Que se passe-t-il en Birmanie ? Retour des violences dans ce pays où le coup d’État passe de l’exception à la norme

Par Olivier Humblet, journaliste Piccolo

Dernière flambée de violence 

Ça s’est encore produit ! Pour la troisième fois de son histoire depuis l’indépendance en 1948, la Birmanie  a vécu un coup d’État dans la matinée du lundi 1er février de cette année. Cependant, il s’agit du premier  renversement de pouvoir de la part de l’armée depuis la transition démocratique amorcée en 2008 suite  à un référendum national, découlant de la révolution de safran. Ainsi, le président du pays, Win Myint, et  la cheffe de facto du gouvernement, Aung San Suu Kyi, ont été arrêtés dans la matinée du 1er février par  la junte militaire sous l’égide du général Min Aung Hlaing. Les organes de l’Etat ont été mis sous le contrôle de l’armée, l’Internet a été totalement bloqué et un couvre-feu a été instauré interdisant tout  déplacement à partir de 20h. S’en sont suivies des manifestations partout dans le pays mais surtout à  Rangoon, la capitale historique. D’abord pacifiques et sans violence, ces manifestations ont vite été  brimées par la junte, désormais toute puissante. La police militaire tente de rétablir l’ordre en usant de violence provoquant de nombreux blessés et décès. A l’heure actuelle, l’ONU fait état de plus de 70 morts  suites aux manifestations dont le but est le retour à la démocratie, le respect des résultats électoraux de  novembre 2020 et la libération de la leader du parti vainqueur, Aung San Suu Kyi. 

Coup d’Etat de février 2021, le contexte d’un événement prévisible

La Birmanie est un pays d’Asie du Sud Est qui souffre d’un passé compliqué caractérisé par une indépendance sanglante, et dont la première Constitution porte en elle le terreau de futures répressions  des minorités du pays qui mettront à mal la réputation du pays sur la scène internationale. A côté de cela, l’histoire birmane se raconte au travers de sa junte militaire et de ses coups d’Etat ainsi que par la vie de la dame de Rangoon, Aung San Suu Kyi. 

Le dernier putsch militaire qui s’est produit en février dernier s’inscrit donc dans une dynamique plus complexe. Cette ligne du temps commence en 1962 avec le premier coup d’Etat qui voit Ne Win, un  militaire, prendre le pouvoir et le garder jusqu’en 1988. Pendant cette période, un parti unique sous  l’égide de l’armée est créé. Il s’agit du Parti du programme socialiste birman qui entérine la doctrine  politique du pays, le socialisme. Cette période voit également la création d’une nouvelle Constitution et  la naissance de la République socialiste de l’Union de Birmanie pour laquelle la moitié du budget de l’État est allouée à l’armée. La Birmanie rejoint alors la liste des pays les moins avancés de la planète. Les tentatives pour sauver l’économie birmane de 1987 vont plonger le pays dans une grave récession et ses habitants dans une grande misère. Il va en découler des manifestations qui vont être violemment brimées au point de déplorer plus de 10 000 morts durant toute la période des revendications pour l’avènement  de la démocratie libérale en 1988. Cette année voit également arriver sur la scène publique la fille du héros assassiné de l’indépendance, Aung San Suu Kyi qui va revêtir la prestance d’une femme d’état.  

1988 est également l’année de la troisième Constitution qui maintient les militaires au pouvoir en créant  le Conseil d’État pour la restauration de la loi et de l’ordre, et en renommant le pays « Myanmar ». La Ligue nationale pour la démocratie (NLD), à savoir l’opposition démocratique dirigée par Aung San Suu  Kyi, ne reconnaîtra jamais cette dénomination. En 1989, la leader de l’opposition est arrêtée et placée  pour la première fois en résidence surveillée. Elle n’en sera libérée qu’en 1995 suite aux pressions internationales. Ces dernières découlent du résultat des élections de 1990 où la Ligue reçoit 82% des voix.  La junte ne respecta pas les résultats et la Ligue forma un gouvernement en exil.

