L’aventure Miss Belgique, on en parle ?

Notre équipe est allée à la rencontre d’une candidate au concours de Miss Belgique 2022, Wendy Fimiani.  Victor Hugo disait : « Aucune grâce extérieure n’est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l’âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps ». Nous ne pouvons que validé ses dires. Le concours Miss Belgique est tant critiqué pour sans manque d’authenticité, pour un résultat connu d’avance, pour des colossales quantités d’argent dépensées ; on s’interroge.

 

Wendy, merci d’avoir accepté notre invitation. J’attaque directement dans avec une question brûlante, ta présentation lors du show final, pourquoi avoir choisi « elle aime les lasagnes et les tiramisus » ?

 

Merci Gauthier pour cette interview. Pour être tout à fait honnête, je ne regrette pas mon aventure car Miss Belgique est une vraie école de vie qui t’inculque des choses qu’on n’apprend pas à l’école. Mais j’avoue que je n’ai pas apprécié cette description. Je suis plus que ça ! En plus, avec ce genre de propos, toute une communauté peut être blessée. Ça été le cas. Tu tiens de tels propos envers une autre communauté, tu as une plainte déposée pour racisme. On m’a réduite à deux clichés ! Je suis évidemment fière d’être italienne et jamais je ne renierai mes origines mais me décrire comme une personne aimant les lasagnes et les tiramisus, c’est dégradant. Ma grand-mère de 90 ans – ainsi que d’autres membres de ma famille, parfaitement intégrés – était là et tous ont été choqués.

 

Quand tu dis que le concours enseigne des choses qu’on n’apprend pas à l’école, tu veux dire quoi ? 

 

Miss Belgique c’est un tout, c’est une école de vie. On apprend à vivre en communauté, on apprend à vivre avec une pression permanente, on se découvre, on apprend à avoir confiance en soi ; choses qu’on apprend rarement à l’école. Pour moi, l’enseignement en Belgique n’est pas assez poussé. On ne promeut pas assez le bilinguisme ou le trilinguisme alors que notre pays est un réel laboratoire linguistique. On t’apprend des choses inutiles, enfin pour moi ! Chaque matin, je me demande à quoi va me servir le théorème de Pythagore. Je ne sais toujours pas ! [Rires].

Quelles sont les caractéristiques pour participer au concours ?

 

Il faut savoir que contrairement à la France, il n’y a pas restriction de taille. Nous devons juste être sans enfant et très flexible. En même temps, vu la cadence, nous n’avons pas trop le choix. Je pense, personnellement que je ne rentrais pas à 100% dans le moule ! Tu sais, je dis ce que je pense et je ne suis pas quelqu’un qui me laisser faire et je pense que ça peut ennuyer à l’heure actuelle.

 

Et tu penses que si tu n’as pas été retenue, c’est simplement parce que tu es plus « intellectuelle » que les autres ?

 

Avec toute la modestie qui me sied, je n’oserai pas avancer une telle chose mais j’avoue que j’ai fait de la musique, je suis allée à l’Académie et j’ai fait du solfège, je chante, je parle plusieurs langues, j’ai un bachelier en poche… donc bon… Malgré tout, je reste une personne modeste, terre à terre, et respectueuse de toutes les personnes et de leur parcours.

 

Quelle était ta relation avec les autres candidates ?

 

Très bonne. Comme toujours, on a plus d’affinités avec certaines et moins avec d’autres. Je suis encore en contact régulièrement avec Shana, Galéia, Sabrina ou encore Arlette.

 

Alors, cette fameuse histoire de d’entreprise de tiramisu, tu nous en parles ?

 

Ahaha. On m’a contacté le 1er avril pour savoir si je voulais faire croire que je m’étais lancée dans un nouveau projet à savoir la création de ma propre marque de tiramisu. Le piège a marché du tonnerre à un tel point que j’ai reçu mes premières commandes de tiramisu sans rien demander. Mais j’ai une vraie autre idée derrière la tête mais chute… c’est une surprise !

La vie d’artiste !

La réforme du statut d’artiste est arrivée. Il s’agit de la plus grande réforme en matière artistique depuis ces 20 dernières années. Après un combat sans relâche mené par Georges-Louis Bouchez (Président du MR), Pierre-Yves Jeholet (Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles), David Clarinval (Ministre des classes moyennes et des Indépendants) et Charles Gardier (député communautaire), le statut d’artiste 2.0 a vu le jour. L’actuelle procédure pour accéder à ce statut était longue, fastidieuse et d’une complexité kafkaïenne. Voici ce qui change ! 

La procédure est simplifiée. Il est désormais possible de soumettre son dossier, déclarer ses prestations et recevoir des informations via la plateforme numérique: Working in the arts. Fini les files interminables dans les administrations.

person playing guitar

Le statut est plus accessible et plus reconnaissant. Dans l’ancienne réforme, les techniciens du secteur artistique n’étaient pas reconnus. Grâce à cette réforme, ces derniers auront dès à présent accès au même régime de protection sociale élargie que les artistes. Par ailleurs, ils bénéficient également des mêmes dispositifs spécifiques que les artistes.

Le statut d’artiste récompense plus le travail. Le nouveau statut assure un revenu de base qui récompense le travail des artistes. Si un artiste bénéficie d’un statut dérogatoire au chômage, ce n’est pas parce qu’il est “artiste” mais parce qu’il “fait” des prestations artistiques. Il est donc désormais possible de cumuler l’allocation des arts avec une activité d’indépendant complémentaire tant que cela n’excède pas 9628 euros par an.

Bref, la nouvelle réforme c’est: 

– Une simplification;

– une plus grande accessibilité;

– une réforme plus résponsabilisante; 

– meilleure récompense du travail. 

graffiti wall alley during daytime

Que du foot? Vraiment?

white and gray Adidas soccerball on lawn grass

Socrates, le footballeur brésilien (rien à voir avec son homonyme grec) est un prodige du ballon rond qui, au début des années 80, fait beaucoup de bruit. D’une part, par son talent, car malgré son style atypique, le brésilien est un régal pour les yeux lorsqu’il joue, mais également pour son engagement politique profond. Le joueur aura toujours eu de nobles ambitions et c’est pour cela qu’avant de finalement décider de faire carrière dans le sport, il décrocha un diplôme de médecine, qui lui vaudra plus tard son surnom : « le docteur ».

A cette époque, le Brésil est en proie à une dictature militaire (1964-1985) et le football est extrêmement corrompu par le gouvernement. Cependant, en 1980, un nouveau président, progressiste, prend en charge le mythique club de São Paulo : les Corinthians. Socrates, qui ne supporte plus les mises au vert interminables, en profitera pour mettre en place une expérience absolument révolutionnaire : à présent, les gains seront répartis de manière plus équitable et toutes les décisions prises seront soumises à un vote au sein des joueurs. Une mini démocratie vient de naître dans le football brésilien, la démocratie corinthienne.

