Poverello, une drôle d’ASBL !

Par Gauthier Jacques, rédacteur en chef 

L’Église catholique de Belgique soutient-elle vraiment les plus démunis ? Une enquête du Vif, de Knack et du magazine #Investigation de la RTBF a mis en exergue des pratiques pour le moins peu catholiques, voire illégales, au sein de deux associations sans but lucratif de lutte contre la pauvreté : Rafaël et Poverello. Tantôt erreurs comptables et conflits d’intérêts, tantôt travail forcé et abus de bien sociaux, ce n’est pas Noël pour tout le monde.

Reprenons depuis le début. Le prêtre Belge, Réginald Rahoens (1956-2011), est le père fondateur de l’ASBL Rafaël. Ordonné prêtre en 1992, il revient à Bruxelles comme curé de plusieurs paroisses de la commune d’Anderlecht. Touché par la pauvreté et l’exclusion sociale à Bruxelles, Rahoens a transformé sa foi en décision. Servir les autres est devenu l’œuvre de sa vie, en particulier pour les pauvres, les faibles, les étrangers et les vulnérables. Lorsque la clinique d’Anderlecht Sainte-Anne déménage en 1994, Rahoens saisit l’opportunité de démarrer un centre d’accueil d’inspiration chrétienne dans les anciens bâtiments. Dans cet ancien bâtiment vivait la Congrégation des Sœurs hospitalières du Très Saint Sauveur. L’objet social de cette association était l’accueil et l’intégration des personnes migrantes et la population fragilisée et démunie. Il est clairement stipulé que la donation est faite dans un but social et chrétien.

Poverello, quant à elle, voit le jour en 1978. Fondée à Bruxelles par le gynécologue catholique Jan Vermeire, elle compte dix antennes en Flandre, trois à Bruxelles et deux en Wallonie et est désormais dirigée par Johan Van Eetvelde. Cette association dispose de moyens considérables et réalise un profit annuel s’approchant des 900 000 euros. Nonobstant, il affirme « qu’elle (l’ASBL) les utilise uniquement pour venir en aide aux personnes dans le besoin […] et si ce n’est pas le cas, c’est sans doute parce que nous sommes absorbés par bien d’autres travaux en ce moment ».

Ce qui est reproché à Poverello  ce sont les conflits d’intérêts, les membres peu scrupuleux du comité de direction, les nombreuses propriétés foncières mal utilisées, l’excès de travail demandé pour des personnes qui ne jouissent que d’un simple statut de « bénévole », la comptabilité plus que douteuse, les assurances vies souscrites aux différents sans-papiers bénévoles, les collusions entre le clergé et les associations et bien plus encore. A titre d’exemple, l’exploitation des sans-papiers est ouvertement revendiquée à travers des messages internet notamment sur Habitat groupé solidaire où Mme Boveroulle, administratrice de l’ASBL Rafaël, a publié en juin 2020 le message suivant :  « Outre la qualité humaine de ces personnes, elles peuvent être aussi très utiles et peuvent s’occuper d’une personne âgée / d’une personne malade, faire le ménage, travailler dans le jardin, faire les courses, cuisiner, faire de la blanchisserie (repassage ou autres), s’occuper d’animaux… « Être sans papiers » ne signifie pas ne rien savoir/vouloir faire […] »

Comment en est-on arrivé là ? Décryptons. À la mort de Monsieur Rahoens, c’est Mgr Herman Cosijns qui reprend la présidence de l’ASBL Rafaël mais en même temps, ce dernier vient tout juste d’être nommé secrétaire général de la Conférence épiscopale, la principale assemblée des évêques de l’Église catholique de Belgique. Parallèlement, Mgr Cosijns est aussi actif depuis 2008 au sein du Projet Bethléem, projet lancé en 2006 par le Cardinal Daneels et qui a pour objectif de transformer des biens d’église en logements sociaux. Ces nouveaux habitats sont gérés par des agences immobilières sociales qui perçoivent les loyers et en rétrocèdent une large proportion à l’Église.

Sous la présidence de Mgr Cosijns, l’ASBL Rafaël va connaître un déclin financier conséquent. Quand il reprend la direction en 2011, elle affiche des fonds propres positifs de 161.000 euros. C’est la richesse nette de l’association. En 2019, huit ans plus tard, les fonds propres de Rafaël sont en négatif de 280.000 euros… Aujourd’hui, cette ASBL n’est plus qu’une épave endettée depuis que son principal actif – l’ex-clinique Sainte-Anne, – a été gracieusement cédé à l’Église le 23 avril 2021. L’acte notarié a été signé entre Mgr Consijs et Patrick du Bois de Bounam de Ryckholt, administrateur délégué  de l’Archevêché Malines-Bruxelles et notamment connu pour avoir été inculpé dans le dossier « Sabena ». Il y a donc conflit d’intérêts. Pour faire simple, c’est un peu comme si Cosijns avait donné l’immeuble à l’organisation de son chef.

Selon le professeur de droit public et avocat, Stéphane Rixho,  « on constate qu’il y a des liens et donc on peut considérer qu’il y a conflit d’intérêts “. Ils auraient dû à tout le moins signaler qu’il y avait ce problème potentiel ou effectif de conflit d’intérêts, le faire inscrire au procès-verbal, se déporter pour les délibérations et se déporter pour le vote. Le problème étant que la valeur de l’immeuble est très importante par rapport au patrimoine de l’ASBL, donc il y a un réel appauvrissement de celle-ci ».

