La FEF, monopole de la représentativité étudiante… ou pas!

Par Simon Liegeois et Wiktoria Ewa Wojslawowicz

Le lundi 1 novembre, nous apprenions avec stupéfaction certes, mais beaucoup de satisfaction, la désaffiliation du Bureau des Étudiants Administrateurs (BEA), conseil étudiant de l’ULB, de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF). Si cette décision a pu s’avérer surprenante pour de nombreux étudiants, elle résulte néanmoins d’un système de représentativité dépassé, voire sclérosé au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’en est-il réellement ?

Comment fonctionnent les conseils étudiants et les organisations représentatives communautaires dans l’enseignement supérieur ?

 

Pour comprendre l’enjeu d’une telle décision de désaffiliation de la FEF, il est important d’expliquer pour commencer le fonctionnement d’un conseil étudiant et d’une organisation représentative communautaire (ORC), ainsi que le rôle de ces instances dans la représentativité des étudiants de l’enseignement supérieur.

D’une part, le conseil étudiant est une instance présente dans chaque établissement supérieur. Pour qu’il puisse opérer, il doit se composer d’au moins sept membres élus lors des élections pour lesquelles les étudiants de l’université sont invités à voter. Parmi les sept membres élus, chaque faculté ou domaine d’étude devra avoir un représentant.

Ainsi, ces élections estudiantines mènent à la réunion des étudiants de première année jusqu’à la troisième année du bachelier autour du conseil étudiant. Dans le cas d’une démission d’un membre, celui-ci est remplacé par son suppléant. Si l’un des étudiants membre du conseil perd sa qualité d’étudiant régulièrement inscrit, il sera automatiquement considéré comme étant démissionnaire. En pratique, le conseil étudiant doit communiquer la liste des représentants tant effectifs que suppléants à l’établissement d’enseignement supérieur au sein duquel il opère.

D’une autre part, les ORC agissent en tant qu’organisations représentatives des étudiants à l’échelle communautaire. Une ORC s’assure à représenter tous les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en veillant à défendre et à promouvoir leurs intérêts, mais également, comme des associations telles Jeunes MR aspirent à le faire, de former des CRACS (Citoyens Responsables, Actifs, Critiques et Solidaires).

Les conseils étudiants dans les universités peuvent faire le choix de s’affilier à une ORC ou de garder leur indépendance. Pour qu’une ORC puisse exister, elle doit disposer de statuts qui respectent le décret et garantir le pluralisme politique et philosophique au sein de sa structure. Elle doit également représenter au moins 15% des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, et ce, dans au moins trois provinces. Si un conseil étudiant décide de s’affilier

Rétrospective sur la FEF et l’Unécof

 

La FEF a été créée en 1973 afin de représenter les étudiants francophones de Belgique. L’Unécof est quant à elle, née en 1996, et issue du Bureau des étudiants administrateurs de l’ULB, du Conseil des étudiants de la Haute École Francisco Ferrer et des étudiants de la Haute École Robert Schuman. À l’époque, elle se revendiquait pluraliste et représentative du monde étudiant dans toute sa diversité.

Lorsque le décret participation a été signé en 2012, la FEF (Fédération des Étudiants Francophones) et l’Unécof (Union des Étudiants de la Communauté française) étaient les deux organisations majeures qui représentaient les étudiants au sein de la Communauté française (actuelle Fédération Wallonie-Bruxelles). Bien qu’une collaboration entre les deux organisations aurait pu sembler alléchante, celles-ci nont pas toujours privilégié les mêmes moyens afin de défendre les intérêts des étudiants.  En ce sens, la FEF s’est vue reprocher des méthodes militantes contreproductives sur des dossiers clés, mais également, sa proximité avec le PTB et les jeunesses militantes communistes telles le COMAC. À titre d’exemple, le président du parlement interne de la FEF a été contraint en 2011 de démissionner car celui-ci exerçait un autre mandat pour le PTB.

L’Unécof, quant à elle, ne parvenait pas à représenter suffisamment d’étudiants en plus d’endosser un double rôle lourd à porter. En effet, celle-ci, en plus de son statut d’ORC était également reconnue comme OJ (Organisation de Jeunesse). Ce poids l’a finalement conduite vers sa fin en 2019, laissant la FEF seule pour défendre les intérêts des étudiants.

Où est la place du libéralisme ?

 

Bien que la FEF ait mis en place de nouvelles règles, notamment l’interdiction pour leurs représentants de cumuler des responsabilités avec un parti politique, ou encore de se présenter à des élections, le manque de pluralité et de représentativité ainsi que l’utilisation de moyens ne prenant pas en compte les diverses sensibilités, orientations philosophiques et politiques des étudiants, lui ont été reprochés de plus en plus au fil des années.

Si certains se sont étonnés de la décision du BEA de l’ULB de quitter la FEF, cette initiative du conseil étudiant de l’université s’inscrit pourtant dans un contexte plus large et complexe, laissant entrevoir un dysfonctionnement au sein de sa structure interne. Le manque de représentativité, ainsi que le manque de neutralité sont les points ayant mené vers la fin de collaboration avec celle-ci. Pourtant, la nécessité de rester fidèle avec sa vocation principale, qui est celle de représenter l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur, n’a pas pour autant mis en exergue pour la FEF l’indispensabilité d’un discours davantage neutre et inclusif de toutes les orientations philosophiques et politiques qu’elle entend ironiquement défendre. L’hypocrisie est épinglée.

Cette problématique n’est pourtant pas récente. Les deux points abordés ci-dessus ont effectivement été recensés quelques années après la création de la FEF (1973).  Il va sans dire qu’au sein des différentes hautes-écoles et universités du royaume, les étudiants ne partagent pas une seule orientation politique, qui est dans ce cas, celle orientée à gauche. Le manque d’anticipation et de compréhension du besoin de représentativité de la moitié du spectre philosophique et politique des étudiants qu’elle représente se retrouve en ce sens au centre de cette dernière décision ayant secoué le paysage estudiantin. 


 

EN RÉSUMÉ…

Si la FEF se targue souvent d’être le seul organisme représentatif à faire porter la voix des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles, nous remarquons surtout que leur système est usagé. Le spectre militant d’extrême-gauche n’inclut à fortiori pas l’ensemble des étudiants, ni les moyens employés pour parvenir à ses fins, tandis qu’ils se sont vus reprocher à de nombreuses reprises leur manque de travail et de nuance sur le fond de dossiers clés. Le monopole de la représentativité n’existe pas et la ligne militante de la FEF se fait surtout remarquer dans sa manière de communiquer : on ne retrouve ni débat, ni construction dans leur manière d’agir, car la place du débat n’existe pas au fondement-même de l’organisation

L’essor de la démocrature

Opinion libre de Kourosh Leperse

En quoi le système politique de la République islamique d’Iran s’apparente-elle à une usurpation d’identité de la démocratie représentative ?

 

La démocratie est un système où les organisations sont régies par la volonté du peuple. Un régime qui encourage les citoyens à participer librement aux décisions liées au « Vivre Ensemble ». Dans les démocraties représentatives que nous connaissons bien dans le monde, généralement, les citoyens – à la suite d’un suffrage universel – amènent leurs représentants au pouvoir. Autrement dit, l’urne électorale est l’articulation mobile d’un corps social démocratique, qui relie le peuple au gouvernement.

 

Au cours des quarante dernières années, les autorités iraniennes ont toujours revendiqué que leur légitimité est baptisée, une fois tous les quatre ans, par la participation populaire libre. Une réclamation dont sa vérification ou sa falsification nous conduisent à de maintes spéculations. Pour y répondre, nous devons d’abord étudier la quiddité idéologique de la république islamique et puis examiner le fonctionnement du mécanisme électoral du pays. Au préalable, intéressons-nous à la désignation du Walâyaté faqih ou le gouvernement du juriste. Ce dernier est la pierre constructive de la république islamique, un principe étendu par Ayatollah Khomeini avant la révolution de 1979 également appelée la révolution islamique qui a remplacé l’État impérial d’Iran par une République. Basé sur cette doctrine, le juriste a une autorité absolue politique et religieuse. Par conséquent, il détient le même pouvoir que le prophète et les saints Imams. En prenant en considération cette interprétation de la religion, nous apprenons que ce régime s’inscrit sous le nom d’un pays théocratique.