Remise du Prix Sakharov à Aung San Suu Kyi Strasbourg 22 octobre 2013

Quelque temps plus tard, elle reçut le prix Sakharov du Parlement de l’Union Européenne et Aung San Suu Kyi le prix Nobel de la paix. L’armée renforce son  pouvoir en 1997 et Aung San Suu Kyi est de nouveau assignée à résidence de 2000 à 2002. Les années qui suivent sont le théâtre de plusieurs affrontements entre les minorités ethniques du pays comme les Rohingyas, les Shans, les Karen, les Chins, les Kachins, les Mons et la majorité du peuple, les Birmans. La  situation fera l’objet d’une attention particulière de l’Union Européenne et des Etats-Unis qui vont mettre  en place des sanctions économiques et des embargos sur la vente d’armes. Le Conseil de Sécurité de  l’ONU se montrera plus réticent du fait des positions russes et chinoises laxistes sur la question.  

Suite à ces pressions, un référendum démocratique est mis en place en 2008 et la quatrième Constitution voit le jour. Cette dernière est taillée sur mesure pour empêcher Aung San Suu Kyi d’accéder à une position dirigeante et maintenir un pouvoir suffisant aux militaires pour tenir le pays. Ainsi, le civil prend le pouvoir mais le poste de premier ministre n’existe plus. Par ailleurs, ne sont pas éligibles les birmans ayant un  conjoint et/ou des enfants étrangers (Aung San Suu Kyi est mariée à un anglais et a eu des enfants de ce  mariage). De plus, les militaires s’arrogent 25% des sièges des deux chambres législatives ; empêchant  par-là la possibilité d’une modification de la Constitution ; un des deux postes de vice-président, et 3  ministères ; celui de l’armée, du contrôle des frontières et des affaires intérieurs. Ces postes échappent à  la décision civile et sont directement nommés par l’État-major du pays. En 2010, des élections sont  organisées par les militaires qui en excluent le parti de la Ligue nationale pour la démocratie. Le résultat  est sans appel avec une victoire du parti contrôlé par les militaires C’est cette année-là que Aung San Suu  Kyi sera libérée de ce qui devait être sa dernière assignation à résidence après plus de 15 années au total.  Les 5 années qui suivent sont contrastées entre un retour en grâce de la Birmanie sur la scène internationale, notamment sous l’égide de l’Union Européenne et de l’administration Obama aux Etats Unis, et d’un regain de violence entre les ethnies bouddhistes et musulmanes du pays. 

Les législatives de 2015 sont un tournant de l’histoire birmane moderne. Malgré la victoire de la Ligue lors de ces dernières, elle n’a pas réussi à obtenir le nombre de sièges suffisant à abolir les dispositions de la  Constitution de 2008 visant à empêcher les conjoints d’étrangers au poste de président et de limiter la  mainmise des militaires sur l’exécutif. Un poste de Conseiller d’Etat est tout de même créé et la Dame de  Rangoon devient chef du gouvernement de facto. C’est donc un proche de Aung San Suu Kyi qui devient président et le pouvoir est partagé entre démocrates et militaires. Cette coexistence va pousser Aung San Suu Kyi, alors conseillère d’état et ministre des affaires étrangères, à veiller à ne pas froisser l’armée quitte à la soutenir lors de la publication des exactions et des crimes contre l’humanité perpétrés à l’égard de la  minorité musulmane des Rohingyas. Dès lors, 2017 marque le début de l’image écornée de Aung San Suu  Kyisur la scène internationale. En 2020, les élections sont remportées à plus de 83,2% des voix par le parti  au pouvoir, la NLD. Dépassant ainsi le pourcentage nécessaire à une modification de la Constitution de  2008, ces résultats représentent un danger pour la junte militaire qui y voit un risque de diminution de  son pouvoir. Risque d’autant plus crédible qu’une disposition a été proposée par le Ligue visant à pousser vers la retraite les militaires de plus de 65 ans. Il s’agit de l’âge que devrait avoir le général Min Aung  Hlaing cet été. Voyant cette « démocratie sous contrôle » s’émanciper, se libéraliser, la junte militaire n’a pas hésité, en ce mois de février 2021, à utiliser ce procédé en passe de devenir un outil habituel de  pouvoir en Birmanie, le coup d’État. 

