Marine Le Pen, une menace ?

Cinq années plus tard et le même scénario : Emmanuel Macron affronte Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles en France. Si le mandat dEmmanuel Macron na pas fait lunanimité auprès des Français, son programme reste nettement moins dangereux pour la Ve République que celui de la candidate du Rassemblement National (autrefois appelé Front National). Entre ses relations avec la Russie et sa vision du futur de la France au sein de lEurope, Marine Le Pen – plus proche que jamais de l’Élysée – représente une véritable menace.

 

Toutes les extrêmes, quelles qu’elles soient (religieuses, politiques…), sont nocives : c’est un secret pour personne ! Il en va sans dire que le Rassemblement National, parti politique auquel appartient Marine Le Pen, en fait partie. Même si la candidate refuse de qualifier son parti d’extrême droite, le RN a vu le jour de mouvements néo-fascistes (définition même de l’extrême droite). Lors de sa création en 1972, le parti se nommait Ordre Nouveau avec comme tête pensante François Duprat, un antisémite et fasciste. Après la mort de ce dernier en 1978, c’est Jean-Marie Le Pen qui reprend le parti. C’est alors que l’extrême droite gagne du terrain en France avec des très bons résultats aux élections du Front National (FN). Sont partisans du FN des identitaires, des anciens de la collaboration, des nationalistes révolutionnaires… A la suite des résultats au second tour de la présidence face à Jacques Chirac en 2002, Jean-Marie Le Pen et son parti décident que c’est en rendant ce dernier moins «extrémiste » qu’il pourront continuer à avancer. Si aujourd’hui Marine Le Pen souhaite rompre avec cette image et prendre ses distances avec les idées de son père, l’histoire ne ment pas : dans un parti politique créé à partir de mouvements néo-fascistes, pensé par un fasciste et antisémite, l’extrême droite se fera ressentir dans la plupart des idées.

Sur le plan européen, Marine Le Pen semble affirmer ne plus vouloir d’un « Frexit » comme il y’a cinq ans mais opter plutôt pour une alliance européenne des nations. Cette option, en collaboration avec les autres dirigeants non libéraux de l’Union européenne, n’est, par définition, qu’un Frexit caché. En effet, cette idée rompt l’engagement de la France dans le projet de l’Europe qui se veut unie, démocratique et libérale. Les points fondamentaux du programme de la candidate seraient source de sanctions voire d’expulsion puisqu’ils ne respectent pas les règles européennes.

Marine Le Pen propose un referendum pour modifier la Constitution française afin de la placer en supériorité par rapport au droit international, et donc inverser la règle de l’Union Européenne en vigueur. Pour rappel, depuis 1964 avec l’arrêt Costa contre ENEL, le droit de l’UE prime sur le droit national des pays membres. Pour que ce scénario soit possible, il faudrait que les 26 États membres donnent unanimement leur accord ou, il faudrait que la France s’émancipe indépendamment de cette règle de primauté (ce après quoi elle risquerai des sanctions financières).

En plus de défier les règles de l’UE, Marine Le Pen a l’intention de revoir la position de son pays au sein de l’espace Schengen en rétablissant les contrôles aux frontières pour les personnes non européennes. Or, depuis 1995, à l’intérieur de l’espace Schengen les personnes peuvent y circuler librement. Ce principe repose sur la confiance entre les États membres : chaque pays contrôle les entrées aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Il en va de même pour les entrées de marchandises.

Un autre point du programme de la candidate du RN est la réduction de la contribution budgétaire de la France à l’Europe, ce qui permettrait de récupérer 5 milliards d’euros par an. Seulement, cette proposition ne pourra pas être appliquée dès le début du prochain quinquennat en 2022 puisque le dernier plan budgétaire voté est d’application jusqu’en 2027. Là encore la France risquerait de lourdes sanctions financières.

Marine Le Pen veut aussi la priorité nationale d’accès à l’emploi, au logement et aux aides sociales. Cependant, elle a l’air d’oublier que cette mesure va à l’encontre de l’article 21 de la charte des droits fondamentaux européens qui interdit les discriminations sur base de la nationalité. Pour arriver à ses fins et passer outre cette inconstitutionnalité Marine Le Pen devrait quitter la Cour européenne des droits de l’Homme, et donc quitter l’UE.