Bref, c’est le début d’un nouveau « gros dossier » et de lourdes déclarations dans lesquelles l’Eglise – soit disant proche des pauvres – se retrouve à nouveau mêlée. La Maison de Dieu n’arrête donc jamais de nous surprendre…

Sources :

https://www.lalibre.be/belgique/societe/2021/12/09/lassociation-daide-aux-sans-abri-poverello-mise-en-cause-sur-lutilisation-de-ses-moyens-financiers-7X5XMCERU5EQTEMH7NJQ2PYMSE/

https://www-nieuwsblad-be.translate.goog/cnt/g53d2dpr?_x_tr_sl=nl&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc

https://www.cathobel.be/2021/12/investigation-un-traitement-mediatique-mensonger/

https://www.rtbf.be/info/dossier/investigation/detail_les-etranges-affaires-de-l-eglise-ils-cuisinent-lavent-et-repassent-qui-veut-heberger-un-sans-papiers?id=10893697

https://www.habitat-groupe.be/petites-annonces/demandes-location/bruxelles/sos-accueil-personnes-sans-papier/

https://www.dhnet.be/actu/faits/requisitoire-boucle-dans-le-dossier-sabena-51b7b425e4b0de6db988c746

https://www.levif.be/actualite/magazine/des-dizaines-de-millions-d-euros-inutilises/article-normal-1500533.html

Mon métier? Sauver des animaux !

Par José Vanobost, Cindy Claes et Gauthier Jacques

Notre équipe a eu l’occasion de rencontrer Béline Renault, jeune femme de 21 ans habitant la périphérie bruxelloise, active dans la protection des animaux.

 

Dès l’adolescence, elle s’intéresse aux différentes associations qui viennent en aide aux animaux. C’est via les réseaux sociaux et son site internet qu’elle concrétise son engagement en devenant famille d’accueil pour un chien abandonné venant de Roumanie.

Par la suite, toujours via les réseaux sociaux et en particulier via les groupes Facebook, Béline se lance dans le sauvetage d’animaux maltraités ou abandonnés. Au début, elle recueillait des chiens, mais au fur et à mesure, elle élargit son spectre et vient en aide à des chats, oiseaux, cochons, et bien plus encore. 

 

Le constat est, qu’avec le confinement, les abandons ont le vent en poupe. En effet, les personnes, par crainte d’attraper la covid (par transmission animale), délaissent leur compagnon de route. Elle a, donc, décidé de créer un groupe sur les réseaux sociaux qui a directement fonctionné avec plusieurs centaines de membres. Petit à petit, elle a structuré son groupe et a fondé une ASBL, Béline Pets and HopeLes missions menées par son association sont organisées au jour le jour; elle n’a pas vraiment le choix car les abandons sont difficilement planifiables. Certaines périodes sont très calmes, comme les mois d’octobre et de novembre, d’autres le sont moins.

 

Son association, vivant principalement des dons, évolue et effectue des sauvetages d’animaux dans tout le pays.

 

L’association n’est qu’un premier pas pour Béline, et déjà à 21 ans, elle prépare d’autres projets nouveaux. Elle aimerait ouvrir une ferme pédagogique, ayant comme objectif de donner les outils nécessaires à ceux qui souhaitent avoir un animal. Ce projet serait, principalement, destiné aux enfants afin qu’ils puissent prendre soin correctement de leur futur compagnon. Prendre soin d’un animal n’est pas une chose facile. En effet, les familles ne se rendent pas compte de la tâche et du temps qu’un tel engagement induit. Pour éviter que cela se termine en abandon, elle recommande de se renseigner au préalable notamment sur les spécificités de la race, les côtés négatifs (car le vendeur ne donnera que les aspects positifs), le temps nécessaire, afin de maximiser le bien être de l’animal…

L’essor de la démocrature

Opinion libre de Kourosh Leperse

En quoi le système politique de la République islamique d’Iran s’apparente-elle à une usurpation d’identité de la démocratie représentative ?

 

La démocratie est un système où les organisations sont régies par la volonté du peuple. Un régime qui encourage les citoyens à participer librement aux décisions liées au « Vivre Ensemble ». Dans les démocraties représentatives que nous connaissons bien dans le monde, généralement, les citoyens – à la suite d’un suffrage universel – amènent leurs représentants au pouvoir. Autrement dit, l’urne électorale est l’articulation mobile d’un corps social démocratique, qui relie le peuple au gouvernement.

 

Au cours des quarante dernières années, les autorités iraniennes ont toujours revendiqué que leur légitimité est baptisée, une fois tous les quatre ans, par la participation populaire libre. Une réclamation dont sa vérification ou sa falsification nous conduisent à de maintes spéculations. Pour y répondre, nous devons d’abord étudier la quiddité idéologique de la république islamique et puis examiner le fonctionnement du mécanisme électoral du pays. Au préalable, intéressons-nous à la désignation du Walâyaté faqih ou le gouvernement du juriste. Ce dernier est la pierre constructive de la république islamique, un principe étendu par Ayatollah Khomeini avant la révolution de 1979 également appelée la révolution islamique qui a remplacé l’État impérial d’Iran par une République. Basé sur cette doctrine, le juriste a une autorité absolue politique et religieuse. Par conséquent, il détient le même pouvoir que le prophète et les saints Imams. En prenant en considération cette interprétation de la religion, nous apprenons que ce régime s’inscrit sous le nom d’un pays théocratique.

