Alors, la Covid ?

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Il y a plus de 2 ans, en février 2020, le virus de la Covid-19 commençait à se répandre sur notre hémisphère. L’Europe commença alors à se paralyser peu à peu, les libertés à se restreindre et le monde à faire face à une crise sanitaire inconnue de tous. Ce virus a plongé l’être humain dans l’inexplicable, à tel point que même les acteurs du monde médical et politique ne savaient plus quelles mesures prendre.

Afin d’un peu comprendre les retombées de ce virus, la déléguée Santé, Laetitia Tursugian, ainsi que le Rédacteur en chef du PiccoloMag, Gauthier Jacques, ont mené des entretiens avec quelques acteurs du monde médical, indispensables dans la gestion de cette crise, comme Yves Coppieters, Marc Van Ranst et un médecin généraliste mais aussi un antivax afin d’avoir divers points de vue sur la gestion de cette crise majeure.

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Dans l’inconnue

 

Dès le début de la crise, le monde médical et pharmaceutique se sont lancés dans la course aux vaccins pour mettre rapidement fin à cette pandémie et favoriser le retour à la normale. Quelques mois plus tard, cette recherche acharnée a permis de mettre en place quelques vaccins dont les plus connus comme Pfizer, Moderna et plus tard Johnson & Johnson.

Cependant, plusieurs questions de la population restaient sans réponse ou dans le flou, et se rajoutait à cette situation des mesures changeantes. La population a commencé à se perdre et ne plus savoir où se caser, certains ont remis en cause le vaccin et les mesures, d’autres les ont directement respectés. Pour comprendre cette remise en cause, nous avons décidé d’interviewer un antivax. Ce dernier nous a expliqué que la source du refus de se faire vacciner vient, tout d’abord, du flou qui existe autour de ces vaccins et non pas de la vitesse à laquelle elle a été mise en place. Ensuite, il nous explique aussi que lui du mal, en temps normal, à prendre des médicaments mais alors se faire vacciner et se faire injecter une substance étrangère dans le corps n’est pas concevable alors que son corps pourrait peut-être y faire face, seul, même si cela prendrait quelques jours en plus. De plus, notre antivax nous a aussi confié que le fait qu’il avait déjà eu la Covid et qu’il s’en était remis était une autre raison de sa réticence. Cependant, pour Yves Coppieters et Marc Van Ranst, nous avions le recul nécessaire étant donné que ces vaccins ont été testés sur plus de 5 milliards de personnes. 

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Le monde politique et la crise sanitaire

 

 

Une autre raison à la non-vaccination selon notre antivax, c’est le sentiment de politisation et de médiatisation très présente de cette crise sanitaire et du vaccin. Néanmoins, pour Yves Coppieters, il est tout à fait normal qu’il y’ait cette politisation car c’est une crise de la santé publique gérée en termes de pratiques médicales et de recherches par des scientifiques médicaux, de la santé publique, des épidémiologiques, etc. C’est bien une crise pluridisciplinaire et les scientifiques sont là pour documenter les faits et les politiques pour prendre des décisions dans une vision un peu systémique et globale de la société. Et c’est bien sûre logique que ces décisions ne soient pas un parallélisme complet des scientifiques parce que ces-derniers ne sont pas politiciens. Ce ne sont pas eux qui élaborent les politiques publiques, ce sont les politiciens. Eux ne sont là que pour donner des arguments, conseiller les politiques et voir même critiquer s’ils ne sont pas d’accord. C’est donc tout à fait logique qu’il y ait une politisation de la crise sanitaire. Cependant, cette politisation part dans des travers lorsqu’une obligation s’en suit comme l’imposition du vaccin ou du Pass vaccinal en France. Ce sont des mesures qui ne sont pas proportionnelles à la situation. Dans ce cas, on serait dans une « politisation excessive » de la crise sanitaire. Yves Coppieters nous explique aussi que lors de sa participation à la Commission Fédérale de la crise Covid pendant la première vague du Covid au sujet de la gestion de la deuxième vague, que malgré la diversité des partis et des députés, il y avait une homogénéité dans l’analyse des choses, dans la réflexion, peut-être pas tout à fait dans la conclusion parce que pas tout le monde n’a validé les conclusions, mais il y avait une homogénéité. Il y avait donc tant de positions politiques différentes mais sans politisation extrême de la situation.

Cette gestion de la Covid-19 a donc été très compliquée; nos politiques et scientifiques ont dû prendre des décisions qui, parfois, ont eu de très lourdes conséquences tant pour les jeunes que pour les plus âgés. En effet, les résidents des maisons de repos ont aussi beaucoup souffert de cette situation. Le médecin généraliste que nous avons interviewé nous a expliqué que dans la maison de repos où elle travaille, il y a énormément de déments à qui il a été vraiment difficile d’expliquer la situation, pourquoi leurs familles ne savent pas venir les voir, qu’ils doivent rester confinés, etc. Certains patients sont décédés d’un syndrome de glissement précipité par l’isolement ressenti. 20 à 30% de la population de ces maisons a aussi été décimé par la Covid bien avant que la vaccination apparaisse. Selon elle, la fermeture des maisons de repos n’était pas une mauvaise chose, c’était le moindre mal même si cela a aussi eu des conséquences importantes dû à l’isolement. Hormis les jeunes et les personnes âgées, le monde médical a aussi souffert de cette crise. Les médecins généralistes ont été mis mal à l’aise par la fermeture de leurs cabinets et la fin de leurs consultations mais c’était un mal nécessaire pour protéger la première ligne et le personnel soignants. Au départ, ces derniers n’avaient pas de masques de protection pour aller au contact des gens, c’était une situation stressante énorme. Mais le monde médical a dû s’adapter tant bien que mal.