La liste des mesures allant à l’encontre des règles européennes et passibles de sanctions proposées par la candidate ne s’arrête pas là.

 

Si Marine Le Pen dit s’être mieux préparée au débat qu’en 2017, il y’a néanmoins un point sur lequel elle n’excelle pas encore : la lecture des graphiques et des chiffres. Que cela soit volontaire ou non, elle a toujours réussi à faire dire aux chiffres ce qui l’arrangeait, au détriment de ce qu’ils démontrent réellement. Si ses données sont vraies, elles sont souvent suivies d’un « mais ». Lors du débat d’entre-deux-tours, la candidate l’a encore démontré. Par exemple, elle affirmait que l’inflation est supérieure d’un point à la croissance : l’affirmation est vraie, mais en se basant sur les prévisions pour 2022 de la Banque de France, et non sur la situation actuelle. Même chose pour les chiffres du chômage. Elle a attaqué Emmanuel Macron sur le nombre de chômeurs de toutes catégories confondues (A, B et C) qui était, en 2017, de 5,5 millions et aujourd’hui, ce chiffre n’a baissé qu’à 5,4 millions. Ce à quoi le président sortant a répondu légitimement que de manière générale, les chômeurs de catégorie B et C ne sont pas pris en compte puisqu’ils ont au moins une activité partielle. Sont considérés dans le calcul que les personnes n’ayant absolument pas travaillé lors d’une semaine spécifique, ayant cherché activement un emploi et les personnes disponibles pour travailler dans les deux semaines à venir. Un dernier exemple frappant toujours lors de ce débat : Emmanuel Macron s’est vu accusé de vouloir placer 50 éoliennes sur toutes les côtes sauf celle du Touquet (là où se trouve sa résidence). Sur le site du ministère de la Transition écologique, seuls sept projets éoliens sont en développement, et non pas 50 ! Quant au parc d’éoliennes au Touquet, le projet a été suspendu d’aout à mai 2017 et donc bien avant qu’Emmanuel Macron soit président.

 

Comment parler de Marine Le Pen sans parler de ses relations avec la Russie et avec Vladimir Poutine ? L’amitié entre le dirigeant russe et la présidente du RN commença en 2013 lors d’une visite de cette dernière en Russie. Cette amitié s’est consolidée lorsque Marine Le Pen avait montré son soutien à la Russie en 2014 durant la crise ukrainienne. À cette époque, elle avait même déclaré que Kiev était, historiquement, le berceau de la Russie et que l’économie de l’Ukraine était grandement liée à la Russie. Plus tard, en 2017, Vladimir Poutine, après un entretien en tête à tête avec la candidate du RN,  lui montre à son tour son soutien pour la course à l’Élysée en déclarant publiquement qu’elle était sa favorite. Lors du débat d’entre-deux-tours, Emmanuel Macron a attaqué Marine Le Pen en lui reprochant de s’adresser à son banquier quand elle parle de la Russie. Et pour cause, quelques années auparavant, Marine Le Pen s’est vue octroyer un prêt de 9 millions d’euro au nom du Front National chez First Cezch Russian bank, situé à Moscou. Selon ses dires, c’était la seule banque qui avait accepté de lui prêter autant d’argent alors qu’aucune banque française ne voulait le faire. Ses relations ambiguës avec la Russie sont une réelle menace : si la Russie de Poutine n’est plus l’URSS de Staline, le régime politique n’en demeure pas beaucoup plus démocratique. Se rapprocher du Président russe reviendrait à cautionner ses actions.

