La nouvelle Drôle de guerre

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24 février 2022, 4h. Vladimir Poutine déclare désormais ouvertement son intention d’intenter à la souveraineté nationale de l’Ukraine en affichant sa volonté de, nous citons, « dénazifier l’Ukraine». Hasard ou non du calendrier, c’est un 24 février 1812 qu’a eu lieu la signature d’une convention militaire franco-prussienne dans laquelle la Prusse accorde à l’Armée impériale française des facilités d’approvisionnement et de stationnement pour la campagne de Russie de Napoléon. C’est aussi un 24 février 1920 que le parti nazi est officiellement créé.

Revenons un instant sur le terme “dénazifier“. Ce furent déjà les nazis qui, dans l’histoire, ont essayé d’inclure en un seul empire l’ensemble des populations germanophones d’Europe, dans le but d’augmenter leur Lebensraum vers d’autres territoires idéologiquement antagonistes une fois les Allemands réunifiés sous la bannière de la svastika. Ce fut donc en premier lieu l’Anschluss de l’Autriche puis l’annexion des Sudètes tchécoslovaques en 1938, avant le dépeçage de la Pologne et le début de la Seconde Guerre mondiale.

Stefan Zweig disait à l’époque : « rien n’a plus aveuglé les allemands que l’orgueil de leur propre culture ». C’est en partie l’orgueil des Allemands après la Première Guerre mondiale et le poids du Traité de Versailles qui les ont poussés à suivre les velléités belligérantes des nazis.

Depuis lors, L’URSS (et toujours la Russie aujourd’hui), alors victorieuse de cette guerre en compagnie des Alliés, célèbrera désormais le 9 mai, le lendemain de la capitulation allemande, en tant que “Jour de la Victoire” de la Grande Guerre patriotique face aux Nazis.

Comparaison n’est pas raison, mais la ressemblance est troublante : l’URSS a fait de la Russie un pays conquérant, propagateur d’une révolution émulatrice face au capitalisme. La chute de cette Union a plongé le pays dans la crise sous toutes ses formes. 35 ans après la Perestroïka, ce n’est que par orgueil que la Russie préfère désormais les bruits de bottes à la neuvième symphonie de Beethoven. Militairement, c’est simple : Vladimir Poutine tente d’augmenter sa profondeur stratégique en englobant les populations russophones dans sa sphère d’influence militaire; La Blitzkrieg de l’armée russe pour démilitariser l’Ukraine fut destinée à l’affaiblir en un temps record avant que les efforts politiques et diplomatiques des puissances occidentales ne parviennent à faire entendre raison à la Russie. Fort heureusement, la guerre-éclair a échoué. Puisse la raspoutitsa arrêter Poutine tout comme elle freina Paulus.

Le polémologue allemand Von Clausewitz disait avant la Première Guerre mondiale : « la guerre n’est que l’extension de la politique par d’autres moyens ». Traduction : la guerre survient lorsque le politique et la diplomatie ont échoué. A court terme, en guise de soutien à l’Ukraine, ce n’est pas seulement en publiant des stories, des décors Facebook, des appels aux sanctions,… que l’armée russe reculera. Vladimir Poutine s’en moque. S’indigner, c’est bien. Agir, c’est mieux.

Alors que faire ? Soutenir la société civile ukrainienne est un premier pas. A plus long terme, soutenir la société civile russe est un deuxième pas, à l’image de cette journaliste ayant interrompu le JT le plus regardé de Russie.  Ceux qui ont porté Vladimir Poutine au pouvoir en sont désormais prisonniers. Et tant qu’il sera au pouvoir, la population russe se radicalisera à son service, au détriment de la paix.

Si l’on comparait les relations internationales à une partie d’échecs à plus de deux adversaires sans possibilité d’en mater un, on ne pourrait défendre ses intérêts qu’en s’assurant d’alliances fiables et en se protégeant des effets dévastateurs et globaux d’un coup de maître. 30 ans plus tard, le vœu pieux des Scorpions dans « Wind of change » est détruit. La guerre froide n’a pas anéanti la Russie. Francis Fukuyama n’avait peut-être pas raison lorsqu’il déclarait en 1991 que “la fin de l’histoire a été atteinte par la victoire du libéralisme sur toute autre forme de pouvoir“. La démocratie ne saurait être que libérale, et libre. Mais sans doute est-elle trop lourde à assumer pour certains.

En conclusion, les jeunes libéraux entendent se faire entendre de la sorte : politiquement, la situation en Ukraine pose à tout le moins la question de la dépendance des sociétés démocratiques au bon vouloir des sociétés autocratiques, dictatoriales et dont l’idéologie politique se situe aux antipodes des valeurs occidentales et des droits de l’homme. La liste est longue : Russie, Chine, pays exportateurs de pétrole, etc.

Il suffit de constater l’augmentation des prix de l’énergie, de l’énergie fossile en particulier, pour se rendre compte qu’orienter la conduite de la vie politique des démocraties occidentales dans le but de prévenir les dégâts collatéraux d’une crise politique à 3000 km de nos frontières passe par l’indépendance politique, militaire, sécuritaire, sociétale et environnementale vis-à-vis des autocraties. Il n’est pas seulement question de défendre notre mode de vie ou de lutter contre la volatilité des factures. Cela permet de sauver des vies. Et de manière bien plus importante que la politique, la vie est la seule valeur qui devrait être respectée par les gouvernements du monde entier.

La parole au MR international


 

Il y a quelques semaines, le Piccolomag a rencontré Julie, vice-présidente de MR international, pour une petite discussion « actualités ».

 

Que penses-tu de la crise ukrainienne ?