 

De plus, il est aussi nécessaire de percevoir l’Iran à travers son prisme totalitaire. Si nous nous référons à la signification de ce dernier, nous trouvons que l’idéologie a sa forte place dans la politique, la violence envers les opposants et les groupes, tout ceci sous la direction d’une seule personne : le guide suprême. Il y a pareillement une forte adhésion de la population au régime. Ce dernier planifie de nombreux événements religieux et gouvernementaux comme la décade de Fajr, la célébration de dix jours du retour de Khomeini en Iran, ou la journée d’occupation de l’ambassade américaine le 4 novembre, etc. Ce totalitarisme a également des ambitions internationales afin de répandre l’islam. Nonobstant, le système politique iranien ne rentre pas complètement dans la définition du totalitarisme, car il y a l’absence du parti unique. Nous pourrions donc le qualifier d’état idéocratique malgré ces aspects totalitaires. Ce qui fait sans cesse l’olibrius sur la scène du pouvoir iranien n’est sûrement pas un système démocratique. Afin de décrypter mieux la nature de ce régime, il nous faut converger nos regards sur les élections.

 

Les élections en Iran ont lieu sous la surveillance du Conseil des gardiens de la Constitution. Une assemblée de 12 membres dont 6 membres nommés directement par le guide suprême et 6 membres élus par le parlement sous la prescription du chef du pouvoir judiciaire qui est également désigné par le guide suprême. En d’autres termes, le navire électoral surfe sur les vagues de la pensée du Guide Suprême. L’architecture de la république islamique est telle que les élections ne peuvent pas être populaires. En effet, toutes les classes n’envoient pas leurs représentants et ceux qui postulent leur candidature sont limités.

Par exemple, l’Article 115 de la Constitution de l’Iran rejette la possibilité à femme, une personne non-chiite ou non-croyante aux principes de la république islamique d’être élue. Selon Khomeini, le fondateur de cette République, la légitimité du gouvernement islamique vient d’Allah. Alors les votes des individus, même du prophète, ne sont pas impliqués car c’est le commandement de Dieu d’obéir aux dirigeants. Puis nous pouvons conclure que dans ce système politique les élus sont plutôt les représentants de la loi divine que le peuple.

 

En dernier lieu, l’enjeu des élections en Iran ne tente pas d’offrir des alternatives politiques mais renforce une dimension concurrentielle pour un système politique clientéliste et d’idéocratie. Le régime islamique d’Iran se déplace dans l’orbite d’une idéologie que par la définition de Marcel Gauchet, philosophe et historien français, « est conçue pour l’exercice d’un pouvoir radical et total dans un État ».

 

 

La crise du Covid dans les écoles, ou comment rendre les choses toujours plus compliquées.

Par Nathan EYNATTEN

Depuis mars 2020, et l’annonce de la fermeture totale des écoles pendant une période indéterminée, il est évident que le rythme scolaire a totalement été bouleversé. Tous les acteurs de l’enseignement s’accordent à le dire : rien n’est plus comme avant ! Effectuons un petit tour d’horizon sur ce qui a changé et sur les conséquences désastreuses que cela peut avoir…

Première étape : suspension des cours

Cette mesure, prise dans l’urgence, nous ne pouvons pas fondamentalement la critiquer ; qui pourrait prétendre ce qu’il était bon de faire dans une situation de crise comme celle qu’a dû gérer notre ancien gouvernement, alors que l’ensemble des experts annonçaient une catastrophe épidémiologiste en cas d’inaction.

Cependant, aujourd’hui, nous pouvons constater les dégâts, en termes d’apprentissages, qui ont été causés par cette fermeture des institutions scolaires. Les enseignants n’ont pas pu terminer le programme de l’année en cours ; il revenait donc aux enseignants de l’année suivante de terminer les apprentissages essentiels pour continuer à accumuler des compétences.

La fermeture totale des écoles a également eu comme impact une énorme cassure dans le rythme scolaire, à tous les niveaux de l’enseignement (de l’école maternelle jusqu’à la dernière année de master universitaire). En effet, les élèves se levaient quand ils le souhaitaient, n’étaient pas contraints de travailler pour l’école … c’était, en quelques sortes, de belles vacances supplémentaires. Comment revenir à un rythme plus ou moins régulier par la suite ? Surtout que, nous allons y venir, l’école n’a jamais réellement repris…

Deuxième étape : reprise partielle des cours

Avant la fin de l’année scolaire 2020-2021, certains élèves ont pu retourner à l’école : les élèves ayant des difficultés d’apprentissage et nécessitant un accompagnement privilégié – bonjour le système discriminatoire, Madame Désir. Les autres devaient apprendre à utiliser une plateforme numérique tout en gérant le travail que les professeurs leur donnaient. Notons à ce stade que les professeurs, plus que jamais, ont été également sollicités d’une manière inédite : ils ont dû adapter en un temps record l’ensemble de leurs cours en version numérique pour garantir les bases solides de l’enseignement de base.

Perte de motivation, lacunes dans les apprentissages et essoufflement du corps professoral ne sont que trois exemples de conséquences que les élèves ou leurs enseignants ont pu ressentir pendant cette fin d’année scolaire. Malheureusement, ils n’étaient pas au bout de leur peine…

Troisième étape : entre le « vert pastelle » et le « rouge sang » – un arc-en-ciel de couleurs liberticides

Nous exagérons le trait, bien entendu, lorsque nous parlons de « couleurs liberticides », veillez nous en excuser, Madame la Ministre, mais… malgré tout… vous admettrez que votre code couleur qui avait pour vocation de réguler les ouvertures/fermetures des écoles dès la rentrée 2020-2021, n’avait rien de clair.

Au départ, nous avions envie de croire que l’épidémie était dernière nous : nous rentrions en code vert ! Ce code vert n’aura, in fine, duré que quelques jours puisque la situation épidémiologique s’aggravait : passage au code orange amorcé !

Les écoles étaient donc invitées à organiser les cours en hybridation – sauf pour les élèves du primaire et du premier degré secondaire. Il fallait donc trouver un moyen d’organiser les cours à moitié à l’école et à moitié à la maison. Les parents devenaient donc des enseignants, pendant qu’eux aussi ils télétravaillaient, les élèves jonglaient avec l’ordinateur et leurs cours, enfin… s’ils y arrivaient, et ce sans aucun stresse car, comme l’année précédente, la ministre de l’Enseignement obligatoire l’avait déjà annoncé : lors des délibérations, les enseignants et les directions seront amenés à considérer l’hybridation et donc à être indulgents. Traduction : vous passerez tous, sauf grosses exceptions.

L’année 2020-2021 a été une succession de changements de couleur, en fonction d’abord de la situation en FWB, puis au niveau régional, puis au niveau local … bref un casse-tête sans nom que personne ne comprenait.

Quatrième étape : qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis le début de cette année scolaire, les écoles sont ouvertes et les élèves peuvent suivre les cours à temps plein en classe. Sauf que, dans les faits, les choses ne sont pas aussi simples. Le virus est toujours présent, donc il n’est pas impossible qu’une quarantaine soit exigée pour un élève, et donc c’est au professeur de s’adapter : donner cours en se filmant pour être en direct chez les élèves absents. Tenter, tant bien que mal, de gérer les apprentissages malgré les lacunes accumulées. Essayer de redonner aux élèves le plaisir d’apprendre, et surtout de leur réapprendre la vie à l’école, car comme expliqué ci-dessus, les deux dernières années scolaires n’a pas aidé nos jeunes dans leur rythme…

Une peur règne dans les écoles : le retour à l’hybridation ou – pire encore – une nouvelle fermeture totale des écoles.