 

Si ce dimanche 24 avril les français ont tranché et ont réélu Emmanuel Macron à 58%, Marine Le Pen a vu son résultat augmenté de près de 8% par rapport aux dernières  élections de 2017. Cette hausse témoigne de deux hypothèses : premièrement, les français, pas convaincus de la politique de M. Macron, ont voulu un vent de nouveau pour la France ; deuxièmement, les français ont vu en Marine Le Pen une personne à l’écoute de leurs attentes et de leurs maux. À partir de ces deux hypothèses, il n’est pas difficile de se mettre dans la peau d’un français moyen. De plus, Éric Zemmour (lui aussi candidat pour lElysée) a permis à la candidate de paraitre moins extrême et donc de gagner la sympathie de certains français. Dès lors, la priorité est de prévenir au mieux la population des dangers du programme de Marine Le Pen, mais également de tous les autres candidats aux éléctions.

 

Présidence française au Conseil !

Arc De Triomphe
Arc De Triomphe

Le 1er janvier 2022 est une date très importante pour l’Union européenne mais aussi pour le pays qui a été choisi pour présider le Conseil de l’Union européenne pour les 6 prochains mois. La France est l’état membre qui succèdera à la Slovénie dans cette tâche impliquant divers responsabilités.

 

La présidence française du Conseil de l’UE, c’est quoi exactement ?

 

La présidence du Conseil de l’Union européenne également appelée présidence tournante réunit les états membres au niveau ministériel sur un domaine en particulier. Sa représentation est assurée par le chef d’État ou son ministre des Affaires étrangères. Le Conseil de l’Union européenne est essentiel pour le bon fonctionnement de L’Union européenne. En effet, le Conseil adopte la législation de l’UE avec l’aide du Parlement européen. Il sera impliqué dans l’adoption des textes législatifs, des budgets mais aussi la coordination dite politique des états membres de l’Union européenne.

 

Durant les 6 mois, la France sera maitre des horloges ce qui signifie qu’elle fixera le calendrier des réunions et prendra aussi le rôle d’arbitre pour faire en sorte que les gouvernements de tous les pays membres se mettent d’accord sur des textes de lois européens. Cela permettra à la présidence française de mettre en avant des thèmes qui sont d’une grande importance à ses yeux. Nous avons des thèmes comme l’immigration, la souveraineté économique ou la défense.

 

La France qui détient cette tâche, exercera en effet une double présidence. Avec le début de la présidence du Conseil, la France entamera également sa deuxième représentation qui est celle du COREPER (Comité des représentants permanents). Cette représentation est assurée par l’ambassadeur ou le RP adjoint de la France. Le COREPER a comme mission de préparer les travaux du Conseil. Il se divise en deux parties : le Coreper I a comme responsabilité de préparer les travaux portant sur les 6 formations du Conseil qui sont entre autres l’emploi, les transports, l’éducation, l’agriculture et autres. Quant au Coroper II, il s’occupe de travaux portant sur les 4 autres formations du Conseil : nous avons entre autres les affaires générales, les affaires étrangères, les affaires économiques et financières, etc.

blue flag on top of building during daytime

Au terme de la présidence, il se passera quoi ?

 

Au terme de 6 mois de présidence, nous aurons la passation de pouvoirs entre la France et le pays qui lui succèdera. Ce sera au tour de la République tchèque de prendre le contrôle du Conseil pour une même durée.



 

 

Sources utilisées pour rédiger cet article :

·       https://www.touteleurope.eu/presidence-du-conseil-de-l-union-europeenne/qu-est-ce-que-la-pfue-la-presidence-francaise-du-conseil-de-l-union-europeenne/

·       https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=LEGISSUM:coreper

·       https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_de_l%27Union_européenne#Présidence

·       https://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/eu-affairs/20211210STO19208/presidence-francaise-du-conseil-de-l-union-europeenne-les-attentes-des-deputes

·       https://presidence-francaise.consilium.europa.eu

 

L’aventure Miss Belgique, on en parle ?

Notre équipe est allée à la rencontre d’une candidate au concours de Miss Belgique 2022, Wendy Fimiani.  Victor Hugo disait : « Aucune grâce extérieure n’est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l’âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps ». Nous ne pouvons que validé ses dires. Le concours Miss Belgique est tant critiqué pour sans manque d’authenticité, pour un résultat connu d’avance, pour des colossales quantités d’argent dépensées ; on s’interroge.