Des réactions fermes contre cette atteinte à la démocratie

Les Occidentaux ont longtemps marché sur des œufs quant à la question birmane, surtout depuis l’éclatement du dossier Rohingyas sur la scène internationale. S’il a bien entendu été aisé de condamner  le dernier coup d’État et les exactions liberticides qui en ont suivi, le soutien de la prix Nobel de la paix à  l’armée face aux minorités musulmanes de son pays a fait l’objet de sorties plus timides.  

 “I strongly condemn the coup in #Myanmar and call on the military to release all who have been unlawfully detained  in raids across the country. The outcome of the elections has to be respected and democratic process needs to be  restored”. Charles MichelPrésident du Conseil Européen (1er février 2021) 

Belgium is very worried about the situation in #Myanmar. We strongly condemn a coup d’état that aims to  undermine democracy, as well as the arrests of elected members such as Mrs Aung San Suu Kyi. We will consider  the follow-up to be given to these actions with our EU partners”. Sophie WilmèsMinistre des Affaires Etrangères  de Belgique (1er février 2021)

 

 

Sources (dont images):

http://www.info-birmanie.org/le-systeme-politique-birman/

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/fr%C3%A9quence-asie/20210206-retour-sur-le-coup-d-%C3%A9tat-en-birmanie-le-1er-f%C3%A9vrier-2021

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/01/en-birmanie-l-armee-s-empare-du-pouvoir-et-arrete-aung-san-suu-kyi_6068333_3210.html

https://www.lefigaro.fr/international/birmanie-comprendre-le-coup-d-etat-en-5-infographies-20210205

http://www.info-birmanie.org/chronologie-2/

https://www.leparisien.fr/international/birmanie-trois-nouveaux-morts-les-manifestations-reprennent-apres-une-nuit-de-violence-13-03-2021-RIS654BSLJGT3PU2LHOQNXEFYU.php

https://www.lalibre.be/international/asie/sophie-wilmes-et-charles-michel-condamnent-le-coup-d-etat-en-birmanie-6017b53f7b50a652f77011aa

https://www.lecho.be/economie-politique/international/asie/coup-d-etat-en-birmanie-les-birmans-se-sont-reveilles-sous-le-choc/10281263.html

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Charles_Michel_2019_(cropped).jpg

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sophie_Wilm%C3%A8s_(2020).jpg

https://www.flickr.com/photos/80497449@N04/7383912370

https://www.24heures.ch/birmanie-lenvoye-de-lonu-terrifie-par-la-situation-405189513515

https://www.ladepeche.fr/article/2008/05/24/455825-birmanie-referendum-constitutionnel-dans-la-zone-devastee-par-le-cyclone.html

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Remise_du_Prix_Sakharov_%C3%A0_Aung_San_Suu_Kyi_Strasbourg_22_octobre_2013-14.jpg

Elles aussi, elles chassaient !

Il y a 9000 ans au Pérou, les femmes aussi chassaient du gros gibier. La récente découverte des restes d’une jeune femme enterrée dans les Andes voilà près de 9000 ans contredit l’idée selon laquelle dans les sociétés de  chasseurs-cueilleurs, les chasseurs étaient de sexe masculin.

Souvent, dans les livres, les films, les écrits, les expositions, les sociétés préhistoriques sont  représentées de manière dichotomique : les hommes chassent et les femmes cueillent. Cependant, il semblerait que cela ne soit pas forcément le cas. Une récente étude menée par l’Université de Californie et publiée dans la revue Science Advances montre que les premières  femmes (au Pérou) étaient, elles-aussi, des grandes chasseuses. « Cette découverte remet en  cause toutes les théories de l’Homme-Chasseur », déclare Randy Haas, professeure  d’anthropologie et responsable de l’étude. « Dans les sociétés préhistoriques, on a souvent  divisé les rôles. Mais nous voyons bien que cette division, en fonction du sexe, n’est plus  réellement d’actualité », ajoute-t-elle.

À partir de cette découverte, d’autres recherches ont été effectuées afin de démontrer que ce cas n’était pas un fait isolé. Sur les 27 restes retrouvés, 12 étaient des femmes, chasseuses, et 15, des hommes. Ces nouvelles découvertes permettent d’établir une conclusion assez simple. Les femmes chassaient et leur contribution était loin d’être marginale, tant s’en faut. En effet,  d’après cette étude, entre 35% et 50% des « chasseurs » étaient en réalité des chasseuses.