 

De plus, il est aussi nécessaire de percevoir l’Iran à travers son prisme totalitaire. Si nous nous référons à la signification de ce dernier, nous trouvons que l’idéologie a sa forte place dans la politique, la violence envers les opposants et les groupes, tout ceci sous la direction d’une seule personne : le guide suprême. Il y a pareillement une forte adhésion de la population au régime. Ce dernier planifie de nombreux événements religieux et gouvernementaux comme la décade de Fajr, la célébration de dix jours du retour de Khomeini en Iran, ou la journée d’occupation de l’ambassade américaine le 4 novembre, etc. Ce totalitarisme a également des ambitions internationales afin de répandre l’islam. Nonobstant, le système politique iranien ne rentre pas complètement dans la définition du totalitarisme, car il y a l’absence du parti unique. Nous pourrions donc le qualifier d’état idéocratique malgré ces aspects totalitaires. Ce qui fait sans cesse l’olibrius sur la scène du pouvoir iranien n’est sûrement pas un système démocratique. Afin de décrypter mieux la nature de ce régime, il nous faut converger nos regards sur les élections.

 

Les élections en Iran ont lieu sous la surveillance du Conseil des gardiens de la Constitution. Une assemblée de 12 membres dont 6 membres nommés directement par le guide suprême et 6 membres élus par le parlement sous la prescription du chef du pouvoir judiciaire qui est également désigné par le guide suprême. En d’autres termes, le navire électoral surfe sur les vagues de la pensée du Guide Suprême. L’architecture de la république islamique est telle que les élections ne peuvent pas être populaires. En effet, toutes les classes n’envoient pas leurs représentants et ceux qui postulent leur candidature sont limités.

Par exemple, l’Article 115 de la Constitution de l’Iran rejette la possibilité à femme, une personne non-chiite ou non-croyante aux principes de la république islamique d’être élue. Selon Khomeini, le fondateur de cette République, la légitimité du gouvernement islamique vient d’Allah. Alors les votes des individus, même du prophète, ne sont pas impliqués car c’est le commandement de Dieu d’obéir aux dirigeants. Puis nous pouvons conclure que dans ce système politique les élus sont plutôt les représentants de la loi divine que le peuple.

 

En dernier lieu, l’enjeu des élections en Iran ne tente pas d’offrir des alternatives politiques mais renforce une dimension concurrentielle pour un système politique clientéliste et d’idéocratie. Le régime islamique d’Iran se déplace dans l’orbite d’une idéologie que par la définition de Marcel Gauchet, philosophe et historien français, « est conçue pour l’exercice d’un pouvoir radical et total dans un État ».

 

 

Numérisation de la santé !

Par Laetitia Tursugian

 

L’évolution technologique touche aujourd’hui différents domaines de notre vie quotidienne. Que ce soit au travail, à la maison, au sport, etc. tout se numérise et se robotise. Mais penseriez-vous qu’un jour nos données de santé se numériseraient ? Et bien, ces deux domaines qui semblaient, à première vue, difficiles à concilier dû aux règles liées la confidentialité des données du patient, ont bien été réunis à la suite du travail de Sébastien Deletaille, co-fondateur de l’ASBL Rosa. La raison d’être de cette ASBL se fonde sur deux constats.

 

Tout d’abord, il y a la difficulté que les personnes rencontrent dans la gestion de leurs données de santé avec leur appareil électronique. En effet, d’après un micro-trottoir réalisé par Sébastien Deletaille, il en est ressorti que les gens éprouvaient des difficultés à gérer leurs données de santé et qu’ils ne savaient pas où et comment elles étaient stockées bien que certains aient toutefois mentionné l’existence du portail fédéral « Ma santé.be ». Ce micro-trottoir a montré la difficulté d’un citoyen lambda à concilier données et numérisation. C’est dans ce cadre que l’ASBL Rosa va favoriser un accès numérique à nos données de santé depuis notre smartphone, notre tablette ou notre ordinateur. Rosa repense la santé à l’ère du numérique. Comme le co-fondateur nous l’a bien illustré avec son exemple, aujourd’hui, l’image du médecin de famille qui connaissait tout et avait tout dans son dossier papier est « cassée ». Dans cette ère numérique, il y a une croissance du nombre de professionnels de la santé et, en conséquence, une diminution de cette relation privilégiée patients/professionnels. Beaucoup de données sont parfois perdues ou isolées et la connaissance des antécédents familiaux est moins bonne. La relation patients-médecins est donc affectée. Elle souffre d’autant plus que les jeunes ont adopté des réflexes numériques qui ne sont parfois pas ceux du médecin. Les attentes sont donc différentes. Dès lors, la plus-value de ce type d’application web est de permettre à la nouvelle génération hyperconnectée de s’adapter au monde de la santé. Il est  désormais possible de prendre rendez-vous en ligne et éviter de se déplacer ou chercher un numéro de téléphone. Tout cela en garantissant la protection des données personnelles étant donné que cette plateforme n’est accessible qu’au patient et au médecin concerné. La confidentialité médicale est donc d’application.

 

Ensuite, le second constat est la gestion administrative de cette Santé qui implique une énorme charge mentale et cette numérisation permet son allégement. Par exemple, l’utilisation des vignettes à coller et envoyer à sa mutuelle représente une charge de travail. Les numériser faciliterait déjà un point administratif. Cette charge est devenue lourde et, comme nous l’a expliqué le co-fondateur de Rosa, d’après leur analyse, dans 90% des cas, ce sont les mères de famille qui s’en occupent. Ces dernières ont souhaité, par exemple, une automatisation des rendez-vous à la mutuelle, une simplification de la prise de rendez-vous, etc., Ainsi la charge mentale serait amoindrie. Du côté des professionnels de la santé, il y aurait aussi un allégement administratif car ils pourront s’affranchir de tâches comme la prise de rendez-vous en mettant à disposition de leur patient leur calendrier. Ces professionnels de la santé répondent ainsi à une nouvelle demande de la part de la nouvelle génération. Cette numérisation facilite et augmente donc l’accès aux soins de santé. Il y a, par exemple, 300 professionnels de cinq domaines la santé différents (médecins généralistes, les kinésithérapeutes, les orthophonistes, les dentistes et les diététiciens) qui ont recours au service de Rosa.