L’enseignement est un secteur qui aurait toujours dû être considéré comme essentiel, et qui pourtant, aujourd’hui, est mal mené.

Les Jeunes MR plaident pour un retour à la normalité dans les écoles, un retour aux apprentissages réels et efficaces, une vraie considération des enseignants et de leurs élèves.

Nous encourageons nos dirigeants à prendre en compte la réalité du terrain avant d’annoncer sur un plateau de télévision des mesures qui sont encore loin d’être prises. Les directions des écoles sont à bout de souffle, ils attendent avec impatience les nouvelles circulaires dans lesquelles ils risquent d’apprendre que leur rôle va encore changer. Vont-ils devenir médecins, agent de tracing ? Vont-ils être amenés à devoir, une nouvelle fois, organiser un sens de circulation dans l’école ou vont-ils devoir investir dans des logiciels pour permettre une hybridation ? Bref, quand vont-ils retrouver leur fonction principale : gérer un établissement scolaire où l’objectif est de garantir à chacun des élèves un épanouissement et une qualité d’apprentissage ?

Nous encourageons également nos enseignants à tenir le coup, les jeunes MR savent qu’ils sont sur le front chaque jour pour faire du mieux qu’ils peuvent. Leur objectif reste l’accompagnement des jeunes dans la réussite, et pour cela nous leurs sommes reconnaissants !

Enfin nous pensons à chacun d’entre nous, jeune élève, jeune étudiant ou jeune diplômé, qui doivent, chaque jour, augmenter notre capacité d’adaptation.

En résumé : gardons le cap ! Soyons forts, nous allons pouvoir tenir le coup.

Nathan EYNATTEN – Délégué jeunesse, enseignement, formation & vie étudiante.

Le politiquement correct… on en crève !

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

Tout le monde a déjà été confronté à ce politiquement correct mais que devons-nous en penser ?

La dernière idiotie est récente. Comme vous le savez, chaque année, une cinquantaine d’États, dont la Belgique, font la démonstration d’une belle coopération européenne à travers l’organisation des “Journées européennes du Patrimoine” dans le but de rapprocher les trésors patrimoniaux du public. En Wallonie, ces journées auront lieu les 11 et 12 septembre sur le thème “Femmes et Patrimoine”. Elles mettront précisément en valeur les femmes en évoquant leur rôle, leur fonction, leur apport personnel et collectif, leur gestion, leur empreinte ou alors tout simplement leur souvenir. Par ailleurs, seront également mis en avant les biens patrimoniaux wallons en lien avec l’évolution des droits sociaux et politiques des femmes en Belgique.

Tout semble fonctionner comme sur des roulettes mais le socialiste bruxellois Pascal Smet de Vooruit est tombé dans les griffes de ce politiquement correct. En effet, il souhaiterait changer le nom et le rebaptiser de « Heritage days ». Pourquoi ce changement ? Selon le Secrétaire d’Etat, cette appellation est purement sexiste puisque le mot « patrimoine » dérive directement du substantif latin patrimonium, évoquant un héritage paternel et donc masculin.

L’idiotie humaine ne cessera jamais de m’impressionner. Je pense que personne n’avait jamais pensé à cette étymologie latine aux « allusions sexistes ». Par ailleurs, je pense même que toutes les personnes qui utilisait le mot patrimoine n’ont jamais pensé « asservir » les femmes. Ce changement d’appellation pose, en réalité, deux problèmes. Nous créons, d’une part, un problème où il n’y en a pas. D’autre part, nous utilisons des mots anglais alors que nous avons des équivalents en français. L’incorporation de substantifs étrangers dans une langue ne me dérange absolument pas à condition qu’ils soient nécessaires. Le cas échéant, utilisons les mots dont nous disposons.

Le politiquement correct nous plonge non seulement dans une décadence linguistique mais également dans une constante crainte de « mal parler ». Une personne aveugle voit-elle mieux quand on l’appelle « malvoyante » ? Le politiquement correct nous plonge dans un marasme dont nous ne pourrons plus sortir. Le politiquement correct nous plonge dans une société décadente. Y souscrire, c’est renoncer à sa liberté ! Pour moi, c’est donc un grand « non » !

Sources (dont image):

https://www.lalibre.be/debats/ripostes/2021/08/25/pascal-smet-a-t-il-eu-raison-de-rebaptiser-les-journees-du-patrimoine-en-heritage-days-BLNMA5Z4CNG4HBVN2KQ6MGMR6Y/?fbclid=IwAR2SvOa_fQ0a47eTJFqo0T300lNE17Rk2ZAdVlJInsFX7v2H1_j_p9GCUpc

La décadence post-linguistique

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

De nos jours, certains mouvements de gauche – toutes gauches confondues d’ailleurs – tentent d’améliorer et de moderniser notre société contemporaine grâce à des changements aussi futiles que loufoques. Dans cet article d’opinion pamphlétaire et contestataire, je me contenterai de mentionner l’écriture dite non-genrée ou non-binaire. Cette écriture, directement inspirée du politiquement correct, nous plonge dans une décadence post-linguistique. D’ailleurs, dans l’Identité malheureuse, Alain Finkielkraut déclarait : « Le politiquement correct, c’est le conformisme idéologique de notre temps. La démocratie, en effet, c’est-à-dire le droit de tous à la parole, produit du conformisme. L’homme démocratique pense comme tout le monde en croyant penser par lui-même. Il ne se contente pas d’adhérer au jugement du public, il l’épouse jusqu’à ne plus pouvoir le discerner du sien propre » (Finkielkraut, 2013). Ne vous méprenez pas, je ne suis point contre cet homme démocratique, tant s’en faut, mais bien contre toutes les personnes qui tentent de révolutionner le monde à travers de fausses bonnes idées. Bien que la culture soit un des domaines où se déroule une activité spirituelle et créatrice, pour reprendre une autre citation de notre Académicien, cette activité ne doit en aucun cas pourfendre l’hérésie linguistique. 

Reconnaissons que la langue française est très complexe. Entre sa grammaire et son orthographe, les apprenants de la langue de Molière peuvent éprouver de réelles difficultés. Alors pourquoi encore entraver leur apprentissage ? 

L’écriture non-binaire peut se définir comme une forme linguistique neutre, entendez par-là que les notions de « masculin » et « féminin » disparaissent. Cependant, la complexité ne s’arrête pas là puisque le neutre grammatical n’est pas la même chose que le genre neutre (également nommé neutrois). On peut, donc, par exemple être agenre (personne n’ayant aucun genre), demi-garçon, demi-fille, bispirituel (avoir un esprit féminin et un esprit masculin cohabitant en même temps), genre-fluide, etc. et utiliser le neutre grammatical pour se désigner.

D’un point de vue purement linguistique, cette non-binarité entrave la compréhension et probablement l’apprentissage de la langue française, bien que cette information ne soit pas scientifiquement vérifiée, étant donné la nouveauté de ce phénomène. Cependant, nous pouvons supputer que cette nouvelle écriture entrave la compréhension d’une langue déjà complexe. J’en veux pour exemple les différentes manières d’écrire le phonème [ɛ̃] en français. On peut l’écrire avec /in/ (intéressant), /im/ (important), /ein/ (ceinture), /ain/ (pain), /aim/ (faim), /yn/ (lynx), /ym/ (symbole). Il existe une pléthore d’autres exemples mais nous nous contenterons de celui-ci. Si l’écriture non-binaire souhaite éviter les discriminations, elle en génère indubitablement par sa complexité. Comme le montre le tableau suivant, la langue française connaîtra de nouvelles formes lexicales, verbales, etc. 

 

Source : http://uniqueensongenre.eklablog.fr

Autrement dit, par souci d’inclusion, nous préférons compliquer la langue française mais nous n’avons pas pensé un seul instant que nous allions discriminer toutes les personnes éprouvant déjà des difficultés lors de leur apprentissage. Certains linguistes seront opposés à cet avis mais je prendrai l’exemple suivant pour montrer la complexité et l’idiotie de cette nouvelle écriture. 