 

Wendy, merci d’avoir accepté notre invitation. J’attaque directement dans avec une question brûlante, ta présentation lors du show final, pourquoi avoir choisi « elle aime les lasagnes et les tiramisus » ?

 

Merci Gauthier pour cette interview. Pour être tout à fait honnête, je ne regrette pas mon aventure car Miss Belgique est une vraie école de vie qui t’inculque des choses qu’on n’apprend pas à l’école. Mais j’avoue que je n’ai pas apprécié cette description. Je suis plus que ça ! En plus, avec ce genre de propos, toute une communauté peut être blessée. Ça été le cas. Tu tiens de tels propos envers une autre communauté, tu as une plainte déposée pour racisme. On m’a réduite à deux clichés ! Je suis évidemment fière d’être italienne et jamais je ne renierai mes origines mais me décrire comme une personne aimant les lasagnes et les tiramisus, c’est dégradant. Ma grand-mère de 90 ans – ainsi que d’autres membres de ma famille, parfaitement intégrés – était là et tous ont été choqués.

 

Quand tu dis que le concours enseigne des choses qu’on n’apprend pas à l’école, tu veux dire quoi ? 

 

Miss Belgique c’est un tout, c’est une école de vie. On apprend à vivre en communauté, on apprend à vivre avec une pression permanente, on se découvre, on apprend à avoir confiance en soi ; choses qu’on apprend rarement à l’école. Pour moi, l’enseignement en Belgique n’est pas assez poussé. On ne promeut pas assez le bilinguisme ou le trilinguisme alors que notre pays est un réel laboratoire linguistique. On t’apprend des choses inutiles, enfin pour moi ! Chaque matin, je me demande à quoi va me servir le théorème de Pythagore. Je ne sais toujours pas ! [Rires].

Quelles sont les caractéristiques pour participer au concours ?

 

Il faut savoir que contrairement à la France, il n’y a pas restriction de taille. Nous devons juste être sans enfant et très flexible. En même temps, vu la cadence, nous n’avons pas trop le choix. Je pense, personnellement que je ne rentrais pas à 100% dans le moule ! Tu sais, je dis ce que je pense et je ne suis pas quelqu’un qui me laisser faire et je pense que ça peut ennuyer à l’heure actuelle.

 

Et tu penses que si tu n’as pas été retenue, c’est simplement parce que tu es plus « intellectuelle » que les autres ?

 

Avec toute la modestie qui me sied, je n’oserai pas avancer une telle chose mais j’avoue que j’ai fait de la musique, je suis allée à l’Académie et j’ai fait du solfège, je chante, je parle plusieurs langues, j’ai un bachelier en poche… donc bon… Malgré tout, je reste une personne modeste, terre à terre, et respectueuse de toutes les personnes et de leur parcours.

 

Quelle était ta relation avec les autres candidates ?

 

Très bonne. Comme toujours, on a plus d’affinités avec certaines et moins avec d’autres. Je suis encore en contact régulièrement avec Shana, Galéia, Sabrina ou encore Arlette.

 

Alors, cette fameuse histoire de d’entreprise de tiramisu, tu nous en parles ?

 

Ahaha. On m’a contacté le 1er avril pour savoir si je voulais faire croire que je m’étais lancée dans un nouveau projet à savoir la création de ma propre marque de tiramisu. Le piège a marché du tonnerre à un tel point que j’ai reçu mes premières commandes de tiramisu sans rien demander. Mais j’ai une vraie autre idée derrière la tête mais chute… c’est une surprise !

La vie d’artiste !

La réforme du statut d’artiste est arrivée. Il s’agit de la plus grande réforme en matière artistique depuis ces 20 dernières années. Après un combat sans relâche mené par Georges-Louis Bouchez (Président du MR), Pierre-Yves Jeholet (Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles), David Clarinval (Ministre des classes moyennes et des Indépendants) et Charles Gardier (député communautaire), le statut d’artiste 2.0 a vu le jour. L’actuelle procédure pour accéder à ce statut était longue, fastidieuse et d’une complexité kafkaïenne. Voici ce qui change ! 

