La vie d’artiste !

La réforme du statut d’artiste est arrivée. Il s’agit de la plus grande réforme en matière artistique depuis ces 20 dernières années. Après un combat sans relâche mené par Georges-Louis Bouchez (Président du MR), Pierre-Yves Jeholet (Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles), David Clarinval (Ministre des classes moyennes et des Indépendants) et Charles Gardier (député communautaire), le statut d’artiste 2.0 a vu le jour. L’actuelle procédure pour accéder à ce statut était longue, fastidieuse et d’une complexité kafkaïenne. Voici ce qui change ! 

La procédure est simplifiée. Il est désormais possible de soumettre son dossier, déclarer ses prestations et recevoir des informations via la plateforme numérique: Working in the arts. Fini les files interminables dans les administrations.

person playing guitar

Le statut est plus accessible et plus reconnaissant. Dans l’ancienne réforme, les techniciens du secteur artistique n’étaient pas reconnus. Grâce à cette réforme, ces derniers auront dès à présent accès au même régime de protection sociale élargie que les artistes. Par ailleurs, ils bénéficient également des mêmes dispositifs spécifiques que les artistes.

Le statut d’artiste récompense plus le travail. Le nouveau statut assure un revenu de base qui récompense le travail des artistes. Si un artiste bénéficie d’un statut dérogatoire au chômage, ce n’est pas parce qu’il est “artiste” mais parce qu’il “fait” des prestations artistiques. Il est donc désormais possible de cumuler l’allocation des arts avec une activité d’indépendant complémentaire tant que cela n’excède pas 9628 euros par an.

Bref, la nouvelle réforme c’est: 

– Une simplification;

– une plus grande accessibilité;

– une réforme plus résponsabilisante; 

– meilleure récompense du travail. 

graffiti wall alley during daytime

Le travail, c’est la santé ?

Par Simon Liégeois 

person walking holding brown leather bag

Ce dimanche 13 mars, en matinée, se déroulait un séminaire organisé par le Mouvement Réformateur au sein de l’IHECS, l’institut spécialisé en communication à Bruxelles. Pendant plusieurs heures, différents intervenants se sont exprimés autour d’une thématique qui nous concerne toutes et tous, et encore plus à l’heure actuelle, dans une période de transition telle que celle que nous connaissons : le travail !

 

Après le mot d’introduction du président, Georges-Louis Bouchez, nous avons pu, durant cette matinée, écouter les réflexions des intervenants présents :

        Denis Pennel, essayiste et directeur général de la World Employment Confederation

        Nicolas Bouzou, essayiste, éditorialiste et directeur d’études à l’Université Paris II Assas

        Rudy Aernoult, essayiste, professeur d’économie aux Universités de Gand et Nancy et Chief Economist à la Commission Européenne.

        Laurent Taskin, professeur en Management et Transformation du travail à l’Université Catholique de Louvain.

        Philippe Val, journaliste, essayiste, ex-directeur de France-Inter et ex-rédacteur en chef de Charlie-Hebdo

     Isabelle Choquet, professeure à l’ICHEC, Saint-Louis et à la Haute École Francisco Ferrer. Spécialisée dans l’adaptation des PME aux nouvelles technologies.

 

Dans un premier temps, revenons sur ce qui a poussé le MR à organiser ce séminaire. En tant que jeunes à l’heure actuelle, nous traversons une vraie période de transition au sein de notre société. Les nouvelles technologies sont quasiment omniprésentes et influencent de plus en plus le monde de l’emploi. D’un point de vue plus sociétal, les mentalités, comprenant le rapport entre l’employeur et le salarié ont changé. Enfin, l’augmentation du niveau de vie et la floraison de nouveaux statuts dans le monde du travail suscitent davantage un besoin de flexibilité et une meilleure conciliation entre la vie au travail et la vie à la maison. Politiquement parlant, de l’eau à également coulé sous les ponts et l’impression d’une gauche ayant renoncé à la valeur travail au profit des minorités et combats que nombreux qualifient de « wokistes », se fait ressentir.

 

La gauche aurait-elle abandonné la valeur du travail ?

 

Philippe Val s’est par ailleurs exprimé en la matière. Selon lui, l’origine des citoyens est devenue une sorte d’instrumentalisation de la gauche, bafouant les lettres de noblesse du travail. Celui-ci reproche à la gauche de traiter les individus comme des victimes en utilisant un prétexte communautaire.