 

Je pense que ça nous montre bien qu’en Europe nous devons retrouver une certaine souveraineté ! Poutine est persuadé que son projet [annexion de l’Ukraine] est un projet d’avenir mais nous, citoyens européens, nous ne devons pas dépendre d’autres pays ! Nous devons tirer les conséquences des crises qui désormais se succèdent pour retrouver une souveraineté non seulement médicale (cf. les masques, les autotests confectionnés en Chine durant la pandémie) mais également énergétique et alimentaire !

 

Que penses-tu du « politiquement correct » ?

 

Cette bien-pensance actuelle nous réduit et nous condamne ! De nos jours, on ne peut plus rien dire et je dirais même plus… on n’ose plus rien dire par crainte de choquer ou par crainte d’être critiqué ! Tu sais mon fils a subi les conséquences de ce politiquement correct. Un jour sa professeure parlait des différents genres et mon enfant ne comprenait pas pourquoi on avait trois choix possibles à savoir : homme, femme et autre. Il a dix ans ! la professeure lui a demandé pourquoi il ne comprenait pas. Mon enfant a répondu que normalement on est homme ou femme, mais autre ne veut rien dire ! Elle lui a rétorqué qu’avec une mentalité pareille, on comprenait pourquoi certains avait légitimé le génocide juif perpétré par Hitler. Et le pire, c’est que nous, parents, nous avons été convoqués par la directrice de l’établissement pour, je cite, « comportement déplacé ». Ce que raconte cette malheureuse anecdote est que le politiquement correct dévore (pour emprunter ce terme à Élisabeth Badinter) nos idées, notre histoire, notre culture mais également nos relations aux autres. Le respect envers autrui est primordial et la liberté de penser, d’agir et de s’exprimer doit être respecté dans les deux sens.

 

Quand on parle du politiquement correct, certains y incorporent le féminisme ? Ton avis ?

 

Alors, je suis féministe. Personne ne peut remettre ça en question. Mais… il faut qu’on se le dise, le féminisme radical et absurde nous plongera dans une société manichéenne et ne résoudra pas les problèmes de fonds. J’entends par là que l’écriture inclusive – qui rend un texte illisible –, l’écriture non-binaire ou non genrée – qui rend le texte incompréhensible – et bien tout ça ne réduira pas l’écart salarial, ne résoudra pas l’insécurité en rue quand nos filles rentrent de soirées, et j’en passe !

 

Est-ce que tu es fière d’être libérale ?

 

Bien évidemment ! Là non plus la question ne se pose pas ! Cependant, de nos jours, quand tu dis que tu es libéral tu es directement catégorisé comme une personne bourgeoise et riche ! Mais enfin, si on travaille c’est pour vivre et se faire plaisir donc je fais encore ce qu’il me plait avec le reste de mon argent non ?  Aujourd’hui notre société bichonne celles et ceux qui ne travaillent pas et en contrepartie blâme celles et ceux qui réussissent, qui prennent des risques et qui créent de l’emploi autour d’eux ! C’est le monde à l’envers ! Pourquoi en vouloir aux gens qui bossent ?

 

Bref, je pense qu’on a beaucoup de travail à faire pour lutter contre les inégalités, les problèmes sociétaux, les bafouages de nos valeurs libérales mais que nous ne prenons pas la bonne direction ! C’est regrettable !

 

 

Liridon, Merveille et l’avenir de l’Europe

En 2022, l’Union européenne a 30 ans.

C’était le 7 février 1992 à Maastricht, douze pays[1] se mettaient d’accord sur le traité fondateur de l’Union Européenne.

Depuis, l’UE a beaucoup changé et fait l’objet aujourd’hui de beaucoup de critiques voire de certaines divergences en son sein.

 

Alors, le 9 mai 2021 à l’initiative du Parlement européen, de la Commission européenne et du Conseil de l’UE, la Conférence sur l’avenir de l’Europe a été lancée. À travers cette conférence, ces trois institutions souhaitent donner la possibilité aux citoyens européens de s’exprimer et d’échanger sur différentes thématiques pour repenser le vieux continent.

À cette fin, une plateforme web multilingue a été mise en ligne et des événements ont été organisés à travers l’Europe sur le plan européen, national, régional et parfois même local. Cet exercice de démocratie participative a pour objectif d’amener des contributions citoyennes aux réflexions des institutions européennes et devrait parvenir à des conclusions à la fin du printemps 2022. Les trois organes institutionnels se sont engagés à donner suite, dans la mesure de leurs compétences, aux recommandations formulées lors des différentes sessions.

 

Depuis le lancement en mai 2021, 5.993 événements ont été organisés en présentiel et en virtuel partout sur le vieux continent, et au total ce sont plus de 500.000 européens qui ont amenés leurs contributions. Tous pays confondus, la plateforme a reçu un peu plus de 16.000 idées.

 

Dans ce sens, deux JeunesMR, Merveille Siassia 30 ans, conseiller communal MR-IC de La Louvière, et Liridon Demiri, originaire de Evere et étudiant en droit âgé de 19 ans, ont participés à des sessions de discussions organisées dans le cadre de cette grande réflexion sur l’avenir de l’Europe, l’un au sein du Parlement wallon, et le second auprès du Parlement bruxellois. À la suite de ces événements, le PiccoloMag a recueilli leurs expériences.



[1] Belgique, Allemagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal

L’hackathon du Parlement wallon

 

Merveille Siassia a participé à l’Hackathon du Parlement wallon les 20 et 21 novembre derniers, qui regroupait vingt-six citoyens originaires de Wallonie âgés entre 22 et 36 ans.