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Obligations & Sanctions

 

 

L’obligation vaccinale a longtemps été un sujet qui fâche et créée des tensions comme la volonté d’imposer la vaccination pour le secteur du soin de santé avec possibilité de sanction en cas de refus. Afin de mieux comprendre l’utilité de ce système, nous avons décidé de poser la question aux experts ainsi qu’à notre médecin généraliste. Pour Yves Coppieters, il est absurde d’imposer cela car ça serait « se tirer une balle dans le pied » car nous sommes dans un système de santé affaibli en termes de ressources humaines par la crise mais aussi par les politiques publiques qui ont été menées intérieurement. De plus, dans ces hésitants vaccinaux (qui ne sont pas très nombreux 10-15% et qui varie d’un établissement à un autre), il y a des profils variés de gens qui ne veulent pas se faire vacciner. Est-ce qu’on serait prêt à affaiblir le système de santé en supprimant cette catégorie de personnel capital dans les soins de santé car ce sont eux qui font tourner l’hygiène, qui font les petites tâches journalières auprès des patients, qui assurent les repas, etc. La seule question qui pourrait se poser, c’est au niveau éthique car ces personnes se sont engagées dans les soins de santé et ils savent très bien qu’ils sont en contact avec des personnes fragiles. Mais sur un plan purement de gestion de la crise, cela ne changera strictement rien si ce n’est l’affaiblissement du système de santé et la diminution de la qualité de soin.

Quant à Marc Van Ranst, il est mitigé car toutes les mesures nécessaires pour protéger les patients doivent être prises mais il faut tout de même nuancer. Pour lui, les personnes faisant partie du domaine administratif et donc qui n’ont pas de contact direct avec les patients ne doivent pas se faire vacciner. Pour toutes autres personnes, l’obligation vaccinale doit être en vigueur. S’ils choisissent de ne pas se faire vacciner, c’est un choix mais choisir c’est renoncer, comme dit le proverbe.

Du point de vue de notre médecin généraliste, le plus important, c’est de « convaincre sans contraindre » car quand les gens sont forcés, ils ont tendance à se rebeller et à vouloir à tout prix éviter d’être forcé. Ce qui est le plus dur selon elle, c’est de leur communiquer une information de qualité car durant ces deux ans de crise, tant d’informations ont circulé, que ce soit à travers les réseaux ou à la télévision, les informations de qualités ont été difficiles d’accès. Même le personnel soignant a du mal à savoir où chercher la bonne information et surtout scientifiquement pertinentes.

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Quid de la vaccination infantile ?

 

Autre point resté dans le flou, c’est la vaccination des enfants. Pour le médecin généraliste aucune donnée scientifique ne confirme son efficacité. Pour Yves Coppieters, la vaccination des enfants n’est pas utile pour 3 raisons : 

 

(1) les enfants ne font pas de formes graves;

 

(2) si les enfants habitent dans une famille constituée de personnes fragiles, dans la logique des choses, ces personnes devraient être vaccinées et prendre leurs mesures de précaution;

 

(3) le schéma vaccinal des enfants n’est pas connu car il n’y a qu’un seul vaccin qui est le Pfizer pédiatrique et commencer une campagne de vaccination avec un seul vaccin est mauvais. Même si ce vaccin n’a pas des effets secondaires catastrophiques, nous n’avons pas le recul sur le long terme et on ne connaît pas le nombre de dose à administrer. 

 

Contrairement à Yves Coppieters, Marc Van Ranst soutient l’idée que la vaccination des enfants n’est pas quelque chose de mal car cela éviterait de tomber dans le cercle vicieux de la contamination des enfants à l’école qui le ramène à la maison et contamine sa famille. Il ajoute que la vaccination infantile n’est pas un phénomène rare puisque la majeure partie des vaccins est administrées très tôt ! Rien de neuf, donc !

 

En somme, cette étape de la vie restera à jamais gravée dans nos mémoires et dans l’Histoire. Une crise tant sanitaire que psychologique dû à ses retombées, a touché le monde entier. Nous espérons que cette crise restera désormais derrière nous et ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

 

L’endométri-quoi?

 

Saviez-vous qu’au moins une femme sur dix souffre d’une maladie peu connue et qu’aucun traitement spécifique n’existe pour la soigner? Ça, c’est l’endométriose. Une maladie gynécologique qui touche les femmes en âge de procréer. Elle a été découverte il y a plus de 160 ans mais est encore trop souvent ignorée. Elle se caractérise par des douleurs chroniques invalidantes comme des troubles urinaires et digestifs. Dans 40% des cas, les femmes rencontrent des soucis d’infertilité.