Comme quoi, la disparité hommes-femmes ne date pas d’aujourd’hui mais depuis le début de  notre existence… ou presque…

Source (dont image): Article Ellas también cazabas, ABC, 9 de diciembre de 2020, Patricia Biosca, repris  dans la revue Vocable (n°822), traduit de l’espagnol par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

L’investiture américaine, encore une tradition chamboulée par Trump ?

Un peu d’histoire 

L’investiture américain est un événement important si pas essentiel dans la vie politique des Etats-Unis. C’est d’ailleurs une des rares occasions, en plus de l’Etat de l’Union, qui rassemble le Président, le Vice-Président, les deux chambres législatives (Sénat et Chambre des Représentants) ainsi que les juges de la Cour Suprême. 

Depuis la ratification du 20ème amendement de la Constitution des Etats-Unis le 6 février 1933, la date de l’investiture est fixée au 20 janvier suivant l’ « election day ». Il y a eu trois exceptions :  Dwight D. Eisenhower en 1957, Ronald Reagan en 1985 et Barack Obama en 2013. S’agissant pour ces 3 occasions de réélections, le protocole est moins strict que lors de l’investiture d’un nouveau Président.

Qui assiste à l’Investiture ? 

En plus de réunir les différentes composantes de l’Etat (Gouvernement, les deux chambres législatives, la Cour Suprême), sont aussi présents le jour de l’investiture les différents représentants des forces armées (le président américain est le commandant en chef des armées) ainsi que les anciens présidents et les premières dames. L’absence de Donald Trump et Melania à l’investiture de Joe Biden ne fut pas discrète même si elle était prévue. En effet, Trump n’a pas marqué son mandat avec un respect des traditions ou du protocole. Mais l’investiture américaine n’est pas seulement un moment politique, c’est l’attachement d’un ancien Président, d’une nation entière à un transfert paisible des pouvoirs, un attachement à la démocratie tout simplement. Il serait cependant naïf de croire que « the Donald » est le premier Président a laissé son orgueil prendre le pas sur la préservation de la démocratie. D’autres présidents comme John Adams (2ème Président), Andrew Johnson (17ème président) ou Woodrow Wilson (28ème Président) ont également boudé la cérémonie d’investiture de leur successeur. Le dernier en date fut Richard Nixon (37ème président) qui n’a pas assisté à la prestation de serment de Gerald Ford en 1974. L’impeachment ayant donné lieu à sa démission est peut-être une raison plus que valable pour que Nixon ne se soit pas éternisé à Washington.

L’investiture américaine transcende les idéologies politiques

Démocrates ou Républicains, conservateurs ou progressistes, tous mettent leur opinion politique de côté pour assister à ce qu’on appelle dans le jargon une « peaceful transition of power » (transition paisible des pouvoirs). Pourquoi une telle tradition ? Tout simplement parce que la fonction de président transcende les hommes qui l’occupent. En effet, les Américains peuvent ne pas être d’accord avec les idées d’un président ou d’un autre mais il y a un respect presque solennel de la fonction de Président et en cela de la démocratie américaine. Ce respect peut être retrouvé dans « l’allégeance au drapeau », un serment au drapeau des Etats-Unis et surtout un serment à ce qu’il représente.
Il n’est alors pas difficile de comprendre pourquoi les Présidents Obama, Clinton et Bush ont tenu non seulement à être présent lors de l’Investiture de Joe Robinet Biden (fallait le mettre en entier une fois) mais également pour être ces garants d’une paisible transition des pouvoirs puisque Trump n’était pas présent pour le faire. Il est également bon de rappeler que malgré les grandes divergences politiques entre Joe Biden et Mike Pence (Vice-Président de Donald Trump), ce dernier était lui présent lors de l’Inauguration. 

Pour finir cet article, il me semble judicieux de terminer par une histoire. Fait historique ou légende urbaine, je vous laisserai en décider mais nul doute que cela décrit admirablement l’esprit derrière ces différentes traditions que nous venons d’évoquer. Quand Benjamin Franklin quitta l’Independance Hall (Philadelphie) juste après la deuxième version de la Constitution des Etats-Unis, une femme l’approcha et lui demanda « quelle forme de gouvernement nous avez-vous légué Monsieur Franklin ? » et Benjamin Franklin répondit « une République Madame, si vous pouvez la garder ». 