Cette expérience est couronnée de succès. Sur le plan sportif, les Corinthians remporteront deux championnats et cette équipe spectaculaire déchainera les foules. Sur le plan politique, la dictature ne peut rien faire pour s’opposer aux messages politiques des joueurs, lesquels inscrivent d’ailleurs ostensiblement le mot « démocratie » sur leurs maillots. En effet, l’objectif du club ne se limite pas qu’au football : il veut prouver les bienfaits de la démocratie à tout le pays. Véritable religion au Brésil, ce sport et sa gigantesque popularité offrent une médiatisation colossale au projet. Socrates, quant à lui ne manque pas de fêter chacun de ses buts en se tenant droit, et en brandissant le poing, défendant avec véhémence son idéal de démocratie. D’ailleurs, lors d’élections finalement tenues en 1982, les Corinthians ne manquent pas le coche, et rajoutent sur le maillot porté lors de la finale du championnat, « votez le 15 ». L’année suivante, ils profiteront d’une nouvelle finale pour brandir à la fin du match une banderole devenue légendaire : « Gagner ou perdre, mais toujours en démocratie. »

Bien que petit à petit, le battage médiatique autour de l’équipe commence à diminuer, Socrates ne lâche pas l’affaire et continue à mêler sport et idéologie. Il rejoint un mouvement politique réclamant une élection présidentielle au suffrage universel et alors qu’un pont d’or lui tend les bras en Europe au club de la Fiorentina, il déclare lors d’une manifestation devant une foule en délire que s’ils réussissent à mettre suffisamment de pression sur le président, il restera au pays. Malgré tout, le miracle n’aura pas lieu, et il rejoindra finalement Florence, où ses performances footballistiques décevront.

Rattrapé par ses problèmes avec l’alcool, il décèdera en 2011 mais aura eu le temps de voir son pays se libérer de la dictature militaire. Véritable icône de la résistance brésilienne, le joueur et son équipe auront touché tout le monde au Brésil, de l’amateur de football aux intellectuels du pays. Nul doute que sa popularité aura contribué à l’éveil des consciences dans une situation critique.

Président brésilien entre 2003 et 2011, Lula déclarera : « La démocratie Corinthiane a apporté le message du changement et de la démocratie à un nombre incalculable de personnes. Les Corinthians sont l’une des plus grandes équipes du pays, et le fait de voir des joueurs de football mettre en pratique les idéaux démocratiques a mis en lumière l’importance de notre lutte. »

Alcoolique, fumeur, docteur mais aussi footballeur au professionnalisme discutable et dont la quête inébranlable de liberté lui fera parfois défaut, Socrates a marqué des buts certes, mais a aussi marqué son pays de son empreinte. Les mauvaises langues estimeront qu’avant d’être un démocrate convaincu, il militait avant tout pour sa propre liberté.

Bien sûr, il serait malhonnête de prétendre que le Brésil doit l’avènement de sa démocratie uniquement à Socrates. Néanmoins, le joueur brésilien aura à tout jamais démontré une chose : la portée du football va bien au-delà du cliché le réduisant à quelques personnes courant simplement derrière un ballon.

Sources: 

https://www.rts.ch/sport/football/11329320-socrates-et-democratie-corinthiane-la-renaissance-dun-football-plus-juste.html#chap03

Documentaire “Democracy in Black and White”, 2014

Ranc, D. & Sonntag, A. (2013). La « démocratie corinthiane », un exemple d’organisation créative dans le football au temps de la dictature brésilienne. Humanisme et Entreprise, 313, 3-18. https://doi.org/10.3917/hume.313.0003

 

Puff, c’est pff…

man smoking portrait photo
woman smoking

La puff, ou la cigarette jetable pour les non-initiés, est actuellement très tendance chez les jeunes de 14 à 24 ans mais d’où vient ce succès ?

Elles sont jolies, sympas, goûtent le fruit ou le bonbon mais elles peuvent être dangereuses. D’ailleurs, certains experts de la santé craignent de voir augmenter le nombre de jeunes dépendants à la nicotine. Plébiscitée sur le réseau social TikTok, il n’aura fallu que quelques mois à la Puff pour séduire un grand nombre d’adolescents et jeunes adultes en France et aux États-Unis. Cependant, la Belgique n’est pas épargnée. Il faut dire qu’avec sa petite taille et son prix abordable (environ huit euros), la cigarette électronique Puff semble avoir tout pour plaire.

Ça fonctionne comment ? On peut prendre entre 250 et 800 bouffées, puis s’en débarrasser. La Puff contient cependant une batterie en lithium qui, une fois jetée à la poubelle, pollue énormément. Certains refusent de la vendre pour cette raison écologique, comme Elliot, vendeur de cigarettes électroniques, que nous avons rencontré à ce propos. « Ce n’est vraiment pas terrible pour l’environnement. Le contenant n’est pas recyclé car il contient de la nicotine. Beaucoup de gens les jettent à la poubelle », constate-t-il.

Elliot reçoit jusqu’à six appels par jour de personnes souhaitant acheter une « puff ». Ce n’est pas le seul, car Nicolas Tobback, vendeur de cigarettes électroniques, constate aussi une forte demande. « On ne la remplit pas, ça se consomme comme une cigarette qu’on jette une fois finie », explique le jeune vendeur. « 60 % de la demande concerne des jeunes, qui se tournent vers un marché noir sur internet ou les réseaux sociaux ». Beaucoup de magasins de cigarette électronique ne proposent pas de « puff », car la plupart des demandeurs ne peuvent pas légalement en acheter. Nous avons également rencontré Déborah, 20 ans, qui s’est récemment tournée vers cette cigarette. « Je connais énormément de gens qui ne fumaient pas du tout avant la “puff”. Moi je fume depuis 5 ans. La “puff”, je l’utilise surtout quand je suis dans un lieu où je ne veux pas déranger les gens avec l’odeur », « C’est un effet de mode, mais pour 8€ et jetable, on ne s’en plaint pas ».

Adrien Meunier, infirmier tabacologue au Centre hospitalier régional de la Citadelle de Liège, est spécialisé dans le sevrage de la cigarette électronique. Il a déclaré : « La cigarette électronique a du sens chez les adultes dépendants à la nicotine ». « Le but est de l’utiliser dans la durée la plus courte possible pour arrêter complètement la cigarette ». Le problème, c’est que la « puff » vise en priorité les jeunes, souvent sans dépendance à la nicotine. « Si elle n’a pas de nicotine, c’est moins problématique, même s’il existe un risque de dépendance au geste. Mais si elle en contient et cible des jeunes non-dépendants, alors ça devient un peu criminel ». Le tabacologue rappelle qu’exposer un cerveau à la nicotine est d’autant plus néfaste et addictif s’il est en développement. Le risque de voir un jeune consommateur de « puff » se tourner vers le tabac s’en retrouve accru. 