 

Il faut savoir que cette maladie s’attaque aux cavités utérines et se fait remarquer par des modifications hormonales, comme de fortes douleurs au niveau abdominale. Globalement, ce sont des tissus similaires à la muqueuse de l’endomètre qui se développent hors de l’utérus.

 

L’équipe Piccolo a rencontré une jeune adulte souffrant de cette maladie.


« J’ai eu mes règles très jeune, je devais avoir entre 11 et 12 ans. Ce n’était pas très douloureux, mais dès l’âge de 14 ans, les douleurs extrêmes ont commencé ».

 

Pendant des années, lors de ses cycles menstruels, cette jeune femme a souffert de migraines et d’autres douleurs handicapantes. Son gynécologue lui a toujours dit qu’il n’y avait rien d’inquiétant pour son âge mais, vers ses 18 ans, de nouveaux symptômes sont apparus :  nausées, sueurs froides et chutes de tension.

 

La jeune dame témoigne : «J’ai changé de gynécologue et je lui ai tout raconté. De là, elle a fait une échographie où elle a aperçu quelque chose d’anormal et elle m’a envoyé faire un scanner à l’hôpital qui a bien confirmé qu’il y avait un début d’endométriose.  Je dis un début parce que comparer à certaines, mon cas n’est pas assez grave au point de devoir opérer. Après avoir reçu mes résultats, ma gyné [sic] m’a alors expliqué ce qu’était l’endométriose et que c’était très peu connu ».

 

Depuis, elle a une visite de contrôle deux fois par an et prend un médicament pour soulager les douleurs. « Des fois, c’est vrai que dans les premiers jours, j’ai encore quelques petites sueurs froides, quelques nausées mais c’est beaucoup moins fort qu’avant donc vachement moins handicapant et ces douleurs se font de plus en plus rares ».

 

Cette année aura lieu, du 7 au 13 mars, la 18ème semaine européenne de prévention et d’information sur l’endométriose. Cet événement annuel, organisé par EndoFrance, existe depuis 2004 et a pour but de sensibiliser et informer à cette maladie.

Les Jeunesmr ont sorti carte blanche sur le sujet. Elle a déjà été signée par 70 jeunes élus !   

 

 

SOURCES :

https://www.jeunesmr.be/site/2022/01/endometriose-informer-sensibiliser-soigner-prevenir/

 

https://www.endofrance.org/nos-actions/semaine-europeenne-prevention-information/

 

 

 

 

 

 

Numérisation de la santé !

Par Laetitia Tursugian

 

L’évolution technologique touche aujourd’hui différents domaines de notre vie quotidienne. Que ce soit au travail, à la maison, au sport, etc. tout se numérise et se robotise. Mais penseriez-vous qu’un jour nos données de santé se numériseraient ? Et bien, ces deux domaines qui semblaient, à première vue, difficiles à concilier dû aux règles liées la confidentialité des données du patient, ont bien été réunis à la suite du travail de Sébastien Deletaille, co-fondateur de l’ASBL Rosa. La raison d’être de cette ASBL se fonde sur deux constats.

 

Tout d’abord, il y a la difficulté que les personnes rencontrent dans la gestion de leurs données de santé avec leur appareil électronique. En effet, d’après un micro-trottoir réalisé par Sébastien Deletaille, il en est ressorti que les gens éprouvaient des difficultés à gérer leurs données de santé et qu’ils ne savaient pas où et comment elles étaient stockées bien que certains aient toutefois mentionné l’existence du portail fédéral « Ma santé.be ». Ce micro-trottoir a montré la difficulté d’un citoyen lambda à concilier données et numérisation. C’est dans ce cadre que l’ASBL Rosa va favoriser un accès numérique à nos données de santé depuis notre smartphone, notre tablette ou notre ordinateur. Rosa repense la santé à l’ère du numérique. Comme le co-fondateur nous l’a bien illustré avec son exemple, aujourd’hui, l’image du médecin de famille qui connaissait tout et avait tout dans son dossier papier est « cassée ». Dans cette ère numérique, il y a une croissance du nombre de professionnels de la santé et, en conséquence, une diminution de cette relation privilégiée patients/professionnels. Beaucoup de données sont parfois perdues ou isolées et la connaissance des antécédents familiaux est moins bonne. La relation patients-médecins est donc affectée. Elle souffre d’autant plus que les jeunes ont adopté des réflexes numériques qui ne sont parfois pas ceux du médecin. Les attentes sont donc différentes. Dès lors, la plus-value de ce type d’application web est de permettre à la nouvelle génération hyperconnectée de s’adapter au monde de la santé. Il est  désormais possible de prendre rendez-vous en ligne et éviter de se déplacer ou chercher un numéro de téléphone. Tout cela en garantissant la protection des données personnelles étant donné que cette plateforme n’est accessible qu’au patient et au médecin concerné. La confidentialité médicale est donc d’application.