Exemple 1 : « Il est beau » (français standard).

Exemple 2 : « Ille est belleaux » (français dit « non-binaire »). 

La première question qui se pose est la suivante. Comment prononcer Ille ? Rien de plus simple. Ce mot se prononce comme le Il (du français standard). Pour une écriture qui souhaite éviter toutes discriminations mais qui garde la même prononciation phonétique masculine, pardonnez ce satisfecit, mais je trouve cela quelque peu étrange. Ensuite, la forme belleaux est identique au singulier et au pluriel. Certains y verront une facilité, j’y vois une incompréhension. Admettons.

L’hérésie linguistique ne s’arrête pas là. La terminaison des noms féminins et masculins, pour les professions par exemple, sont remplacés par /x/. « Un avocat » s’écrira donc « Um avocax ». Un chanteur et une chanteuse s’écrira désormais « chateureuse ». Peut-on me garantir qu’il n’y aura aucun caractère humoristique quand nous dirons que lu (la) chanteureuse est triste. Le maitre et la maîtresse – qui avait déjà posé problème lors de la féminisation des professions pour avoir deux acceptions dont une quelque peu péjorative – s’écrira désormais « maitré ». Nous pourrions continuer avec une kyrielle d’exemples mais ce n’est pas le but de cet article. 

Une langue doit évoluer sinon elle meurt ! C’est une évidence ! On peut déplorer quotidiennement la disparition des langues comme le relate Claude Hagège dans son ouvrage, paru en 2000, Halte à la mort des langues. Cependant, nous devrions nous attarder sur d’autres aspects linguistiques afin de faciliter l’apprentissage de cette langue et non complexifier ce dernier…

Sources : 

Finkielkraut, Alain. 2013. L’identité malheureuse. Paris: Stock.

Hagège, Claude. 2000. Halte à la mort des langues. Paris: O. Jacob.

 

La flexibilité au travail, facteur d’épanouissement professionnel et privé

S’il y a bien un sujet sur lequel les idéologies politiques s’entrechoquent, c’est à propos du travail. Non seulement les solutions proposées sont aux antipodes mais même les constats divergent. Pire encore, depuis l’entre-deux-guerres et les célèbres revendications telles que la semaine de 40 heures, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical par exemple, les avancées ont été nettement moins spectaculaires. Bien que, paradoxalement, le monde du travail n’ait jamais autant évolué que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Si l’entre-deux-guerres a connu une légifération accrue du cadre du travail, il ne faut pas oublier que certaines de ces revendications étaient portées depuis… 1886 aux Etats-Unis ! C’est le cas de la journée de travail de 8H, composant le triptyque – travail, sommeil et loisirs -, représenté dans les manifestations par le triangle rouge, celui de l’égalité horaire entre ces trois parties de journée. On le voit donc, le respect des droits des travailleurs, notamment celui d’un temps de travail maximum, était l’un des premiers fers de lance du mouvement ouvrier. 

 Et pourtant, à cause de la crise de la Covid-19, le monde du travail a expérimenté un bouleversement sans précédent. Cela s’entend, nous parlons ici du télétravail imposé à bon nombre de travailleurs et pratiquement tous les étudiants. Le télétravail a également illustré un autre phénomène lié à l’emploi : la flexibilité. Ce même télétravail qui floute la frontière entre vie privée et professionnelle et qui vient bousculer le triptyque parfait des 8-8-8. 

 Dès lors, en ce 1er mai 2021, journée de la Fête du travail, plutôt que de s’attarder sur comment augmenter le taux d’emploi, nous avons souhaité présenter nos solutions pour mieux concilier vie professionnelle et vie privée. 

L’impact de la Covid-19 sur nos vies professionnelle et académique

Aujourd’hui, la Covid-19 impacte les différents aspects de nos vies : qu’elle soit privée, professionnelle, étudiante, ou bien sur nos loisirs, nos droits et nos libertés fondamentales.

Les libertés et droits fondamentaux liés au travail, passés rapidement en revue ci-dessus, ont notamment été frappés de plein fouet par la crise sanitaire que nous traversons.

Incontestablement, la notion de télétravail a évolué en l’espace de quelques semaines de manière significative. Ce privilège est rapidement devenu la norme, voire même l’obligation. Le salon, la table à manger, la cuisine, autrefois espaces de convivialité et de partage, deviennent presque du jour au lendemain notre nouvel espace de travail qu’il faut se réapproprier autrement. Fini l’open-space et les pauses sympathiques à la machine à café. Les collègues sont devenus le compagnon, les enfants, les animaux de compagnie, le bruit ou parfois même à l’inverse, la solitude, le silence.

Le temps de travail est lui aussi chamboulé. Là où nous avions un cadre horaire bien défini, aujourd’hui, l’employé est tenté de réduire son heure de table ou de faire des heures supplémentaires. Ici, nous pouvons nous attendre à une évolution concernant la prise en compte de la santé, de la charge mentale, du bien-être au travail (en télétravail), avec une prise de conscience de l’environnement de travail et de l’amélioration de l’équipement technologique au quotidien.

D’ailleurs, parlons-en de la technologie, au cœur de tous ces changements et qui a un rôle de premier ordre dans l’organisation du (télé)travail, de l’enseignement à distance, des réunions et examens en visioconférence. La communication digitalisée a accéléré en l’espace de quelques semaines seulement bien plus qu’en l’espace de ces dix dernières années pour nous permettre de poursuivre nos activités professionnelles et académiques.

Quant à l’enseignement, même combat. Dans tous les pays, des écoles maternelles aux universités, tous les enfants et étudiants se sont retrouvés chez eux, confinés. Reconnaissons la capacité d’adaptation des jeunes face à cette pandémie impliquant l’accélération de l’enseignement à distance.

Faire de la flexibilité un droit pour le travailleur écrit noir sur blanc

La réduction du temps de travail est un concept qui revient souvent sur la table.

Cette idéologie, faussement alléchante, reviendrait à diminuer son temps de travail afin de réduire le nombre de demandeurs d’emploi et impliquerait une baisse conséquente des revenus. 

Il apparaît donc difficile de dégager une majorité en faveur de telles politiques. Et si, la prochaine grande avancée dans le monde du travail n’était plus la réduction du temps de travail mais l’adaptation du monde du travail à nos nouveaux modes de vie ? C’est là qu’intervient la flexibilité. Et celle-ci est multiforme.

 Prenons l’exemple de la flexibilité salariale. Trop souvent, celle-ci a été synonyme de salaire fixe auquel s’additionnent des éventuelles primes. La flexibilité salariale repensée serait un salaire réellement rémunérateur et « fixe ». On utiliserait un pourcentage du salaire sous divers avantages qui seraient choisis par le travailleur selon son mode de vie. Dès lors, ce pourcentage « optionnel » pourrait être sous forme de voiture de société, d’un abonnement de transport en commun, d’accès au logement…

Adapter le cadre juridique pour le travailleur serait utile afin de jouir des avantages de la flexibilité. En effet, de bonnes conditions de travail rendent celui-ci plus efficace et impliquent un sentiment de bien-être plus élevé.

 Il est donc important de prévoir un cadre légal plus large pour qu’un employé et un employeur puissent, sur base volontaire et avec un accord des deux parties, faire convenir le travail aux réalités de chacun.

Il pourrait offrir la possibilité de travailler 38 heures par semaine en réduisant le nombre de jours. Il serait possible de prester la même charge de travail en 4 jours au lieu de 5 jours actuellement. Le bénéfice d’un rythme de travail quotidien plus long est la possibilité d’avoir un jour de congé supplémentaire sans perte de salaire. Adapter ses horaires pour améliorer sa qualité de vie privée est un enjeu essentiel d’attractivité pour un travailleur. Pour l’employeur, le fait d’avoir un travailleur satisfait de ses conditions a un impact sur la productivité au quotidien. 