Par Alexandre Servais, journaliste Piccolo et délégué Jeunes MR aux relations internationales.

Rencontre avec Valérie Glatigny, Ministre de l’enseignement supérieur

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Guillaume Chiarappa, journaliste Piccolo, a eu l’occasion d’interviewer Valérie Glatigny, Ministre de l’enseignement supérieur à la Communauté française, sur l’impact de la crise sanitaire sur les étudiants et leurs résultats aux examens.

Quelles sont les mesures pour aider les étudiants du supérieur durant cette crise Covid-19?

On a prévu un renfort financier pour les premières années. Le gouvernement a dégagé 6 millions d’euros pour soutenir des étudiants de première année par exemple pour engager des étudiants assistants qui pourront donner un coup de main à des étudiants en détresse.

La crise sanitaire a-t-elle affecté le taux de réussite et de participation des étudiants aux examens?

Alors ça c’est l’heureuse surprise, les résultats sont plus positifs qu’attendus. On s’attendait à une hécatombe au vu des retours sur la détresse des étudiants. Il ne faut certainement pas faire de triomphalisme, on n’est pas ici en train de dire que ça s’est bien passé mais on s’attendait à quelque chose de catastrophique. Il y a eu des problèmes par exemple avec les étudiants de Bac 1 dans certains établissements. Ils ont un petit peu moins réussi. Dans d’autres, ils ont mieux réussi mais globalement l’appréciation était plutôt positive avec un taux de présence aussi légèrement supérieur. Il y a quand-même une différence entre les examens à distance et les examens en présentiel. Les étudiants ont moins bien réussi les examens à distance que les examens en présentiel. C’est à nouveau une moyenne ou une appréciation générale plutôt positive et ce n’est en aucun cas le carton qu’on craignait. Ça veut dire que malgré la détresse psychologique, les étudiants ont réussi à rester connectés sur leurs apprentissages.

Comptez-vous organiser une campagne de communication à l’adresse des étudiants qui listeraient les lieux de soutien (notamment pour leur santé mentale)?  

Je suis contente que vous l’évoquez parce qu’on a vu de manière répétée les établissements pour leur indiquer de relayer les différentes aides. J’ai également vu la FEF et les conseils étudiants. On leur a indiqué où les étudiants peuvent trouver des informations sur toutes les aides qui existent y compris les aides psychologiques. 

Ils peuvent se rendre sur le site de leur établissement. Il y a toutes les informations sur les aides que les étudiants peuvent trouver. Par exemple, si un étudiant veut un soutien psychologique, il peut se tourner vers son établissement, il y a des services sociaux qui peuvent l’aider et le diriger vers un service d’aide psychologique ou rembourser la consultation chez le psychologue… Donc tout ça existe déjà, il faut juste le faire savoir aux étudiants car, ce que je remarque, c’est que souvent les étudiants ne reçoivent pas l’information. C’est passer à l’action qui est problématique. Ils pensent sûrement que c’est stigmatisant d’aller demander de l’aide, c’est juste normal dans les circonstances actuelles. Je pense qu’il faut encourager les étudiants à  se tourner vers leurs établissements pour demander de l’aide. Il ne faut surtout pas rester avec un problème d’ordre financier ou d’ordre psychologique. Je pense qu’il faut vraiment pousser la porte de son établissement, envoyer un e-mail ou contacter par téléphone le service social. Surtout si cette aide permet d’éviter que les étudiants interrompent leur année. Peu importe la difficulté, de l’aide existe. Par exemple: un problème pour payer le loyer d’un kot, pour manger, pour rembourser une consultation psychologique, pour payer une connexion Wi-Fi, etc…

Quelles leçons tirez-vous de cette presque première année de digitalisation massive des cours en supérieur?

Y a-t-il des bonnes pratiques à garder?