Les participants se sont répartis en six équipes pour créer et défendre un projet autour de deux thématiques : le premier thème était l’impact des modes de vies sains et du changement climatique sur la qualité de la vie en Europe, le deuxième concernait les barrières à l’emploi des jeunes en Europe. Cinq intervenants spécialisés ont accompagné les discussions, et ont aussi participé en tant que jury pour désigner les deux projets les plus convaincants.

Les différents projets ont été défendus à l’assemblée du Parlement wallon par un rapporteur désigné dans chaque groupe, Merveille a défendu son projet relatif aux barrières à l’emploi chez les jeunes européens. 

 

Les deux projets retenus ont été déposés sur la plateforme numérique de la Conférence, et les données récoltées seront utilisées par les organes institutionnels de l’UE pour repenser l’avenir de l’Europe.

Le compte rendu de l’hackathon est disponible sur le site du Parlement wallon

 

Le Panel citoyen du Parlement bruxellois

 

À l’occasion de cette même Conférence sur l’avenir de l’Europe, Liridon Demiri a participé du 5 au 6 février 2022 au Panel citoyen organisé par le Parlement bruxellois avec 40 jeunes bruxelloises et bruxellois entre 18 et 30 ans sélectionnés parmi 750 inscrits.

Les participants ont déterminé les sujets de discussions suivants : le fonctionnement des institutions européennes, la participation citoyenne, y compris le droit de vote, l’identité européenne, la problématique de l’information et de l’éducation

 

Après une présentation des thèmes et des enjeux par des experts, les participants se sont réunis en cinq groupes, et devait choisir deux sujets sur lesquels mettre en commun leurs idées et développer des recommandations à défendre au sein de l’hémicycle en présence des autres participants, des médiateurs, et de Rachid Madrane (PS), président du Parlement de la région bruxelloise.

Chaque groupe a nommé un rapporteur pour présenter les recommandations et Liridon était le rapporteur de son groupe sur la problématique de l’éducation.

 

Les recommandations ont été adoptées comme lors d’une séance plénière classique, après la présentation des textes, il était possible de débattre et d’émettre des amendements, suivi du vote. Sur 40 recommandations émises, 38 ont été adoptées.

Elles ont également été transmises via la plateforme numérique et serviront aux institutions de l’UE pour repenser son avenir.  

 

D’après Liridon, les discussions portant sur le renforcement de l’histoire nationale ont été les plus animées, certains argumentant la nécessité de mieux connaître l’histoire, alors que d’autres craignant que cela ne renforce des idées de mouvance identitaire.

Par contre, l’idée d’une semaine européenne consacré aux Etats-membres à remporter une nette adhésion.

 

Le compte rendu du Panel citoyen est disponible sur le site du Parlement bruxellois.

 

Pourquoi avoir participé à ces évènements, et recommanderiez à d’autres jeunes d’y participer ?

 

Tous les deux sont convaincus qu’une Europe forte, unie et solidaire est nécessaire tant sur le plan économique et social pour ses citoyens, que sur la scène internationale pour faire face aux autres grandes puissances. 

 

Pour Liridon, prendre la parole est essentiel dans une démocratie et pouvoir participer à des ateliers de réflexion permet de faire entendre sa voix, et écouter les idées des autres. Participer c’est aussi s’impliquer dans son avenir, souligne-t-il.

Ces évènements sont un échange d’idées, une collaboration entre différents individus pas forcément d’accord et qui en même temps parviennent à un résultat.

 

Quant à Merveille, ces débats sont l’opportunité de pouvoir exprimer ses opinions, confronter ses idées à d’autres, mais aussi apprendre à écouter les idées d’autres personnes. C’est un échange de point de vue qui nourrit la pensée, et qui, dans ce cas, alimente la réflexion sur le développement de la société européenne.

 

En tant que jeunes, quelle serait pour vous l’Europe du futur idéale ?

 

Tous les deux souhaitent une Europe plus proche de ses citoyens, que ces derniers soient mieux informés des projets et politiques menés à l’échelle européenne. Que les européens soient plus souvent sollicités pour exprimer leurs avis et faire avancer l’UE ensemble.

Ils estiment qu’il serait nécessaire d’harmoniser certaines actions pour une meilleure cohésion sociale et économique dans l’espace européen, mais aussi pour être plus compétitif sur la scène internationale, et retravailler l’industrie européenne afin de ne pas avoir à se tourner vers l’extérieur face à des situations difficiles.

Selon eux, l’Europe idéale serait une Europe forte d’idées, de culture, de politiques communes et qui se place sur l’échiquier mondial en prenant position ensemble.

 

 

Sources :

 

Interview du 12 février avec Liridon Demiri et Merveille Siassia

https://www.parlement-wallonie.be/wp-content/uploads/2021/12/20211121_Hackathon.pdf

https://www.lalibre.be/international/europe/2022/02/06/parlement-bruxellois-quarante-jeunes-gens-ont-pris-part-a-un-panel-citoyen-consacre-a-lavenir-de-leurope-ZNLSQSOM4BC25DFPCWMAJAHM4E/

https://futureu.europa.eu/?locale=fr

https://futureu.europa.eu/pages/about

https://www.touteleurope.eu/fonctionnement-de-l-ue/qu-est-ce-que-la-conference-sur-l-avenir-de-l-europe/

https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/conference-on-the-future-of-europe/

Zemmour, le candidat polémiste qui séduit les jeunes

Éric Zemmour, 63 ans, a été révélé au grand public par l’émission « On n’est pas couché » sur France 2 où il y était chroniqueur. Il est né en banlieue parisienne de parents juifs d’Algérie. Diplômé de Sciences Po, il est journaliste politique depuis 1986 et se lance officiellement en politique fin novembre comme candidat à la présidentielle française 2022.