 

La numérisation appliquée à la santé engendre, par conséquent, une simplification des procédures administratives et une augmentation de l’accessibilité au soin.

 

Que nous réserve encore cette évolution technologique ?

Mise au point sur une justice en déclin !

Par Lucas Magnée, délégué Justice, sécurité, défense, protection des libertés individuelles

Depuis maintenant quelques années, la Justice belge fait parler d’elle, mais pas toujours positivement. Le financement de ce secteur est quelque peu problématique mais les conséquences de ce sous-financement sont encore trop méconnues. Penchons-nous, dès à présent, sur ces répercussions et sur les solutions qui ont été apportées.

Manque de personnel

Le manque de personnel est lié à un déficit budgétaire. Cela ne signifie pas pour autant qu’il y avait de moins en moins de magistrats, de greffiers, de secrétaires, etc. mais qu’ils étaient en sous-effectif pour fournir un service de qualité aux citoyens.

D’une part, les palais de justice n’ont pas été suffisamment renforcés, ce qui a rendu la charge de travail du personnel trop lourde et a notamment contribué à créer ce qu’on appelle un arriéré judiciaire. D’autre part, les professionnels de la justice se plaignent d’une importante charge de travail ce qui se répercute sur les congés maladie, et qui de ce fait renforce l’arriéré déjà bien présent.

En effet, comme le disait, dans une interview, en 2018 Magali Clavie, ancienne présidente du Conseil supérieur de justice, « La promesse du Ministre de remplir les cadres à 90% est globalement respectée, mais il y a quand même des situations plus problématiques. Au niveau des sièges, on est sous les 90% à Mons et dans le Brabant wallon. Au niveau des parquets, on est à 55% seulement au  Luxembourg ». Ces chiffres qui datent de 2018 montrent bien l’état d’urgence dans lequel est la Justice belge.

Bâtiment en mauvais état

Faute de moyens, un nombre non-négligeable de palais de justice sont en mauvais état car les rénovations et entretiens sont sporadiques. Prenons l’exemple du Palais de justice de Namur, qui n’est plus du tout en état à un point tel que Vincent Macq, procureur du Roi de Namur, n’hésite pas à dire ” Le Palais de justice de Namur n’est pas malade, il est mourant ! ” et où d’autres parlent de “risques graves et mortels pour les travailleurs”. Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé. À ce titre, nous pouvons également citer le Palais de justice de Bruxelles, pour lequel on pourrait presque affirmer que les échafaudages, qui l’entourent pour sa rénovation, sont aussi vieux que lui !

Cependant, il faut bien faire la différence entre modernisation des palais de justice et entretien. Le premier dépend de la Régie des Bâtiments ; le second, de la Justice. Concernant la modernisation, Vincent Van Quickenborne, ministre de la Justice, nous assure qu’un « Masterplan bâtiment de justice » est prévu dans le budget de 2022. Nous pouvons quand même être conciliant sur la longueur des travaux, puisque ceux-ci ne sont pas uniquement dûs à un déficit budgétaire mais résultent aussi du balais incessant d’audiences, des conditions liées à la préservation du patrimoine et de l’absence de plan précis du palais. 

Et pourtant, nous sommes peut-être plus près de la fin du calvaire qu’il n’y parait, puisque que le secrétaire d’état en charge de la régie des bâtiments au niveau fédéral, Mathieu Michel, a fait de cette affaire un dossier prioritaire et affirme que la fin du chantier est prévu pour 2023. Il s’agit d’une date qui n’est pas un hasard, puisqu’en 2023 nous fêterons le bicentenaire de Palais de justice de Bruxelles. De plus, pour l’entretien des palais de justice, un montant de 6 millions d’euros supplémentaires est prévu chaque année pour mettre à niveau leur entretien et la sécurité des employés. Cette somme découle directement de la hausse de budget de la Justice.

En attendant que le déficit budgétaire de la Justice se résorbe, les cours et tribunaux ont dû faire preuve d’ingéniosité pour trouver des “solutions de fortune”. Nous pouvons citer dans une liste non-exhaustive, la réduction des heures d’ouverture des greffes, l’essai de favoriser le plus possible les modes alternatifs de règlement des conflits ou l’appel à des auxiliaires externes à la justice et temporaires.

Même si les solutions sont là, elles doivent être temporaires puisque la véritable issue est le recrutement.

Ainsi, dans son communiqué de presse du 16 juin 2021, Vincent Van Quickenborne nous déclare qu’un montant de 46 millions d’euros est prévu pour recruter 1 400 personnes supplémentaires, tout métier confondu, dont des magistrats et du personnel d’appui supplémentaire auprès de l’ordre judiciaire.

Selon le ministre de la Justice, lors de ce communiqué de presse, il nous affirme que le budget actuel est de 2 milliards d’euros et que jusqu’à 2024 au moins un demi-milliard devra s’y ajouter. Vincent Van Quickenborne continue en déclarant qu’un montant de 137 millions d’euros qui provient du Fonds européens de relance économique seront investis au cours de la période 2021-2026.

« Ces moyens seront intelligemment investis pour rendre la justice plus rapide, plus humaine et plus efficace », ajoute-il.

La crainte que le statu quo de l’état de la Justice belge peut dès lors commencer à s’estomper, étant donné l’horizon désormais tangible qui peut être entrevu grâce à l’annonce de l’injection de ces investissements futurs. Des investissements, qui, promettent d’être les plus importants que la Justice belge n’ait connu depuis des décennies. 

 

Sources

 

« Insalubre et dangereux, le palais de justice de Namur contraint à une fermeture partielle », RTBF info.