 

Ensuite, le second constat est la gestion administrative de cette Santé qui implique une énorme charge mentale et cette numérisation permet son allégement. Par exemple, l’utilisation des vignettes à coller et envoyer à sa mutuelle représente une charge de travail. Les numériser faciliterait déjà un point administratif. Cette charge est devenue lourde et, comme nous l’a expliqué le co-fondateur de Rosa, d’après leur analyse, dans 90% des cas, ce sont les mères de famille qui s’en occupent. Ces dernières ont souhaité, par exemple, une automatisation des rendez-vous à la mutuelle, une simplification de la prise de rendez-vous, etc., Ainsi la charge mentale serait amoindrie. Du côté des professionnels de la santé, il y aurait aussi un allégement administratif car ils pourront s’affranchir de tâches comme la prise de rendez-vous en mettant à disposition de leur patient leur calendrier. Ces professionnels de la santé répondent ainsi à une nouvelle demande de la part de la nouvelle génération. Cette numérisation facilite et augmente donc l’accès aux soins de santé. Il y a, par exemple, 300 professionnels de cinq domaines la santé différents (médecins généralistes, les kinésithérapeutes, les orthophonistes, les dentistes et les diététiciens) qui ont recours au service de Rosa.

 

La numérisation appliquée à la santé engendre, par conséquent, une simplification des procédures administratives et une augmentation de l’accessibilité au soin.

 

Que nous réserve encore cette évolution technologique ?

La gestion de la pandémie passe à l’heure d’hiver !

Par Gauthier Jacques, rédacteur en chef.

Covid Safe, loi pandémie, CODECO… on fait le point.

Depuis près de deux ans, nous ne cessons de parler de cette fameuse pandémie, des variants, des vaccins, et bien plus encore. Bien que la Covid-19 comptabilise jusqu’à présent 4,6 millions de décès dans le monde, ce n’est la plus meurtrière des pandémies. Rappelons-en brièvement deux autres. La première est la peste noire. Entre 1347 et 1351, la peste bubonique se répand dans toute l’Europe et sera responsable de la mort d’environ 25 millions de personnes sur tout le continent. La deuxième est la grippe espagnole. À la fin de la Première Guerre mondiale, les autorités de santé publique n’avaient pas de protocoles officiels en place pour faire face aux pandémies virales. La grippe espagnole – dont le foyer principal était chinois et non espagnol – fera plus de 500 millions de contaminations et 50 millions de victimes, soit plus que la guerre en elle-même pour être tout à fait précis.

Si nous nous arrêtons quelques instants pour faire le point sur la situation mondiale, le constat est sans appel. Hausse des contaminations, comme nous pouvons le constater dans le graphique ci-dessous.

Source: ECDC, Our World in data. Chiffre jusqu’au 17 octobre, données pour la Finlande et Suède indisponibles.

Le graphique montre que, parmi tous les pays d’Europe occidentale à la forte couverture vaccinale, l’Irlande et la Belgique sont ceux qui connaissent l’augmentation la plus rapide du nombre d’infections et d’hospitalisations. Mais quelle est la situation de nos pays voisins ?

Aux Pays-Bas, le gouvernement de Mark Rutte a demandé à son organe consultatif dans la lutte contre la pandémie (l’Outbreak Management Team) de formuler des recommandations de mesures supplémentaires. Chez nos voisins français, l’Hexagone réussit à contenir le virus. Avec l’introduction du Pass sanitaire, la France a pu augmenter considérablement son taux de vaccination ; 74% de la population pourrait être vaccinées d’ici la semaine de Toussaint. Pour le Luxembourg, le gouvernement a également instauré le Pass sanitaire dans l’optique d’augmenter le taux de vaccination puisqu’il reste encore un quart de la population adulte qui n’a pas encore reçu de dose de vaccin. Et pour le sud de l’Europe, le virus est contenu. Quand la Covid-19 est arrivée en Europe, au printemps 2020, l’Italie, l’Espagne ou encore le Portugal étaient les pays les plus touchés. Aujourd’hui, leurs statistiques sont parmi les meilleures d’Europe.

Et la Belgique dans tout ça ? Quid du dernier CODECO ?

Avancé à ce mardi, la réunion du Comité de concertation – initialement prévue ce vendredi – a pris plusieurs responsables de court. Ni Sophie Wilmès (au Rwanda), ni Pierre-Yves Dermagne (au Danemark aux côtés du Roi), ni Rudi Vervoort (en Turquie), ni Jan Jambon (à Dubaï) n’étaient physiquement présents. Ne soyons pas alarmistes, ce n’est pas un retour au confinement, tant s’en faut ! Cependant la parenthèse estivale est terminée et la gestion de la crise passe à l’heure d’hiver. La page de l’épidémie n’est pas encore tournée. Outre le retour du port du masque dans tous les espaces publiques intérieurs ou l’imposition du Covid Safe Ticket (CST) dans tout le pays, la loi pandémie sera activée.

