédéral MR et ancien Ministre fédéral.

Nous terminons cette interview sur un dossier particulièrement important pour Denis Ducarme. Il s’agit des solutions qu’il propose pour soutenir les Indépendants durant cette double crise sanitaire et économique. Par exemple: des baisses de fiscalité, la “Class action”, primes, etc.

Enjoy et surtout, n’oubliez pas de vous abonner à la chaîne des Jeunes MR!

Les surprises de Denis Ducarme

Pour cette deuxième capsule vidéo, vous retrouvez notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques et son invité de marque, Denis Ducarme, Député fédéral MR et ancien Ministre fédéral.

Cette fois-ci, l’interview prend une direction un peu plus sympathique où vous découvrirez quelques surprises sur notre invité: la cuisine italienne, le foot, ou encore le style de musique qu’il écoute!

Enjoy et surtout, #staytuned pour la troisième vidéo!

Denis Ducarme, sa présentation et sa motivation en politique

Pour cette nouvelle interview, vous retrouvez Gauthier Jacques, notre journaliste Piccolo, en présence de Denis Ducarme, Député fédéral et ancien Ministre fédéral. Nous commençons cette série de 3 capsules vidéos par vous présenter le parcours personnel de M. Ducarme ainsi que l‘implication des jeunes en politique.

Alors nous te retrouvons vite pour la suite! #staytuned

L’interview de Georges-Louis Bouchez: la place de la religion au sein de la société

Pour cette quatrième et dernière capsule, retrouvez notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques et Georges-Louis Bouchez pour aborder la place de la religion au sein de notre société.

Les convictions religieuses, les signes religieux ostentatoires ainsi que le respect de la neutralité des agents de l’Etat: ce sont des sujets importants pour les Libéraux! Cette 4ème capsule termine donc l’interview de Georges-Louis Bouchez, ce Jeune MR Président du MR.

On se retrouve très bientôt sur le PiccoloMag pour des nouveautés et, comme toujours, #staytuned!

Être jeune pendant la pandémie de Covid-19: la perspective de Georges-Louis Bouchez

Pour cette troisième partie de l’interview de Georges-Louis Bouchez, notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques aborde avec notre invité le vécu de cette pandémie de Covid-19 par les jeunes. Qu’ils/elles soient aux études et ne peuvent plus avoir de vie étudiantine ou qu’ils/elles ne travaillent plus à cause du confinement, les jeunes connaissent une période particulièrement difficile et leur vie sociale en souffre.

Cependant, bien que leur avenir proche soit encore chamboulé par les règles sanitaires, il faut garder espoir et optimisme une fois que cette pandémie sera terminée!

La fin de l’interview arrive alors #staytuned!

L’interview de Georges-Louis Bouchez: l’implication des jeunes en politique

Pour cette deuxième partie de l’interview de Georges-Louis Bouchez, notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques aborde l’implication des jeunes en politique notamment sur le long terme. Quel est le rapport des jeunes d’aujourd’hui à la politique et surtout aux partis politiques? Découvrez ce qu’en pense ce Jeune MR Président du MR!

La suite de l’interview arrive alors #staytuned!

L’interview de Georges-Louis Bouchez: du militantisme libéral montois au Président de parti

Retrouvez Gauthier Jacques, notre journaliste Piccolo, et Georges-Louis Bouchez, Président du Mouvement Réformateur, pour une interview en plusieurs parties. Nous commençons d’abord par vous présenter son parcours politique: du militantisme libéral montois au mandat de président de parti, et ce alors qu’il n’a que 34 ans, Georges-Louis Bouchez a connu un parcours déjà bien chargé!

La suite de l’interview arrive prochainement alors #staytuned!

Rencontre avec Valérie Glatigny, Ministre de l’enseignement supérieur

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Guillaume Chiarappa, journaliste Piccolo, a eu l’occasion d’interviewer Valérie Glatigny, Ministre de l’enseignement supérieur à la Communauté française, sur l’impact de la crise sanitaire sur les étudiants et leurs résultats aux examens.

Quelles sont les mesures pour aider les étudiants du supérieur durant cette crise Covid-19?