 


Bye bye Facebook?

Par Gauthier Jacques, rédacteur en chef

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de données supprimées

Il y a quelques semaines, Facebook a surpris le monde entier en annonçant son nouveau nom. La société-mère s’appellera désormais Meta. En présentant, le 28 octobre dernier, le nouveau nom qu’il a choisi pour Facebook, Mark Zuckerberg, qui se targue de culture classique – ses filles portent des prénoms inspirés d’empereurs romains –, en a expliqué la signification. « En grec, Meta veut dire “au-delà” », a-t-il souligné. Meta vient également rappeler le concept de métavers, c’est-à-dire la transposition de l’univers réel dans le virtuel dans lequel Facebook s’investit beaucoup ces derniers mois.

 

Cependant, Meta ne s’arrête pas là. En effet, le jeudi 4 novembre 2021, c’est une nouvelle encore plus étonnante qui est relayée par la presse. En effet, Facebook veut arrêter la reconnaissance faciale engendrant par la même occasion la suppression de plus d’un milliard d’informations collectées au cours de la dernière décennie. 

« Je perçois de nombreuses inquiétudes quant à la place de la technologie de reconnaissance faciale dans la société ».
Jérôme Pesenti
Vice-président (IA)

Pour rappel, la reconnaissance faciale a été lancée en 2010. L’algorithme, alimenté par l’intelligence artificielle, reconnaissait automatiquement les personnes présentes sur les photos et vous suggérait de les identifier. Ces photos étaient ensuite liées aux profils des utilisateurs identifiés.

 

Malheureusement, force est de constater qu’au cours des dix dernières années, la reconnaissance faciale a changé de statut. Avancée technologique majeure, elle est désormais considérée comme une technologie raciste, répressive et misogyne. Rappelons par exemple que c’est grâce à cette reconnaissance faciale que la Chine contrôle la communauté ouïghoure ou que d’autres polices y traquent des individus. Le doute sur cette technologie ne fait donc qu’augmenter.

Notons que Facebook ne réinvente pas la roue. En effet, en 2019, Microsoft avait déjà – discrètement – supprimé sa base de données qui contenait plus de 10 millions d’images d’environ 100 000 personnes. D’autres compagnies ont embrayé le pas. C’est le cas d’Amazon ou d’IBM qui ont ouvertement déclaré qu’elles ne vendraient pas leur technologie de reconnaissance faciale à la police américaine tant qu’une législation plus détaillée et plus claire n’aura pas été établie. Quoiqu’il en soit, cette technologie ne disparaitra pas du jour au lendemain puisqu’elle est indispensable pour créer le célèbre Métaverse, futur univers de Facebook dans lequel tous les utilisateurs seront représentés par un avatar. Cependant, cet univers ne semble pas plaire à tout le monde. C’est le cas de la lanceuse d’alerte Mme. Frances Haugen qui a, dès le début du mois de novembre, mis en garde l’ensemble des députés français contre le projet du géant américain.

Petit détour historique

2004

Fondation de la plateforme Facebook

2017

Facebook compte 2 milliards d'utilisateurs actifs

2021

La société-mère "Facebook" adopte le nouveau nom "Méta".

Sources

Pourquoi Facebook devient Meta ? Futura, consulté sur https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/facebook-facebook-devient-meta-94538/ (le jeudi 4 novembre 2021).

 

Facebook/Meta, ce colosse en marche vers la création d’un univers captif, Le Vif, consulté sur www.levif.be/facebook-meta-ce-colosse-en-marche-vers-la-creation-d-un-univers-captif.html (le jeudi 4 novembre 2021)

 

Facebook ne veut plus de la reconnaissance faciale, vraiment ?, L’Écho, jeudi 4 novembre 2021, p.4. 

L’épargne Belge explose !

Par Vincent Decoux, délégué JeunesMR à l’emploi, l’économie, la fiscalité et l’entreprenariat

Les Belges ont épargné 15 milliards supplémentaires par rapport à 2019.

On connait l’habitude du Belge à épargner et l’année 2020 n’a pas fait exception à la règle. Selon la Banque Nationale de Belgique, le montant d’épargne des belges s’élevait à 300 milliards d’euros. Le responsable de cette tendance : la Covid19…

En effet, bons nombres d’activités ont dû être restreintes voire annulées pour tout un chacun. Citons par exemple, la fermeture de l’horeca, l’annulation de voyages à l’étranger, et la mise en arrêt des endroits culturels. Ne pouvant plus profiter de ces différents plaisirs, le Belge a épargné plus. En 2021, on constate plusieurs tendances émergeantes. 

La première tendance concerne l’augmentation des ventes en ligne suite à la crise de la Covid19. En effet, certains en ont profité et ont également investi plus d’argent dans le confort de leur maison. Beaucoup se sont rendu compte à quel point c’était important surtout en période de télétravail et de confinement.

La seconde tendance est la généralisation du télétravail pour la majorité des travailleurs. Cela permet d’une part, aux entreprises de continuer à travailler en essayant de mettre le moins possible de personnes au chômage temporaire et d’autre part, d’éviter la recrudescence du virus et donc la fermeture de certains secteurs tels que nous les avons connus (HORECA, secteur culturel, monde de la nuit…).

Ensuite, il y a eu la mise en place du chômage temporaire pour la fermeture de certains secteurs. Cette mesure a eu pour but d’accompagner les travailleurs et dirigeants d’entreprises afin de traverser la crise et de garantir du pouvoir d’achat. Les sociétés ont reçu des indemnités Covid et des primes Covid qui varient selon les secteurs et le nombre de travailleurs. L’objectif était de soutenir les entreprises qui ont dû fermer temporairement à la suite de la crise de la Covid19 afin d’éviter bon nombres de faillites qui auraient été une catastrophe sur le plan économique (crédits non remboursés, pertes d’emplois, accroissement du chômage, augmentation de la précarité…).