Ces derniers temps, on reproche beaucoup à la gauche une politique communautariste consistant à « victimiser » les gens en utilisant le prétexte de la communauté à laquelle ils appartiennent, et qui nécessiterait certaines accommodations, en particulier sur le monde du travail. Il déplore aussi le fait que le travail en tant que vertu soit devenu quelque chose à éliminer. Cependant, il convient de considérer le travail avec de la nuance et de ne pas rentrer dans une sorte de manichéisme en essayant de le diaboliser. Car si le salariat comporte des inconvénients, il présente aussi des avantages. Si moyen plus souple il existe, pour aménager le travail, cela ne doit pas se faire aux dépens de la solidarité. Ainsi, il conviendrait de préserver un juste milieu entre cette solidarité et la flexibilité qui peut découler d’une vision plus moderne et valorisante du travail.

 

La pénibilité du travail

 

En tant que libéraux, nous ne pouvons nier que notre doctrine se base sur l’envie de faire des choses. Autrefois pénible et manquant cruellement de régulation, ce sont les acquis sociaux qui ont contribué à transformer le travail en quelque chose de valorisant et d’épanouissant à l’heure actuelle. Le monde politique a ainsi rendu plus agréable le travail au fur et à mesure des décennies, notamment par l’abolition du travail des enfants, la limitation du temps de travail hebdomadaire, le système d’assurances mais aussi par la mise en place du statut de chômeur qui résulte d’actions relatives au droit du travail.

Cependant, force est de ne pas oublier que le chômage ne peut être un projet de vie et que dès lors, l’enjeu de la politique est de lutter contre le chômage au lieu de l’aménager, car on ne peut s’y complaire. Autre facteur qui contribue grandement à réduire la pénibilité du travail : les nouvelles technologies. Les innovations, de plus en plus, se substituent aux tâches les plus pénibles. Cependant, si une société innovante se veut en mesure de rendre plus agréables ces tâches, la pénibilité subsiste et aujourd’hui, elle peut se trouver dans la difficulté à concilier la vie privée et professionnelle. Cela peut-être usant nerveusement. Il convient dès lors de se questionner sur ce qui peut affecter le rapport au travail et trois facteurs principaux peuvent être pris en compte.

Premièrement, la sphère privée et la manière dont nos expériences familiales peuvent affecter notre manière de travailler. Ensuite, la sphère professionnelle en elle-même car elle peut mener à des questionnements existentiels : « Est-ce que ce que je fais a du sens ? ». Enfin, la sphère organisationnelle qui elle, dépend de l’entreprise et de son management. Malgré les changements dans ce rapport au travail, les intervenants nous suggèrent de se rappeler la notion de collectivité car celle-ci doit être partie prenante de l’innovation. Cette collectivité peut par exemple être adaptée à partir du moment où l’on est capables de définir clairement pour quel travail et dans quelles conditions, il convient d’être ensemble.

 

Réussir sa vie ou réussir dans la vie ?


Si un débat aujourd’hui mérite réflexion, c’est bien celui de la place de l’intelligence artificielle parce que son développement suscite une remise en question de la place de l’Homme dans le monde du travail. La technologie a en effet un impact sur notre manière de pensée et peut pousser certains jeunes en quête de sens dans leur vie, à se mettre hors-jeu du circuit. Ce mécontentement suscite une remise en question sur la manière de faire société. En effet, les rapports de l’OCDE montrent un manque de qualification et d’apprentissage vis-à-vis de l’automatisation parce qu’une grosse partie de la population n’intègre pas les notions les plus basiques de la technologie telles que le traitement de texte par exemple. Cela nous remet en question sur la manière de former les gens au monde du travail afin de rendre leurs carrières plus sensées, mais aussi de rassurer sur les doutes et appréhensions qu’ils auraient vis-à-vis de leur rapport aux technologies et à l’innovation. Ainsi, cette convergence du numérique va fondamentalement changer la nature du travail. Une fois de plus, la prise en compte du numérique demande une certaine nuance car si effectivement, il provoquera indéniablement la disparition de certains métiers, il en transformera certains et en créera d’autres. La destruction est créatrice. Ainsi, malgré le challenge politique et économique qu’elles suscitent, l’IA et les technologies sont objectivement des progrès. Ce qui sera important à expliquer aux personnes, c’est que les moyens d’apprentissage devront être renforcés, mais aussi que la pratique va changer : sans oublier la formation initiale étant celle que nous apprenons au sein de l’enseignement obligatoire, il sera essentiel d’intégrer des formations en accéléré dans la pratique. C’est-à-dire que les formations relatives à la technologie devront être maitrisées rapidement et dès les fondamentaux.

 

Conclusion ?

 

Pénibilité ? Technologies ? Flexibilité ? Collectivité ? Liberté ? Tant de mots qui portent réflexion à l’heure actuelle sur la nature du travail. Quoi qu’on en dise, il constitue la raison de vivre de nombreux de nos concitoyens à l’heure actuelle et doit s’inscrire dans une progression constante et adaptée aux enjeux de chaque époque que nous traverserons pour maintenir ces valeurs d’épanouissement individuel si durement acquises à travers les décennies.