La notion de flexibilité et de travail concerne aussi les étudiants. Améliorer la flexibilité dans l’enseignement aurait une répercussion sur la disponibilité des étudiants jobistes. Le contexte sanitaire vécu depuis un an démontre de manière évidente que l’accès au travail pour les étudiants est un facteur essentiel pour diminuer la précarité étudiante et donner plus d’autonomie pour choisir et adapter son horaire à ses besoins. 

 Un autre incitant pourrait agir sur la fiscalité pour les employeurs afin de diminuer les charges en proposant des activités favorisant le bien-être au travail comme les team-building. Concrètement, si vous investissez pour le bien-être au travail des employés, on diminue les charges. Cela permettrait de diminuer les coûts des soins de santé mais aussi d’augmenter la productivité. En effet, un employé heureux et bien dans sa peau travaillera mieux qu’un employé importuné par des soucis divers tant au niveau professionnel que privé.

Vers un changement de paradigme…

Le travail est un élément clé pour tout un chacun dans la société. Un des aspects les plus controversés est celui du temps de travail. Contrairement à l’idée du concept que la diminution du temps de travail soit la solution magique, elle n’est pour autant pas la panacée. Selon nous, la seule solution viable pour l’ensemble de notre société réside en l’adaptation du temps de travail via une meilleure flexibilité pour l’étudiant, le travailleur, et par conséquent l’employeur.

Et si l’après Covid-19 était l’occasion rêvée pour changer de paradigme afin de ne plus vivre pour travailler mais travailler pour vivre ?

Pour les Jeunes MR de la Province de Liège

Laura Humblet, Cédric de Buf, Thierry Jamart et Victoria Vandeberg

Les vaccins… un fiasco total !

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo

Comment en finir avec le triste spectacle auquel nous assistons toutes et tous ? La fin des brevets, vrais obstacles aux vaccins ! 

Bien qu’elles aient mis au point les vaccins contre la Covid-19, les compagnies pharmaceutiques vendent aux plus offrants, négligeant ainsi la gravité sanitaire dans laquelle  nous sommes toutes et tous plongés depuis plus d’un an déjà. Les vaccins devraient être des biens publics mondiaux ; ça nous aiderait ! Souvenons-nous du Président français, Emmanuel Macron, qui dès le moins de novembre s’interrogeait gravement sur la situation sanitaire : « Serons-nous prêts lorsque le premier vaccin sera mis sur le marché, à en garantir l’accès à  l’échelle planétaire et à éviter à tout prix le scénario d’un monde à deux vitesses où seuls les  plus riches pourraient se protéger du virus […] ». Puis, dès le 18 janvier 2021, Monsieur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous annonce que sur les trente-neuf millions de doses prévues, seules vingt-cinq  avaient été administrées sur un total de quarante-neuf pays. Oui, seulement 25 doses. Que se  passe-t-il donc ?  

Il est vrai que l’étonnement est grand au regard des sommes gargantuesques investies pour ce  vaccin. Qui plus est, deux mécanismes avaient été mis en place pour éviter ce genre de fiasco.  Il y avait d’une part le mécanisme Covax qui devait permettre un groupement des achats pour les vaccins afin de garantir, à 90 pays et territoires, un accès juste et équitable au traitement.  Des contrats ont été signés avec Pfizer (40 millions de doses) et AstraZeneca (120 millions de  doses). L’objectif ? 2 milliards de doses d’ici la fin de 2021. Il y avait d’autre part le mécanisme  C-TAP (Covid-19 Technology Access Pool), qui aurait dû garantir le partage de la propriété intellectuelle et des connaissances afin de produire des vaccins à grandes échelles, y compris dans les pays en voie de développement. Résultat ? Coquille vide. 

Pourtant, tout semblait fonctionner. Les laboratoires ont été subventionnés à coups de milliards d’euros par les États et la Commission (qui a versé plus de 2 milliards pendant la mise au point  des vaccins). Cependant, malgré ces aides ainsi que des clauses de livraison des plus flexibles,  cela ne fonctionne pas. Nous nous souvenons toutes et tous du désarroi de la Commission  lorsque AstraZeneca lui a annoncé qu’il ne pourrait pas fournir le nombre de doses prévues (80  millions) dans les délais fixés. S’ajoute à ce dysfonctionnement une différence de prix non négligeable. En effet, selon Eva de Bleeker, secrétaire d’État au budget belge, les tarifs négociés par Bruxelles varient entre 1,78 € (pour AstraZeneca), 10 € (pour CureVac) et 14,68€ (pour  Moderna). Et pour couronner le tout, les répartitions au sein même de l’Union européenne est inégalitaire puisque pour les premières livraisons, l’Italie a reçu 9750 doses, la France 19 500  et l’Allemagne 15 125. Même ramenés à la population respective des pays, ces écarts restent inexplicables et semblent montrer que certains pays sont plus égaux que d’autres. Pourtant,  d’autres pays, hors UE, semblent bien s’en tirer. Malgré un départ plus que laborieux, Londres a su organiser une campagne de vaccination dynamique mettant littéralement à mal l’argument  d’une Union européenne protectrice avancé lors du conflictuel Brexit. Au 4 février, le  Royaume-Uni avait administré au moins une dose de vaccin à 16, 2 % de sa population. En  revanche, la Belgique a administré jusqu’à ce jour (5 mars 2021) au moins une dose à 5,54%  de sa population ; l’Espagne, 4,01% ; l’Italie, 3,61%, etc. Comment expliquer de ces  différences ? Les brevets

Face à la pâmoison, à la prédation des ressources publiques et à la pénurie des vaccins, nombre  de professionnels de la santé, des militants, des membres d’ONG pressent les États d’activer la  licence obligatoire. Ce concept de licence obligatoire ou licence d’office est apparu aux États Unis à la fin du XVIIIe siècle et a été intégré aux normes internationales, dès 1925, grâce à la  Convention de Paris. D’une façon générale, le titulaire d’un brevet est libre d’exploiter  personnellement l’invention protégée ou bien d’autoriser une autre personne à l’exploiter.  Pourtant, lorsque des raisons d’intérêt général le justifient, les autorités publiques nationales peuvent autoriser l’exploitation d’un brevet par une personne tierce sans le consentement du propriétaire. Malheureusement, activer cette licence obligatoire revient à engager un bras de fer  avec diverses puissances souveraines, en particulier les États-Unis, où – rappelons-le – se  trouvent les deux sociétés qui proposent les vaccins les plus performants actuellement. 

Bref, l’enjeu économique, l’appât d’un certain profit au détriment d’une crise sanitaire, et la  peur d’une nouvelle situation conflictuelle viennent compliquer la rapidité de cette vaccination européenne. Il faut prendre son mal en patience quand nous savons qu’après le cafouillage des masques, il aura fallu près de deux mois pour relancer la production au printemps 2020. Donc,  patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, comme l’aurait dit Jean de La  Fontaine.

Sources

Déclaration de M. Macron sur la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et la préparation aux  futures pandémies, le 21 novembre 2020, www.vie-publique.fr (consulté le vendredi 5 mars à  01 :37). 

Licence obligatoire sur : https://www.concurrences.com/fr/glossaire-des-termes-de concurrence/licence-obligatoire (consulté le dimanche 7 mars à 00 :48). 

Pierru, Frédéric, Frédérick Stamback, y Julien Vernaudon. 2021. «Toute-puissance des  laboratoires: les brevets, obstacles aux vaccins pour tous». Le Monde diplomatique, Mars 2021.

Une Belgique à quatre régions: malédiction ou bénédiction?

Certains suggèrent que la Belgique devrait évoluer vers un pays de quatre Régions. Cette idée se retrouve certainement chez les régionalistes wallingants mais aussi au Nord du pays. Ce modèle gagne en popularité en partie parce que la Région Bruxelles-Capitale a pris plus de poids suite à une réforme antérieure de l’Etat et gère de facto des compétences communautaires. En outre, il est évident que la complexité inédite de l’Etat belge nous pousse à réfléchir à une structure de celui-ci plus simplifiée.