 

Sources:

https://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/lutte-contre-le-tabagisme/le-succes-de-la-puff-chez-les-ados-inquiete-ils-s-intoxiquent-petit-a-petit-et-deviennent-dependants-a-la-nicotine_4976895.html

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sante-du-quotidien/2783059-la-cigarette-puff-c-est-quoi-danger-nicotine/

https://www.lesoir.be/421132/article/2022-01-30/la-puff-cette-cigarette-electronique-jetable-qui-fait-un-tabac-chez-les-jeunes

https://www.letelegramme.fr/soir/c-est-quoi-la-puff-cette-nouvelle-e-cigarette-qui-fait-un-tabac-chez-les-jeunes-19-01-2022-12907466.php

 

woman in black shirt vaping

Un parlement jeunesse ?

Récemment, la  25e édition du Parlement Jeunesse a eu lieu. Cet événement a rassemblé 120 jeunes au sein du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le Parlement Jeunesse réunit chaque année, depuis 25 ans, des jeunes âgés de 17 à 26 ans. Ceux-ci proviennent de tous les horizons et sont issus de toutes les classes sociales. Ces jeunes prennent part à une simulation parlementaire en tant que député d’un pays fictif : la Péjigonie. Pendant une semaine, des débats sont organisés à propos de projets de décrets fictifs proposés par des membres du Parlement Jeunesse. Ces membres jouent le rôle de ministres. À l’occasion de cette édition, nous avons pu interroger la présidente du Parlement Jeunesse, Delara Pouya. Nous la remercions d’avoir accepté de répondre à nos questions.


 

 Pourriez-vous vous présenter ?

 

Je m’appelle Delara Pouya, je suis présidente du Parlement Jeunesse depuis 2 ans. Accessoirement, je travaille avec Nathalie Gilson à la chambre des représentants. Je suis aussi étudiante et je fais un deuxième master en science politique.


 

Quel est le but du Parlement Jeunesse ?

 

Le but est d’éduquer et d’initier les jeunes à la citoyenneté et à la démocratie. La stratégie du Parlement Jeunesse, pour atteindre cet objectif, est d’organiser une fois par an, pendant une semaine, une simulation parlementaire au sein du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À cette occasion, 120 jeunes se réunissent dont 80 qui prendront une place de député. Ils débattront et voteront des décrets. Depuis 5 ans, nous avons mis en place un « pôle presse » pour reproduire l’écosystème démocratique. En plus des députés, une dizaine de jeunes tient le rôle de journaliste. Tous les jours, ils réalisent un journal.



Votre rôle en tant que présidente ?

 

Je suis la présidente de l’ASBL (conseil d’administration). La présidence est assurée par un membre du conseil d’administration. Traditionnellement, c’est le/la président(e) du conseil qui prend le rôle de président(e) de l’assemblée. De ce fait, je suis la présidente du parlement.

Mon rôle est de répartir le temps de parole, de surveiller les débats et voir si le règlement est respecté.



Quelle expérience cela vous a-t-il apporté ?

 

Au-delà de l’aspect connaissance sur le fonctionnement parlementaire, c’est la difficulté d’être parlementaire. Ça apporte une certaine empathie par rapport au système parlementaire. J’ai beaucoup appris sur l’argumentation, la prise de parole en public et le travail d’équipe (en tant que présidente). Surtout, les rencontres.



Pensez-vous que nous pourrions faire plus d’efforts pour intéresser et sensibiliser les jeunes à la politique ?

 

La promotion des ASBL comme la nôtre est toujours bien. La participation des jeunes en politique est un débat depuis ces dernières années mais je ne pense pas que les jeunes soient désintéressés par la politique. Statistiquement, on voit une augmentation dans les inscriptions pour le Parlement Jeunesse. Pourtant, on remarque aussi que la plupart des participants sont des étudiants. Je pense qu’il faudrait faire plus d’efforts pour les jeunes issus de milieux défavorisés. 



Vous êtes une militante féministe et rédactrice chez « les impactantes » (un média qui lutte contre les stéréotypes chez les femmes), que pourriez-vous dire des jeunes femmes en politique ? Sont-elles suffisamment présentes et représentées, devrions-nous faire plus d’efforts ?

 

Avec l’expérience que j’ai eu au Parlement Jeunesse, j’ai remarqué que ce sont les femmes qui prennent plus souvent la parole et qui sont plus à l’aise. Quand une d’entre-elle prend la parole, ça motive les autres. C’est un bon indicateur. D’ailleurs, au niveau des inscriptions au Parlement Jeunesse, il y a pratiquement une parité 50-50 hommes et femmes. Je pense que les jeunes femmes ont besoin de modèles en politique, comme Sophie Wilmès. Mais le problème, c’est de pouvoir s’imposer.

 


Une dernière chose ?

 

Cette année, au Parlement Jeunesse, on avait des projets de décrets clivants comme sur l’euthanasie ou le sujet du colonialisme dans la scolarité. On pensait que cela serait compliqué mais tout s’est bien passé. J’ai compris que si on encadrait correctement le débat de société et qu’on donne tous les éléments de compréhension, la jeunesse sait s’accorder sur certaines positions. Ce qui est très enrichissant.



 

Sources :

 

https://www.parlementjeunesse.be/simulation-parlementaire/

 

https://www.parlementjeunesse.be/wp-content/uploads/2019/05/Information-du-partenaire-2019-2.pdf

 

https://www.parlementjeunesse.be

 

Le travail, c’est la santé ?

Par Simon Liégeois 

person walking holding brown leather bag

Ce dimanche 13 mars, en matinée, se déroulait un séminaire organisé par le Mouvement Réformateur au sein de l’IHECS, l’institut spécialisé en communication à Bruxelles. Pendant plusieurs heures, différents intervenants se sont exprimés autour d’une thématique qui nous concerne toutes et tous, et encore plus à l’heure actuelle, dans une période de transition telle que celle que nous connaissons : le travail !

 

Après le mot d’introduction du président, Georges-Louis Bouchez, nous avons pu, durant cette matinée, écouter les réflexions des intervenants présents :

        Denis Pennel, essayiste et directeur général de la World Employment Confederation

        Nicolas Bouzou, essayiste, éditorialiste et directeur d’études à l’Université Paris II Assas

        Rudy Aernoult, essayiste, professeur d’économie aux Universités de Gand et Nancy et Chief Economist à la Commission Européenne.

        Laurent Taskin, professeur en Management et Transformation du travail à l’Université Catholique de Louvain.

        Philippe Val, journaliste, essayiste, ex-directeur de France-Inter et ex-rédacteur en chef de Charlie-Hebdo

     Isabelle Choquet, professeure à l’ICHEC, Saint-Louis et à la Haute École Francisco Ferrer. Spécialisée dans l’adaptation des PME aux nouvelles technologies.

