La nouvelle Drôle de guerre

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24 février 2022, 4h. Vladimir Poutine déclare désormais ouvertement son intention d’intenter à la souveraineté nationale de l’Ukraine en affichant sa volonté de, nous citons, « dénazifier l’Ukraine». Hasard ou non du calendrier, c’est un 24 février 1812 qu’a eu lieu la signature d’une convention militaire franco-prussienne dans laquelle la Prusse accorde à l’Armée impériale française des facilités d’approvisionnement et de stationnement pour la campagne de Russie de Napoléon. C’est aussi un 24 février 1920 que le parti nazi est officiellement créé.

Revenons un instant sur le terme “dénazifier“. Ce furent déjà les nazis qui, dans l’histoire, ont essayé d’inclure en un seul empire l’ensemble des populations germanophones d’Europe, dans le but d’augmenter leur Lebensraum vers d’autres territoires idéologiquement antagonistes une fois les Allemands réunifiés sous la bannière de la svastika. Ce fut donc en premier lieu l’Anschluss de l’Autriche puis l’annexion des Sudètes tchécoslovaques en 1938, avant le dépeçage de la Pologne et le début de la Seconde Guerre mondiale.

Stefan Zweig disait à l’époque : « rien n’a plus aveuglé les allemands que l’orgueil de leur propre culture ». C’est en partie l’orgueil des Allemands après la Première Guerre mondiale et le poids du Traité de Versailles qui les ont poussés à suivre les velléités belligérantes des nazis.

Depuis lors, L’URSS (et toujours la Russie aujourd’hui), alors victorieuse de cette guerre en compagnie des Alliés, célèbrera désormais le 9 mai, le lendemain de la capitulation allemande, en tant que “Jour de la Victoire” de la Grande Guerre patriotique face aux Nazis.

Comparaison n’est pas raison, mais la ressemblance est troublante : l’URSS a fait de la Russie un pays conquérant, propagateur d’une révolution émulatrice face au capitalisme. La chute de cette Union a plongé le pays dans la crise sous toutes ses formes. 35 ans après la Perestroïka, ce n’est que par orgueil que la Russie préfère désormais les bruits de bottes à la neuvième symphonie de Beethoven. Militairement, c’est simple : Vladimir Poutine tente d’augmenter sa profondeur stratégique en englobant les populations russophones dans sa sphère d’influence militaire; La Blitzkrieg de l’armée russe pour démilitariser l’Ukraine fut destinée à l’affaiblir en un temps record avant que les efforts politiques et diplomatiques des puissances occidentales ne parviennent à faire entendre raison à la Russie. Fort heureusement, la guerre-éclair a échoué. Puisse la raspoutitsa arrêter Poutine tout comme elle freina Paulus.

Le polémologue allemand Von Clausewitz disait avant la Première Guerre mondiale : « la guerre n’est que l’extension de la politique par d’autres moyens ». Traduction : la guerre survient lorsque le politique et la diplomatie ont échoué. A court terme, en guise de soutien à l’Ukraine, ce n’est pas seulement en publiant des stories, des décors Facebook, des appels aux sanctions,… que l’armée russe reculera. Vladimir Poutine s’en moque. S’indigner, c’est bien. Agir, c’est mieux.

Alors que faire ? Soutenir la société civile ukrainienne est un premier pas. A plus long terme, soutenir la société civile russe est un deuxième pas, à l’image de cette journaliste ayant interrompu le JT le plus regardé de Russie.  Ceux qui ont porté Vladimir Poutine au pouvoir en sont désormais prisonniers. Et tant qu’il sera au pouvoir, la population russe se radicalisera à son service, au détriment de la paix.

Si l’on comparait les relations internationales à une partie d’échecs à plus de deux adversaires sans possibilité d’en mater un, on ne pourrait défendre ses intérêts qu’en s’assurant d’alliances fiables et en se protégeant des effets dévastateurs et globaux d’un coup de maître. 30 ans plus tard, le vœu pieux des Scorpions dans « Wind of change » est détruit. La guerre froide n’a pas anéanti la Russie. Francis Fukuyama n’avait peut-être pas raison lorsqu’il déclarait en 1991 que “la fin de l’histoire a été atteinte par la victoire du libéralisme sur toute autre forme de pouvoir“. La démocratie ne saurait être que libérale, et libre. Mais sans doute est-elle trop lourde à assumer pour certains.

En conclusion, les jeunes libéraux entendent se faire entendre de la sorte : politiquement, la situation en Ukraine pose à tout le moins la question de la dépendance des sociétés démocratiques au bon vouloir des sociétés autocratiques, dictatoriales et dont l’idéologie politique se situe aux antipodes des valeurs occidentales et des droits de l’homme. La liste est longue : Russie, Chine, pays exportateurs de pétrole, etc.

Il suffit de constater l’augmentation des prix de l’énergie, de l’énergie fossile en particulier, pour se rendre compte qu’orienter la conduite de la vie politique des démocraties occidentales dans le but de prévenir les dégâts collatéraux d’une crise politique à 3000 km de nos frontières passe par l’indépendance politique, militaire, sécuritaire, sociétale et environnementale vis-à-vis des autocraties. Il n’est pas seulement question de défendre notre mode de vie ou de lutter contre la volatilité des factures. Cela permet de sauver des vies. Et de manière bien plus importante que la politique, la vie est la seule valeur qui devrait être respectée par les gouvernements du monde entier.

Féminisme, genre, identité: rencontre avec Petra De Sutter

De nos jours, il y a très peu de place dans l’éducation nationale pour les sujets relatifs aux LGBTQIA+, ce qui engendre un malaise pour ceux qui se chercheraient encore ou qui n’arrivent pas à se comprendre, pensez-vous que c’est pertinent d’introduire ces notions à l’école, en début de secondaire par exemple ? Certains se disent que cela pourrait influencer, qu’en pensez-vous? Comment être plus inclusif afin que personne ne se sente rejeté ?   

 

Petra De Sutter : 

C’est sûr que l’éducation joue un rôle dans ce domaine, que ce soit dans l’entourage de l’enfant, à la maison ou à l’école.  

Dans l’enseignement néerlandophone, en secondaire, il a récemment été inclus que l’on doit prêter attention à la diversité sexuelle et de genre.  C’est une étape importante.

En même temps, sur le terrain, on constate que certaines écoles accordent déjà beaucoup d’attention à la diversité sexuelle et de genre, quand d’autres le font beaucoup moins… En fait, il faut se dire qu’il y a le cadre sociétal, mais il y a aussi le cœur des gens d’autre part. 

En légiférant par exemple, on peut influencer la mentalité des gens, mais ce qu’ils ont dans le cœur, c’est autre chose… Quoi qu’il en soit, nous devons tous faire barrage contre la discrimination et la haine à la maison, à l’école, partout. Même en politique. 

C’est un combat de tous les jours. 

 

Pensez-vous que l’éducation a un rôle à jouer dans le changement de mentalité ?  