Uber: échec du gouvernement bruxellois?

Le mercredi 24 novembre 2021, la Cour d’appel de Bruxelles rendait un arrêt ordonnant que l’injonction prise contre UberPop, en 2015, s’applique aux conducteurs LVC (Location de Voiture avec Chauffeur). La conséquence est simple, 2000 conducteurs pouvaient perdre leurs revenus. Cette décision est un scandale pour la mobilité à Bruxelles et pour les usagers qui utilisent ces moyens de transport. La nouvelle était un véritable choc pour les conducteurs LVC et leurs utilisateurs. L’incertitude pèse sur de nombreuses familles. Les passagers, qui voyaient ces transports comme quelque chose de sûr, sont dans le doute.

 

Mais comment expliquer une telle situation ?

 

Le collectif « Taxi-vert » a saisi la justice pour bannir UberPop et UberX. Cette action est soutenue par la Fédération Belge des Taxis, qui trouve que les chauffeurs Uber auraient dû travailler sous licence de Taxi. La fédération a mis énormément de pression sur ce dossier. En effet, l’arrivée de Uber a perturbé le marché sur de nombreux points. L’entreprise ne respecte pas totalement la réglementation, comme les licences de Taxi qui ne sont pas appliquées par le service privé. Malgré tout, la décision prise contre les LVC se base sur une réglementation obsolète. Celle-ci devait être réformée par le gouvernement bruxellois au cours des sept dernières années. Selon l’opposition, le gouvernement bruxellois de Rudi Vervoort, et surtout le PS, sont responsables de cette situation. Le cdH et le MR ont dénoncé le manque d’investissements du gouvernement dans ce secteur et veulent les mêmes règles pour tous.

 

 

Mais la bataille n’est pas perdue et l’action de Défi, Groen, One.brussels et Open VLD, qui ont déposé une proposition d’ordonnance, ont permis une reprise d’Uber au sein de la capitale. Il ne faut pas oublier le MR qui a soutenu cette proposition et qui demandait une réforme de cette réglementation qui n’était plus à jour.

 

Malheureusement, la Fédération des Taxis va demander une action en justice contre le retour d’Uber. Elle trouve le retour du service injuste et s’y oppose fermement. De plus, la proposition d’ordonnance, dite « sparadrap » ne rassure pas tout le monde, surtout du côté des taxis. Le chemin vers un transport rémunéré de personnes plus juste est encore long, mais c’est en agissant de manière concrète, et dans l’intérêt de chaque travailleur, que le gouvernement bruxellois pourra apaiser les tensions et offrir un service de qualité, aussi bien pour les usagers, que pour les chauffeurs.

Les solutions de Denis Ducarme pour soutenir les Indépendants

Pour cette troisième et dernière capsule vidéo, vous retrouvez notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques et son invité de marque, Denis Ducarme, Député fédéral MR et ancien Ministre fédéral.

Nous terminons cette interview sur un dossier particulièrement important pour Denis Ducarme. Il s’agit des solutions qu’il propose pour soutenir les Indépendants durant cette double crise sanitaire et économique. Par exemple: des baisses de fiscalité, la “Class action”, primes, etc.

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Quels enjeux pour l’agriculture urbaine ?

Ferme urbaine sur le toit des abattoirs d'Anderlecht

Par Pierre-Antoine Meurisse, journaliste Piccolo

L’urbanisation est une tendance majeure depuis plusieurs dizaines d’années et ce phénomène se poursuivra encore dans les prochaines années, accompagnant l’accroissement démographique mondial. Les conclusions récentes du rapport des Nations Unies sur les perspectives démographiques ont revu à la hausse l’estimation de la population mondiale. Elle devrait atteindre 9,6 milliards en 2050. Avec une proportion estimée de 75% en ville, plus de 7 milliards d’habitants y seront donc concentrés. 

Par ailleurs, la surface des terres agricoles ne cesse de diminuer laissant place aux infrastructures humaines. Cette situation interpelle et, réinvestir dans des surfaces non-conventionnelles en ville pour y produire des denrées, pourrait contribuer en partie à nourrir l’humanité et plus spécialement les citadins. 

Dans la majorité des grandes villes d’Europe, de plus en plus de projets intégrant l’agriculture urbaine voient le jour. La Belgique n’est pas en reste car des villes comme Bruxelles, Gand et Liège montrent l’exemple. 