Cette loi a été publiée au moniteur le 20 août et est entrée en vigueur le 4 octobre dernier. Pour qu’elle soit utilisée, il faut d’abord qu’une situation d’urgence épidémique soit déclarée par un arrêté royal, sur base d’une délibération du conseil des ministres. Il faut, ensuite, déclencher la phase fédérale de gestion de crise. Des arrêtés royaux doivent être pris pour fixer les mesures restrictives de liberté à instaurer : accès au territoire, limitation d’accès ou fermeture de certaines catégories, limitation ou interdiction de rassemblements, limitation ou interdiction de déplacements, conditions d’organisation du travail, etc. Dans la suite logique, la Chambre a 15 jours pour confirmer ou infirmer mais il ne faut pas attendre cette ratification pour la mise en œuvre des nouvelles règles. En cas de concertation non-aboutie « le fédéral peut décider seul » déclare Patrick Goffaux, professeur de droit administratif à l’ULB. Par ailleurs, les autorités locales peuvent prendre des mesures complémentaires via les bourgmestres ou gouverneurs.

D’aucuns vitupèrent contre ces possibles restrictions liberticides et populicides – comme l’aurait très justement souligné Gracchus Baboeuf – mais une telle loi n’est pas une première dans notre pays. En effet, un décret sanitaire avait notamment été pris dans une situation de choléra en 1831 qui punissait de peine de mort les contrevenants. Nous sommes, donc, bien loin des amendes, peines de travail ou des peines de probation autonome imposées par cette nouvelle loi pandémie.

Sources 

Six pandémies qui ont marqué l’histoire, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (Dossier Léguer Serain, pp. 10-11).

Gérer la crise la crise sanitaire avec la loi pandémie, cela change quoi ? , l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.3).

Comment l’Europe répond à la hausse des contaminations au covid, l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.4).

La loi pandémie sera activée, les mesures harmonisées, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (pp. 4-7).

Être jeune pendant la pandémie de Covid-19: la perspective de Georges-Louis Bouchez

Pour cette troisième partie de l’interview de Georges-Louis Bouchez, notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques aborde avec notre invité le vécu de cette pandémie de Covid-19 par les jeunes. Qu’ils/elles soient aux études et ne peuvent plus avoir de vie étudiantine ou qu’ils/elles ne travaillent plus à cause du confinement, les jeunes connaissent une période particulièrement difficile et leur vie sociale en souffre.

Cependant, bien que leur avenir proche soit encore chamboulé par les règles sanitaires, il faut garder espoir et optimisme une fois que cette pandémie sera terminée!

La fin de l’interview arrive alors #staytuned!

Les vaccins… un fiasco total !

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo

Comment en finir avec le triste spectacle auquel nous assistons toutes et tous ? La fin des brevets, vrais obstacles aux vaccins ! 

Bien qu’elles aient mis au point les vaccins contre la Covid-19, les compagnies pharmaceutiques vendent aux plus offrants, négligeant ainsi la gravité sanitaire dans laquelle  nous sommes toutes et tous plongés depuis plus d’un an déjà. Les vaccins devraient être des biens publics mondiaux ; ça nous aiderait ! Souvenons-nous du Président français, Emmanuel Macron, qui dès le moins de novembre s’interrogeait gravement sur la situation sanitaire : « Serons-nous prêts lorsque le premier vaccin sera mis sur le marché, à en garantir l’accès à  l’échelle planétaire et à éviter à tout prix le scénario d’un monde à deux vitesses où seuls les  plus riches pourraient se protéger du virus […] ». Puis, dès le 18 janvier 2021, Monsieur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous annonce que sur les trente-neuf millions de doses prévues, seules vingt-cinq  avaient été administrées sur un total de quarante-neuf pays. Oui, seulement 25 doses. Que se  passe-t-il donc ?  

Il est vrai que l’étonnement est grand au regard des sommes gargantuesques investies pour ce  vaccin. Qui plus est, deux mécanismes avaient été mis en place pour éviter ce genre de fiasco.  Il y avait d’une part le mécanisme Covax qui devait permettre un groupement des achats pour les vaccins afin de garantir, à 90 pays et territoires, un accès juste et équitable au traitement.  Des contrats ont été signés avec Pfizer (40 millions de doses) et AstraZeneca (120 millions de  doses). L’objectif ? 2 milliards de doses d’ici la fin de 2021. Il y avait d’autre part le mécanisme  C-TAP (Covid-19 Technology Access Pool), qui aurait dû garantir le partage de la propriété intellectuelle et des connaissances afin de produire des vaccins à grandes échelles, y compris dans les pays en voie de développement. Résultat ? Coquille vide. 

Pourtant, tout semblait fonctionner. Les laboratoires ont été subventionnés à coups de milliards d’euros par les États et la Commission (qui a versé plus de 2 milliards pendant la mise au point  des vaccins). Cependant, malgré ces aides ainsi que des clauses de livraison des plus flexibles,  cela ne fonctionne pas. Nous nous souvenons toutes et tous du désarroi de la Commission  lorsque AstraZeneca lui a annoncé qu’il ne pourrait pas fournir le nombre de doses prévues (80  millions) dans les délais fixés. S’ajoute à ce dysfonctionnement une différence de prix non négligeable. En effet, selon Eva de Bleeker, secrétaire d’État au budget belge, les tarifs négociés par Bruxelles varient entre 1,78 € (pour AstraZeneca), 10 € (pour CureVac) et 14,68€ (pour  Moderna). Et pour couronner le tout, les répartitions au sein même de l’Union européenne est inégalitaire puisque pour les premières livraisons, l’Italie a reçu 9750 doses, la France 19 500  et l’Allemagne 15 125. Même ramenés à la population respective des pays, ces écarts restent inexplicables et semblent montrer que certains pays sont plus égaux que d’autres. Pourtant,  d’autres pays, hors UE, semblent bien s’en tirer. Malgré un départ plus que laborieux, Londres a su organiser une campagne de vaccination dynamique mettant littéralement à mal l’argument  d’une Union européenne protectrice avancé lors du conflictuel Brexit. Au 4 février, le  Royaume-Uni avait administré au moins une dose de vaccin à 16, 2 % de sa population. En  revanche, la Belgique a administré jusqu’à ce jour (5 mars 2021) au moins une dose à 5,54%  de sa population ; l’Espagne, 4,01% ; l’Italie, 3,61%, etc. Comment expliquer de ces  différences ? Les brevets