 

Bien sûr! 

 

Tout cela est lié aux aspects culturels, qui conditionnent la vie de tout un chacun. Les médias jouent aussi un rôle important dans ce domaine, par exemple. 

Vous savez, moi-même, j’ai reçu une éducation très classique, et j’ai suivi un enseignement fermé sur ces questions. C’est donc quelque chose qui m’a personnellement marquée. Il y a beaucoup d’idées préconçues dans ce domaine. 

 

On peut prendre l’exemple du genre. 

Et cette idée par exemple que “le bleu c’est pour les garçons, le rose pour les filles”.  Il y a des métiers qui sont plus associés aux filles, d’autres aux garçons également. Il s’agit de constructions sociales fortes et parfois inconscientes, presque subliminales. Quand j’étais professeure, il y avait davantage d’hommes que de femmes qui frappaient à ma porte avec un projet de doctorat. Les étudiantes femmes, je devais aller les chercher, les repérer. Nous devons soutenir les femmes et leur dire : croyez en vous et franchissons ensemble les obstacles. Il faut convaincre les filles qu’elles ont (au moins) le même talent que les garçons ! Cela me fait penser aussi au secteur du digital : en Belgique, à peine 7 jeunes femmes sur 1000 ont obtenu un diplôme dans les filières STEM en 2020, contre 21 hommes sur 1000 ! Pour inverser cette tendance, on a d’ailleurs lancé l’année dernière le plan « Women in Digital », en collaboration avec Mathieu Michel notamment. 

 

Nous avons la chance de vivre dans un pays de tolérance et d’acceptation. Lors de vos rencontres avec vos homologues étrangers, percevez-vous les mêmes évolutions positives sur les mentalités et l’ouverture dans tous les autres pays d’Europe ? Nous pensons notamment à la Hongrie dont le représentant Viktor Orban applique une politique beaucoup plus réfractaire aux thématiques LGBTQIA+, et de manière générale à certaines valeurs européennes.  

 

Nous avons la chance d’être en Belgique à cet égard oui, c’est vrai.  

Mais en même temps, il faut rester vigilant. 

 

Orban et certains discours d’extrême droite trouvent un écho dans toute l’Europe. Un discours qui stigmatise non seulement la communauté LGBTQI+, mais qui s’oppose aussi à l’avortement par exemple, ou bien encore qui remet en cause les droits sexuels et reproductifs. 

Quand on voit que la Hongrie a voté différentes lois homophobes et transphobes et que la Pologne a mis en place des “zones sans idéologie LGBT”, ça fait froid dans le dos.  J’ai été indignée par ces lois. Elles violent la liberté d’expression, et pas seulement. 

Je vous donne un exemple : si je publie en Hongrie un livre sur l’homosexualité, il ne pourrait pas être vendu dans un endroit accessible aux moins de 18 ans !  J’ai discuté de tout cela avec mes collègues au sein du gouvernement. Et Sophie Wilmès l’a fait aussi avec ses homologues européens. Nous avons immédiatement convenu que nous nous opposerions fermement aux lois discriminatoires d’Orban et que nous maintiendrions la pression au sein de l’Union européenne, car c’est là que des mesures peuvent être prises en premier lieu. N’oublions pas que la première initiative prise en Europe est venue de Belgique ! Sophie Wilmès a rédigé une déclaration avec les pays du Benelux et les États membres signataires ont condamné l’adoption par le Parlement hongrois d’amendements discriminatoires à l’égard des personnes LGBTQI, en qualifiant cette législation de forme flagrante de discrimination et de stigmatisation à l’encontre des personnes LGBTQI. 

L’idée était aussi de demander à la Commission européenne d’utiliser tous les outils dont elle dispose pour que la Hongrie se conforme au droit européen, y compris en saisissant la Cour européenne. 

 

Bref, il y a les paroles, et on est passé aux actes.  

 

J’aimerais également dire qu’y compris en Hongrie et en Pologne, de nombreuses personnes estiment que tous les citoyens de l’UE devraient bénéficier de la même protection contre la discrimination. 

Nous sommes leurs alliés et nous devons être solidaires avec ces personnes. C’est un combat inclusif, nous devons nous battre ensemble.      

 

Jugez-vous que notre pays propose suffisamment de structures permettant à toute personne d’avancer dans sa recherche identitaire, de l’association défendant les personnes LGBTQIA+ jusqu’aux intervenants dans le cadre de changements physiques nécessaires ?  

 

La situation est plutôt bonne en Belgique je pense. 

Nous sommes d’ailleurs en deuxième position du Rainbow Index de l’ILGA-Europe (classement de 2021). 

Et on doit saluer l’énorme travail du monde associatif, notamment. Mais il reste encore du travail à faire, par exemple en ce qui concerne la législation sur les personnes trans et intersexes, et la lutte contre la violence et l’amélioration du bien-être via le plan SOGIESC, qui est en cours d’élaboration. L’enjeu est d’accroître les connaissances sur les conditions de vie des personnes LGBTQI+ et de nous engager dans une politique d’inclusion des LGBTQI+. Il s’agit également de renforcer la sécurité des personnes qui font partie de la communauté. N’oublions pas les terribles drames qui se sont passés dans notre pays, de Liège, à Beveren… 

 

Que pensez-vous de l’incorporation du “iel” dans le dictionnaire ? Est-ce important pour le combat féministe ?  

 

L’écriture inclusive est un débat qui vit surtout dans le Sud du pays. Mais c’est une question intéressante. 

Une langue évolue avec son temps. La langue d’une société reflète la société elle-même, en même temps qu’elle l’influence. 

Et c’est certain qu’il existe une certaine domination du masculin sur le féminin, d’ailleurs il y a cette expression en français “le masculin l’emporte sur le féminin” ! 

Et le genre neutre n’existe pas en français… Dans ce sens, l’écriture inclusive est une réponse à ce rapport de domination.  

 

Que pensez-vous de la suppression du genre sur les cartes d’identité ? 

 

Ma collègue Ecolo Sarah Schlitz travaille actuellement, avec les ministres de la Justice et de l’Intérieur, à la modification du caractère irrévocable du changement de genre et à l’invisibilité du marqueur de genre sur la carte d’identité. 

Elle soutient par ailleurs l’initiative selon laquelle l’enregistrement officiel du genre ne devrait plus être lié au numéro de registre national.  

 

On va dans la bonne direction…

L’ours, le roi de la jungle !

La politique étrangère de Vladimir Poutine exhume la doctrine Brejnev des décombres de l’Union soviétique. Une doctrine qui habilita Moscou à intervenir dans la question de souveraineté des pays satellites. Certes, parler actuellement des pays satellites de l’URSS est légèrement anachronique mais nous ne pouvons pas négliger la marée que provoque la Russie sur les pays comme le Kazakhstan, l’Ukraine, la Biélorussie etc.