En Belgique, ce secteur se caractérise par la construction annuelle de plus de 7000 bâtiments résidentiels ou non. Ce secteur est donc un levier essentiel pour aboutir à l’intégration réussie de l’agriculture urbaine et répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain. Ainsi, l’intégration de diverses formes de végétation dans les villes aiderait à soulager ces problèmes par le rétablissement des services écosystémiques

Au-delà de l’intérêt majeur de produire autour et dans la ville, l’agriculture urbaine se caractérise par sa multifonctionnalité, dans l’idée qu’elle répond à de nombreux enjeux sociaux, économiques, environnementaux et territoriaux. Comme le montre la figure ci-dessous, l’agriculture urbaine peut jouer un rôle important dans de nombreux domaines qui sont tous interconnectés d’une manière ou d’une autre.

Source: https://www.researchgate.net/figure/Multifonctionnalite-de-lagriculture-urbaine_fig1_46571128

Environnement : 

L’agriculture urbaine peut répondre aux problèmes soulevés par le contexte urbain tout en contribuant au développement et à la multiplication des espaces verts en ville. Il permet donc de réduire les effets négatifs liés à l’imperméabilisation des sols et les effets d’îlots de chaleur. Les végétaux agissent comme des climatiseurs en ville, réduisant les poussières et les émissions de CO2 grâce à leur feuillage. L’augmentation du couvert végétal permet d’augmenter la biodiversité urbaine en aménageant des espaces où la faune et la flore peuvent se reproduire et se nourrir. La production alimentaire de saison réduit la pollution occasionnée par les transports. 

Aménagement urbain :

Étant donné que cette agriculture prend place au sein des villes, elle participe à l’aménagement du territoire en s’intégrant dans la trame urbaine et renforce les espaces verts déjà présents. L’agriculture urbaine contribue à l’émergence des projets urbanistiques avec divers objectifs menés par des acteurs différents. De plus, elle peut servir de levier pour la revitalisation d’espaces délaissés ou peu exploités par les communes et restitués aux citoyens des villes. Elle crée de nouveaux espaces publics dans le paysage urbain.

Loisirs : 

Le jardinage et maraîchage peuvent être perçus comme un passe-temps ou une activité positive. Ces activités permettent de pratiquer une activité physique en plein air proche de notre lieu de vie, à moindre coût.

Injustice alimentaire : 

La production au sein et à proximité des villes, pourrait permettre de rendre ces dernières plus résilientes face aux crises qu’elles peuvent traverser. Les circuits courts de distribution améliorent la sécurité alimentaire. La disparité économique entre les classes sociales les plus riches et les plus pauvres tend à montrer un déséquilibre quant à l’accès à une nourriture de bonne qualité. Les plus démunis n’ont pas la capacité financière de pouvoir se nourrir sainement à l’instar des classes sociales plus riches qui disposent des moyens nécessaires. L’autoproduction permet de produire une partie des aliments et de réduire ses dépenses.

Santé :

La production d’aliments frais n’ayant pas subi les mêmes techniques de production (agriculture conventionnelle, distances de transport et réfrigération) permet d’avoir de meilleurs bilans nutritionnels. De plus, l’activité de jardinage est bénéfique pour la santé, car elle contribue à maintenir une activité physique régulière. De nombreuses études ont déjà prouvé que cette activité présentait des avantages pour l’aspect mental : réduction des maladies chroniques, relaxation, ressourcement et bien-être. 

Economie : 

L’agriculture urbaine peut créer une multitude d’emplois locaux de la production jusqu’à la distribution voir la préparation/transformation des produits cultivés autant dans le milieu associatif que privés. Au sein des exploitations : les fermes de petite taille génèrent davantage d’emploi que les grandes fermes. 

Education et interaction sociale : 

L’agriculture urbaine peut être un outil éducatif afin de sensibiliser les populations urbaines à l’environnement et au processus de production d’un aliment. Au sein même d’un jardin, des transmissions de savoirs s’échangent entre les acteurs (qu’ils soient professionnels ou non) via la pratique du jardinage. La sphère sociale a toujours été présente dans l’agriculture urbaine comme en témoignent les jardins communautaires. Elle offre un contexte favorable pour l’inclusion sociale utile pour faire de la réinsertion auprès d’individus dans une situation d’isolement social. Ce sont des lieux qui favorisent les échanges entre individus de toutes classes sociales et intergénérationnelles. Afin de favoriser les jeunes générations à l’environnement, les écoles peuvent intégrer des potagers et proposer des activités pour les sensibiliser.

Pour finir, les projets d’agriculture urbaine se multiplient dans notre pays et c’est une véritable aubaine. Mais l’aspect alimentaire n’est pas l’essentiel. Il est évident qu’on ne pourra jamais nourrir une population urbaine uniquement avec des potagers urbains. D’autres aspects importants sont à prendre en considération. Avec le développement continu des villes, cette forme d’agriculture a de beaux jours devant elle …