La procédure est simplifiée. Il est désormais possible de soumettre son dossier, déclarer ses prestations et recevoir des informations via la plateforme numérique: Working in the arts. Fini les files interminables dans les administrations.

person playing guitar

Le statut est plus accessible et plus reconnaissant. Dans l’ancienne réforme, les techniciens du secteur artistique n’étaient pas reconnus. Grâce à cette réforme, ces derniers auront dès à présent accès au même régime de protection sociale élargie que les artistes. Par ailleurs, ils bénéficient également des mêmes dispositifs spécifiques que les artistes.

Le statut d’artiste récompense plus le travail. Le nouveau statut assure un revenu de base qui récompense le travail des artistes. Si un artiste bénéficie d’un statut dérogatoire au chômage, ce n’est pas parce qu’il est “artiste” mais parce qu’il “fait” des prestations artistiques. Il est donc désormais possible de cumuler l’allocation des arts avec une activité d’indépendant complémentaire tant que cela n’excède pas 9628 euros par an.

Bref, la nouvelle réforme c’est: 

– Une simplification;

– une plus grande accessibilité;

– une réforme plus résponsabilisante; 

– meilleure récompense du travail. 

graffiti wall alley during daytime

Rencontre avec le président du MR international

LA MINUTE

Il y a quelques semaines, certains journalistes sont allés à la rencontre de Jean-Jacques Flahaux et de David Leisterh. Autour d’un bon petit repas convivial, nous avons toutes et tous pu discuter de divers sujets politiques d’actualité: hausse des prix de l’énergie, montée des extrêmes et du populisme, maintien du nucléaire, le MR international, la crise ukrainienne et bien plus encore. 

A travers ce petit article, toute l’équipe souhaitait remercier chaleureusement Jean-Jacques et David pour leur présence et leur soutien ! 

Sources :

Restaurant: Pasta Divina

https://www.pastadivina.be/

Que du foot? Vraiment?

white and gray Adidas soccerball on lawn grass

Socrates, le footballeur brésilien (rien à voir avec son homonyme grec) est un prodige du ballon rond qui, au début des années 80, fait beaucoup de bruit. D’une part, par son talent, car malgré son style atypique, le brésilien est un régal pour les yeux lorsqu’il joue, mais également pour son engagement politique profond. Le joueur aura toujours eu de nobles ambitions et c’est pour cela qu’avant de finalement décider de faire carrière dans le sport, il décrocha un diplôme de médecine, qui lui vaudra plus tard son surnom : « le docteur ».

A cette époque, le Brésil est en proie à une dictature militaire (1964-1985) et le football est extrêmement corrompu par le gouvernement. Cependant, en 1980, un nouveau président, progressiste, prend en charge le mythique club de São Paulo : les Corinthians. Socrates, qui ne supporte plus les mises au vert interminables, en profitera pour mettre en place une expérience absolument révolutionnaire : à présent, les gains seront répartis de manière plus équitable et toutes les décisions prises seront soumises à un vote au sein des joueurs. Une mini démocratie vient de naître dans le football brésilien, la démocratie corinthienne.

Cette expérience est couronnée de succès. Sur le plan sportif, les Corinthians remporteront deux championnats et cette équipe spectaculaire déchainera les foules. Sur le plan politique, la dictature ne peut rien faire pour s’opposer aux messages politiques des joueurs, lesquels inscrivent d’ailleurs ostensiblement le mot « démocratie » sur leurs maillots. En effet, l’objectif du club ne se limite pas qu’au football : il veut prouver les bienfaits de la démocratie à tout le pays. Véritable religion au Brésil, ce sport et sa gigantesque popularité offrent une médiatisation colossale au projet. Socrates, quant à lui ne manque pas de fêter chacun de ses buts en se tenant droit, et en brandissant le poing, défendant avec véhémence son idéal de démocratie. D’ailleurs, lors d’élections finalement tenues en 1982, les Corinthians ne manquent pas le coche, et rajoutent sur le maillot porté lors de la finale du championnat, « votez le 15 ». L’année suivante, ils profiteront d’une nouvelle finale pour brandir à la fin du match une banderole devenue légendaire : « Gagner ou perdre, mais toujours en démocratie. »