 

Dans un premier temps, revenons sur ce qui a poussé le MR à organiser ce séminaire. En tant que jeunes à l’heure actuelle, nous traversons une vraie période de transition au sein de notre société. Les nouvelles technologies sont quasiment omniprésentes et influencent de plus en plus le monde de l’emploi. D’un point de vue plus sociétal, les mentalités, comprenant le rapport entre l’employeur et le salarié ont changé. Enfin, l’augmentation du niveau de vie et la floraison de nouveaux statuts dans le monde du travail suscitent davantage un besoin de flexibilité et une meilleure conciliation entre la vie au travail et la vie à la maison. Politiquement parlant, de l’eau à également coulé sous les ponts et l’impression d’une gauche ayant renoncé à la valeur travail au profit des minorités et combats que nombreux qualifient de « wokistes », se fait ressentir.

 

La gauche aurait-elle abandonné la valeur du travail ?

 

Philippe Val s’est par ailleurs exprimé en la matière. Selon lui, l’origine des citoyens est devenue une sorte d’instrumentalisation de la gauche, bafouant les lettres de noblesse du travail. Celui-ci reproche à la gauche de traiter les individus comme des victimes en utilisant un prétexte communautaire.

Ces derniers temps, on reproche beaucoup à la gauche une politique communautariste consistant à « victimiser » les gens en utilisant le prétexte de la communauté à laquelle ils appartiennent, et qui nécessiterait certaines accommodations, en particulier sur le monde du travail. Il déplore aussi le fait que le travail en tant que vertu soit devenu quelque chose à éliminer. Cependant, il convient de considérer le travail avec de la nuance et de ne pas rentrer dans une sorte de manichéisme en essayant de le diaboliser. Car si le salariat comporte des inconvénients, il présente aussi des avantages. Si moyen plus souple il existe, pour aménager le travail, cela ne doit pas se faire aux dépens de la solidarité. Ainsi, il conviendrait de préserver un juste milieu entre cette solidarité et la flexibilité qui peut découler d’une vision plus moderne et valorisante du travail.

 

La pénibilité du travail

 

En tant que libéraux, nous ne pouvons nier que notre doctrine se base sur l’envie de faire des choses. Autrefois pénible et manquant cruellement de régulation, ce sont les acquis sociaux qui ont contribué à transformer le travail en quelque chose de valorisant et d’épanouissant à l’heure actuelle. Le monde politique a ainsi rendu plus agréable le travail au fur et à mesure des décennies, notamment par l’abolition du travail des enfants, la limitation du temps de travail hebdomadaire, le système d’assurances mais aussi par la mise en place du statut de chômeur qui résulte d’actions relatives au droit du travail.

Cependant, force est de ne pas oublier que le chômage ne peut être un projet de vie et que dès lors, l’enjeu de la politique est de lutter contre le chômage au lieu de l’aménager, car on ne peut s’y complaire. Autre facteur qui contribue grandement à réduire la pénibilité du travail : les nouvelles technologies. Les innovations, de plus en plus, se substituent aux tâches les plus pénibles. Cependant, si une société innovante se veut en mesure de rendre plus agréables ces tâches, la pénibilité subsiste et aujourd’hui, elle peut se trouver dans la difficulté à concilier la vie privée et professionnelle. Cela peut-être usant nerveusement. Il convient dès lors de se questionner sur ce qui peut affecter le rapport au travail et trois facteurs principaux peuvent être pris en compte.

Premièrement, la sphère privée et la manière dont nos expériences familiales peuvent affecter notre manière de travailler. Ensuite, la sphère professionnelle en elle-même car elle peut mener à des questionnements existentiels : « Est-ce que ce que je fais a du sens ? ». Enfin, la sphère organisationnelle qui elle, dépend de l’entreprise et de son management. Malgré les changements dans ce rapport au travail, les intervenants nous suggèrent de se rappeler la notion de collectivité car celle-ci doit être partie prenante de l’innovation. Cette collectivité peut par exemple être adaptée à partir du moment où l’on est capables de définir clairement pour quel travail et dans quelles conditions, il convient d’être ensemble.

 

Réussir sa vie ou réussir dans la vie ?


Si un débat aujourd’hui mérite réflexion, c’est bien celui de la place de l’intelligence artificielle parce que son développement suscite une remise en question de la place de l’Homme dans le monde du travail. La technologie a en effet un impact sur notre manière de pensée et peut pousser certains jeunes en quête de sens dans leur vie, à se mettre hors-jeu du circuit. Ce mécontentement suscite une remise en question sur la manière de faire société. En effet, les rapports de l’OCDE montrent un manque de qualification et d’apprentissage vis-à-vis de l’automatisation parce qu’une grosse partie de la population n’intègre pas les notions les plus basiques de la technologie telles que le traitement de texte par exemple. Cela nous remet en question sur la manière de former les gens au monde du travail afin de rendre leurs carrières plus sensées, mais aussi de rassurer sur les doutes et appréhensions qu’ils auraient vis-à-vis de leur rapport aux technologies et à l’innovation. Ainsi, cette convergence du numérique va fondamentalement changer la nature du travail. Une fois de plus, la prise en compte du numérique demande une certaine nuance car si effectivement, il provoquera indéniablement la disparition de certains métiers, il en transformera certains et en créera d’autres. La destruction est créatrice. Ainsi, malgré le challenge politique et économique qu’elles suscitent, l’IA et les technologies sont objectivement des progrès. Ce qui sera important à expliquer aux personnes, c’est que les moyens d’apprentissage devront être renforcés, mais aussi que la pratique va changer : sans oublier la formation initiale étant celle que nous apprenons au sein de l’enseignement obligatoire, il sera essentiel d’intégrer des formations en accéléré dans la pratique. C’est-à-dire que les formations relatives à la technologie devront être maitrisées rapidement et dès les fondamentaux.

 

Conclusion ?

 

Pénibilité ? Technologies ? Flexibilité ? Collectivité ? Liberté ? Tant de mots qui portent réflexion à l’heure actuelle sur la nature du travail. Quoi qu’on en dise, il constitue la raison de vivre de nombreux de nos concitoyens à l’heure actuelle et doit s’inscrire dans une progression constante et adaptée aux enjeux de chaque époque que nous traverserons pour maintenir ces valeurs d’épanouissement individuel si durement acquises à travers les décennies.

Féminisme, genre, identité: rencontre avec Petra De Sutter

De nos jours, il y a très peu de place dans l’éducation nationale pour les sujets relatifs aux LGBTQIA+, ce qui engendre un malaise pour ceux qui se chercheraient encore ou qui n’arrivent pas à se comprendre, pensez-vous que c’est pertinent d’introduire ces notions à l’école, en début de secondaire par exemple ? Certains se disent que cela pourrait influencer, qu’en pensez-vous? Comment être plus inclusif afin que personne ne se sente rejeté ?   