Enfin, n’oublions pas que nous vivons actuellement une période d’inflation importante . Tous les prix augmentent que ça soit pour se nourrir, pour se chauffer ou se déplacer. La plus forte hausse est celle du carburant et de l’énergie qui engendrera également des impacts sur les prix dans le prêt à porter. Les prix dans le secteur du bâtiment ont également bien augmenté en 2021 en raison de la pénurie d’approvisionnement de matières premières et de coût de transport plus conséquents. Il faut également s’attendre à une possible augmentation de la prime d’assurance incendie en vertu des nombreuses inondations qu’on a connues cette année.

Un élément qui ne change pas, c’est l’argent laissé sur un compte bancaire, sans intérêt, par les ménages qui arrivent à épargner. Le Belge a, en effet, tendance à laisser son argent “dormir” sur son compte et ce soit par sécurité pour faire face à des dépenses futures soit par peur d’investir soit par manque de connaissances et de conseils dans la finance et la fiscalité. Cet argent peut être utilisé pour soutenir le développement de nos sociétés belges et favoriser la croissance de celles-ci. La croissance des sociétés est une arme efficace pour faire face à une crise car cela stimule le marché de l’emploi et peut également avoir un effet positif sur la compétitivité des entreprises et ce notamment grâce à des investissements dans l’innovation. A titre d’exemple, le Belge peut investir et soutenir des start-up belges et bénéficier d’une réduction fiscale. C’est le principe du tax shelter start-up permettant de bénéficier d’une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 30 %. Vous devez, certes, respecter des règles précises pour pouvoir profiter d’une telle réduction d’impôt mais le jeu en vaut la chandelle. Si vous êtes intéressés par le sujet, vous trouverez plus d’information sur le site du ministère des finances où tout y est très bien expliqué : https://eservices.minfin.fgov.be/myminfin-web/pages/fisconet/document/d28beac8-7b60-4a2d-9fed-bb026e269306

Si la lutte du réchauffement climatique est une de vos priorités, il vous est par exemple possible de placer de l’argent dans des fonds spécialisés qui investissent dans le développement durable, l’économie circulaire (éviter la production de déchets et reconditionner un maximum d’éléments afin de pouvoir les réutiliser) ou encore dans des solutions environnementales innovantes. Dans tous les cas, il vaut mieux être conseillé et suivi par des professionnels. Mais voici 2 exemples qui ont un effet win-win à savoir que votre argent est injecté dans l’économie pour soutenir des causes qui vous importe et il vous rapporte plus que de le laisser simplement sur votre compte épargne.

La deuxième grande modification : la règle d’octroi de crédits hypothécaires.

 

Le marché bancaire a subi de nombreuses régulations depuis la crise de 2008. Pour rappel, les banques ont été sauvées par l’État belge afin d’éviter des faillites et l’effondrement du système (plus d’emprunts pour les sociétés et donc de développement). En contrepartie, ces dernières sont beaucoup plus contrôlées par la BCE (Banque Centrale Européenne). Il a notamment été décidé de faire attention à la partie consacrée de crédits hypothécaires dans le portefeuille global des banques afin de toujours assurer une quantité minimale de fonds propres en cas de non remboursement de crédits. Un autre aspect concernait la quotité empruntée limitée à 90 % du montant. En théorie, les banques ne pouvaient plus prêter 100 % de la somme demandée mais dans la pratique, certaines banques le faisaient toujours. Le but de cette décision (quotité limitée) était de réduire l’aspect risque pour les banques et le marché immobilier.

À partir 2022, une nouvelle règle risque de voir le jour et d’être imposée au secteur bancaire. Cette nouvelle règle prévoit que les banques devront faire réaliser une expertise du bien acheté (appartement, maison). Cette expertise sera en principe réalisée par des architectes. Les banques ne pourront prêter que le montant de l’expertise, la différence entre l’expertise et le prix d’achat devra faire l’objet d’un apport personnel par les acheteurs en plus de devoir s’acquitter des frais de notaires et droits d’enregistrement. Le but est que la banque prête pour la valeur du bien car, par le passé (en 2008 et avant), on s’est retrouvé à devoir vendre des actifs qui avaient fortement perdu de la valeur et il était difficile de rembourser les prêts octroyés même avec la vente du bâtiment faisant l’objet d’un crédit hypothécaire. Cela risque d’avoir beaucoup de répercussions dans le domaine du logement. En effet, avec une telle mesure, en cas de grosse différence entre l’expertise et le prix d’achat demandé par la partie venderesse, le montant de l’effort propre devra être plus conséquent pour les ménages qui désirent acheter. Ce qui va réduire la possibilité de devenir propriétaire pour bons nombres de personnes.

 

Ajoutez à cet aspect, le fait que si vous êtes locataire à l’heure actuelle, il est compliqué de mettre de l’argent de côté et donc d’avoir des fonds propres en suffisance pour espérer avoir un crédit bancaire. C’est donc un cercle vicieux. Il faut pourtant se loger. Si cette nouvelle règle est appliquée, les jeunes auront d’autant plus de mal à devenir propriétaire à moins d’une grande aide des parents. On peut certes bénéficier d’un abattement sur la première tranche de 20.000 € des droits d’enregistrements en cas de première acquisition en Wallonie. A Bruxelles, il ne faut pas s’acquitter de 12,50 % de droits d’enregistrements sur les premiers 175.000 € en cas de première acquisition immobilière et en région flamande,  il ne faut pas payer de droits d’enregistrements sur les premiers 80.000 €. Cette politique d’abattement de droits d’enregistrement est une très bonne mesure mais qui sera insuffisante à l’avenir si on veut que nos jeunes puissent devenir propriétaire. Sans une aide importante de la part des parents, ça sera vraiment très compliqué d’acquérir une maison ou un appartement avec cette nouvelle règle. On doit certes tirer les leçons du passé afin d’éviter de reproduire les mêmes erreurs mais il faut également trouver des solutions innovantes pour que le domaine du logement soit faiblement impacté. Rappelons que se loger est un besoin vital.