Selon Vladimir Poutine, la chute de l’Union soviétique est la plus grande catastrophe géopolitique du XXème siècle. Il est charmé par l’ancien régime dans la mesure où même le nationalisme que son gouvernement promeut est un nationalisme soviétique. Par exemple, comme le dit Dominique Arel, professeur et titulaire de la Chaire en études ukrainiennes, pour le Kremlin, le nationalisme ukrainien est un complot occidental et l’Ukraine est unie organiquement avec la Russie. L’intérêt que Poutine montre à l’ancien gouvernement du Bloc de l’Est peut être à la fois un point fort et un point faible pour lui. Fort, dans le sens où il contribue à la popularisation de ses politiques et faible car son échec s’est vu une fois en 1991 avec la dislocation de l’URSS.

Pour Irina Lazarevna, historienne russe, la seule façon de traverser cette situation et d’atteindre la démocratie est de passer par Staline et le système qu’il a créé. In effectum, dans un tel contexte, l’Union européenne peut jouer un rôle important. L’UE, en tant qu’un des porte-drapeau de la démocratie dans le monde en soutenant les militants des droits de l’homme et les pays voisins de la Russie, peut renforcer les tendances démocratiques dans la région et dans le pays.


De l’autre côté, l’homme le plus puissant de Russie n’est pas seulement fasciné par la pensée de Staline, il est également envouté par Ivan Iline, philosophe russe. Poutine en imitant Iline, insiste sur la supériorité des russes sur les européens. Il pense qu’à l’avenir l’Union Eurasienne conçue par la Russie l’emportera sur l’Union Européenne. Autrement dit, Staline et lline semblent être la latte et le crayon avec lesquels Poutine fait l’ingénierie de ses politiques.


La dernière définition que nous puissions lui donner est celle de David Bell, historien américain, qui reconnaît Poutine comme un Césariste. En d’autres mots, il a fondé son régime en grande partie sur la victoire militaire et à ce titre nous pouvons citer les victoires sur la République tchétchène, la Géorgie et la Crimée.


Sources:
https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/jul/10/vladimir-putin-russia-
rehabilitating-stalin-soviet-past

https://www.nybooks.com/articles/2018/04/05/god-is-a-russian/
https://www.eurozine.com/fascism-or-caesarism/

La FEF, monopole de la représentativité étudiante… ou pas!

Par Simon Liegeois et Wiktoria Ewa Wojslawowicz

Le lundi 1 novembre, nous apprenions avec stupéfaction certes, mais beaucoup de satisfaction, la désaffiliation du Bureau des Étudiants Administrateurs (BEA), conseil étudiant de l’ULB, de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF). Si cette décision a pu s’avérer surprenante pour de nombreux étudiants, elle résulte néanmoins d’un système de représentativité dépassé, voire sclérosé au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’en est-il réellement ?

Comment fonctionnent les conseils étudiants et les organisations représentatives communautaires dans l’enseignement supérieur ?

 

Pour comprendre l’enjeu d’une telle décision de désaffiliation de la FEF, il est important d’expliquer pour commencer le fonctionnement d’un conseil étudiant et d’une organisation représentative communautaire (ORC), ainsi que le rôle de ces instances dans la représentativité des étudiants de l’enseignement supérieur.

D’une part, le conseil étudiant est une instance présente dans chaque établissement supérieur. Pour qu’il puisse opérer, il doit se composer d’au moins sept membres élus lors des élections pour lesquelles les étudiants de l’université sont invités à voter. Parmi les sept membres élus, chaque faculté ou domaine d’étude devra avoir un représentant.

Ainsi, ces élections estudiantines mènent à la réunion des étudiants de première année jusqu’à la troisième année du bachelier autour du conseil étudiant. Dans le cas d’une démission d’un membre, celui-ci est remplacé par son suppléant. Si l’un des étudiants membre du conseil perd sa qualité d’étudiant régulièrement inscrit, il sera automatiquement considéré comme étant démissionnaire. En pratique, le conseil étudiant doit communiquer la liste des représentants tant effectifs que suppléants à l’établissement d’enseignement supérieur au sein duquel il opère.

D’une autre part, les ORC agissent en tant qu’organisations représentatives des étudiants à l’échelle communautaire. Une ORC s’assure à représenter tous les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en veillant à défendre et à promouvoir leurs intérêts, mais également, comme des associations telles Jeunes MR aspirent à le faire, de former des CRACS (Citoyens Responsables, Actifs, Critiques et Solidaires).

Les conseils étudiants dans les universités peuvent faire le choix de s’affilier à une ORC ou de garder leur indépendance. Pour qu’une ORC puisse exister, elle doit disposer de statuts qui respectent le décret et garantir le pluralisme politique et philosophique au sein de sa structure. Elle doit également représenter au moins 15% des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, et ce, dans au moins trois provinces. Si un conseil étudiant décide de s’affilier

Rétrospective sur la FEF et l’Unécof

 

La FEF a été créée en 1973 afin de représenter les étudiants francophones de Belgique. L’Unécof est quant à elle, née en 1996, et issue du Bureau des étudiants administrateurs de l’ULB, du Conseil des étudiants de la Haute École Francisco Ferrer et des étudiants de la Haute École Robert Schuman. À l’époque, elle se revendiquait pluraliste et représentative du monde étudiant dans toute sa diversité.

Lorsque le décret participation a été signé en 2012, la FEF (Fédération des Étudiants Francophones) et l’Unécof (Union des Étudiants de la Communauté française) étaient les deux organisations majeures qui représentaient les étudiants au sein de la Communauté française (actuelle Fédération Wallonie-Bruxelles). Bien qu’une collaboration entre les deux organisations aurait pu sembler alléchante, celles-ci nont pas toujours privilégié les mêmes moyens afin de défendre les intérêts des étudiants.  En ce sens, la FEF s’est vue reprocher des méthodes militantes contreproductives sur des dossiers clés, mais également, sa proximité avec le PTB et les jeunesses militantes communistes telles le COMAC. À titre d’exemple, le président du parlement interne de la FEF a été contraint en 2011 de démissionner car celui-ci exerçait un autre mandat pour le PTB.

L’Unécof, quant à elle, ne parvenait pas à représenter suffisamment d’étudiants en plus d’endosser un double rôle lourd à porter. En effet, celle-ci, en plus de son statut d’ORC était également reconnue comme OJ (Organisation de Jeunesse). Ce poids l’a finalement conduite vers sa fin en 2019, laissant la FEF seule pour défendre les intérêts des étudiants.

Où est la place du libéralisme ?

 

Bien que la FEF ait mis en place de nouvelles règles, notamment l’interdiction pour leurs représentants de cumuler des responsabilités avec un parti politique, ou encore de se présenter à des élections, le manque de pluralité et de représentativité ainsi que l’utilisation de moyens ne prenant pas en compte les diverses sensibilités, orientations philosophiques et politiques des étudiants, lui ont été reprochés de plus en plus au fil des années.