Oui, nous avons d’ailleurs demandé une étude sur ce sujet  à l’ULB pour pouvoir étudier toutes les bonnes pratiques. Celle-ci est attendue pour le mois de juin ou de juillet. C’est évident que ce n’est pas chouette ce qui nous arrive mais je suis sûr qu’il y a des leçons à tirer notamment de ce basculement brutal vers l’enseignement à distance, qui s’est rapidement mis en place. Certes, il y a eu beaucoup d’inquiétudes parce que lors des examens à distance, des bugs sont apparus, comme ce fut le cas l’année dernière. Cette année aussi d’ailleurs, il y a eu quelques bugs les premiers jours d’examens parce que les systèmes informatiques n’étaient pas préparés à être sollicités par autant de personnes. Le même jour, nous avons tiré les leçons de ces problèmes notamment en organisant des tests à blanc, en mettant en place des classes inversées. De plus, il y a eu beaucoup de professeurs qui n’avaient jamais utilisé le principe de la visioconférence avant la pandémie

Quelles sont les améliorations à apporter?

Il doit aussi y avoir une évaluation par les établissements pour voir ce qui a fonctionné ou non. Pour le moment, nous ne sommes pas encore dans  la phase de réflexion sur le sujet car il est encore trop tôt. Notre principal combat pour le moment, c’est de vous diplômer de la meilleure manière possible et surtout un maximum d’étudiants.

Comment avez-vous perçu les appels à l’aide des étudiants ?

Comme des crèves cœurs…  C’est vraiment très difficile, je suis ministre de l’enseignement supérieur depuis septembre 2019 et nous avons eu de septembre à mars pour essayer de déployer davantage l’enseignement supérieur.  On a rêvé de mettre en œuvre des réformes et puis en mars, on nous dit qu’il faut fermer tout pour des impératifs sanitaires. Oui, c’est un crève-cœur, quelque chose de pas naturel, de contre nature. Devoir empêcher les activités d’apprentissage ou les limiter et puis trouver une solution pour qu’elles aient lieu quand même malgré tout, c’est une situation inédite. Je pense que mes collègues sont d’accord avec moi. Je suis convaincue qu’aucun ministre de l’Enseignement  ne rêve de fermer une école.

Je lis tous les jours dans la presse que la jeunesse est sacrifiée. Si, en effet, il faut donner plus d’oxygène à cette jeunesse, peut-être faut-il que les adultes restreignent leurs activités. Je pense aussi qu’il faut qu’on respecte mieux les règles sur le télétravail. Je vois les étudiants qui ne peuvent toujours pas reprendre le chemin des auditoires. De plus, je pense que cette logique sanitaire commence à atteindre ses limites et qu’il faut maintenant entrer dans une logique de bien-être psychologique.

Etats-Unis: moments historiques à l’occasion du 55ème Super Bowl qui a opposé l’équipe des Buccanneers de Tampa (Floride) à l’équipe des Chiefs de Kansas City (Missouri)

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Outre-Atlantique, ce début d’année a été rythmé par le fameux championnat du Super Bowl qui rassemble chaque année pas moins de 160 millions de spectateurs à travers le monde. Petite particularité à noter pour cette année 2021, il n’y avait que 25 000 personnes présentes dans le stade lors de la finale (contre 65 000 habituellement), dont 7 500 travailleurs de la santé, tous vaccinés contre le COVID-19. Le reste des places disponibles étaient occupées par des silhouettes en carton.

Il s’agit de la compétition sportive la plus suivie et la plus médiatisée aux Etats-Unis. Les plus grandes marques s’arrachent les espaces publicitaires disponibles, les artistes du pays profitent de l’évènement pour faire leur promotion, cette année The Weeknd a assuré le spectacle de la mi-temps en partenariat avec Pepsi. C’est également l’occasion pour les joueurs professionnels de briller, la plupart des sportifs de NFL (National Football League) ne connaîtront qu’une, voire deux occasions de jouer lors d’une compétition de Super Bowl.

Le quarterback Tom Brady en 2021 (Source: Wikipédia)

Notons pour cette saison quelques chiffres records :