La mobilité de demain, un vrai défi !

Par Guerric Deblire

Taxe kilométrique, zone à basse émission, mobilité alternative, intermodalité… tant de thématiques qui dominent les débats médiatiques de ces derniers mois quand vient le sujet épineux de la Mobilité. Mais au fond, avons-nous bien conscience des difficultés et des enjeux de demain?

Retour en 2020. L’accord de Gouvernement Vivaldi prévoit de débloquer un budget de 250 millions d’euros d’ici 2024 en vue de réaliser des investissements importants sur le rail. Ces investissements sont nécessaires afin d’évoluer vers un rail plus performant, et plus en accord avec les attentes et besoins des utilisateurs. Presque dans le même temps, le Gouvernement Wallon affirme vouloir densifier le réseau de lignes Express TEC et créer 10 nouvelles liaisons. Le secteur privé, quant à lui, n’est pas en reste à l’image de l’initiative flamande « Office on Wheels – Kantoorbus », entendez par là des bus-bureau qui partent de différentes villes et convergent vers Bruxelles en donnant la possibilité aux travailleurs de rentabiliser leur temps de trajet grâce à un bus totalement équipé comme un véritable bureau : prises électriques, USB, wifi, machine à café,… Bref, la transition vers la mobilité de demain est en marche !

Derrière ce bel élan que personne ne contestera, nous sommes toutefois en droit de nous poser certaines questions, parmi laquelle: les moyens technologiques et humains actuels, nous permettent-ils d’entrevoir sereinement la transition vers la mobilité du futur?

 

A l’aube de la COP26 qui s’est déroulée du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow, l’objectif reste clair afin de rencontrer l’accord de Paris sur le climat: nous devons évoluer vers une mobilité plus collective afin de réduire nos émissions dues au transport. Cependant, bien que cet objectif reste primordial, n’oublions pas que les moyens de transport collectifs et individuels doivent se compléter mais que ces derniers cités ne pourront être totalement remplacés.

 

En juin dernier, le Gouvernement Bruxellois (représenté par Défi – PS – Ecolo, côté francophone) a détaillé son plan de sortie du diesel. A partir de 2030 les voitures et camionnettes qui utilisent ce carburant seront bannies de la capitale. Avec notre vision libérale, nous demandons un accompagnement pour les PME et indépendants qui devront nécessairement s’adapter à cette forme de mobilité du futur. Comment se dérouleront les livraisons de commerces ? Le citoyen habitant en périphérie se rendra-t-il encore chez son coiffeur en centre-ville ? Il est de notre devoir de libéraux de réfléchir, soutenir, et promouvoir nos commerces urbains qui contribuent à l’activité et à la vie de nos belles villes. 

 

En outre, l’extension des zones à trafic limité et des zones piétonnes devra prendre en compte certaines aspects tels que l’accès aux centres-villes à la partie la plus vieillissante de notre population, aux personnes en situation de handicap et aux familles avec bébés, pour qui une dépose au plus près de la destination est primordiale. La Ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) souhaite que d’ici 2030, 50 % des déplacements  intra-bruxellois s’organisent à pied, mais pouvons-nous vraiment obliger un octogénaire à agir de cette manière? L’intermodalité est certainement un enjeu clé de demain mais elle doit se préparer au mieux, dès aujourd’hui.

 

L’intermodalité, venons-en justement ! Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir combien de moyens de transport vous empruntiez chaque semaine? Si relier deux points grâce à plusieurs modes de transport relève encore du casse-tête, de plus en plus de projets MaaS (Mobility as a Service) font leur apparition. Leur but? Permettre via un moyen technologique simple (dans la majorité des cas une seule et même application)  de réserver un billet de train, puis de bus, puis d’activer l’utilisation d’un vélo partagé ou encore d’appeler un service « Uber » et ce sans devoir passer par différents systèmes billettiques et de paiement. Si la Finlande se montre précurseur en la matière, la Belgique regorge de talents en matière technologique et de digitalisation et il ne tient qu’à nous de les soutenir.

La gestion de la pandémie passe à l’heure d’hiver !

Par Gauthier Jacques, rédacteur en chef.

Covid Safe, loi pandémie, CODECO… on fait le point.

Depuis près de deux ans, nous ne cessons de parler de cette fameuse pandémie, des variants, des vaccins, et bien plus encore. Bien que la Covid-19 comptabilise jusqu’à présent 4,6 millions de décès dans le monde, ce n’est la plus meurtrière des pandémies. Rappelons-en brièvement deux autres. La première est la peste noire. Entre 1347 et 1351, la peste bubonique se répand dans toute l’Europe et sera responsable de la mort d’environ 25 millions de personnes sur tout le continent. La deuxième est la grippe espagnole. À la fin de la Première Guerre mondiale, les autorités de santé publique n’avaient pas de protocoles officiels en place pour faire face aux pandémies virales. La grippe espagnole – dont le foyer principal était chinois et non espagnol – fera plus de 500 millions de contaminations et 50 millions de victimes, soit plus que la guerre en elle-même pour être tout à fait précis.

Si nous nous arrêtons quelques instants pour faire le point sur la situation mondiale, le constat est sans appel. Hausse des contaminations, comme nous pouvons le constater dans le graphique ci-dessous.