 

Petra De Sutter : 

C’est sûr que l’éducation joue un rôle dans ce domaine, que ce soit dans l’entourage de l’enfant, à la maison ou à l’école.  

Dans l’enseignement néerlandophone, en secondaire, il a récemment été inclus que l’on doit prêter attention à la diversité sexuelle et de genre.  C’est une étape importante.

En même temps, sur le terrain, on constate que certaines écoles accordent déjà beaucoup d’attention à la diversité sexuelle et de genre, quand d’autres le font beaucoup moins… En fait, il faut se dire qu’il y a le cadre sociétal, mais il y a aussi le cœur des gens d’autre part. 

En légiférant par exemple, on peut influencer la mentalité des gens, mais ce qu’ils ont dans le cœur, c’est autre chose… Quoi qu’il en soit, nous devons tous faire barrage contre la discrimination et la haine à la maison, à l’école, partout. Même en politique. 

C’est un combat de tous les jours. 

 

Pensez-vous que l’éducation a un rôle à jouer dans le changement de mentalité ?  

 

Bien sûr! 

 

Tout cela est lié aux aspects culturels, qui conditionnent la vie de tout un chacun. Les médias jouent aussi un rôle important dans ce domaine, par exemple. 

Vous savez, moi-même, j’ai reçu une éducation très classique, et j’ai suivi un enseignement fermé sur ces questions. C’est donc quelque chose qui m’a personnellement marquée. Il y a beaucoup d’idées préconçues dans ce domaine. 

 

On peut prendre l’exemple du genre. 

Et cette idée par exemple que “le bleu c’est pour les garçons, le rose pour les filles”.  Il y a des métiers qui sont plus associés aux filles, d’autres aux garçons également. Il s’agit de constructions sociales fortes et parfois inconscientes, presque subliminales. Quand j’étais professeure, il y avait davantage d’hommes que de femmes qui frappaient à ma porte avec un projet de doctorat. Les étudiantes femmes, je devais aller les chercher, les repérer. Nous devons soutenir les femmes et leur dire : croyez en vous et franchissons ensemble les obstacles. Il faut convaincre les filles qu’elles ont (au moins) le même talent que les garçons ! Cela me fait penser aussi au secteur du digital : en Belgique, à peine 7 jeunes femmes sur 1000 ont obtenu un diplôme dans les filières STEM en 2020, contre 21 hommes sur 1000 ! Pour inverser cette tendance, on a d’ailleurs lancé l’année dernière le plan « Women in Digital », en collaboration avec Mathieu Michel notamment. 

 

Nous avons la chance de vivre dans un pays de tolérance et d’acceptation. Lors de vos rencontres avec vos homologues étrangers, percevez-vous les mêmes évolutions positives sur les mentalités et l’ouverture dans tous les autres pays d’Europe ? Nous pensons notamment à la Hongrie dont le représentant Viktor Orban applique une politique beaucoup plus réfractaire aux thématiques LGBTQIA+, et de manière générale à certaines valeurs européennes.  

 

Nous avons la chance d’être en Belgique à cet égard oui, c’est vrai.  

Mais en même temps, il faut rester vigilant. 

 

Orban et certains discours d’extrême droite trouvent un écho dans toute l’Europe. Un discours qui stigmatise non seulement la communauté LGBTQI+, mais qui s’oppose aussi à l’avortement par exemple, ou bien encore qui remet en cause les droits sexuels et reproductifs. 

Quand on voit que la Hongrie a voté différentes lois homophobes et transphobes et que la Pologne a mis en place des “zones sans idéologie LGBT”, ça fait froid dans le dos.  J’ai été indignée par ces lois. Elles violent la liberté d’expression, et pas seulement. 

Je vous donne un exemple : si je publie en Hongrie un livre sur l’homosexualité, il ne pourrait pas être vendu dans un endroit accessible aux moins de 18 ans !  J’ai discuté de tout cela avec mes collègues au sein du gouvernement. Et Sophie Wilmès l’a fait aussi avec ses homologues européens. Nous avons immédiatement convenu que nous nous opposerions fermement aux lois discriminatoires d’Orban et que nous maintiendrions la pression au sein de l’Union européenne, car c’est là que des mesures peuvent être prises en premier lieu. N’oublions pas que la première initiative prise en Europe est venue de Belgique ! Sophie Wilmès a rédigé une déclaration avec les pays du Benelux et les États membres signataires ont condamné l’adoption par le Parlement hongrois d’amendements discriminatoires à l’égard des personnes LGBTQI, en qualifiant cette législation de forme flagrante de discrimination et de stigmatisation à l’encontre des personnes LGBTQI. 

L’idée était aussi de demander à la Commission européenne d’utiliser tous les outils dont elle dispose pour que la Hongrie se conforme au droit européen, y compris en saisissant la Cour européenne. 

 

Bref, il y a les paroles, et on est passé aux actes.  

 

J’aimerais également dire qu’y compris en Hongrie et en Pologne, de nombreuses personnes estiment que tous les citoyens de l’UE devraient bénéficier de la même protection contre la discrimination. 

Nous sommes leurs alliés et nous devons être solidaires avec ces personnes. C’est un combat inclusif, nous devons nous battre ensemble.      

 

Jugez-vous que notre pays propose suffisamment de structures permettant à toute personne d’avancer dans sa recherche identitaire, de l’association défendant les personnes LGBTQIA+ jusqu’aux intervenants dans le cadre de changements physiques nécessaires ?  

 

La situation est plutôt bonne en Belgique je pense. 

Nous sommes d’ailleurs en deuxième position du Rainbow Index de l’ILGA-Europe (classement de 2021). 

Et on doit saluer l’énorme travail du monde associatif, notamment. Mais il reste encore du travail à faire, par exemple en ce qui concerne la législation sur les personnes trans et intersexes, et la lutte contre la violence et l’amélioration du bien-être via le plan SOGIESC, qui est en cours d’élaboration. L’enjeu est d’accroître les connaissances sur les conditions de vie des personnes LGBTQI+ et de nous engager dans une politique d’inclusion des LGBTQI+. Il s’agit également de renforcer la sécurité des personnes qui font partie de la communauté. N’oublions pas les terribles drames qui se sont passés dans notre pays, de Liège, à Beveren… 

 

Que pensez-vous de l’incorporation du “iel” dans le dictionnaire ? Est-ce important pour le combat féministe ?  

 

L’écriture inclusive est un débat qui vit surtout dans le Sud du pays. Mais c’est une question intéressante. 

Une langue évolue avec son temps. La langue d’une société reflète la société elle-même, en même temps qu’elle l’influence. 

Et c’est certain qu’il existe une certaine domination du masculin sur le féminin, d’ailleurs il y a cette expression en français “le masculin l’emporte sur le féminin” ! 

Et le genre neutre n’existe pas en français… Dans ce sens, l’écriture inclusive est une réponse à ce rapport de domination.  