    • 7 : c’est le nombre de Super Bowls remportés par Tom Brady, quaterback, faisant de lui le joueur le plus titré de l’histoire de la National Football League ;
    • 21 : c’est le nombre d’années que comptabilise Tom Brady dans sa carrière professionnelle. Ce chiffre est un chiffre record puisqu’il faut savoir que la plupart des joueurs professionnels restent plus ou moins trois ans et demi en carrière « pro » dans cette discipline ;
    • 43 : c’est l’âge de Tom Brady, désigné plus vieux joueur « pro » de NFL ;
    • 2 : c’est le nombre de Super Bowl gagnés par l’équipe des Buccanneers (Floride) à noter que c’est la première fois de l’Histoire de la compétition qu’une équipe gagne à domicile ;
    • 5,5 millions : c’est le prix (en dollars) que coûtent 30 secondes de diffusion d’une publicité ;
    • 1 milliard : c’est le prix (en dollars) que paye la chaîne de télévision américaine CBS pour acheter les droits de diffusion du Super Bowl ;
    • 35 000 : c’est le nombre de tests PCR distribués au personnel et aux fournisseurs du stade Raymond James Stadium de Tampa dans l’Etat de Floride, où s’est tenue la finale ;
    • 385% : c’est le nombre d’augmentation des ventes des albums de l’artiste The Weeknd dès le lendemain de sa prestation à la mi-temps du Super Bowl, l’artiste a  d’ailleurs investi 7 millions de dollars dans ce show époustouflant.

Par Julie Labeille, journaliste Piccolo

Aux Pays-Bas, des émeutes contre un confinement inévitable

Des violences ont eu lieu dans la nuit du lundi 25 janvier au mardi 26 dans différentes villes aux Pays-Bas. Pour le pays qui compte plus de 5000 cas de Covid-19 par jour, c’était la deuxième soirée où la violence était présente dans les rues. Les raisons de ces troubles: de nouvelles restrictions nationales pour lutter contre le Covid-19, comme par exemple le couvre-feu qui commence à 21h et se finit à 4h30 du matin. 

De nombreux affrontements ont eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre. La police avait déjà arrêté plus de 200 personnes le dimanche 24 janvier. Pourquoi tant de violence ? Aux Pays-Bas, toutes ces restrictions, notamment le couvre-feu, remontent à la deuxième guerre mondiale. Cela a donc motivé les manifestants à descendre dans les rues pour exprimer leur mécontentement. D’autres manifestants dans  plusieurs autres pays d’Europe comme la France et l’Espagne ont commencé aussi à exprimer leur saturation vis-à-vis du manque de liberté. Alors que l’Europe essaie de résister aux différents variants en resserrant la visse, serait-ce devenu trop dur pour certaines personnes ?

Par Arthur Martin, journaliste Piccolo

Sources (dont image):

https://www.ladepeche.fr/2021/01/27/covid-19-pays-bas-espagne-liban-les-emeutes-contre-les-restrictions-se-multiplient-9336635.php

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_coronavirus-aux-pays-bas-deuxieme-nuit-d-emeutes-apres-l-imposition-d-un-couvre-feu?id=10682536

La démocratie américaine… menacée ?

Le mercredi 6 janvier 2020, le Capitole, fief du pouvoir législatif américain, a été pris d’assaut par des Trumpistes déçus et exacerbés.

Supporters of US President Donald Trump gather outside the US Capitol’s Rotunda on January 6, 2021, in Washington, DC. – Demonstrators breeched security and entered the Capitol as Congress debated the a 2020 presidential election Electoral Vote Certification. (Photo by Olivier DOULIERY / AFP)

En effet, le Congrès des États-Unis a suspendu en urgence une session destinée à certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle après l’irruption de milliers de manifestants pro-Trump dans le Capitole : les deux chambres, Sénat et Chambre des représentants, ainsi que dans la rotonde du Capitole, où du gaz lacrymogène a été utilisé.Des agents de la police du Capitole ont dégainé leurs armes, rapporte l’élu démocrate Dan Kildee qui dénonce une « attaque contre l’Amérique ». Donald Trump, qui avait appelé un peu plus tôt ses sympathisants à se diriger vers le Congrès pour faire pression sur les élus républicains afin qu’ils s’opposent à cette certification, les a depuis appelés à éviter toute violence. « Soutenez la police du Capitole et les forces de l’ordre. Ils sont du côté de notre pays. Restez pacifiques !», a-t-il tweeté. La maire de Washington a depuis ordonné un couvre-feu à 18h00 (23h00 GMT) dans la capitale fédérale, qui doit durer jusqu’au lendemain, jeudi 7 janvier 06h00 (11h00 GMT). Une manifestante enceinte, touchée par balle à la poitrine, est décédée lors des altercations, affirment plusieurs médias américains NBC, CNN, etc.