Face à la pâmoison, à la prédation des ressources publiques et à la pénurie des vaccins, nombre  de professionnels de la santé, des militants, des membres d’ONG pressent les États d’activer la  licence obligatoire. Ce concept de licence obligatoire ou licence d’office est apparu aux États Unis à la fin du XVIIIe siècle et a été intégré aux normes internationales, dès 1925, grâce à la  Convention de Paris. D’une façon générale, le titulaire d’un brevet est libre d’exploiter  personnellement l’invention protégée ou bien d’autoriser une autre personne à l’exploiter.  Pourtant, lorsque des raisons d’intérêt général le justifient, les autorités publiques nationales peuvent autoriser l’exploitation d’un brevet par une personne tierce sans le consentement du propriétaire. Malheureusement, activer cette licence obligatoire revient à engager un bras de fer  avec diverses puissances souveraines, en particulier les États-Unis, où – rappelons-le – se  trouvent les deux sociétés qui proposent les vaccins les plus performants actuellement. 

Bref, l’enjeu économique, l’appât d’un certain profit au détriment d’une crise sanitaire, et la  peur d’une nouvelle situation conflictuelle viennent compliquer la rapidité de cette vaccination européenne. Il faut prendre son mal en patience quand nous savons qu’après le cafouillage des masques, il aura fallu près de deux mois pour relancer la production au printemps 2020. Donc,  patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, comme l’aurait dit Jean de La  Fontaine.

Sources

Déclaration de M. Macron sur la lutte contre l’épidémie de Covid-19 et la préparation aux  futures pandémies, le 21 novembre 2020, www.vie-publique.fr (consulté le vendredi 5 mars à  01 :37). 

Licence obligatoire sur : https://www.concurrences.com/fr/glossaire-des-termes-de concurrence/licence-obligatoire (consulté le dimanche 7 mars à 00 :48). 

Pierru, Frédéric, Frédérick Stamback, y Julien Vernaudon. 2021. «Toute-puissance des  laboratoires: les brevets, obstacles aux vaccins pour tous». Le Monde diplomatique, Mars 2021.

Aux Pays-Bas, des émeutes contre un confinement inévitable

Des violences ont eu lieu dans la nuit du lundi 25 janvier au mardi 26 dans différentes villes aux Pays-Bas. Pour le pays qui compte plus de 5000 cas de Covid-19 par jour, c’était la deuxième soirée où la violence était présente dans les rues. Les raisons de ces troubles: de nouvelles restrictions nationales pour lutter contre le Covid-19, comme par exemple le couvre-feu qui commence à 21h et se finit à 4h30 du matin. 

De nombreux affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre. La police avait déjà arrêté plus de 200 personnes le dimanche 24 janvier. Pourquoi tant de violence ? Aux Pays-Bas, toutes ces restrictions, notamment le couvre-feu, remontent à la deuxième guerre mondiale. Cela a donc motivé les manifestants à descendre dans les rues pour exprimer leur mécontentement. D’autres manifestants dans  plusieurs autres pays d’Europe comme la France et l’Espagne ont commencé aussi à exprimer leur saturation vis-à-vis du manque de liberté. Alors que l’Europe essaie de résister aux différents variants en resserrant la visse, serait-ce devenu trop dur pour certaines personnes ?

Par Arthur Martin, journaliste Piccolo

Sources (dont image):

https://www.ladepeche.fr/2021/01/27/covid-19-pays-bas-espagne-liban-les-emeutes-contre-les-restrictions-se-multiplient-9336635.php

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_coronavirus-aux-pays-bas-deuxieme-nuit-d-emeutes-apres-l-imposition-d-un-couvre-feu?id=10682536

Coronalert, une application pour sauver des vies

Par Julia Pirlot, journaliste Piccolo

Coronalert est une application gratuite pour notre téléphone portable. Elle nous aide à nous protéger mutuellement et à freiner la propagation du coronavirus. L’application Coronalert utilise la technologie pour accélérer la détection des contacts en Belgique.

Comment ça marche ? 

Lorsqu’un utilisateur de Coronalert est contaminé, il publie anonymement dans une base de données centrale les “codes” que son téléphone a émis au cours des derniers jours.