Bien que petit à petit, le battage médiatique autour de l’équipe commence à diminuer, Socrates ne lâche pas l’affaire et continue à mêler sport et idéologie. Il rejoint un mouvement politique réclamant une élection présidentielle au suffrage universel et alors qu’un pont d’or lui tend les bras en Europe au club de la Fiorentina, il déclare lors d’une manifestation devant une foule en délire que s’ils réussissent à mettre suffisamment de pression sur le président, il restera au pays. Malgré tout, le miracle n’aura pas lieu, et il rejoindra finalement Florence, où ses performances footballistiques décevront.

Rattrapé par ses problèmes avec l’alcool, il décèdera en 2011 mais aura eu le temps de voir son pays se libérer de la dictature militaire. Véritable icône de la résistance brésilienne, le joueur et son équipe auront touché tout le monde au Brésil, de l’amateur de football aux intellectuels du pays. Nul doute que sa popularité aura contribué à l’éveil des consciences dans une situation critique.

Président brésilien entre 2003 et 2011, Lula déclarera : « La démocratie Corinthiane a apporté le message du changement et de la démocratie à un nombre incalculable de personnes. Les Corinthians sont l’une des plus grandes équipes du pays, et le fait de voir des joueurs de football mettre en pratique les idéaux démocratiques a mis en lumière l’importance de notre lutte. »

Alcoolique, fumeur, docteur mais aussi footballeur au professionnalisme discutable et dont la quête inébranlable de liberté lui fera parfois défaut, Socrates a marqué des buts certes, mais a aussi marqué son pays de son empreinte. Les mauvaises langues estimeront qu’avant d’être un démocrate convaincu, il militait avant tout pour sa propre liberté.

Bien sûr, il serait malhonnête de prétendre que le Brésil doit l’avènement de sa démocratie uniquement à Socrates. Néanmoins, le joueur brésilien aura à tout jamais démontré une chose : la portée du football va bien au-delà du cliché le réduisant à quelques personnes courant simplement derrière un ballon.

Sources: 

https://www.rts.ch/sport/football/11329320-socrates-et-democratie-corinthiane-la-renaissance-dun-football-plus-juste.html#chap03

Documentaire “Democracy in Black and White”, 2014

Ranc, D. & Sonntag, A. (2013). La « démocratie corinthiane », un exemple d’organisation créative dans le football au temps de la dictature brésilienne. Humanisme et Entreprise, 313, 3-18. https://doi.org/10.3917/hume.313.0003

 

Mon chien, mes yeux !

En mars dernier, nous avons eu l’occasion de rencontrer des formatrices à l’école canine Scale Dogs. Cette ASBL a pour but de former des chiens afin qu’ils puissent guider des personnes malvoyantes, mais également des enfants atteints de trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Tout a commencé en 1990, quand les membres du Kiwanis Bruxelles Scale sont allés visiter le Kiwanis Club de Limoges. Ils avaient déjà créé quelques années plus tôt un centre de formation pour chiens-guides.

 

« SCALE » Dogs fait référence aux 5 valeurs principales du club Kiwanis Bruxelles Scale.

« S » pour « Solidarité », 

« C » pour « Courtoisie », 

« A » pour « Amitié », 

« L » pour « Loyauté », 

« E » pour « Entraide ».

La majorité des chiens formés pour être chiens-guides sont des labradors retrievers. Cette race s’adapte bien à la formation et regroupe différentes qualités nécessaires à l’assistance de personnes malvoyantes. Ils sont sociables, calmes, intelligents, et ont une bonne santé.

Une formation complète de chiens-guides dure approximativement deux ans, en fonction du chien cela peut être plus ou moins rapide. Tout compris, la formation revient à un coût de plus ou moins 25 500 €, et le financement se fait uniquement par le biais de dons. Il n’y a aucun subside direct. Cependant, l’ASBL a évidemment des sponsors comme la Loterie Nationale. Toutefois, le sponsoring devient de plus en plus difficile. D’autres personnes décident de léguer leur héritage ou inscrivent l’association sur leur testament. 