Depuis sa lourde défaite de novembre dernier, le magnat de l’immobilier ne cesse de commettre des impairs ; tantôt des appels téléphoniques compromettants, tantôt des tweets déplacés… La démocratie américaine serait-elle en déclin ?

 

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo

Sources:

https://www.lci.fr/international/chaos-au-capitole-scenes-choquantes-atteinte-grave-contre-la-democratie-des-reactions-indignees-a-travers-le-monde-2174808.html

https://www.levif.be/actualite/international/violents-incidents-a-washington-le-capitole-envahi-par-des-manifestants-partisans-de-trump/article-normal-1377023.html?cookie_check=1609974637

https://www.franceinter.fr/monde/photos-les-inimaginables-images-de-la-prise-du-capitole-par-les-manifestants-pro-trump

https://www.lesoir.be/347464/article/2021-01-06/trump-appelle-ses-partisans-rentrer-chez-eux-direct

https://www.lesoir.be/347482/article/2021-01-07/couvre-feu-instaure-garde-nationale-mobilisee-le-capitole-et-washington

 

News en Bref… Dans le monde: Comme si de rien n’était

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo

Le sommet du G20 (19 pays et l’UE) a eu lieu, ce week-end du 21/11, à Riyad (Arabie Saoudite). Certes, les principaux chefs d’États de ce cénacle réunissant les plus grands pays (90 % du produit mondial brut) dans le but de promouvoir le dialogue entre pays industrialisés et pays émergents ne se rencontreront pas dans la capitale saoudienne, Covid-19 oblige, ils se contenteront de visioconférences. D’aucuns sauteront comme des carpes car ils évitent la traditionnelle photo « de famille » avec, notamment Mohamed Ben Salmane, surnommé MBS. Ouf !

En effet, toutes les organisations internationales, compétentes en matière des droits humains, s’accordent à dire que MBS ne respecte rien. Ce dernier déploie, sans aucun doute, moult efforts pour moderniser son pays (Vision30, p.ex.), mais rien n’y fait, la chape de plomb imposée sur les droits individuels continue d’asphyxier le peuple saoudien. Nous nous souvenons toutes et tous de l’affaire Khashoggi, assassiné le 2 octobre 2018. Les femmes sont également les victimes principales de ces injustices. Certes, MBS veut développer son pays et le moderniser – il a notamment accordé le droit de conduire aux Saoudiennes – mais le phallocrate reste toujours très autoritaire. Mécontentes ? Une réponse : prison.

Malgré toutes les pressions de la communauté internationale, le sommet aura bien lieu. Rien n’y fait ! MBS a encore gagné…

Sources:

https://vision2030.gov.sa/

https://plus.lesoir.be/338975/article/2020-11-20/le-g20-riyad-le-sommet-de-la-honte

https://www.amnesty.fr/pays/arabie-saoudite

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_une-petition-pour-les-droits-humains-transmise-a-l-ambassade-d-arabie-saoudite-en-belgique?id=10635484

 

News en bref…. Dans le monde: L’Australie renaît grâce à la technologie

Par Arthur Martin, journaliste Piccolo

En Australie, la saison 2019-2020 fut l’une des plus dévastatrices à cause des nombreux incendies de brousse. Des chercheures de l’université de Sydney avancent plusieurs chiffres: plus de 10 millions d’hectares de végétations sont partis en fumée. De plus, les animaux n’ont malheureusement pas été épargnés par cette catastrophe vu qu’1,25 millions d’entre eux ont perdu la vie.

Suite à ce désastre écologique, l’association WWF a décidé de réparer les dégâts causés par les feux grâce à la technologie. En effet, leurs drones seront capable de planter jusqu’à 40 000 graines par jour. Ce qui permettra, à terme, de restaurer la nature car le but est aussi de faire revenir les animaux dans leurs milieux naturels, dont les koalas. 

Cependant, les changements sur la faune et la flore ne seront pas encore visible avant un petit temps. Cette expérience a pour but, à terme, de doubler la population de koalas sur la côte Est.

Sources et photos

https://www.7sur7.be/ecologie/des-drones-pour-restaurer-l-habitat-des-koalas-apres-les-incendies-en-australie~a37bf972/

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/incendie-mega-incendies-australie-ont-tue-pres-3-milliards-animaux-79023/