Étant un féroce débatteur et provocateur, il écope de plusieurs condamnations à cause de ses prises de positions controversées. Sur l’échiquier politique, étant donné ses sujets de prédilection centrés sur l’immigration, il se trouve à l’extrême droite aux cotés de Marine Le Pen.

Le nouveau candidat appelle à la nostalgie, parle de vieilles valeurs et d’un sentiment de sécurité disparu. Il se dit européen mais veut supprimer l’espace Schengen pour assurer la diminution de l’immigration à un absolu minimum. Son discours a eu, sans surprise, de vives réactions car la population de confession musulmane est particulièrement visée par son programme, par exemple, pour l’idée d’interdire le port du voile dans la rue et ou bannir les noms d’origines étrangères.

Même s’il n’a pour l’instant pas encore réussi à récolter les 500 signatures de maires nécessaires pour sa candidature, il suscite clairement l’intérêt et l’attention des médias nationaux et internationaux mais aussi de la population française ; ses prises de paroles faisant systématiquement exploser les scores d’audience des chaines qui l’invitent.

Son premier meeting officiel à Villepinte au début du mois de décembre a surpris par le nombre de visiteurs. Environ 14 000 personnes se sont déplacées, ce qui en fait un excellent début de campagne pour Éric Zemmour régulièrement vu comme le nouveau Trump français. Comme l’ex-président américain, il rêve de rassembler la bourgeoisie patriote et la classe ouvrière mais pas sûr qu’il y arrive pour la seconde. En effet, il manque de propositions économiques pour augmenter concrètement le pouvoir d’achat des citoyens.

L’ancien journaliste a également montré sa capacité à utiliser les réseaux sociaux comme pour sa vidéo de candidature présentée sur YouTube avant même l’annonce sur une chaine de télévision, une première pour une élection présidentielle. Sa communication est, de plus, diffusée à travers divers comptes Instagram comme celui de Stanislas Rigault, président de « génération Z » fortement présent sur les plateaux pour représenter Zemmour et ses idées. Celui-ci comptabilise un peu plus de 27 000 abonnés presque dix fois plus que ces homologues des « jeunes républicains et des « jeunes avec Macron ». Même s’il est encore tôt pour pouvoir dire qui se hissera au second tour, la droite républicaine représentée par Valérie Pécresse semble ne pas susciter le même intérêt auprès de la jeunesse. Le mouvement LR est effectivement l’un des partis qui utilise le moins les nouveaux canaux de communications, ce qui les rend moins attractifs auprès de ceux qui voterons pour la première fois en avril. Mais nous ne devons pas oublier que le nombre de clics ou d’abonnés ne veut pas forcément dire “votes effectifs”.

 

Après la première rencontre du nouveau parti « Reconquête » à Villepinte, le PiccoloMag a parlé du candidat controversé avec quelques jeunes qui étaient venus le soutenir.

Quelles sont les idées politiques d’Éric Zemmour qui vous plaisent le plus ?

 

« Ben moi notamment c’est le fait de rendre son prestige à l’éducation […] Je vais prendre par exemple mes profs de littérature, de philosophie, qui axent généralement leurs discours très à gauche au dépend de la neutralité qui est demandée à l’éducation nationale. L’écriture inclusive aussi, qui rabaisse notre langue que je trouve particulièrement belle. Je ne comprends pas pourquoi il faut partir dans des délires comme ça ».

 

Comment pensez-vous que Zemmour pourrait changer les discours « très à gauche » des profs ?

 

« Et bien par exemple en réinstaurant le roman national [….] Moi je trouve qu’il faut d’abord mettre en avant tous les grands faits, les victoires, les grandes inventions, avant les choses dont lesquelles on ne peut pas être forcément très fier. »

 

Avez-vous peur d’affirmer vos idées à vos amis ? 

 

« J’ai peur en fait de me faire assez vite ‘canceled’, [….] moi je suis dans un milieu assez de gauche, l’ensemble des personnes est assez à gauche dans mes études, donc si ça venait entre guillemets à se savoir, je pourrais très vite être seul. Moi par exemple je désapprouve totalement Jean-Luc Mélenchon et la gauche en général, je n’aime pas les idées qu’ils portent, […] mais je ne vais pas les interdire de manifester, je ne vais pas crier sur tous les toits que ce sont des extrémistes comme ils essayent de nous le faire porter.»

Qu’est ce qui vous a amené à venir à ce rassemblement ?

« Alors moi c’est la première fois que je vais aller voter en 2022, je souhaite faire le bon choix pour mon premier vote et comme les idées de Zemmour sont les plus convaincantes je trouve, j’ai décidé tout simplement de venir le supporter dans ce genre de meeting à Villepinte.

 

Quelles idées vous convainquent le plus ?

« Déjà sur l’économie, il assez intéressant je trouve [….], tout à l’heure il a fait un discours sur la fiscalité et les grandes entreprises qui embauchent des dizaines de fiscalistes pour payer moins d’impôts alors que les petites entreprises et les TPE croulent sous les impôts avant mêmes d’entamer les ventes. Sinon sur l’immigration c’est aussi assez intéressant parce que je pense simplement qu’il y’a trop d’immigration en France, qu’elle est trop facile. »

 

Et vous essayez de convaincre vos proches de voter pour lui ?