On a prévu un renfort financier pour les premières années. Le gouvernement a dégagé 6 millions d’euros pour soutenir des étudiants de première année par exemple pour engager des étudiants assistants qui pourront donner un coup de main à des étudiants en détresse.

La crise sanitaire a-t-elle affecté le taux de réussite et de participation des étudiants aux examens?

Alors ça c’est l’heureuse surprise, les résultats sont plus positifs qu’attendus. On s’attendait à une hécatombe au vu des retours sur la détresse des étudiants. Il ne faut certainement pas faire de triomphalisme, on n’est pas ici en train de dire que ça s’est bien passé mais on s’attendait à quelque chose de catastrophique. Il y a eu des problèmes par exemple avec les étudiants de Bac 1 dans certains établissements. Ils ont un petit peu moins réussi. Dans d’autres, ils ont mieux réussi mais globalement l’appréciation était plutôt positive avec un taux de présence aussi légèrement supérieur. Il y a quand-même une différence entre les examens à distance et les examens en présentiel. Les étudiants ont moins bien réussi les examens à distance que les examens en présentiel. C’est à nouveau une moyenne ou une appréciation générale plutôt positive et ce n’est en aucun cas le carton qu’on craignait. Ça veut dire que malgré la détresse psychologique, les étudiants ont réussi à rester connectés sur leurs apprentissages.

Comptez-vous organiser une campagne de communication à l’adresse des étudiants qui listeraient les lieux de soutien (notamment pour leur santé mentale)?  

Je suis contente que vous l’évoquez parce qu’on a vu de manière répétée les établissements pour leur indiquer de relayer les différentes aides. J’ai également vu la FEF et les conseils étudiants. On leur a indiqué où les étudiants peuvent trouver des informations sur toutes les aides qui existent y compris les aides psychologiques. 

Ils peuvent se rendre sur le site de leur établissement. Il y a toutes les informations sur les aides que les étudiants peuvent trouver. Par exemple, si un étudiant veut un soutien psychologique, il peut se tourner vers son établissement, il y a des services sociaux qui peuvent l’aider et le diriger vers un service d’aide psychologique ou rembourser la consultation chez le psychologue… Donc tout ça existe déjà, il faut juste le faire savoir aux étudiants car, ce que je remarque, c’est que souvent les étudiants ne reçoivent pas l’information. C’est passer à l’action qui est problématique. Ils pensent sûrement que c’est stigmatisant d’aller demander de l’aide, c’est juste normal dans les circonstances actuelles. Je pense qu’il faut encourager les étudiants à  se tourner vers leurs établissements pour demander de l’aide. Il ne faut surtout pas rester avec un problème d’ordre financier ou d’ordre psychologique. Je pense qu’il faut vraiment pousser la porte de son établissement, envoyer un e-mail ou contacter par téléphone le service social. Surtout si cette aide permet d’éviter que les étudiants interrompent leur année. Peu importe la difficulté, de l’aide existe. Par exemple: un problème pour payer le loyer d’un kot, pour manger, pour rembourser une consultation psychologique, pour payer une connexion Wi-Fi, etc…

Quelles leçons tirez-vous de cette presque première année de digitalisation massive des cours en supérieur?

Y a-t-il des bonnes pratiques à garder?

Oui, nous avons d’ailleurs demandé une étude sur ce sujet  à l’ULB pour pouvoir étudier toutes les bonnes pratiques. Celle-ci est attendue pour le mois de juin ou de juillet. C’est évident que ce n’est pas chouette ce qui nous arrive mais je suis sûr qu’il y a des leçons à tirer notamment de ce basculement brutal vers l’enseignement à distance, qui s’est rapidement mis en place. Certes, il y a eu beaucoup d’inquiétudes parce que lors des examens à distance, des bugs sont apparus, comme ce fut le cas l’année dernière. Cette année aussi d’ailleurs, il y a eu quelques bugs les premiers jours d’examens parce que les systèmes informatiques n’étaient pas préparés à être sollicités par autant de personnes. Le même jour, nous avons tiré les leçons de ces problèmes notamment en organisant des tests à blanc, en mettant en place des classes inversées. De plus, il y a eu beaucoup de professeurs qui n’avaient jamais utilisé le principe de la visioconférence avant la pandémie

Quelles sont les améliorations à apporter?