La division politique actuelle de la Belgique est basée sur l’existence de quatre zones linguistiques. Ce sont : le néerlandais, le français, l’allemand et la zone bilingue de Bruxelles-Capitale. Les Régions – flamande, wallonne et bruxelloise – coïncident avec le territoire de ces zones, sauf en Belgique germanophone. Pour les Communautés, la situation est plus complexe. La Communauté germanophone n’exerce ses compétences que dans la région germanophone. Les Communautés flamande et française (officieusement : Fédération Wallonie-Bruxelles), quant à elles, exercent leurs compétences non seulement dans leur région linguistique, mais aussi dans la Région de Bruxelles-Capitale.

Les compétences exercées par les Communautés sont “liées à la personne“. Ils comprennent (en tout ou en partie) des domaines tels que la culture, les médias, le tourisme et l’éducation. Les régions gèrent (une partie des) affaires liées au territoire, telles que les travaux publics, l’énergie, la mobilité ou la politique du marché du travail.

Dans une Belgique qui compte quatre Régions, les subdivisions ne coïncident en principe qu’avec les régions linguistiques, sauf à Bruxelles.

Du vieux vin dans des bouteilles neuves ?

Dans une large mesure, cette Belgique existe déjà aujourd’hui. La première raison en est la spécificité de la Région de Bruxelles-Capitale. D’une part, les deux grandes Communautés sont responsables séparément de questions telles que la culture, l’éducation, la jeunesse et le bien-être. Ils exercent ces pouvoirs par l’intermédiaire d’organes distincts (les commissions communautaires). D’autre part, les Communautés ont également des compétences communes par le biais de la Commission communautaire commune (COCOM). Cela concerne, par exemple, les allocations familiales, l’intégration des migrants et la gériatrie résidentielle. La COCOM est composée de membres du gouvernement et du parlement de la Région de Bruxelles-Capitale.

En outre, depuis la sixième réforme de l’État, la Région bruxelloise exerce, en plus de ses propres compétences, des compétences communautaires dans le domaine du sport et du tourisme. En bref, à Bruxelles, de nombreuses matières qui relèvent effectivement de la compétence des Communautés sont de facto et de jure également exercées par la Région.

Inversement, selon l’article 139 de la Constitution belge, la Communauté germanophone peut gérer des compétences qui sont normalement exercées par la Région wallonne. Elle le fait déjà pour le logement et l’aménagement du territoire. 

Enfin, sur le plan institutionnel, la Région flamande et la Communauté flamande ont déjà fusionné en 1980. La conséquence curieuse de cette situation est que lorsque des questions qui ne concernent que la Région flamande sont décidées, seuls 118 des 124 membres du Parlement flamand ont le droit de vote. Les six membres de ce parlement qui ont été élus à Bruxelles ne peuvent pas voter.

Une différence entre le modèle des quatre Régions et celui que nous connaissons aujourd’hui est que la Communauté germanophone serait officiellement mise sur le même pied que les autres Régions. Ce ne serait que la confirmation d’une situation factuelle. En théorie, Bruxelles deviendrait également une Région autonome. Mais elle l’est déjà en partie aujourd’hui. Cependant, les Communautés disparaîtraient. En soi, cela semble effectivement être une simplification. Mais il reste à voir si c’est le cas dans la pratique. Car la plupart des défenseurs du modèle des quatre Régions souhaitent que les Communautés continuent d’exister sous une forme ou une autre pour certaines questions, comme l’éducation ou la culture. Ainsi, la structure complexe actuelle continuera d’exister à Bruxelles sous une forme ou une autre. 

De plus, les Régions sont beaucoup plus nuisibles à la cohésion de l’État belge que les Communautés. Ces dernières ont encore le mérite de lier institutionnellement la Région de Bruxelles-Capitale. Il suffirait d’enlever les Communautés et les quatre entités fédérées restantes deviendraient des îles institutionnelles, encore plus qu’aujourd’hui.

Pas de stabilisation

L’objection fondamentale au système proposé est que la réforme ne stabilisera pas le fédéralisme belge. A moins que l’on ne pense naïvement que la quatrième, la Région germanophone, apporterait un contrepoids aux autres entités fédérées. Mais nous ne voyons pas comment les représentants de 70 000 citoyens pourraient stabiliser la Belgique politique. De plus, les entités fédérées sont et restent déséquilibrées. La Flandre compte deux fois plus d’habitants que la Wallonie, et près de 1000 fois ( !) plus d’habitants que l’actuelle Communauté germanophone. Cette Communauté a une superficie de 854 km² (plus de deux fois plus petite que l’arrondissement de Verviers, dont elle fait partie !).

Penser que le nationalisme en Belgique sera stoppé parce que 70 000 habitants (Anvers en compte 500 000) auront une “Région à part entière” semble donc plus un vœu pieux qu’une réalité politique. Ou bien les nationalistes vont-ils abandonner leur combat parce que quelques hameaux obtiennent plus d’autonomie ? 

Regardons les choses en face. Les problèmes de la vie communautaire en Belgique ne seront pas résolus par l’acquisition d’une région par la population germanophone. En fait, c’est le contraire qui risque de se produire. La province de Liège va se désintégrer (comme le Brabant avant elle) et, à mesure que les compétences germanophones s’étendent, une dynamique autonomiste risque de se développer, les politiciens germanophones s’efforçant de créer leur propre État régional. Aujourd’hui, la Communauté germanophone peut déjà conclure des traités internationaux. En fait, elle peut même entraver le fonctionnement de l’UE. En effet, dans les “traités mixtes”, chaque État fédéral dispose d’un droit de veto unilatéral. Bruxelles peut avoir une population relativement importante. Mais dans un système avec deux Etats fédérés dominants, le territoire bruxellois n’a pas assez de poids. De plus, Bruxelles est traversée par deux communautés politiques.

Par conséquent, ni les entités germanophones ni les entités fédérées bruxelloises ne sont en mesure de fournir un système multipolaire stable en raison du nombre de leurs habitants et, en ce qui concerne la Région de Bruxelles-Capitale, de leur superficie. Néanmoins, tous les pays fédéraux (multilingues) (Canada, Suisse, Allemagne, Afrique du Sud, etc.) se composent d’au moins six entités dont les frontières sont neutres, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas fondées sur des frontières supposées de langue, d’origine ou de religion. 

Aucun inconvénient supprimé

C’est précisément en développant un système fédéraliste basé sur les frontières linguistiques que le nationalisme linguistique a été maintenu, est alimenté et continue à être alimenté. Quatre Régions est en tout cas trop peu et ne supprimera pas les inconvénients du fédéralisme linguistique, bien au contraire. De plus, quatre États fédéraux ne sont pas équilibrés. Il s’agit de 2 + 0,5 (Bruxelles) + 0,25 (région germanophone) Régions. Ce n’est ni efficace ni harmonieux.

Le fait qu’il y ait une référence aussi forte à quatre sous-régions prouve aussi, bien sûr, qu’il est maintenant clair qu’un double fédéralisme flamand et wallon ne fonctionne pas. Seulement : la logique n’est pas assez étendue. Car l’idée même de quatre régions repose sur le double système pernicieux susmentionné qui ne peut pas fonctionner et qui a pour but – ou du moins pour effet secondaire – de monter les groupes linguistiques les uns contre les autres.

Un système dans lequel les pouvoirs sont attribués sur la base d’une frontière linguistique est totalement illogique: la langue n’a rien à voir avec la justice, l’économie, l’environnement, l’agriculture ou les transports. Si l’avenir appartient à des régions linguistiquement homogènes, l’Union européenne devrait être abolie immédiatement et le monde divisé en au moins 5 000 États et mini-États.

Belgique 0.2?