« Moi j’essaie surtout de convaincre mes parents, mais ma mère n’aime pas trop Zemmour, elle dit qu’il est misogyne mais moi je pense pas, après c’est son point de vue, je vais pas la forcer à voter Zemmour, non plus ».

Et vos amis, ils en pensent quoi ?

« Et bien, je suis venu avec un ami là. »

« Je suis militante à génération Z depuis septembre [….], j’ai toujours trouvé que c’était quelqu’un qui s’exprimait extrêmement bien et je pense qu’il l’a confirmé aujourd’hui. [….] là aujourd’hui Éric Zemmour ce qu’il portait c’était un réel message d’espoir pour la France. »

 

Trouvez-vous Zemmour raciste et misogyne ?

« Bah écoutez, moi je suis à moitié française, ma maman est russe et issue de l’immigration, donc 50% de ma famille est non-française et je suis moi-même, une jeune femme, donc en l’occurrence misogyne et xénophobe, non je ne crois pas. Ensuite raciste, raciste c’est faire une hiérarchie des races. [….] finalement ce sont des accusations, c’est réduire son adversaire en le traitant de fasciste parce que ça va couper le débat et il va devoir se justifier tout ça, mais non c’est faux. On a juste à regarder ce que propose Éric Zemmour et on voit tout de suite que ce n’est pas le cas. »

 

Et vos parents ?

« Ma maman a grandi sous l’union soviétique, elle savait à quel point le communisme c’est dangereux, elle a toujours eu cette envie de s’assimiler à la France tout en gardant ses traditions à la maison, on fête la Noël catholique et la Noël orthodoxe par exemple. [….] Mon papa lui, il est élu au rassemblement national mais il me dit que Zemmour, Marine Le Pen, tout ça, c’est le même combat. Finalement, on ne se bat pas pour un parti, on ne se bat pas pour un candidat, aujourd’hui on se bat pour l’avenir de la France. »

Dans leurs discours ce sont des jeunes qui sont dans une forme de protestation, souvent leurs parents ne votent pas pour l’extrême droite ou même la droite.

Ils veulent retrouver espoir en l’avenir et voient dans cette droite plus autoritaire une forme de cadre, ils craignent l’évolution de la société, ils craignent pour leur avenir. Ils craignent le changement, car leur environnement est plus incertain qu’auparavant. Dans toutes les périodes de crises les gens ont tendance à voter pour les extrêmes, c’est souvent un appel à l’aide, une peur.

Ils ont l’impression qu’ils n’ont plus le droit de penser différemment, de penser par eux-mêmes et cherchent à être derrière un candidat qui se fiche de plaire et du politiquement correct et qui le montre plus qu’une droite traditionnelle.

Il y a eu une telle exacerbation des sensibilités et de l’individualisme au fil des années que certains jeunes en ont marre d’avoir l’impression d’être muselés dans leurs paroles, et quoi de plus néfaste que d’essayer de contraindre les gens et encore plus les jeunes à ne plus s’exprimer.

Le débat se clôt sans argumentation, sans pédagogie, sans explication claire mais à la place : des accusations. Nous obtenons des jeunes qui votent pour des extrêmes car les pensées sont devenues interdites à exprimer.

Sources

Toutes les photos proviennent de Mouna Swaelens-Azzouz. Elles sont interdites de reproduction sans autorisation.

        https://www.instagram.com/guilhem_carayon/?hl=fr, consulté le 19 septembre 2021.

        https://www.instagram.com/stanislasrigault/?hl=fr, consulté le 19 septembre 2021

        https://www.instagram.com/ambroise_mejean/?hl=fr, consulté le 19 septembre 2021

        https://www.generation-zemmour.fr/, consulté le 18 septembre 2021

        CAULCUTT C.,https://www.politico.eu/article/france-zemmour-campaign-trump/, consulté le 16 décembre 2021

        MEFFRE B.,https://www.ozap.com/actu/audiences-record-historique-pour-face-a-l-info-avec-eric-zemmour-sur-cnews/610173, consulté le 11 décembre 2021

        BILLARD S.,https://www.nouvelobs.com/politique/20180221.OBS2520/des-annees-1980-a-macron-comment-s-est-imposee-l-idee-du-probleme-de-l-immigration.html, consulté le 9 décembre 2021

        ‘Rédaction avec AFP’, https://www.ladepeche.fr/2021/12/02/eric-zemmour-immigration-allocations-retraite-fiscalite-on-en-sait-plus-sur-le-programme-du-candidat-9965791.php, consulté le 9 décembre 2021

        https://www.toutelatele.com/on-n-est-pas-couche-6395?anecdotes=true, consulté le 7 décembre 2021

        https://www.gala.fr/stars_et_gotha/eric_zemmour, consulté le 7 décembre 2021

La gestion de la pandémie passe à l’heure d’hiver !

Par Gauthier Jacques, rédacteur en chef.

Covid Safe, loi pandémie, CODECO… on fait le point.

Depuis près de deux ans, nous ne cessons de parler de cette fameuse pandémie, des variants, des vaccins, et bien plus encore. Bien que la Covid-19 comptabilise jusqu’à présent 4,6 millions de décès dans le monde, ce n’est la plus meurtrière des pandémies. Rappelons-en brièvement deux autres. La première est la peste noire. Entre 1347 et 1351, la peste bubonique se répand dans toute l’Europe et sera responsable de la mort d’environ 25 millions de personnes sur tout le continent. La deuxième est la grippe espagnole. À la fin de la Première Guerre mondiale, les autorités de santé publique n’avaient pas de protocoles officiels en place pour faire face aux pandémies virales. La grippe espagnole – dont le foyer principal était chinois et non espagnol – fera plus de 500 millions de contaminations et 50 millions de victimes, soit plus que la guerre en elle-même pour être tout à fait précis.