Il doit aussi y avoir une évaluation par les établissements pour voir ce qui a fonctionné ou non. Pour le moment, nous ne sommes pas encore dans  la phase de réflexion sur le sujet car il est encore trop tôt. Notre principal combat pour le moment, c’est de vous diplômer de la meilleure manière possible et surtout un maximum d’étudiants.

Comment avez-vous perçu les appels à l’aide des étudiants ?

Comme des crèves cœurs…  C’est vraiment très difficile, je suis ministre de l’enseignement supérieur depuis septembre 2019 et nous avons eu de septembre à mars pour essayer de déployer davantage l’enseignement supérieur.  On a rêvé de mettre en œuvre des réformes et puis en mars, on nous dit qu’il faut fermer tout pour des impératifs sanitaires. Oui, c’est un crève-cœur, quelque chose de pas naturel, de contre nature. Devoir empêcher les activités d’apprentissage ou les limiter et puis trouver une solution pour qu’elles aient lieu quand même malgré tout, c’est une situation inédite. Je pense que mes collègues sont d’accord avec moi. Je suis convaincue qu’aucun ministre de l’Enseignement  ne rêve de fermer une école.

Je lis tous les jours dans la presse que la jeunesse est sacrifiée. Si, en effet, il faut donner plus d’oxygène à cette jeunesse, peut-être faut-il que les adultes restreignent leurs activités. Je pense aussi qu’il faut qu’on respecte mieux les règles sur le télétravail. Je vois les étudiants qui ne peuvent toujours pas reprendre le chemin des auditoires. De plus, je pense que cette logique sanitaire commence à atteindre ses limites et qu’il faut maintenant entrer dans une logique de bien-être psychologique.

Alice Leeuwerck, une bourgmestre au coeur de l’action!

Le point de vue d’une mandataire publique au coeur de l’action pour lutter, au niveau local, contre le coronavirus, nous le recevons d’Alice Leeuwerck. Elle est bourgmestre Jeune MR de Comines-Warneton depuis 2018. 

Cindy Claeys, notre journaliste Piccolo, l’a rencontré pour faire le point sur la gestion de cette crise.

Quelles mesures as-tu prises à Comines-Warneton pour lutter contre la crise sanitaire?

La commune de Comines-Warneton a connu un grand élan de solidarité durant la crise, que ce soit pour la confection de masques ou la livraison de courses à domicile. 

Mon objectif principal au début de la pandémie était de toucher tout le monde avec une communication précise, que ce soit les jeunes via Internet mais aussi les personnes plus âgées et isolées sans télévision et sans Internet. Une grande partie de cette communication en ligne est passée par les réseaux sociaux (compte Instagram de la ville, etc.). Nous avons également créé plusieurs supports comme des bandes dessinées ou des communiqués que nous diffusions régulièrement. Nous faisions aussi circuler les informations issues des autres niveaux de pouvoir pour que nos citoyens et citoyennes soient au courant de tout. Dans ce travail de communication, nous avons aussi édité avec l’aide de l’asbl “Comines Contact Culture” des petits journaux d’informations avec des lettres et des jeux. 

A la mi-mars, nous avons aussi lancé l’initiative “Masque citoyen”. Il s’agissait d’un réseau de bénévoles qui confectionnaient des masques. Les autorités communales fournissaient les matériaux nécessaires ainsi qu’un mode d’emploi à destination des habitants pour expliquer comment porter ces masques. C’était la commune qui s’occupait également de les distribuer. En tout, c’est plus de 14.000 masques qui ont été confectionnés pour plus ou moins 18.500 habitants. Cette initiative bénévole nous a permis de réagir rapidement et d’éviter de perdre du temps en passant par les procédures classiques de marché public et gérer les ruptures de stock. 

Nous avons également mis en place une ligne téléphonique pour appeler régulièrement les aînés pour prendre de leurs nouvelles et leur proposer de l’aide. 

L’école des devoirs s’est aussi impliquée notamment en livrant à domicile des exercices pour les enfants qui en avaient besoin et en faisant une remédiation via Facebook pour les jeunes. De plus, une fois par semaine, tous les jeudis, je participais à une émission live d’une radio locale pour répondre aux questions de nos citoyens et citoyennes.