Si certains se sont étonnés de la décision du BEA de l’ULB de quitter la FEF, cette initiative du conseil étudiant de l’université s’inscrit pourtant dans un contexte plus large et complexe, laissant entrevoir un dysfonctionnement au sein de sa structure interne. Le manque de représentativité, ainsi que le manque de neutralité sont les points ayant mené vers la fin de collaboration avec celle-ci. Pourtant, la nécessité de rester fidèle avec sa vocation principale, qui est celle de représenter l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur, n’a pas pour autant mis en exergue pour la FEF l’indispensabilité d’un discours davantage neutre et inclusif de toutes les orientations philosophiques et politiques qu’elle entend ironiquement défendre. L’hypocrisie est épinglée.

Cette problématique n’est pourtant pas récente. Les deux points abordés ci-dessus ont effectivement été recensés quelques années après la création de la FEF (1973).  Il va sans dire qu’au sein des différentes hautes-écoles et universités du royaume, les étudiants ne partagent pas une seule orientation politique, qui est dans ce cas, celle orientée à gauche. Le manque d’anticipation et de compréhension du besoin de représentativité de la moitié du spectre philosophique et politique des étudiants qu’elle représente se retrouve en ce sens au centre de cette dernière décision ayant secoué le paysage estudiantin. 


 

EN RÉSUMÉ…

Si la FEF se targue souvent d’être le seul organisme représentatif à faire porter la voix des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles, nous remarquons surtout que leur système est usagé. Le spectre militant d’extrême-gauche n’inclut à fortiori pas l’ensemble des étudiants, ni les moyens employés pour parvenir à ses fins, tandis qu’ils se sont vus reprocher à de nombreuses reprises leur manque de travail et de nuance sur le fond de dossiers clés. Le monopole de la représentativité n’existe pas et la ligne militante de la FEF se fait surtout remarquer dans sa manière de communiquer : on ne retrouve ni débat, ni construction dans leur manière d’agir, car la place du débat n’existe pas au fondement-même de l’organisation

L’essor de la démocrature

Opinion libre de Kourosh Leperse

En quoi le système politique de la République islamique d’Iran s’apparente-elle à une usurpation d’identité de la démocratie représentative ?

 

La démocratie est un système où les organisations sont régies par la volonté du peuple. Un régime qui encourage les citoyens à participer librement aux décisions liées au « Vivre Ensemble ». Dans les démocraties représentatives que nous connaissons bien dans le monde, généralement, les citoyens – à la suite d’un suffrage universel – amènent leurs représentants au pouvoir. Autrement dit, l’urne électorale est l’articulation mobile d’un corps social démocratique, qui relie le peuple au gouvernement.

 

Au cours des quarante dernières années, les autorités iraniennes ont toujours revendiqué que leur légitimité est baptisée, une fois tous les quatre ans, par la participation populaire libre. Une réclamation dont sa vérification ou sa falsification nous conduisent à de maintes spéculations. Pour y répondre, nous devons d’abord étudier la quiddité idéologique de la république islamique et puis examiner le fonctionnement du mécanisme électoral du pays. Au préalable, intéressons-nous à la désignation du Walâyaté faqih ou le gouvernement du juriste. Ce dernier est la pierre constructive de la république islamique, un principe étendu par Ayatollah Khomeini avant la révolution de 1979 également appelée la révolution islamique qui a remplacé l’État impérial d’Iran par une République. Basé sur cette doctrine, le juriste a une autorité absolue politique et religieuse. Par conséquent, il détient le même pouvoir que le prophète et les saints Imams. En prenant en considération cette interprétation de la religion, nous apprenons que ce régime s’inscrit sous le nom d’un pays théocratique.

 

De plus, il est aussi nécessaire de percevoir l’Iran à travers son prisme totalitaire. Si nous nous référons à la signification de ce dernier, nous trouvons que l’idéologie a sa forte place dans la politique, la violence envers les opposants et les groupes, tout ceci sous la direction d’une seule personne : le guide suprême. Il y a pareillement une forte adhésion de la population au régime. Ce dernier planifie de nombreux événements religieux et gouvernementaux comme la décade de Fajr, la célébration de dix jours du retour de Khomeini en Iran, ou la journée d’occupation de l’ambassade américaine le 4 novembre, etc. Ce totalitarisme a également des ambitions internationales afin de répandre l’islam. Nonobstant, le système politique iranien ne rentre pas complètement dans la définition du totalitarisme, car il y a l’absence du parti unique. Nous pourrions donc le qualifier d’état idéocratique malgré ces aspects totalitaires. Ce qui fait sans cesse l’olibrius sur la scène du pouvoir iranien n’est sûrement pas un système démocratique. Afin de décrypter mieux la nature de ce régime, il nous faut converger nos regards sur les élections.

 

Les élections en Iran ont lieu sous la surveillance du Conseil des gardiens de la Constitution. Une assemblée de 12 membres dont 6 membres nommés directement par le guide suprême et 6 membres élus par le parlement sous la prescription du chef du pouvoir judiciaire qui est également désigné par le guide suprême. En d’autres termes, le navire électoral surfe sur les vagues de la pensée du Guide Suprême. L’architecture de la république islamique est telle que les élections ne peuvent pas être populaires. En effet, toutes les classes n’envoient pas leurs représentants et ceux qui postulent leur candidature sont limités.

Par exemple, l’Article 115 de la Constitution de l’Iran rejette la possibilité à femme, une personne non-chiite ou non-croyante aux principes de la république islamique d’être élue. Selon Khomeini, le fondateur de cette République, la légitimité du gouvernement islamique vient d’Allah. Alors les votes des individus, même du prophète, ne sont pas impliqués car c’est le commandement de Dieu d’obéir aux dirigeants. Puis nous pouvons conclure que dans ce système politique les élus sont plutôt les représentants de la loi divine que le peuple.

 

En dernier lieu, l’enjeu des élections en Iran ne tente pas d’offrir des alternatives politiques mais renforce une dimension concurrentielle pour un système politique clientéliste et d’idéocratie. Le régime islamique d’Iran se déplace dans l’orbite d’une idéologie que par la définition de Marcel Gauchet, philosophe et historien français, « est conçue pour l’exercice d’un pouvoir radical et total dans un État ».

 

 

La crise du Covid dans les écoles, ou comment rendre les choses toujours plus compliquées.

Par Nathan EYNATTEN

Depuis mars 2020, et l’annonce de la fermeture totale des écoles pendant une période indéterminée, il est évident que le rythme scolaire a totalement été bouleversé. Tous les acteurs de l’enseignement s’accordent à le dire : rien n’est plus comme avant ! Effectuons un petit tour d’horizon sur ce qui a changé et sur les conséquences désastreuses que cela peut avoir…

Première étape : suspension des cours

Cette mesure, prise dans l’urgence, nous ne pouvons pas fondamentalement la critiquer ; qui pourrait prétendre ce qu’il était bon de faire dans une situation de crise comme celle qu’a dû gérer notre ancien gouvernement, alors que l’ensemble des experts annonçaient une catastrophe épidémiologiste en cas d’inaction.