Si nous nous arrêtons quelques instants pour faire le point sur la situation mondiale, le constat est sans appel. Hausse des contaminations, comme nous pouvons le constater dans le graphique ci-dessous.

Source: ECDC, Our World in data. Chiffre jusqu’au 17 octobre, données pour la Finlande et Suède indisponibles.

Le graphique montre que, parmi tous les pays d’Europe occidentale à la forte couverture vaccinale, l’Irlande et la Belgique sont ceux qui connaissent l’augmentation la plus rapide du nombre d’infections et d’hospitalisations. Mais quelle est la situation de nos pays voisins ?

Aux Pays-Bas, le gouvernement de Mark Rutte a demandé à son organe consultatif dans la lutte contre la pandémie (l’Outbreak Management Team) de formuler des recommandations de mesures supplémentaires. Chez nos voisins français, l’Hexagone réussit à contenir le virus. Avec l’introduction du Pass sanitaire, la France a pu augmenter considérablement son taux de vaccination ; 74% de la population pourrait être vaccinées d’ici la semaine de Toussaint. Pour le Luxembourg, le gouvernement a également instauré le Pass sanitaire dans l’optique d’augmenter le taux de vaccination puisqu’il reste encore un quart de la population adulte qui n’a pas encore reçu de dose de vaccin. Et pour le sud de l’Europe, le virus est contenu. Quand la Covid-19 est arrivée en Europe, au printemps 2020, l’Italie, l’Espagne ou encore le Portugal étaient les pays les plus touchés. Aujourd’hui, leurs statistiques sont parmi les meilleures d’Europe.

Et la Belgique dans tout ça ? Quid du dernier CODECO ?

Avancé à ce mardi, la réunion du Comité de concertation – initialement prévue ce vendredi – a pris plusieurs responsables de court. Ni Sophie Wilmès (au Rwanda), ni Pierre-Yves Dermagne (au Danemark aux côtés du Roi), ni Rudi Vervoort (en Turquie), ni Jan Jambon (à Dubaï) n’étaient physiquement présents. Ne soyons pas alarmistes, ce n’est pas un retour au confinement, tant s’en faut ! Cependant la parenthèse estivale est terminée et la gestion de la crise passe à l’heure d’hiver. La page de l’épidémie n’est pas encore tournée. Outre le retour du port du masque dans tous les espaces publiques intérieurs ou l’imposition du Covid Safe Ticket (CST) dans tout le pays, la loi pandémie sera activée.

Cette loi a été publiée au moniteur le 20 août et est entrée en vigueur le 4 octobre dernier. Pour qu’elle soit utilisée, il faut d’abord qu’une situation d’urgence épidémique soit déclarée par un arrêté royal, sur base d’une délibération du conseil des ministres. Il faut, ensuite, déclencher la phase fédérale de gestion de crise. Des arrêtés royaux doivent être pris pour fixer les mesures restrictives de liberté à instaurer : accès au territoire, limitation d’accès ou fermeture de certaines catégories, limitation ou interdiction de rassemblements, limitation ou interdiction de déplacements, conditions d’organisation du travail, etc. Dans la suite logique, la Chambre a 15 jours pour confirmer ou infirmer mais il ne faut pas attendre cette ratification pour la mise en œuvre des nouvelles règles. En cas de concertation non-aboutie « le fédéral peut décider seul » déclare Patrick Goffaux, professeur de droit administratif à l’ULB. Par ailleurs, les autorités locales peuvent prendre des mesures complémentaires via les bourgmestres ou gouverneurs.

D’aucuns vitupèrent contre ces possibles restrictions liberticides et populicides – comme l’aurait très justement souligné Gracchus Baboeuf – mais une telle loi n’est pas une première dans notre pays. En effet, un décret sanitaire avait notamment été pris dans une situation de choléra en 1831 qui punissait de peine de mort les contrevenants. Nous sommes, donc, bien loin des amendes, peines de travail ou des peines de probation autonome imposées par cette nouvelle loi pandémie.

Sources 

Six pandémies qui ont marqué l’histoire, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (Dossier Léguer Serain, pp. 10-11).

Gérer la crise la crise sanitaire avec la loi pandémie, cela change quoi ? , l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.3).

Comment l’Europe répond à la hausse des contaminations au covid, l’Echo, Mercredi 27 ocobtre 2021 (p.4).

La loi pandémie sera activée, les mesures harmonisées, La Libre, Mercredi 27 octobre 2021 (pp. 4-7).

Les valeurs libérales de l’Union Européenne

Par Olivier Humblet

Les valeurs libérales de l’Union Européenne au cœur de l’analyse de l’intérêt des prérogatives internationales chez les hommes et femmes politiques libéraux.

Les prérogatives inhérentes au poste de délégué des Jeunes MR à l’international, l’immigration et les affaires étrangères et européennes sont chères à notre formation de jeunesse libérale. En effet, il s’agit, généralement, de portefeuilles souvent brigués par des ministres fédéraux issus du MR. Nous pouvons citer Didier Reynders, ancien Ministre des affaires étrangères et européennes et actuel Commissaire européen. Il y a Sophie Wilmès, actuelle ministre des affaires étrangères. Avant elle, il s’agissait de Philippe Goffin. Citons enfin l’ancien président du MR, actuel Président du Conseil Européen, Charles Michel.

Nous pouvons être amenés à se demander pourquoi les prérogatives internationales sont souvent au cœur de la préoccupation des libéraux. Pour tenter de répondre à cette question, l’analyse du projet européen peut amener certaines pistes d’éclairage.