Quelle collaboration as-tu développée avec les villes voisines belges et françaises?

En période de crise, c’est la solidarité qui prime. Avec la marge de manœuvre que nous avons en tant que bourgmestre pour agir sur le local, j’ai contacté les autorités voisines belges et françaises pour savoir comment elles s’organisaient. 

Vu que Comines-Warneton fait partie du bassin de la Wallonie picarde, nous avions créé au début de la pandémie un groupe Whatsapp réunissant les bourgmestres de cette région, toutes tendances politiques confondues. Cela nous a permis de pouvoir échanger sur une série de problèmes que nous rencontrions dans chacune de nos communes respectives. Je pense notamment à la distribution des masques, et à la diffusion de l’information. 

A l’initiative du ministre Jean-Luc Crucke et avec les bourgmestres des communes avoisinantes de Comines-Warneton, nous avions lancé une collaboration avec les responsables syndicaux pour préparer un retour sécurisé au travail lors du déconfinement.

Que penses-tu des mesures prises par le gouvernement fédéral?

Les décisions prises au début de la crise avaient un aspect plus scientifique que politique. Ces mesures ont été choisies en concertation avec un comité d’experts en épidémiologie, de médecine, de psychologie, etc. De ce fait, je pense qu’il était important de les respecter même si certaines mesures pouvaient nous surprendre, notamment celle qui conseillait le port du masque lors de la reprise des cours pour les élèves de maternel et de primaire.

Que penses-tu de la gestion de la crise sanitaire et de la complexité du système institutionnel belge, autant au niveau de la communication du gouvernement fédéral que des autres partis politiques? 

Pendant cette crise, il y a eu plusieurs étapes. Au début, il y avait une communication bien concertée et contrôlée. En tant que bourgmestre, je savais quand notre Première Ministre allait parler et je savais rapidement les décisions qui étaient prises. Le problème fut la latence entre l’annonce des mesures et leurs traductions en arrêtés ministériels. Il a fallu parfois attendre une semaine entre les déclarations de la Première Ministre et la réception de l’arrêté ministériel. C’était compliqué à gérer car sur le terrain, nous savions qu’il fallait rapidement prendre des mesures mais nous n’avions pas encore de bases légales et juridiques pour le faire. 

Il y a eu aussi des communications chaotiques du PS et de la N-VA où nous nous demandions si l’objectif était de gérer la crise sanitaire ou de faire tomber le gouvernement de Sophie Wilmès. 

Une autre difficulté en tant que bourgmestre, apparue lors de la transition confinement/déconfinement, était le manque de clarté dans la communication de certains ministres régionaux et communautaires ainsi que certaines institutions. Des mesures ont fuité à plusieurs reprises dans la presse ou lors d’interviews de mandataires en dehors des Conseils nationaux de sécurité. C’est comme s’il fallait constamment avoir l’oreille branchée sur les médias alors que nous étions déjà occupés à gérer la situation sur le terrain.

Quels sont les impacts de la crise sur ton travail et ta vie privée? Quelles leçons en tires-tu? 

Quand la crise a débuté, la liste des dossiers prioritaires à traiter a complètement changé. Gérer cette pandémie devenait la priorité absolue. De ce fait, j’ai commencé à lire et à penser au coronavirus à longueur de journée. Même si le Collège continuait de se rassembler toutes les semaines, tout tournait autour du Covid-19. Pendant près de 2 mois, il n’y avait que ce virus qui était dans mon agenda. Je devais prendre plusieurs grandes décisions tout au long de cette crise comme adopter une bonne communication, s’assurer de la confection et la distribution de masques. 

Cette crise a également modifié l’agenda local pendant plusieurs mois car tous les évènements publics, repas associatifs, et mariages à célébrer étaient annulés. 

Le mot de la fin

Je résume cette crise en un mot: la solidarité. Nous avons pu collaborer avec plusieurs niveaux de pouvoir, avec plusieurs mandataires publics et bourgmestres des communes alentours, et, au sein de la population, avec beaucoup de bénévoles qui se sont réunis pour réaliser près de 14.000 masques. C’est aussi la solidarité qui nous permettra de sortir de cette crise.