Cependant, aujourd’hui, nous pouvons constater les dégâts, en termes d’apprentissages, qui ont été causés par cette fermeture des institutions scolaires. Les enseignants n’ont pas pu terminer le programme de l’année en cours ; il revenait donc aux enseignants de l’année suivante de terminer les apprentissages essentiels pour continuer à accumuler des compétences.

La fermeture totale des écoles a également eu comme impact une énorme cassure dans le rythme scolaire, à tous les niveaux de l’enseignement (de l’école maternelle jusqu’à la dernière année de master universitaire). En effet, les élèves se levaient quand ils le souhaitaient, n’étaient pas contraints de travailler pour l’école … c’était, en quelques sortes, de belles vacances supplémentaires. Comment revenir à un rythme plus ou moins régulier par la suite ? Surtout que, nous allons y venir, l’école n’a jamais réellement repris…

Deuxième étape : reprise partielle des cours

Avant la fin de l’année scolaire 2020-2021, certains élèves ont pu retourner à l’école : les élèves ayant des difficultés d’apprentissage et nécessitant un accompagnement privilégié – bonjour le système discriminatoire, Madame Désir. Les autres devaient apprendre à utiliser une plateforme numérique tout en gérant le travail que les professeurs leur donnaient. Notons à ce stade que les professeurs, plus que jamais, ont été également sollicités d’une manière inédite : ils ont dû adapter en un temps record l’ensemble de leurs cours en version numérique pour garantir les bases solides de l’enseignement de base.

Perte de motivation, lacunes dans les apprentissages et essoufflement du corps professoral ne sont que trois exemples de conséquences que les élèves ou leurs enseignants ont pu ressentir pendant cette fin d’année scolaire. Malheureusement, ils n’étaient pas au bout de leur peine…

Troisième étape : entre le « vert pastelle » et le « rouge sang » – un arc-en-ciel de couleurs liberticides

Nous exagérons le trait, bien entendu, lorsque nous parlons de « couleurs liberticides », veillez nous en excuser, Madame la Ministre, mais… malgré tout… vous admettrez que votre code couleur qui avait pour vocation de réguler les ouvertures/fermetures des écoles dès la rentrée 2020-2021, n’avait rien de clair.

Au départ, nous avions envie de croire que l’épidémie était dernière nous : nous rentrions en code vert ! Ce code vert n’aura, in fine, duré que quelques jours puisque la situation épidémiologique s’aggravait : passage au code orange amorcé !

Les écoles étaient donc invitées à organiser les cours en hybridation – sauf pour les élèves du primaire et du premier degré secondaire. Il fallait donc trouver un moyen d’organiser les cours à moitié à l’école et à moitié à la maison. Les parents devenaient donc des enseignants, pendant qu’eux aussi ils télétravaillaient, les élèves jonglaient avec l’ordinateur et leurs cours, enfin… s’ils y arrivaient, et ce sans aucun stresse car, comme l’année précédente, la ministre de l’Enseignement obligatoire l’avait déjà annoncé : lors des délibérations, les enseignants et les directions seront amenés à considérer l’hybridation et donc à être indulgents. Traduction : vous passerez tous, sauf grosses exceptions.

L’année 2020-2021 a été une succession de changements de couleur, en fonction d’abord de la situation en FWB, puis au niveau régional, puis au niveau local … bref un casse-tête sans nom que personne ne comprenait.

Quatrième étape : qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis le début de cette année scolaire, les écoles sont ouvertes et les élèves peuvent suivre les cours à temps plein en classe. Sauf que, dans les faits, les choses ne sont pas aussi simples. Le virus est toujours présent, donc il n’est pas impossible qu’une quarantaine soit exigée pour un élève, et donc c’est au professeur de s’adapter : donner cours en se filmant pour être en direct chez les élèves absents. Tenter, tant bien que mal, de gérer les apprentissages malgré les lacunes accumulées. Essayer de redonner aux élèves le plaisir d’apprendre, et surtout de leur réapprendre la vie à l’école, car comme expliqué ci-dessus, les deux dernières années scolaires n’a pas aidé nos jeunes dans leur rythme…

Une peur règne dans les écoles : le retour à l’hybridation ou – pire encore – une nouvelle fermeture totale des écoles.

L’enseignement est un secteur qui aurait toujours dû être considéré comme essentiel, et qui pourtant, aujourd’hui, est mal mené.

Les Jeunes MR plaident pour un retour à la normalité dans les écoles, un retour aux apprentissages réels et efficaces, une vraie considération des enseignants et de leurs élèves.

Nous encourageons nos dirigeants à prendre en compte la réalité du terrain avant d’annoncer sur un plateau de télévision des mesures qui sont encore loin d’être prises. Les directions des écoles sont à bout de souffle, ils attendent avec impatience les nouvelles circulaires dans lesquelles ils risquent d’apprendre que leur rôle va encore changer. Vont-ils devenir médecins, agent de tracing ? Vont-ils être amenés à devoir, une nouvelle fois, organiser un sens de circulation dans l’école ou vont-ils devoir investir dans des logiciels pour permettre une hybridation ? Bref, quand vont-ils retrouver leur fonction principale : gérer un établissement scolaire où l’objectif est de garantir à chacun des élèves un épanouissement et une qualité d’apprentissage ?

Nous encourageons également nos enseignants à tenir le coup, les jeunes MR savent qu’ils sont sur le front chaque jour pour faire du mieux qu’ils peuvent. Leur objectif reste l’accompagnement des jeunes dans la réussite, et pour cela nous leurs sommes reconnaissants !

Enfin nous pensons à chacun d’entre nous, jeune élève, jeune étudiant ou jeune diplômé, qui doivent, chaque jour, augmenter notre capacité d’adaptation.

En résumé : gardons le cap ! Soyons forts, nous allons pouvoir tenir le coup.

Nathan EYNATTEN – Délégué jeunesse, enseignement, formation & vie étudiante.

Le politiquement correct… on en crève !

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

Tout le monde a déjà été confronté à ce politiquement correct mais que devons-nous en penser ?

La dernière idiotie est récente. Comme vous le savez, chaque année, une cinquantaine d’États, dont la Belgique, font la démonstration d’une belle coopération européenne à travers l’organisation des “Journées européennes du Patrimoine” dans le but de rapprocher les trésors patrimoniaux du public. En Wallonie, ces journées auront lieu les 11 et 12 septembre sur le thème “Femmes et Patrimoine”. Elles mettront précisément en valeur les femmes en évoquant leur rôle, leur fonction, leur apport personnel et collectif, leur gestion, leur empreinte ou alors tout simplement leur souvenir. Par ailleurs, seront également mis en avant les biens patrimoniaux wallons en lien avec l’évolution des droits sociaux et politiques des femmes en Belgique.