Plusieurs fois par jour, Coronalert compare les “codes” anonymes du serveur central avec les “codes” anonymes présents sur votre téléphone, en provenance des téléphones des autres personnes avec lesquelles vous avez été en contact étroit les derniers jours.

S’il s’avère que votre téléphone se trouvait pendant au moins 15 minutes à moins de 1,5 mètres du téléphone d’un utilisateur Coronalert contaminé, vous recevez une alerte indiquant que vous avez eu un contact à risque.

Protection des données personnelles

Le système DP-3T (présent dans l’appli) est spécialement conçu pour minimiser la collecte et le traitement des données. Lors de l’utilisation de l’application de suivi des contacts, seules les données qui permettent d’informer l’utilisateur qu’il a pu être exposé au virus sont collectées. L’application de suivi des contacts ne révèle pas à l’utilisateur qui était le contact potentiellement contagieux, ni quand et où exactement le contact a eu lieu. 

Les données stockées dans le téléphone de chaque utilisateur et dans le serveur central sont automatiquement supprimées après 14 jours. L’application de suivi des contacts sera en tout cas désactivée à la date déterminée par la loi belge applicable.

Pour retrouver l’application sur Internet, allez sur https://coronalert.be/fr/ 

Le confinement vécu dans les écoles : Témoignage d’un Jeune MR professeur de français de 2e secondaire

Par Alexandre Piette, membre Jeunes MR

Une école qui a dû se réinventer dans la précipitation

Le jeudi 12 mars, en fin de soirée, après l’annonce de Sophie Wilmes, le Covid-19 a pris de court tout le monde. Brusquement, les cours seront suspendus, à partir du lundi 16 mars et nous voilà face à une situation inédite que nos écoles n’ont plus connu, depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il faut donc la réinventer !

Le vendredi 13 mars, l’ambiance dans notre établissement est très particulière car personne ne sait exactement comment les choses vont se dérouler durant les prochaines semaines et prochains mois. Nous devons apprendre à accepter les choses qui nous dépassent, y compris quand cela modifie grandement nos habitudes. Chacun est appelé à mettre de côté ses désirs individuels, à adopter une attitude citoyenne et responsable.
C’est vrai pour les écoles, les professeurs, les élèves et c’est bien plus vrai encore pour toute la société. Ce jour-là, sur le temps de midi, une réunion de crise est organisée, dans l’urgence, par notre direction. Il faut gérer les premiers cas d’élèves contaminés, tout en tentant de continuer d’assurer l’enseignement, sous une forme virtuelle et non plus présentielle, comme nous en avons toujours eu l’habitude.

Dans ce cadre, les premières semaines ont été fastidieuses. En effet, bien que la plupart des collègues se soient mobilisés avec la direction et le service informatique pour entretenir virtuellement, comme nous le pouvions, du lien avec nos étudiants, tout en assurant la continuité des apprentissages ; il faut bien reconnaître que nous avons dû, bien souvent, un peu bricoler, et nous approprier progressivement, en autonomie, confiné, chacun de notre côté, le Google Drive de l’école, créé pour l’occasion.

Même si, dans un premier temps, l’idée d’utiliser cet outil informatique gratuit aux multiples facettes (visioconférences, journal de classe virtuel, courriels, cours en ligne …) pouvait nous paraître intéressante et comme étant une opportunité, au sein d’un monde de plus en plus virtuel pour les jeunes, il faut bien reconnaître que gérer les élèves, au cas par cas, en mode confinement a été compliqué pour la plupart d’entre nous car au fil des semaines, nous avons pu remarquer que nous n’étions pas tous sur un même pied d’égalité ; au moment où la fracture numérique, dans certaines familles mais aussi chez certains enseignants moins expérimentés se faisait de plus en plus grande. L’absence de connexion Internet, d’imprimante, le manque d’encre ou de papier ou encore la méconnaissance des systèmes d’utilisation ont rendu impossible chez certains la réalisation des travaux demandés. Dans de telles situations, comment s’assurer de la compréhension des communications si tant est qu’elles puissent parvenir à leurs destinataires ? A fortiori, face à l’absence de réponses de certaines familles, comment évaluer leur degré d’équipement ? Et comment préserver les élèves dans cette équation ? Le besoin est à la fois matériel (ordinateurs, tablettes) et technique (accompagnement des enseignants et des élèves), mais il relève aussi de la sélection et de l’exploitation d’un outil numérique adapté aux réalités. Il paraissait donc difficile de proposer des solutions ‘’clé sur porte’’ tant les besoins étaient nombreux, variés et dépendants du contexte de notre établissement.

Dans notre école, comme dans d’autres certainement, cette crise nous aura probablement permis de penser à l’avenir pour mettre en place progressivement une école numérique, comme souhaitée par les politiques de toutes convictions, depuis plusieurs années. 

C’est pourquoi, dès la rentrée de septembre et quel que soit le scénario de celle-ci, en fonction de l’évolution de l’épidémie, il faudra certainement envisager une certaine forme de systématisation du numérique dans nos futures pratiques pédagogiques et sans doute réinventer notre école, mais sans jamais perdre de vue les valeurs humaines qui la composent. Le numérique doit rester un outil et ne se substituera jamais à la vraie relation pédagogique entre un professeur et ses élèves en salle de classe car être enseignant, ce n’est pas être assis devant un ordinateur mais être en classe. Nous avons besoin de nos élèves, même si cette vocation n’est pas rose tous les jours et que son importance, dans la société, pour permettre l’émancipation sociale de chacun, est de moins en moins reconnue par l’opinion publique.