Source: ECDC, Our World in data. Chiffre jusqu’au 17 octobre, données pour la Finlande et Suède indisponibles.

Le graphique montre que, parmi tous les pays d’Europe occidentale à la forte couverture vaccinale, l’Irlande et la Belgique sont ceux qui connaissent l’augmentation la plus rapide du nombre d’infections et d’hospitalisations. Mais quelle est la situation de nos pays voisins ?

Aux Pays-Bas, le gouvernement de Mark Rutte a demandé à son organe consultatif dans la lutte contre la pandémie (l’Outbreak Management Team) de formuler des recommandations de mesures supplémentaires. Chez nos voisins français, l’Hexagone réussit à contenir le virus. Avec l’introduction du Pass sanitaire, la France a pu augmenter considérablement son taux de vaccination ; 74% de la population pourrait être vaccinées d’ici la semaine de Toussaint. Pour le Luxembourg, le gouvernement a également instauré le Pass sanitaire dans l’optique d’augmenter le taux de vaccination puisqu’il reste encore un quart de la population adulte qui n’a pas encore reçu de dose de vaccin. Et pour le sud de l’Europe, le virus est contenu. Quand la Covid-19 est arrivée en Europe, au printemps 2020, l’Italie, l’Espagne ou encore le Portugal étaient les pays les plus touchés. Aujourd’hui, leurs statistiques sont parmi les meilleures d’Europe.

Et la Belgique dans tout ça ? Quid du dernier CODECO ?

Avancé à ce mardi, la réunion du Comité de concertation – initialement prévue ce vendredi – a pris plusieurs responsables de court. Ni Sophie Wilmès (au Rwanda), ni Pierre-Yves Dermagne (au Danemark aux côtés du Roi), ni Rudi Vervoort (en Turquie), ni Jan Jambon (à Dubaï) n’étaient physiquement présents. Ne soyons pas alarmistes, ce n’est pas un retour au confinement, tant s’en faut ! Cependant la parenthèse estivale est terminée et la gestion de la crise passe à l’heure d’hiver. La page de l’épidémie n’est pas encore tournée. Outre le retour du port du masque dans tous les espaces publiques intérieurs ou l’imposition du Covid Safe Ticket (CST) dans tout le pays, la loi pandémie sera activée.

Cette loi a été publiée au moniteur le 20 août et est entrée en vigueur le 4 octobre dernier. Pour qu’elle soit utilisée, il faut d’abord qu’une situation d’urgence épidémique soit déclarée par un arrêté royal, sur base d’une délibération du conseil des ministres. Il faut, ensuite, déclencher la phase fédérale de gestion de crise. Des arrêtés royaux doivent être pris pour fixer les mesures restrictives de liberté à instaurer : accès au territoire, limitation d’accès ou fermeture de certaines catégories, limitation ou interdiction de rassemblements, limitation ou interdiction de déplacements, conditions d’organisation du travail, etc. Dans la suite logique, la Chambre a 15 jours pour confirmer ou infirmer mais il ne faut pas attendre cette ratification pour la mise en œuvre des nouvelles règles. En cas de concertation non-aboutie « le fédéral peut décider seul » déclare Patrick Goffaux, professeur de droit administratif à l’ULB. Par ailleurs, les autorités locales peuvent prendre des mesures complémentaires via les bourgmestres ou gouverneurs.

D’aucuns vitupèrent contre ces possibles restrictions liberticides et populicides – comme l’aurait très justement souligné Gracchus Baboeuf – mais une telle loi n’est pas une première dans notre pays. En effet, un décret sanitaire avait notamment été pris dans une situation de choléra en 1831 qui punissait de peine de mort les contrevenants. Nous sommes, donc, bien loin des amendes, peines de travail ou des peines de probation autonome imposées par cette nouvelle loi pandémie.

Sources 

Six pandémies qui ont marqué l’histoire, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (Dossier Léguer Serain, pp. 10-11).

Gérer la crise la crise sanitaire avec la loi pandémie, cela change quoi ? , l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.3).

Comment l’Europe répond à la hausse des contaminations au covid, l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.4).

La loi pandémie sera activée, les mesures harmonisées, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (pp. 4-7).

Interopérabilité des données

Par Olaf Van Der Straten

Derrière cette expression rebutante se cache un concept simple : la possibilité de transférer, d’une plateforme à l’autre, nos données personnelles.

Voyons pourquoi il est important de mettre en place un cadre législatif l’imposant aux acteurs du numérique.

Les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) tirent, en partie, leur position de quasi-monopole, de l’impossibilité de transférer nos données personnelles d’une plateforme à une autre.

Prenons, par exemple, le cas de Facebook. Si demain, je souhaitais quitter ce réseau social pour m’inscrire à un autre. Comment devrais-je procéder ?

Je devrais recréer un compte. J’inviterais chacun de mes amis présents sur cette nouvelle plateforme à nouer une “nouvelle” relation. Je m’abonnerais aux groupes ou aux pages qui m’intéressent, etc. Ce processus fastidieux est suffisamment décourageant pour inciter à rester sur le même réseau. 

À l’inverse, si je pouvais, d’un simple click,  télécharger mes données détenues par Facebook et les importer dans une nouvelle application, cela sera plus pratique. Si cela créait, automatiquement, une relation avec mes amis présents sur cette autre app, les groupes dont je suis membre et les pages que je suis, cela me permettrait de changer facilement de plateforme et créerait, de facto, une concurrence saine entre les réseaux sociaux. L’émergence de nouveaux acteurs serait également facilitée.

En tant que libéral, nous savons à quel point la concurrence libre et non faussée est source d’innovation et de bien-être.