 

Ça fonctionne comment

 

Dès le plus jeune âge, les chiots sont sélectionnés par Scale Dogs auprès d’éleveurs dont les conditions correspondent aux critères de l’association ou auprès de Purpose Dogs, une association qui consacre son activité à la sélection et l’élevage de chiens destinés aux centres de formation de chiens d’assistance. 

Dans un premier temps, les futurs formateurs évaluent le comportement des chiots pour s’assurer de leur disposition à devenir chiens-guides. Même le passé médical des parents des chiots sont analysés afin de s’assurer des normes de qualités les plus élevées possibles.

 

Dès 8 semaines, les chiots sont placés en famille d’accueil pour s’accoutumer à la vie quotidienne. C’est au sein de cette famille qu’ils vont découvrir les promenades, les rues, les parcs, les transports publics, la circulation, les bruits, les travaux … De cette façon, ils apprennent à se sentir à l’aise dans toutes les situations, et ils passent chaque week-end au sein de leur famille d’accueil tout au long de leur formation. Les familles d’accueil sont là pour poser les bases de l’éducation du futur chien-guide en faisant de lui un jeune chien équilibré, joyeux et obéissant.

 

La formation de chiens-guides en elle-même ne commence qu’une fois que le chien a atteint sa première année et que différents examens médicaux ont été réalisés pour s’assurer de sa bonne vision et d’un parfait état de santé. Les fondements de cette dernière ont pour objectif d’apprendre au chien à prendre plaisir à s’entrainer et à s’habituer aux exercices de chiens-guides. L’éducation se veut positive et à l’écoute des besoins du chien. D’ailleurs, au cours de sa formation, le chien sera récompensé pour ses réussites. Il y a tout de même un cadre et des commandes alternatives lors des désobéissances.

 

Chaque éducatrice ou éducateur s’occupe en moyenne de deux chiens, maximum trois. Lors de la formation, le chien apprend à suivre des ordres sur commande, et en même temps, il apprend à faire certaines actions de façon autonome. Par exemple, il apprend à refuser une commande de son maître qui représenterait un danger pour celui-ci, comme refuser d’avancer alors que son maître lui demande d’aller face à un obstacle dangereux. Les chiens-guides qui ne répondent pas aux exigences, très strictes, pour accompagner une personne malvoyante, que ce soit pour des raisons médicales ou de comportements, sont alors évalués au niveau de leur éducation et de l’obéissance afin de connaître leurs aptitudes à devenir chien d’autisme ou chien d’institution, ces derniers ont vocation à être présents au sein de maisons de repos pour améliorer la qualité de vie des résidents.

 

En moyenne, il y a 6 chiens guides formés par an. Dont 1 chien pour les personnes atteintes d’autisme et 1 chien d’institution. Suite à la crise COVID, très peu de chien ont pu démarrer une formation. En 2021, seuls 4 chiens ont démarré la formation de chiens-guides.

 

Tout le monde peut avoir ce type de chien ? 

 

Avant toute chose, est analysé le besoin d’avoir un chien-guide en parallèle au besoin de déplacement de la personne malvoyante. La personne malvoyante doit avoir la capacité de se déplacer de manière autonome à la canne blanche et connaitre son environnement. Si elle ne connait pas son environnement, si elle n’a pas appris à le juger, si elle se perd dans cet environnement, un chien-guide n’est pas une option. La personne déficiente visuelle doit connaitre les éléments de son environnement qui lui permettent de savoir plus ou moins où elle se situe sur son trajet. Le but est de donner les commandes au chien au bon moment. Les capacités de mobilité et d’orientation sont donc importantes.

 

Le coût financier est énorme, qui serait encore plus énorme sans l’aide des familles bénévoles et familles d’accueil, le coût de formation est estimé à 25.000 euros. Les bénéficiaires peuvent recevoir une somme des régions (Aviq 5000 €), qui est rétrocédée à l’ASBL. La crise Covid a touché l’ASBL principalement au niveau des dons et des activités.