Tout semble fonctionner comme sur des roulettes mais le socialiste bruxellois Pascal Smet de Vooruit est tombé dans les griffes de ce politiquement correct. En effet, il souhaiterait changer le nom et le rebaptiser de « Heritage days ». Pourquoi ce changement ? Selon le Secrétaire d’Etat, cette appellation est purement sexiste puisque le mot « patrimoine » dérive directement du substantif latin patrimonium, évoquant un héritage paternel et donc masculin.

L’idiotie humaine ne cessera jamais de m’impressionner. Je pense que personne n’avait jamais pensé à cette étymologie latine aux « allusions sexistes ». Par ailleurs, je pense même que toutes les personnes qui utilisait le mot patrimoine n’ont jamais pensé « asservir » les femmes. Ce changement d’appellation pose, en réalité, deux problèmes. Nous créons, d’une part, un problème où il n’y en a pas. D’autre part, nous utilisons des mots anglais alors que nous avons des équivalents en français. L’incorporation de substantifs étrangers dans une langue ne me dérange absolument pas à condition qu’ils soient nécessaires. Le cas échéant, utilisons les mots dont nous disposons.

Le politiquement correct nous plonge non seulement dans une décadence linguistique mais également dans une constante crainte de « mal parler ». Une personne aveugle voit-elle mieux quand on l’appelle « malvoyante » ? Le politiquement correct nous plonge dans un marasme dont nous ne pourrons plus sortir. Le politiquement correct nous plonge dans une société décadente. Y souscrire, c’est renoncer à sa liberté ! Pour moi, c’est donc un grand « non » !

Sources (dont image):

https://www.lalibre.be/debats/ripostes/2021/08/25/pascal-smet-a-t-il-eu-raison-de-rebaptiser-les-journees-du-patrimoine-en-heritage-days-BLNMA5Z4CNG4HBVN2KQ6MGMR6Y/?fbclid=IwAR2SvOa_fQ0a47eTJFqo0T300lNE17Rk2ZAdVlJInsFX7v2H1_j_p9GCUpc

La décadence post-linguistique

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

De nos jours, certains mouvements de gauche – toutes gauches confondues d’ailleurs – tentent d’améliorer et de moderniser notre société contemporaine grâce à des changements aussi futiles que loufoques. Dans cet article d’opinion pamphlétaire et contestataire, je me contenterai de mentionner l’écriture dite non-genrée ou non-binaire. Cette écriture, directement inspirée du politiquement correct, nous plonge dans une décadence post-linguistique. D’ailleurs, dans l’Identité malheureuse, Alain Finkielkraut déclarait : « Le politiquement correct, c’est le conformisme idéologique de notre temps. La démocratie, en effet, c’est-à-dire le droit de tous à la parole, produit du conformisme. L’homme démocratique pense comme tout le monde en croyant penser par lui-même. Il ne se contente pas d’adhérer au jugement du public, il l’épouse jusqu’à ne plus pouvoir le discerner du sien propre » (Finkielkraut, 2013). Ne vous méprenez pas, je ne suis point contre cet homme démocratique, tant s’en faut, mais bien contre toutes les personnes qui tentent de révolutionner le monde à travers de fausses bonnes idées. Bien que la culture soit un des domaines où se déroule une activité spirituelle et créatrice, pour reprendre une autre citation de notre Académicien, cette activité ne doit en aucun cas pourfendre l’hérésie linguistique. 

Reconnaissons que la langue française est très complexe. Entre sa grammaire et son orthographe, les apprenants de la langue de Molière peuvent éprouver de réelles difficultés. Alors pourquoi encore entraver leur apprentissage ? 

L’écriture non-binaire peut se définir comme une forme linguistique neutre, entendez par-là que les notions de « masculin » et « féminin » disparaissent. Cependant, la complexité ne s’arrête pas là puisque le neutre grammatical n’est pas la même chose que le genre neutre (également nommé neutrois). On peut, donc, par exemple être agenre (personne n’ayant aucun genre), demi-garçon, demi-fille, bispirituel (avoir un esprit féminin et un esprit masculin cohabitant en même temps), genre-fluide, etc. et utiliser le neutre grammatical pour se désigner.

D’un point de vue purement linguistique, cette non-binarité entrave la compréhension et probablement l’apprentissage de la langue française, bien que cette information ne soit pas scientifiquement vérifiée, étant donné la nouveauté de ce phénomène. Cependant, nous pouvons supputer que cette nouvelle écriture entrave la compréhension d’une langue déjà complexe. J’en veux pour exemple les différentes manières d’écrire le phonème [ɛ̃] en français. On peut l’écrire avec /in/ (intéressant), /im/ (important), /ein/ (ceinture), /ain/ (pain), /aim/ (faim), /yn/ (lynx), /ym/ (symbole). Il existe une pléthore d’autres exemples mais nous nous contenterons de celui-ci. Si l’écriture non-binaire souhaite éviter les discriminations, elle en génère indubitablement par sa complexité. Comme le montre le tableau suivant, la langue française connaîtra de nouvelles formes lexicales, verbales, etc. 

 

Source : http://uniqueensongenre.eklablog.fr

Autrement dit, par souci d’inclusion, nous préférons compliquer la langue française mais nous n’avons pas pensé un seul instant que nous allions discriminer toutes les personnes éprouvant déjà des difficultés lors de leur apprentissage. Certains linguistes seront opposés à cet avis mais je prendrai l’exemple suivant pour montrer la complexité et l’idiotie de cette nouvelle écriture. 

Exemple 1 : « Il est beau » (français standard).

Exemple 2 : « Ille est belleaux » (français dit « non-binaire »). 

La première question qui se pose est la suivante. Comment prononcer Ille ? Rien de plus simple. Ce mot se prononce comme le Il (du français standard). Pour une écriture qui souhaite éviter toutes discriminations mais qui garde la même prononciation phonétique masculine, pardonnez ce satisfecit, mais je trouve cela quelque peu étrange. Ensuite, la forme belleaux est identique au singulier et au pluriel. Certains y verront une facilité, j’y vois une incompréhension. Admettons.

L’hérésie linguistique ne s’arrête pas là. La terminaison des noms féminins et masculins, pour les professions par exemple, sont remplacés par /x/. « Un avocat » s’écrira donc « Um avocax ». Un chanteur et une chanteuse s’écrira désormais « chateureuse ». Peut-on me garantir qu’il n’y aura aucun caractère humoristique quand nous dirons que lu (la) chanteureuse est triste. Le maitre et la maîtresse – qui avait déjà posé problème lors de la féminisation des professions pour avoir deux acceptions dont une quelque peu péjorative – s’écrira désormais « maitré ». Nous pourrions continuer avec une kyrielle d’exemples mais ce n’est pas le but de cet article. 

Une langue doit évoluer sinon elle meurt ! C’est une évidence ! On peut déplorer quotidiennement la disparition des langues comme le relate Claude Hagège dans son ouvrage, paru en 2000, Halte à la mort des langues. Cependant, nous devrions nous attarder sur d’autres aspects linguistiques afin de faciliter l’apprentissage de cette langue et non complexifier ce dernier…

Sources : 

Finkielkraut, Alain. 2013. L’identité malheureuse. Paris: Stock.