Une fin d’année très particulière, en demi-teinte…

Fin avril, le CNS a décidé d’autoriser la réouverture progressive des écoles, dans des conditions d’hygiène strictes ; à partir du 18 mai, pour les rhétos et du 25 mai, pour les deuxièmes secondaire.

La plupart des membres du personnel de notre école étaient plutôt heureux de cette décision car ils estimaient qu’un retour en présentiel des élèves, leur permettrait de récupérer un certain rythme de travail, tout en évitant l’accroissement de la fracture numérique entre plusieurs d’entre eux. Néanmoins, sur le terrain, la mise en œuvre des mesures d’hygiène imposées par le CNS n’a pas été chose aisée. En effet, constatant une certaine difficulté pour la Fédération Wallonie-Bruxelles à fournir des masques et tout le matériel nécessaire à cette rentrée, notre pouvoir organisateur, la direction avec les différents membres du CP (conseil en prévention) ont pris la décision de reporter la rentrée des élèves des dernières années au lundi 25 mai et celles des 2e, au mardi 02 juin, afin de se donner le temps et les moyens de tout mettre en œuvre pour assurer un maximum de sécurité pour les élèves et l’équipe éducative. D’un point de vue pédagogique, pour la direction, il a aussi semblé important de réaliser des conseils de classe préparatoires, avant cette reprise de la fin mai. L’objectif de ceux-ci était, sur base des résultats et/ou des choix des élèves pour l’année scolaire suivante, de cibler ceux en situation d’échec et/ou pour lesquels un projet de réorientation devait être déterminé, avant la fin du mois de juin. Tout cela dans le but d’éviter un éventuel décrochage scolaire.

Mais, quelques jours plus tard, quand nous avons appris les conditions pratiques dans lesquelles cette reprise allait se faire, nous étions plutôt sceptiques. En effet, la Ministre de l’enseignement obligatoire, Caroline Désir (PS), a décidé de laisser le choix aux parents, d’un retour ou non de leur enfant à l’école, en suspendant temporairement l’obligation scolaire. Grave erreur pour la plupart d’entre nous car se sont souvent les jeunes les plus en difficultés et les plus défavorisés qui choisiront de ne pas y revenir. De ce fait, dans la suite de leur parcours d’apprentissage, ils risquent d’augmenter leur risque d’échec scolaire voire de décrochage complet. Dans notre établissement scolaire, il faut l’admettre, nous avons la chance d’avoir en grande majorité des jeunes issus de familles de la classe moyenne, mais en vivant notre rentrée très particulière, et en discutant sur les réseaux sociaux, avec plusieurs collègues, d’autres écoles dites « moins favorisées », notre théorie s’est malheureusement vite confirmée : les apprenants les plus en détresse ne sont pas rentrés. 

Pour terminer, concernant les délibérations de la fin de l’année scolaire, la plupart d’entre nous avons été surpris par les décisions de la Ministre. En effet, sa directive mentionne que « au vu des circonstances, le redoublement devra être exceptionnel, en tenant compte uniquement du travail certificatif fourni entre le début de l’année scolaire et le 13 mars ». Même si les élèves ne sont pas responsables de cette situation inédite et que nous ne savons pas ce que certains ont pu vivre, dans un cadre privé, tout au long du confinement ; pour ma part, je pense que cette politique du laisser-passer au bénéfice du doute ne leur rendra pas service. En effet, d’expérience, nous savons, comme enseignant, qu’un élève ayant un ou plusieurs échecs significatifs, en mars, aura peu de chance de réussite, en juin. Bien que des aménagements d’aide et de remédiation soient promis par la Ministre, à partir du mois de septembre, nous craignons, comme enseignant, un report de l’échec et même un certain découragement de la part de l’élève pouvant mener au décrochage car celui-ci aura mal été orienté. Effectivement, légalement, en fin de 2e secondaire, un apprenant obtenant son CE1D, en juin, peut s’inscrire, l’année suivante, dans une 3e secondaire de son choix, c’est-à-dire dans une orientation générale, technique ou professionnelle. 

Même si aujourd’hui, nous ne savons pas encore comment se déroulera l’année scolaire 2020-2021, toutes ces mesures promises « à chaud » par la Ministre, nous paraissent malheureusement peu réalisables sur le terrain, et ne feront que renforcer davantage les inégalités sociales entre les élèves.

News en bref… En Belgique: crise sanitaire, ces jeunes qui ont rendu le monde meilleur !

Retrouvez le témoignage de Jonathan Chanteux, Jeune MR à Limbourg, nous racontant son implication dans le soutien du secteur de l’Horeca dûrement touché par cette crise sanitaire! Avec Psi-Web, sa startup spécialisée dans la communication, il a développé une plate-forme gratuite permettant de retrouver facilement l’ensemble des offres drive-in et plats à emporter et ce commune par commune.