Les prix des carburants flambent… pourquoi?

man wearing white top looking at projector graph screen
text

Depuis début 2022, le prix du carburant a considérablement augmenté, atteignant un prix jamais connu jusqu’à maintenant. Mais lorsqu’on va à la pompe, que paie-t-on exactement ? Et surtout, comment le prix du pétrole est-il défini ?

 

En Belgique, le prix des produits pétroliers vendus aux consommateurs (essence, diesel et mazout de chauffage) sont plafonnés, c’est-à-dire qu’il ne pourra être plus haut que le prix fixé, mais peut être proposé plus bas par les vendeurs. L’État belge et la Fédération Pétrolière Belge (FPB) ont conclu un contrat-programme et le prix maximum est défini selon les dispositions de ce contrat. La FPB représente les compagnies pétrolières chargées du raffinage, marketing, stockage et de la distribution. La FPB c’est quatre raffineries, sept entreprises de distribution des produits pétroliers et une de stockage.

            

Le contrat-programme, quant à lui, assure à la Belgique de ne jamais tomber à court de carburant et assure une certaine stabilité du prix à la consommation. Sont concernés par ce contrat les ministres de l’économie et de l’énergie et la FPB. Ce contrat-programme dure trois années reconductible tacitement à la fin de ces trois années. Cependant, chacune des parties peut y mettre fin mais avec un préavis de 12 mois à partir de la date de résiliation. Le premier contrat-programme a été établi à la suite de la crise pétrolière de 1973 : après le choc, un écart s’est créé entre les notations de pétrole sur les marchés internationaux et les prix de vente sur le marché belge. Le SPF économie joue aussi rôle dans la définition du prix maximum : la Direction générale de l’énergie du SPF économie le calcule au quotidien, toujours selon les clauses du contrat-programme.

À noter que pour certains produits pétroliers (gasoil de chauffage 50S, gasoil de chauffage EXTRA et le pétrole lampant C) un prix maximum pour les livraisons existent à partir de  2000 litres. Toujours pour ces mêmes produits, le prix maximum est différent si ils sont vendus en station-service.

 

Le prix du carburant vendu à la pompe à essence peut être décomposé en quatre parties. La première est le coût du produit ex-raffinerie, soit le prix du carburant qui vient de sortir des raffineries de pétrole – où l’on transforme le pétrole en diesel ou essence. Il représente environ 30% du prix du carburant. Ce coût lui-même diffère selon l’offre et la demande, le taux de change euro/dollar, la notation de la matière première sur le marché international et le coût du raffinage. La deuxième partie qui constitue le prix de l’essence et du diesel est la marge de distribution pour les fournisseurs de carburant, définie par l’Etat belge en valeur absolue par litre. Cette partie couvre les frais de transports, de stockage des fournisseurs et les frais publicitaires du produit. La marge de distribution est fixe et représente 10% du prix en pompe à essence.

Du prix du carburant sont déduites des cotisations et des accises. Plus précisément trois cotisations avec chacune un objectif sont prélevées :

 

    APETRA (Agence PETRolière – PETRoleumAgentschap) qui s’assure que un stock de pétrole en Belgique soit présent.

    BOFAS, c’est un fond pour aider les stations-service à assainir (désinfecter) leur sol.

    Une cotisation sur l’énergie.

 

Les accises, quant à elles, sont déterminées par le Service Public Fédéral en valeur absolue par litre. Toutes ces déductions représentent plus ou moins 40%.

Enfin, il reste la TVA fixée à 21%.

Le prix du carburant n’est donc pas anodin. Il est fixé quotidiennement par des acteurs de l’État en fonction du marché international, du contrat-programme et des impôts indirects. En temps de crise ou de guerre les prix grimpent : la demande est supérieure à l’offre, la prime de risque dans le pays en guerre augmente… A noter que les taxes, cotisations et accises restent toutefois le poids le plus important dans le prix puisqu’elles représentent plus de plus de la moitié.

WOG gasoline station