Il est également frappant de constater qu’un nombre non négligeable de partisans de cette Belgique 2.0 s’efforcent en fait, peut-être involontairement et sans le vouloir, d’obtenir une Belgique 0.2. Dans ce système, toutes les compétences sont transférées aux États fédéraux (c’est-à-dire les Régions) et la fédération ne reste compétente que pour quelques matières résiduelles, comme la défense, les grandes lignes de la politique étrangère, la sécurité et les aspects de la sécurité sociale. Mais comment le problème de la mobilité en Belgique sera-t-il résolu avec l’introduction de quatre règlements de circulation ? Et notre pays sera-t-il vraiment plus sûr avec quatre ministères de la justice ? Une politique de santé qui diffère à Bruxelles, Eupen, Namur et Ostende ne semble pas non plus particulièrement efficace.

Et puis il y a l’aspect financier. Le modèle proposé crée deux “villes-états” en Belgique (Bruxelles et la Belgique germanophone) qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour mener leur propre politique (judiciaire et socio-économique). À moins, bien sûr, que les impôts à Bruxelles et en Belgique germanophone ne soient tellement augmentés que seuls les très riches peuvent s’y installer. Cela aurait sa place dans un modèle antisocial, où le droit pénal diffère selon la langue et le lieu de résidence.

Un mot sur le principe de subsidiarité. On entend souvent dire qu’il est préférable que les pouvoirs soient exercés le plus près possible du citoyen. Mais dans le système actuel et proposé, les deux plus grandes Régions, où vivent 90 % de la population, sont à peine plus petits que l’État lui-même. Dans ce contexte, il est impossible de parler d'”économies d’échelle”.

Une Belgique viable n’est possible que si le nationalisme et la dualité linguistique sont exclus du cadre institutionnel. Cela peut se faire simplement en remplaçant les institutions porteuses de ce nationalisme, les Communautés et les Régions, par des entités neutres. Et il doit y en avoir (beaucoup) plus que quatre. La bonne nouvelle, c’est qu’elles existent déjà aujourd’hui : les villes, les arrondissements et les Provinces. Il n’y a pas une seule compétence des États fédérés actuels qui ne puisse être exercée d’une part par l’État central (ou l’UE) et d’autre part par les administrations subordonnées.

L’intention est donc, d’une part, de créer une unité dans la législation en Belgique. Les lois sont votées au niveau de l’État central qui, soit dit en passant, transpose également les règlements européens en lois. D’autre part, les lois (cadres) sont mises en œuvre, le cas échéant, par des autorités subordonnées : les provinces (ou arrondissements) et les villes. De cette manière, sous tutelle nationale, une politique adaptée à la riche diversité de notre pays peut être menée.

En bref, une décentralisation efficace, comme aux Pays-Bas, garantit une politique unifiée et pourtant très proche du citoyen. Ainsi, le paradigme nationaliste est remplacé par un paradigme qui valorise la bonne gouvernance.

Signataires

Steven ARRAZOLA DE ONATE, Vice-président Jong VLD Brabant

Laurien BAMPS, Conseiller communal Open VLD, Sint-Truiden

Cindy CLAEYS, Présidente des Jeunes MR, Komen-Waasten

Elias ERPELS, Président Open VLD, Puurs-Sint-Amands

Arno PAULUS, Membre du conseil d’administration Jong VLD

Joris PIJPEN, Echevin Open VLD, Hoeilaart

Bob VANGEEL, Président honoraire Jong VLD, Leuven

Bruno YAMMINE, Docteur en Histoire, Leuven

Retrouvez la version originale en néerlandais via ce lien: 

https://www.liberales.be/teksten/vier-gewesten

Mise au point féministe

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo

Le féminisme ne date pas d’hier, tant s’en faut, et heureusement devrais-je dire. Nous n’allons évidemment pas retracer l’histoire du féminisme, bien qu’intéressante, car ce n’est pas le propos de cet article. Il est toutefois important de comprendre qu’une personne dite féministe n’est pas une vieille lesbienne avec des poils en-dessus des bras comme certains pensent. Nous sommes toutes et tous féministes, ou du moins nous devrions l’être dans une moindre mesure, même si nous n’osons – je ne sais pour quelles raisons – pas nous définir comme tel. 

La révolution féministe a pris un tournant mondial grâce à l’apparition du mouvement #Metoo qui a permis une certaine transcendance intergénérationnelle mondiale. En effet, ce mouvement transcende les classes sociales, les couleurs de peau, etc. Ce mouvement est capital dans la lutte féministe car les femmes ont pu se rendre compte qu’elles n’étaient pas seules et que, à un endroit de la terre, une autre femme a, elle aussi, partagé cette même expérience : agressions verbales, agressions physiques, viols, etc. D’autres mouvements ont aidé la propagation des idées féministes, parfois de manière violente même. C’est notamment le cas des FEMEN, groupe féministe d’origine ukrainienne, fondé à Kiev en 2008 par Hanna Hutsol, Oksana Chatchko et Oleksandra Shevchenko. Bien que je ne sois pas particulièrement en faveur de leurs méthodes – que je trouve trop violentes – je pense que ce mouvement a remis en question la dualité du sein féminin.

Jadis, nous avions tantôt, un sein nourricier, tantôt, un sein sensuel, dédié aux plaisirs charnels. Les FEMEN rajoutent ce que j’appellerais le sein politique. En effet, ces dernières utilisent leurs poitrines pour y inscrire des messages politiques, courts, mais percutants. Petite parenthèse quant à cette poitrine qui choque toujours autant. Prenons l’exemple d’un homme qui se promène torse nu – nous voyons déjà bien facétie langagière car nous pourrions très bien parler de poitrine, certes non-développée chez l’homme, mais bon – il ne recevra probablement aucune critique dans la rue. Or, si nous prenons une femme qui se promène, tout comme l’homme, seins nus… mon dieu… les insultes, sifflements, regards obscènes sortent à profusion… Pour terminer avec ce mouvement, j’aimerais nuancer mon propos. Je ne suis pas contre le mouvement en tant que tel mais contre les pratiques utilisées pour leurs revendications. En effet, je ne trouve pas utile d’exposer ces seins avec un slogan politique. Je pense même que cette attitude peut desservir leur cause car cela renforce les propos de certains machistes qui diront « regardez, vous voyez bien, ce sont des sauvages ». Alors que non, ce sont des personnes exaspérées par les conditions sociales, politiques, économiques, psychologiques, dans lesquelles elles vivent.

Tous ces mouvements montrent, cependant, que nous vivons toujours dans une société phallocrate, misogyne, où les femmes n’ont pas toutes les mêmes droits tout simplement à cause d’un fait biologique simple : être femme. Inutile de vous mentionner les conditions horribles, ineffables, que ces femmes vivent quand on leur ajoute de simples adjectifs comme : noires, lesbiennes, obèses, transgenres, et la liste est encore longue. Nonobstant, si le féminisme est loin d’être velléitaire, il ne doit pas – selon moi – perdre son temps à des idioties contemporaines. En effet, bien que je sois en faveur de la féminisation de professions, je suis – d’un point de vue linguistique – purement contre l’écriture inclusive. Elle rend la lecture incompréhensible et, selon moi, peut avoir un effet contreproductif et, donc, nuire à l’image positive escomptée par cette action. 

Enfin, pour conclure, je dirais que la conscience féministe devrait, toutes et tous, nous habiter et que la lutte ne fait que de commencer. Mais nous, féministes, femmes et hommes, respectueuses et respectueux d’autrui, nous mènerons le combat et ça sera, un jour ou l’autre, payant !

Être libérale et militante de “Black Lives Matter”, une riche liberté

Par Bélinda Gérard, co-Présidente des Jeunes MR d’Ixelles.

Jeune MR depuis plus de 7 ans, je représente actuellement les jeunes libéraux ixellois au titre de co-Présidente des Jeunes MR d’Ixelles. Co-présidence que j’ai tenue à conduire cette année car active depuis plus de 4 ans au sein du comité des jeunes MR d’Ixelles comme Secrétaire Politique et membre active, je souhaitais apporter mon optimisme et représenter notre jeunesse, si diversifiée, au sein du territoire d’Ixelles.