Hagège, Claude. 2000. Halte à la mort des langues. Paris: O. Jacob.

 

La flexibilité au travail, facteur d’épanouissement professionnel et privé

S’il y a bien un sujet sur lequel les idéologies politiques s’entrechoquent, c’est à propos du travail. Non seulement les solutions proposées sont aux antipodes mais même les constats divergent. Pire encore, depuis l’entre-deux-guerres et les célèbres revendications telles que la semaine de 40 heures, les deux premières semaines de congés payés ou la reconnaissance du droit syndical par exemple, les avancées ont été nettement moins spectaculaires. Bien que, paradoxalement, le monde du travail n’ait jamais autant évolué que depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Si l’entre-deux-guerres a connu une légifération accrue du cadre du travail, il ne faut pas oublier que certaines de ces revendications étaient portées depuis… 1886 aux Etats-Unis ! C’est le cas de la journée de travail de 8H, composant le triptyque – travail, sommeil et loisirs -, représenté dans les manifestations par le triangle rouge, celui de l’égalité horaire entre ces trois parties de journée. On le voit donc, le respect des droits des travailleurs, notamment celui d’un temps de travail maximum, était l’un des premiers fers de lance du mouvement ouvrier. 

 Et pourtant, à cause de la crise de la Covid-19, le monde du travail a expérimenté un bouleversement sans précédent. Cela s’entend, nous parlons ici du télétravail imposé à bon nombre de travailleurs et pratiquement tous les étudiants. Le télétravail a également illustré un autre phénomène lié à l’emploi : la flexibilité. Ce même télétravail qui floute la frontière entre vie privée et professionnelle et qui vient bousculer le triptyque parfait des 8-8-8. 

 Dès lors, en ce 1er mai 2021, journée de la Fête du travail, plutôt que de s’attarder sur comment augmenter le taux d’emploi, nous avons souhaité présenter nos solutions pour mieux concilier vie professionnelle et vie privée. 

L’impact de la Covid-19 sur nos vies professionnelle et académique

Aujourd’hui, la Covid-19 impacte les différents aspects de nos vies : qu’elle soit privée, professionnelle, étudiante, ou bien sur nos loisirs, nos droits et nos libertés fondamentales.

Les libertés et droits fondamentaux liés au travail, passés rapidement en revue ci-dessus, ont notamment été frappés de plein fouet par la crise sanitaire que nous traversons.

Incontestablement, la notion de télétravail a évolué en l’espace de quelques semaines de manière significative. Ce privilège est rapidement devenu la norme, voire même l’obligation. Le salon, la table à manger, la cuisine, autrefois espaces de convivialité et de partage, deviennent presque du jour au lendemain notre nouvel espace de travail qu’il faut se réapproprier autrement. Fini l’open-space et les pauses sympathiques à la machine à café. Les collègues sont devenus le compagnon, les enfants, les animaux de compagnie, le bruit ou parfois même à l’inverse, la solitude, le silence.

Le temps de travail est lui aussi chamboulé. Là où nous avions un cadre horaire bien défini, aujourd’hui, l’employé est tenté de réduire son heure de table ou de faire des heures supplémentaires. Ici, nous pouvons nous attendre à une évolution concernant la prise en compte de la santé, de la charge mentale, du bien-être au travail (en télétravail), avec une prise de conscience de l’environnement de travail et de l’amélioration de l’équipement technologique au quotidien.

D’ailleurs, parlons-en de la technologie, au cœur de tous ces changements et qui a un rôle de premier ordre dans l’organisation du (télé)travail, de l’enseignement à distance, des réunions et examens en visioconférence. La communication digitalisée a accéléré en l’espace de quelques semaines seulement bien plus qu’en l’espace de ces dix dernières années pour nous permettre de poursuivre nos activités professionnelles et académiques.

Quant à l’enseignement, même combat. Dans tous les pays, des écoles maternelles aux universités, tous les enfants et étudiants se sont retrouvés chez eux, confinés. Reconnaissons la capacité d’adaptation des jeunes face à cette pandémie impliquant l’accélération de l’enseignement à distance.

Faire de la flexibilité un droit pour le travailleur écrit noir sur blanc

La réduction du temps de travail est un concept qui revient souvent sur la table.

Cette idéologie, faussement alléchante, reviendrait à diminuer son temps de travail afin de réduire le nombre de demandeurs d’emploi et impliquerait une baisse conséquente des revenus. 

Il apparaît donc difficile de dégager une majorité en faveur de telles politiques. Et si, la prochaine grande avancée dans le monde du travail n’était plus la réduction du temps de travail mais l’adaptation du monde du travail à nos nouveaux modes de vie ? C’est là qu’intervient la flexibilité. Et celle-ci est multiforme.

 Prenons l’exemple de la flexibilité salariale. Trop souvent, celle-ci a été synonyme de salaire fixe auquel s’additionnent des éventuelles primes. La flexibilité salariale repensée serait un salaire réellement rémunérateur et « fixe ». On utiliserait un pourcentage du salaire sous divers avantages qui seraient choisis par le travailleur selon son mode de vie. Dès lors, ce pourcentage « optionnel » pourrait être sous forme de voiture de société, d’un abonnement de transport en commun, d’accès au logement…

Adapter le cadre juridique pour le travailleur serait utile afin de jouir des avantages de la flexibilité. En effet, de bonnes conditions de travail rendent celui-ci plus efficace et impliquent un sentiment de bien-être plus élevé.

 Il est donc important de prévoir un cadre légal plus large pour qu’un employé et un employeur puissent, sur base volontaire et avec un accord des deux parties, faire convenir le travail aux réalités de chacun.

Il pourrait offrir la possibilité de travailler 38 heures par semaine en réduisant le nombre de jours. Il serait possible de prester la même charge de travail en 4 jours au lieu de 5 jours actuellement. Le bénéfice d’un rythme de travail quotidien plus long est la possibilité d’avoir un jour de congé supplémentaire sans perte de salaire. Adapter ses horaires pour améliorer sa qualité de vie privée est un enjeu essentiel d’attractivité pour un travailleur. Pour l’employeur, le fait d’avoir un travailleur satisfait de ses conditions a un impact sur la productivité au quotidien. 

La notion de flexibilité et de travail concerne aussi les étudiants. Améliorer la flexibilité dans l’enseignement aurait une répercussion sur la disponibilité des étudiants jobistes. Le contexte sanitaire vécu depuis un an démontre de manière évidente que l’accès au travail pour les étudiants est un facteur essentiel pour diminuer la précarité étudiante et donner plus d’autonomie pour choisir et adapter son horaire à ses besoins. 