 

Que pensez-vous de la suppression du genre sur les cartes d’identité ? 

 

Ma collègue Ecolo Sarah Schlitz travaille actuellement, avec les ministres de la Justice et de l’Intérieur, à la modification du caractère irrévocable du changement de genre et à l’invisibilité du marqueur de genre sur la carte d’identité. 

Elle soutient par ailleurs l’initiative selon laquelle l’enregistrement officiel du genre ne devrait plus être lié au numéro de registre national.  

 

On va dans la bonne direction…

L’endométri-quoi?

 

Saviez-vous qu’au moins une femme sur dix souffre d’une maladie peu connue et qu’aucun traitement spécifique n’existe pour la soigner? Ça, c’est l’endométriose. Une maladie gynécologique qui touche les femmes en âge de procréer. Elle a été découverte il y a plus de 160 ans mais est encore trop souvent ignorée. Elle se caractérise par des douleurs chroniques invalidantes comme des troubles urinaires et digestifs. Dans 40% des cas, les femmes rencontrent des soucis d’infertilité.

 

Il faut savoir que cette maladie s’attaque aux cavités utérines et se fait remarquer par des modifications hormonales, comme de fortes douleurs au niveau abdominale. Globalement, ce sont des tissus similaires à la muqueuse de l’endomètre qui se développent hors de l’utérus.

 

L’équipe Piccolo a rencontré une jeune adulte souffrant de cette maladie.


« J’ai eu mes règles très jeune, je devais avoir entre 11 et 12 ans. Ce n’était pas très douloureux, mais dès l’âge de 14 ans, les douleurs extrêmes ont commencé ».

 

Pendant des années, lors de ses cycles menstruels, cette jeune femme a souffert de migraines et d’autres douleurs handicapantes. Son gynécologue lui a toujours dit qu’il n’y avait rien d’inquiétant pour son âge mais, vers ses 18 ans, de nouveaux symptômes sont apparus :  nausées, sueurs froides et chutes de tension.

 

La jeune dame témoigne : «J’ai changé de gynécologue et je lui ai tout raconté. De là, elle a fait une échographie où elle a aperçu quelque chose d’anormal et elle m’a envoyé faire un scanner à l’hôpital qui a bien confirmé qu’il y avait un début d’endométriose.  Je dis un début parce que comparer à certaines, mon cas n’est pas assez grave au point de devoir opérer. Après avoir reçu mes résultats, ma gyné [sic] m’a alors expliqué ce qu’était l’endométriose et que c’était très peu connu ».

 

Depuis, elle a une visite de contrôle deux fois par an et prend un médicament pour soulager les douleurs. « Des fois, c’est vrai que dans les premiers jours, j’ai encore quelques petites sueurs froides, quelques nausées mais c’est beaucoup moins fort qu’avant donc vachement moins handicapant et ces douleurs se font de plus en plus rares ».

 

Cette année aura lieu, du 7 au 13 mars, la 18ème semaine européenne de prévention et d’information sur l’endométriose. Cet événement annuel, organisé par EndoFrance, existe depuis 2004 et a pour but de sensibiliser et informer à cette maladie.

Les Jeunesmr ont sorti carte blanche sur le sujet. Elle a déjà été signée par 70 jeunes élus !   

 

 

SOURCES :

https://www.jeunesmr.be/site/2022/01/endometriose-informer-sensibiliser-soigner-prevenir/

 

https://www.endofrance.org/nos-actions/semaine-europeenne-prevention-information/

 

 

 

 

 

 

Zemmour, le candidat polémiste qui séduit les jeunes

Éric Zemmour, 63 ans, a été révélé au grand public par l’émission « On n’est pas couché » sur France 2 où il y était chroniqueur. Il est né en banlieue parisienne de parents juifs d’Algérie. Diplômé de Sciences Po, il est journaliste politique depuis 1986 et se lance officiellement en politique fin novembre comme candidat à la présidentielle française 2022.

Étant un féroce débatteur et provocateur, il écope de plusieurs condamnations à cause de ses prises de positions controversées. Sur l’échiquier politique, étant donné ses sujets de prédilection centrés sur l’immigration, il se trouve à l’extrême droite aux cotés de Marine Le Pen.

Le nouveau candidat appelle à la nostalgie, parle de vieilles valeurs et d’un sentiment de sécurité disparu. Il se dit européen mais veut supprimer l’espace Schengen pour assurer la diminution de l’immigration à un absolu minimum. Son discours a eu, sans surprise, de vives réactions car la population de confession musulmane est particulièrement visée par son programme, par exemple, pour l’idée d’interdire le port du voile dans la rue et ou bannir les noms d’origines étrangères.

Même s’il n’a pour l’instant pas encore réussi à récolter les 500 signatures de maires nécessaires pour sa candidature, il suscite clairement l’intérêt et l’attention des médias nationaux et internationaux mais aussi de la population française ; ses prises de paroles faisant systématiquement exploser les scores d’audience des chaines qui l’invitent.

Son premier meeting officiel à Villepinte au début du mois de décembre a surpris par le nombre de visiteurs. Environ 14 000 personnes se sont déplacées, ce qui en fait un excellent début de campagne pour Éric Zemmour régulièrement vu comme le nouveau Trump français. Comme l’ex-président américain, il rêve de rassembler la bourgeoisie patriote et la classe ouvrière mais pas sûr qu’il y arrive pour la seconde. En effet, il manque de propositions économiques pour augmenter concrètement le pouvoir d’achat des citoyens.

L’ancien journaliste a également montré sa capacité à utiliser les réseaux sociaux comme pour sa vidéo de candidature présentée sur YouTube avant même l’annonce sur une chaine de télévision, une première pour une élection présidentielle. Sa communication est, de plus, diffusée à travers divers comptes Instagram comme celui de Stanislas Rigault, président de « génération Z » fortement présent sur les plateaux pour représenter Zemmour et ses idées. Celui-ci comptabilise un peu plus de 27 000 abonnés presque dix fois plus que ces homologues des « jeunes républicains et des « jeunes avec Macron ». Même s’il est encore tôt pour pouvoir dire qui se hissera au second tour, la droite républicaine représentée par Valérie Pécresse semble ne pas susciter le même intérêt auprès de la jeunesse. Le mouvement LR est effectivement l’un des partis qui utilise le moins les nouveaux canaux de communications, ce qui les rend moins attractifs auprès de ceux qui voterons pour la première fois en avril. Mais nous ne devons pas oublier que le nombre de clics ou d’abonnés ne veut pas forcément dire “votes effectifs”.

 

Après la première rencontre du nouveau parti « Reconquête » à Villepinte, le PiccoloMag a parlé du candidat controversé avec quelques jeunes qui étaient venus le soutenir.

Quelles sont les idées politiques d’Éric Zemmour qui vous plaisent le plus ?