Être libérale et militante de “Black Lives Matter” était pour moi un moyen d’exprimer certains droits et l’expression de libertés importantes pour la communauté afropéenne le 7 juin dernier. Cette manifestation mondiale portait plusieurs messages pour les droits civiques et la justice sociale des afro du monde entier. Le point déclencheur de ces différentes manifestations fut l’écho de la mort tragique d’un homme noir sous le genou d’un policier blanc dans la situation sociale et politique que connaît encore les États-Unis d’Amérique. Les manifestants du monde entier et les différentes marques de solidarités postées sur les réseaux sociaux en soutien aux souffrances connues par ces communautés ont amenées le monde à prendre conscience des inégalités sociétales et spécifiquement celles vécues par les hommes et les femmes noirs aux Etats-Unis.  Des centaines de milliers de personnes sans clivages de couleurs et solidaires à l’histoire de George Floyd ont témoignés à travers les réseaux des gestes de solidarités sous différentes formes. Le MR, sous la Présidence de Georges-Louis Bouchez, a aussi tenu à afficher le visage de Martin Luther King, une figure hautement reconnue pour avoir prôné les droits des Afro-Américains et leur intégration égalitaire dans la société américaine.

Les origines du mouvement “Black Lives Matter”

Le mouvement “Black Lives Matter” traduit en français comme « la vie des Noirs compte » est un mouvement né en 2013 aux USA pour les droits civiques des Afro-Américains. Ce mouvement politique et militant porte la voix des Afro-Américains témoignant de nombreuses histoires de victimes de violences policières, de profilage racial et d’inégalités raciales à l’encontre des Noirs aux États-Unis d’Amérique. Comme nous le savons, l’histoire de cette opposition raciale n’a pas de cesse depuis la ségrégation des suprémacistes blancs sur les communautés afro-américaines qui existaient dans les années 1960.

L’histoire de George Floyd et de l’agent représentant les autorités de la ville de Minneapolis (USA), Derek Chauvin, en pleine épidémie de coronavirus s’est répandue comme une traînée de poudre à travers les réseaux sociaux, réveillant les mémoires sur les trop nombreux faits de violences policières et de familles endeuillées connues dans les communautés afro des Etats-Unis.

Ma sensibilité de jeune libérale afropéenne m’a donné l’envie de manifester auprès de la population belge venue de toutes les régions de notre pays brassant les diversités de notre nation en âges, en couleurs de peaux, en confessions religieuses, en langues au regard de cette histoire. Cette expression démocratique après le 1er confinement a été un geste témoignant de la solidarité envers un homme représentant une cause noble et le désir enfin de plusieurs citoyens de revenir à la liberté d’exprimer collectivement la volonté d’un avenir commun meilleur dans l’appel à revoir les égalités de société.

Soutien du MR de Bruxelles lors de la manifestation de BLM début juin 2020

Une lutte et des figures internationales

Dans cette lutte pour l’égalité des droits et l’intégration de chacun dans une vie sociale et économique non-violente, plusieurs figures majeures de l’histoire des droits des hommes et des genres ont marqué le monde dans le rapport au changement pour une meilleure vie en collectivité. Je voudrais citer ici pour exemple le Mahatma Gandhi, René Cassin, Hend Amry ; des personnalités qui ont rayonné sur la scène internationale pour leurs actions humanistes et primé pour leur militantisme.

En ce qui concerne les droits spécifiques à l’intégration des Noirs au sein des sociétés, plusieurs acteurs majeurs du changement ont également ouvert des brèches apportant aux communautés afro du monde entier la possibilité de contribuer et de manifester le changement.

    • Dorothy Counts, figure de proue de la lutte pour l’éducation ; la première Afro-Américaine à intégrer le lycée Harding de Charlotte réservé aux Blancs, en 1957. Un événement, trois jours seulement après la décision de la Cour suprême de mettre fin à la ségrégation à l’école.
    • Martin Luther King figure mondiale de la lutte des droits Afro-Américains et pour la justice sociale et économique des Afros. Martin Luther King a de nombreux succès dont la Marche de Selma à Montgomery conduite le 21 mars 1965 en faveur des droits de vote des Noirs. Cette marche a réuni 25 000 personnes. Au départ de cette marche 3000 militants partaient de Selma et, portés par le soutien d’autres militants, sympathisants blancs, religieux et laïcs, cette marche a été un succès collectif et solidaire. Le cortège a pu franchir sans encombre le comté de Montgomery, grâce à la protection du pouvoir fédéral.
    • Nelson Mandela, homme d’État d’Afrique du Sud, il s’est battu toute sa vie pour la lutte contre la ségrégation sociale, l’oppression et la pauvreté ce qui lui a valu de faire 20 ans de prison pour ses convictions et son militantisme pacifique. En 1993, il reçoit des mains de son Président Frederik Klerk, le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin au régime de l’apartheid conjointement et pacifiquement. En 1994, Nelson Mandela devient le premier Président noir de l’Afrique du Sud. 

En effet, toutes ces figures ont été des acteurs majeurs du changement pour la lutte pour l’intégration des Noirs dans une société sociale et économique internationale. Cependant, ces changements ne sont pas faits sans relever certaines difficultés vécues et affronter bien des défis. 

La manifestation pacifique du 7 juin 2020 à Bruxelles en soutien au mouvement « Black Lives Matter » a réuni plusieurs associations. Plus de 10 000 personnes se sont mobilisées pour soutenir toutes les victimes de meurtres raciaux dénombrés ces dernières années aux États-Unis, en Europe et plus proche de nous en Belgique.

La principale revendication de ce rassemblement était de stopper le racisme systémique contre les Afro-descendants et contre les personnes racisées en Belgique. Il a également été réclamée justice pour les familles de Moïse Lamine Bangoura et de Ndolovite Ferraz Dieumerci Kanda, pour Adil Charrot, Mawda Shawri, Mehdi Bouda et pour toutes les autres victimes dont on ne connaît pas encore les noms.

Encore du travail à accomplir

La Belgique en haute délégation et présidé par l’ancien Vice-Premier Ministre libéral des Affaires Étrangères belges, Monsieur Louis Michel, s’est exprimé au nom de l’Union Européenne et des pays européens associés lors de la conférence de Durban sur les droits humains en 2001. Monsieur Louis Michel a soutenu la volonté d’appliquer un plan national d’action interfédérale de lutte contre le racisme (NAPAR) qui s’est discuté en marge de la conférence de Durban 2001.

Toutefois plusieurs discussions nationales n’ont toujours pas abouties à la mise en application de ce plan. Concernant les recommandations et revendications introduites auprès de plusieurs décideurs, la jeunesse et les militants afro-belges ont pointé du doigts les points sensibles et à travailler ensemble. 

Les thématiques abordent l’éducation (la jeunesse), les violences policières, le sport, et la décolonisation des lieux publics.

Le mouvement “Black Lives Matter” initié aux États-Unis se veut être une continuité des travaux pour les droits civiques et l’intégration sociale et économiques des Afro-Américains. Une continuité qui se veut être l’héritage laissé par Martin Luther King et bien d’autres activistes pacifiques de par le monde pour les droits civiques et l’intégration pleine des Afros de toutes les sociétés démocratiques. 

Dixit Louis Michel : « La lutte contre ces fléaux doit donc naturellement nous unir tous, nous rassembler, nous mobiliser pour dire non à la fatalité. » Conférence de Durban 2001

Dixit Martin Luther King: « Vous pouvez obtenir ce que vous voulez de qui vous voulez en maintenant une confrontation constante et pacifique. » Marche de Selma 1965

Sources: 

https://www.lefigaro.fr/international/2018/04/04/01003-20180404ARTFIG00077-ces-activistes-qui-ont-perpetue-le-combat-de-martin-luther-king.php

https://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/03/06/26010-20150306ARTFIG00067-sur-la-route-de-selma-a-montgomery-une-page-de-l-histoire-americaine-se-tourne.php