 Un autre incitant pourrait agir sur la fiscalité pour les employeurs afin de diminuer les charges en proposant des activités favorisant le bien-être au travail comme les team-building. Concrètement, si vous investissez pour le bien-être au travail des employés, on diminue les charges. Cela permettrait de diminuer les coûts des soins de santé mais aussi d’augmenter la productivité. En effet, un employé heureux et bien dans sa peau travaillera mieux qu’un employé importuné par des soucis divers tant au niveau professionnel que privé.

Vers un changement de paradigme…

Le travail est un élément clé pour tout un chacun dans la société. Un des aspects les plus controversés est celui du temps de travail. Contrairement à l’idée du concept que la diminution du temps de travail soit la solution magique, elle n’est pour autant pas la panacée. Selon nous, la seule solution viable pour l’ensemble de notre société réside en l’adaptation du temps de travail via une meilleure flexibilité pour l’étudiant, le travailleur, et par conséquent l’employeur.

Et si l’après Covid-19 était l’occasion rêvée pour changer de paradigme afin de ne plus vivre pour travailler mais travailler pour vivre ?

Pour les Jeunes MR de la Province de Liège

Laura Humblet, Cédric de Buf, Thierry Jamart et Victoria Vandeberg

Les vaccins… un fiasco total !

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo

Comment en finir avec le triste spectacle auquel nous assistons toutes et tous ? La fin des brevets, vrais obstacles aux vaccins ! 

Bien qu’elles aient mis au point les vaccins contre la Covid-19, les compagnies pharmaceutiques vendent aux plus offrants, négligeant ainsi la gravité sanitaire dans laquelle  nous sommes toutes et tous plongés depuis plus d’un an déjà. Les vaccins devraient être des biens publics mondiaux ; ça nous aiderait ! Souvenons-nous du Président français, Emmanuel Macron, qui dès le moins de novembre s’interrogeait gravement sur la situation sanitaire : « Serons-nous prêts lorsque le premier vaccin sera mis sur le marché, à en garantir l’accès à  l’échelle planétaire et à éviter à tout prix le scénario d’un monde à deux vitesses où seuls les  plus riches pourraient se protéger du virus […] ». Puis, dès le 18 janvier 2021, Monsieur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous annonce que sur les trente-neuf millions de doses prévues, seules vingt-cinq  avaient été administrées sur un total de quarante-neuf pays. Oui, seulement 25 doses. Que se  passe-t-il donc ?  

Il est vrai que l’étonnement est grand au regard des sommes gargantuesques investies pour ce  vaccin. Qui plus est, deux mécanismes avaient été mis en place pour éviter ce genre de fiasco.  Il y avait d’une part le mécanisme Covax qui devait permettre un groupement des achats pour les vaccins afin de garantir, à 90 pays et territoires, un accès juste et équitable au traitement.  Des contrats ont été signés avec Pfizer (40 millions de doses) et AstraZeneca (120 millions de  doses). L’objectif ? 2 milliards de doses d’ici la fin de 2021. Il y avait d’autre part le mécanisme  C-TAP (Covid-19 Technology Access Pool), qui aurait dû garantir le partage de la propriété intellectuelle et des connaissances afin de produire des vaccins à grandes échelles, y compris dans les pays en voie de développement. Résultat ? Coquille vide. 

Pourtant, tout semblait fonctionner. Les laboratoires ont été subventionnés à coups de milliards d’euros par les États et la Commission (qui a versé plus de 2 milliards pendant la mise au point  des vaccins). Cependant, malgré ces aides ainsi que des clauses de livraison des plus flexibles,  cela ne fonctionne pas. Nous nous souvenons toutes et tous du désarroi de la Commission  lorsque AstraZeneca lui a annoncé qu’il ne pourrait pas fournir le nombre de doses prévues (80  millions) dans les délais fixés. S’ajoute à ce dysfonctionnement une différence de prix non négligeable. En effet, selon Eva de Bleeker, secrétaire d’État au budget belge, les tarifs négociés par Bruxelles varient entre 1,78 € (pour AstraZeneca), 10 € (pour CureVac) et 14,68€ (pour  Moderna). Et pour couronner le tout, les répartitions au sein même de l’Union européenne est inégalitaire puisque pour les premières livraisons, l’Italie a reçu 9750 doses, la France 19 500  et l’Allemagne 15 125. Même ramenés à la population respective des pays, ces écarts restent inexplicables et semblent montrer que certains pays sont plus égaux que d’autres. Pourtant,  d’autres pays, hors UE, semblent bien s’en tirer. Malgré un départ plus que laborieux, Londres a su organiser une campagne de vaccination dynamique mettant littéralement à mal l’argument  d’une Union européenne protectrice avancé lors du conflictuel Brexit. Au 4 février, le  Royaume-Uni avait administré au moins une dose de vaccin à 16, 2 % de sa population. En  revanche, la Belgique a administré jusqu’à ce jour (5 mars 2021) au moins une dose à 5,54%  de sa population ; l’Espagne, 4,01% ; l’Italie, 3,61%, etc. Comment expliquer de ces  différences ? Les brevets

Face à la pâmoison, à la prédation des ressources publiques et à la pénurie des vaccins, nombre  de professionnels de la santé, des militants, des membres d’ONG pressent les États d’activer la  licence obligatoire. Ce concept de licence obligatoire ou licence d’office est apparu aux États Unis à la fin du XVIIIe siècle et a été intégré aux normes internationales, dès 1925, grâce à la  Convention de Paris. D’une façon générale, le titulaire d’un brevet est libre d’exploiter  personnellement l’invention protégée ou bien d’autoriser une autre personne à l’exploiter.  Pourtant, lorsque des raisons d’intérêt général le justifient, les autorités publiques nationales peuvent autoriser l’exploitation d’un brevet par une personne tierce sans le consentement du propriétaire. Malheureusement, activer cette licence obligatoire revient à engager un bras de fer  avec diverses puissances souveraines, en particulier les États-Unis, où – rappelons-le – se  trouvent les deux sociétés qui proposent les vaccins les plus performants actuellement. 

Bref, l’enjeu économique, l’appât d’un certain profit au détriment d’une crise sanitaire, et la  peur d’une nouvelle situation conflictuelle viennent compliquer la rapidité de cette vaccination européenne. Il faut prendre son mal en patience quand nous savons qu’après le cafouillage des masques, il aura fallu près de deux mois pour relancer la production au printemps 2020. Donc,  patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, comme l’aurait dit Jean de La  Fontaine.

Sources

Déclaration de M. Macron sur la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et la préparation aux  futures pandémies, le 21 novembre 2020, www.vie-publique.fr (consulté le vendredi 5 mars à  01 :37). 

Licence obligatoire sur : https://www.concurrences.com/fr/glossaire-des-termes-de concurrence/licence-obligatoire (consulté le dimanche 7 mars à 00 :48). 

Pierru, Frédéric, Frédérick Stamback, y Julien Vernaudon. 2021. «Toute-puissance des  laboratoires: les brevets, obstacles aux vaccins pour tous». Le Monde diplomatique, Mars 2021.