 

« Ben moi notamment c’est le fait de rendre son prestige à l’éducation […] Je vais prendre par exemple mes profs de littérature, de philosophie, qui axent généralement leurs discours très à gauche au dépend de la neutralité qui est demandée à l’éducation nationale. L’écriture inclusive aussi, qui rabaisse notre langue que je trouve particulièrement belle. Je ne comprends pas pourquoi il faut partir dans des délires comme ça ».

 

Comment pensez-vous que Zemmour pourrait changer les discours « très à gauche » des profs ?

 

« Et bien par exemple en réinstaurant le roman national [….] Moi je trouve qu’il faut d’abord mettre en avant tous les grands faits, les victoires, les grandes inventions, avant les choses dont lesquelles on ne peut pas être forcément très fier. »

 

Avez-vous peur d’affirmer vos idées à vos amis ? 

 

« J’ai peur en fait de me faire assez vite ‘canceled’, [….] moi je suis dans un milieu assez de gauche, l’ensemble des personnes est assez à gauche dans mes études, donc si ça venait entre guillemets à se savoir, je pourrais très vite être seul. Moi par exemple je désapprouve totalement Jean-Luc Mélenchon et la gauche en général, je n’aime pas les idées qu’ils portent, […] mais je ne vais pas les interdire de manifester, je ne vais pas crier sur tous les toits que ce sont des extrémistes comme ils essayent de nous le faire porter.»

Qu’est ce qui vous a amené à venir à ce rassemblement ?

« Alors moi c’est la première fois que je vais aller voter en 2022, je souhaite faire le bon choix pour mon premier vote et comme les idées de Zemmour sont les plus convaincantes je trouve, j’ai décidé tout simplement de venir le supporter dans ce genre de meeting à Villepinte.

 

Quelles idées vous convainquent le plus ?

« Déjà sur l’économie, il assez intéressant je trouve [….], tout à l’heure il a fait un discours sur la fiscalité et les grandes entreprises qui embauchent des dizaines de fiscalistes pour payer moins d’impôts alors que les petites entreprises et les TPE croulent sous les impôts avant mêmes d’entamer les ventes. Sinon sur l’immigration c’est aussi assez intéressant parce que je pense simplement qu’il y’a trop d’immigration en France, qu’elle est trop facile. »

 

Et vous essayez de convaincre vos proches de voter pour lui ?

« Moi j’essaie surtout de convaincre mes parents, mais ma mère n’aime pas trop Zemmour, elle dit qu’il est misogyne mais moi je pense pas, après c’est son point de vue, je vais pas la forcer à voter Zemmour, non plus ».

Et vos amis, ils en pensent quoi ?

« Et bien, je suis venu avec un ami là. »

« Je suis militante à génération Z depuis septembre [….], j’ai toujours trouvé que c’était quelqu’un qui s’exprimait extrêmement bien et je pense qu’il l’a confirmé aujourd’hui. [….] là aujourd’hui Éric Zemmour ce qu’il portait c’était un réel message d’espoir pour la France. »

 

Trouvez-vous Zemmour raciste et misogyne ?

« Bah écoutez, moi je suis à moitié française, ma maman est russe et issue de l’immigration, donc 50% de ma famille est non-française et je suis moi-même, une jeune femme, donc en l’occurrence misogyne et xénophobe, non je ne crois pas. Ensuite raciste, raciste c’est faire une hiérarchie des races. [….] finalement ce sont des accusations, c’est réduire son adversaire en le traitant de fasciste parce que ça va couper le débat et il va devoir se justifier tout ça, mais non c’est faux. On a juste à regarder ce que propose Éric Zemmour et on voit tout de suite que ce n’est pas le cas. »

 

Et vos parents ?

« Ma maman a grandi sous l’union soviétique, elle savait à quel point le communisme c’est dangereux, elle a toujours eu cette envie de s’assimiler à la France tout en gardant ses traditions à la maison, on fête la Noël catholique et la Noël orthodoxe par exemple. [….] Mon papa lui, il est élu au rassemblement national mais il me dit que Zemmour, Marine Le Pen, tout ça, c’est le même combat. Finalement, on ne se bat pas pour un parti, on ne se bat pas pour un candidat, aujourd’hui on se bat pour l’avenir de la France. »

Dans leurs discours ce sont des jeunes qui sont dans une forme de protestation, souvent leurs parents ne votent pas pour l’extrême droite ou même la droite.

Ils veulent retrouver espoir en l’avenir et voient dans cette droite plus autoritaire une forme de cadre, ils craignent l’évolution de la société, ils craignent pour leur avenir. Ils craignent le changement, car leur environnement est plus incertain qu’auparavant. Dans toutes les périodes de crises les gens ont tendance à voter pour les extrêmes, c’est souvent un appel à l’aide, une peur.

Ils ont l’impression qu’ils n’ont plus le droit de penser différemment, de penser par eux-mêmes et cherchent à être derrière un candidat qui se fiche de plaire et du politiquement correct et qui le montre plus qu’une droite traditionnelle.

Il y a eu une telle exacerbation des sensibilités et de l’individualisme au fil des années que certains jeunes en ont marre d’avoir l’impression d’être muselés dans leurs paroles, et quoi de plus néfaste que d’essayer de contraindre les gens et encore plus les jeunes à ne plus s’exprimer.

Le débat se clôt sans argumentation, sans pédagogie, sans explication claire mais à la place : des accusations. Nous obtenons des jeunes qui votent pour des extrêmes car les pensées sont devenues interdites à exprimer.

Sources

Toutes les photos proviennent de Mouna Swaelens-Azzouz. Elles sont interdites de reproduction sans autorisation.

        https://www.instagram.com/guilhem_carayon/?hl=fr, consulté le 19 septembre 2021.

        https://www.instagram.com/stanislasrigault/?hl=fr, consulté le 19 septembre 2021

        https://www.instagram.com/ambroise_mejean/?hl=fr, consulté le 19 septembre 2021

        https://www.generation-zemmour.fr/, consulté le 18 septembre 2021

        CAULCUTT C.,https://www.politico.eu/article/france-zemmour-campaign-trump/, consulté le 16 décembre 2021

        MEFFRE B.,https://www.ozap.com/actu/audiences-record-historique-pour-face-a-l-info-avec-eric-zemmour-sur-cnews/610173, consulté le 11 décembre 2021

        BILLARD S.,https://www.nouvelobs.com/politique/20180221.OBS2520/des-annees-1980-a-macron-comment-s-est-imposee-l-idee-du-probleme-de-l-immigration.html, consulté le 9 décembre 2021

        ‘Rédaction avec AFP’, https://www.ladepeche.fr/2021/12/02/eric-zemmour-immigration-allocations-retraite-fiscalite-on-en-sait-plus-sur-le-programme-du-candidat-9965791.php, consulté le 9 décembre 2021

        https://www.toutelatele.com/on-n-est-pas-couche-6395?anecdotes=true, consulté le 7 décembre 2021

        https://www.gala.fr/stars_et_gotha/eric_zemmour, consulté le 7 décembre 2021

La FEF, monopole de la représentativité étudiante… ou pas!