Le projet européen nait aux lendemains de la deuxième guerre mondiale. L’idée des pères fondateurs était la paix. Mais comment construire une paix durable, éviter de plonger un continent de nature belliqueux dans les ravages de la guerre totale qui pourrait faire disparaitre la civilisation du vieux continent? Ils se trouvent dans un contexte de crainte de disparition suite à cette guerre meurtrière et à l’essor de deux superpuissances vainqueurs de cette situation, à savoir les États-Unis et l’URSS. La réflexion des pères fondateurs de l’Union Européenne a été de libéraliser les marchés du charbon allemand et de l’acier français. De telle manière qu’il devienne impossible que ces deux pays se fassent de nouveau la guerre. Il y a donc eu volonté d’établir une libéralisation de certains marchés et de l’opposer au nationalisme. Six pays sont alors rentrés dans le projet, dont la Belgique. La Belgique a eu un rôle prédominant dans la fondation de l’Union Européenne et accueille aujourd’hui la majorité de ses grandes institutions comme la Commission, le Conseil et une partie du Parlement. Ce projet a fonctionné de telle manière qu’il a su attirer de nombreux nouveaux partenaires et a pu aller de plus en plus loin dans la libéralisation. Plusieurs traités ont succédé à celui de Rome, signé par les 6 pays fondateurs. Ces derniers assurent la fin des contrôles aux frontières internes, la libre circulation des personnes, des biens, des marchandises et des capitaux.

Nous le voyons, la genèse du projet européen trouve son terreau dans des valeurs qui sont au cœur du projet libéral. Ces deux projets sont intrinsèquement liés. Cela peut expliquer l’intérêt particuliers des libéraux pour l’Europe. Mais qu’en est-il de l’international au sens plus large ? L’analyse des valeurs de l’Union Européenne et de sa force normative peut également amener quelque chose.

En effet, l’Union repose sur des valeurs libérales, nous l’avons vu. Mais elle tente, au moyen de sa puissance douce de faire rayonner ces valeurs à travers le monde. Le Traité de Maastricht de 1992 prévoit un point imposant l’Union, et a fortiori ses membres, à ne traiter uniquement qu’avec des états qui respectent tout un nombre de préceptes comme les droits de l’homme, la liberté de la presse, etc. L’Union ne dispose pas d’une armée commune. Elle ne peut donc pas imposer son modèle libérale au delà de ses frontières de la manière forte. Elle utilise sa puissance douce pour attirer ses partenaires vers un libéralisme tant économique que sociétal. La puissance douce se situe dans le modèle de société qui pourvoit un bien être aux citoyens et de permettre à ce bien-être de se répercuter extra muros. La plupart des pays de l’Union Européenne se situe dans la liste des pays où il fait le mieux vivre de la planète. Au moyen des secteurs touristiques, cinématographiques, culturels, sportifs, sociaux, ou économiques, l’Union attire vers elle certains pays à adopter son modèle libéral. Récemment encore, le Président français ou notre ministre des affaires étrangères ont réaffirmé leur volonté d’assurer le caractère universel de l’abolition de la peine de mort, qui est également repris dans les valeurs fondamentales de l’UE.

Nous l’avons vu, le projet européen passé et futur ainsi que le projet libéral sont soudés tant l’un est, en fait, le corolaire de l’autre. L’UE s’est construite sur une volonté de paix par la libéralisation des marchés de ses membres. Elle continue actuellement à vouloir étendre ses valeurs de libertés fondamentales, de droit de l’Homme, de traités de libres échanges qui sont portés par des femmes et des hommes politiques libéraux qu’on retrouve souvent en Belgique au sein du MR et in extenso chez les Jeunes MR.

Olivier HUMBLET – Délégué à l’international, à l’immigration et aux affaires étrangères et européennes.

Eclairage sur le métier d’agriculteur avec la Fédération des Jeunes Agriculteurs

Pour ce troisième article dans la rubrique “Eclairage”, notre journaliste Piccolo Pierre-Antoine Meurisse a réalisé l’interview de Pierre André, Président de la Fédération des Jeunes Agriculteurs (FJA) et de Guillaume Van Binst, le Secrétaire Général. 

Nous avons voulu mieux comprendre quelles étaient les difficultés que rencontraient les jeunes agriculteurs et si ce métier attirait encore les jeunes. De plus, avec la reprise des négociations en 2019 sur le traité de libre-échange du MERCOSUR, nous avons demandé à la FJA quelle était leur position sur cet accord et, plus largement, sur la Politique Agricole Commune européenne (PAC) et la consommation de viande bovine en Belgique.

Si vous voulez en savoir plus sur la FJA, vous pouvez vous rendre sur leur site Internet via ce lien:  http://www.fja.be/

Par Pierre-Antoine Meurisse, journaliste Piccolo et Julien Liégeois, rédacteur en chef

Covid-19 : le symptôme d’une Europe dépassée ?

L’épidémie du covid-19 vient s’ajouter à la polycrise que connaît l’Union européenne depuis une dizaine d’années (crise migratoire, montée des populismes, Brexit, cohésion de la zone euro, défi climatique…). Elle pourra en sortir grandie. Et si cela devait se traduire par un changement de modèle et par la consécration d’une Union européenne fédérale ?

Malheureusement, c’est le chaos qui a, dans un premier temps, régné en Europe. Le débat au sujet d’une réponse financière solidaire de l’Union a été l’un des plus gros scandales de la crise COVID-19 que nous connaissons actuellement. Le Premier Ministre néerlandais Mark Rutte a confirmé son opposition aux « coronabonds » qui reviendraient pour son pays à être solidaire de tous les autres. Suite au tollé que cela avait provoqué, il a proposé quelques jours plus tard un « fonds de solidarité » de 10 à 20 milliards pour l’Italie et l’Espagne.