Par Simon Liegeois et Wiktoria Ewa Wojslawowicz

Le lundi 1 novembre, nous apprenions avec stupéfaction certes, mais beaucoup de satisfaction, la désaffiliation du Bureau des Étudiants Administrateurs (BEA), conseil étudiant de l’ULB, de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF). Si cette décision a pu s’avérer surprenante pour de nombreux étudiants, elle résulte néanmoins d’un système de représentativité dépassé, voire sclérosé au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’en est-il réellement ?

Comment fonctionnent les conseils étudiants et les organisations représentatives communautaires dans l’enseignement supérieur ?

 

Pour comprendre l’enjeu d’une telle décision de désaffiliation de la FEF, il est important d’expliquer pour commencer le fonctionnement d’un conseil étudiant et d’une organisation représentative communautaire (ORC), ainsi que le rôle de ces instances dans la représentativité des étudiants de l’enseignement supérieur.

D’une part, le conseil étudiant est une instance présente dans chaque établissement supérieur. Pour qu’il puisse opérer, il doit se composer d’au moins sept membres élus lors des élections pour lesquelles les étudiants de l’université sont invités à voter. Parmi les sept membres élus, chaque faculté ou domaine d’étude devra avoir un représentant.

Ainsi, ces élections estudiantines mènent à la réunion des étudiants de première année jusqu’à la troisième année du bachelier autour du conseil étudiant. Dans le cas d’une démission d’un membre, celui-ci est remplacé par son suppléant. Si l’un des étudiants membre du conseil perd sa qualité d’étudiant régulièrement inscrit, il sera automatiquement considéré comme étant démissionnaire. En pratique, le conseil étudiant doit communiquer la liste des représentants tant effectifs que suppléants à l’établissement d’enseignement supérieur au sein duquel il opère.

D’une autre part, les ORC agissent en tant qu’organisations représentatives des étudiants à l’échelle communautaire. Une ORC s’assure à représenter tous les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en veillant à défendre et à promouvoir leurs intérêts, mais également, comme des associations telles Jeunes MR aspirent à le faire, de former des CRACS (Citoyens Responsables, Actifs, Critiques et Solidaires).

Les conseils étudiants dans les universités peuvent faire le choix de s’affilier à une ORC ou de garder leur indépendance. Pour qu’une ORC puisse exister, elle doit disposer de statuts qui respectent le décret et garantir le pluralisme politique et philosophique au sein de sa structure. Elle doit également représenter au moins 15% des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, et ce, dans au moins trois provinces. Si un conseil étudiant décide de s’affilier

Rétrospective sur la FEF et l’Unécof

 

La FEF a été créée en 1973 afin de représenter les étudiants francophones de Belgique. L’Unécof est quant à elle, née en 1996, et issue du Bureau des étudiants administrateurs de l’ULB, du Conseil des étudiants de la Haute École Francisco Ferrer et des étudiants de la Haute École Robert Schuman. À l’époque, elle se revendiquait pluraliste et représentative du monde étudiant dans toute sa diversité.

Lorsque le décret participation a été signé en 2012, la FEF (Fédération des Étudiants Francophones) et l’Unécof (Union des Étudiants de la Communauté française) étaient les deux organisations majeures qui représentaient les étudiants au sein de la Communauté française (actuelle Fédération Wallonie-Bruxelles). Bien qu’une collaboration entre les deux organisations aurait pu sembler alléchante, celles-ci nont pas toujours privilégié les mêmes moyens afin de défendre les intérêts des étudiants.  En ce sens, la FEF s’est vue reprocher des méthodes militantes contreproductives sur des dossiers clés, mais également, sa proximité avec le PTB et les jeunesses militantes communistes telles le COMAC. À titre d’exemple, le président du parlement interne de la FEF a été contraint en 2011 de démissionner car celui-ci exerçait un autre mandat pour le PTB.

L’Unécof, quant à elle, ne parvenait pas à représenter suffisamment d’étudiants en plus d’endosser un double rôle lourd à porter. En effet, celle-ci, en plus de son statut d’ORC était également reconnue comme OJ (Organisation de Jeunesse). Ce poids l’a finalement conduite vers sa fin en 2019, laissant la FEF seule pour défendre les intérêts des étudiants.

Où est la place du libéralisme ?

 

Bien que la FEF ait mis en place de nouvelles règles, notamment l’interdiction pour leurs représentants de cumuler des responsabilités avec un parti politique, ou encore de se présenter à des élections, le manque de pluralité et de représentativité ainsi que l’utilisation de moyens ne prenant pas en compte les diverses sensibilités, orientations philosophiques et politiques des étudiants, lui ont été reprochés de plus en plus au fil des années.

Si certains se sont étonnés de la décision du BEA de l’ULB de quitter la FEF, cette initiative du conseil étudiant de l’université s’inscrit pourtant dans un contexte plus large et complexe, laissant entrevoir un dysfonctionnement au sein de sa structure interne. Le manque de représentativité, ainsi que le manque de neutralité sont les points ayant mené vers la fin de collaboration avec celle-ci. Pourtant, la nécessité de rester fidèle avec sa vocation principale, qui est celle de représenter l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur, n’a pas pour autant mis en exergue pour la FEF l’indispensabilité d’un discours davantage neutre et inclusif de toutes les orientations philosophiques et politiques qu’elle entend ironiquement défendre. L’hypocrisie est épinglée.

Cette problématique n’est pourtant pas récente. Les deux points abordés ci-dessus ont effectivement été recensés quelques années après la création de la FEF (1973).  Il va sans dire qu’au sein des différentes hautes-écoles et universités du royaume, les étudiants ne partagent pas une seule orientation politique, qui est dans ce cas, celle orientée à gauche. Le manque d’anticipation et de compréhension du besoin de représentativité de la moitié du spectre philosophique et politique des étudiants qu’elle représente se retrouve en ce sens au centre de cette dernière décision ayant secoué le paysage estudiantin. 


 

EN RÉSUMÉ…

Si la FEF se targue souvent d’être le seul organisme représentatif à faire porter la voix des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles, nous remarquons surtout que leur système est usagé. Le spectre militant d’extrême-gauche n’inclut à fortiori pas l’ensemble des étudiants, ni les moyens employés pour parvenir à ses fins, tandis qu’ils se sont vus reprocher à de nombreuses reprises leur manque de travail et de nuance sur le fond de dossiers clés. Le monopole de la représentativité n’existe pas et la ligne militante de la FEF se fait surtout remarquer dans sa manière de communiquer : on ne retrouve ni débat, ni construction dans leur manière d’agir, car la place du débat n’existe pas au fondement-même de l’organisation