En parlant de l’Italie, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a même été jusqu’à présenter des excuses publiques aux citoyens italiens pour le manque de solidarité et de réactivité de l’Union Européenne.

En Europe de l’Est, si pour certains il est nécessaire d’adopter un autre comportement que d’habitude, pour d’autres, l’exceptionnelle situation fait rejaillir le naturel. Nous pensons ici à la Hongrie, où il semble que le temps soit à la dictature, n’est-ce pas M. Orban?

Un autre exemple de cacophonie européenne est la réquisition, par le Premier ministre français, de masques appartenant à la société suédoise Mölnlycke et destinés à l’Espagne et à l’Italie. En plus de susciter des tensions dans les 2 pays, cette saisie est contraire aux règlements du marché intérieur européen.

Enfin, terminons quand-même sur une note positive. Après une réunion entre les ministres des Finances ce jeudi 9 avril, des accords ont été trouvés sur une série d’aide financière et un fonds de relance pour sortir l’UE de cette crise économique. Mieux vaut donc tard que jamais…

L’Union européenne, fidèle à sa devise “In varietate concordia[1], prend des initiatives malgré les cris d’orfraie des détracteurs du projet européen et de la désinformation de Moscou et Pékin.

En effet, il est de bon ton de rappeler que l’UE ne définit pas les politiques de santé, ni l’organisation et la fourniture de services de santé et de soins médicaux, contrairement aux gouvernements nationaux. Son action consiste plutôt à compléter les politiques nationales et à soutenir la coopération entre les États-membres dans le domaine de la santé publique – un seul article existe en matière de santé, à savoir l’article 168 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) –.

Dans cette crise, nous constatons que chaque institution européenne a donc usé des instruments qui sont à sa disposition pour atténuer les conséquences de la pandémie et ce, même si la mise en place de ces mesures fut tardive – ce que nous regrettons.

Le Parlement européen a voté en faveur d’une mobilisation de 37 milliards d’euros d’investissements publics pour faire face à la crise provoquée par le covid-19. Ces montants se basent sur différents fonds créés pour soutenir les États-membres de l’UE et les pays en voie d’adhésion dans des situations de catastrophe majeure.[2]

L’une des décisions qu’a prise la Commission européenne était de fermer les frontières extérieures. Il faut garder à l’esprit qu’instaurer un état de « confinement » et fermer les frontières d’un pays ne peut se décider qu’au niveau national. Parallèlement, elle a décidé de mobiliser 140 millions d’euros de fonds de l’UE pour soutenir la recherche visant à mettre au point un vaccin, des nouveaux traitements et des tests de diagnostic.

Elle a alloué 47,5 millions d’euros à 17 projets de recherche contre le covid-19 dans le cadre du programme « Horizon 2020 ». Ces mesures rendent possible des tests de diagnostic rapides pouvant être effectués à proximité directe du patient, de nouveaux traitements et le développement de nouveaux vaccins. Un investissement total de 90 millions d’euros est attendu dans l’Initiative en matière de médicaments innovants (IMI), un partenariat public-privé entre la Commission et l’industrie pharmaceutique a lancé un appel urgent à des propositions de recherche. Ajoutons à cela qu’une aide financière de 80 millions d’euros a été octroyée à une entreprise allemande spécialisée dans le développement de vaccins innovants.[3] De plus, la Commission exonère de droits de douane et de TVA les importations d’équipements médicaux en provenance de pays tiers[4].

De plus, en vertu de l’article 107 du TFUE, la Commission européenne a le rôle de contrôler les aides financières octroyées par les États à leurs entreprises nationales. Dans une communication officielle, elle a souligné que les règles de l’Union aux États-membres peuvent servir à soulager les entreprises, en particulier les PME afin de leur permettre de surmonter la situation actuelle.[5]

L’Union européenne répond aussi à la critique, qui lui ait régulièrement faite, quant à sa rigidité sur le plan des finances étatiques en suspendant le Pacte de stabilité pour permettre aux Etats-membres de dépenser autant d’argent que la crise actuelle le demande. Cet accord avait pour but de préserver l’équilibre économique et budgétaire, au sein de l’Union, par l’interdiction pour les États parties à ce traité, de dépasser 3% de déficit et 60% de dette publique quant à son PIB.[6]

Suite à ces différents éléments, les Jeunes MR ne peuvent que rappeler leur positionnement prônant une réforme de l’Union européenne actuelle : nous souhaitons la mise en place d’un Espace Européen (EE) qui reprendrait les contours de l’Union à 27 et qui aurait les compétences exclusives d’une zone de libre-échange, et d’une Union Fédérale Européenne (UFE) à l’intérieur même de l’EE, qui pourrait correspondre à la Zone Euro actuelle (18 membres) et dont les compétences comprendraient un ensemble de matières intégrées au niveau européen.

Il est temps de donner à l’Europe les moyens de ses ambitions. Et cela passera inévitablement par l’intégration européenne. Car si cette crise nous montre quelque chose, c’est la nécessité de réponse coordonnée. La solution est de délier les mains d’une Europe qui ne demande qu’à faire ses preuves.

Concernant les compétences, il va de soi que dans le cadre d’un tel projet, une redistribution des compétences semble nécessaire voire inévitable pour permettre à l’Union européenne de légiférer et donc de poser des actes contraignants envers les États. Cela devrait se faire pour des compétences qui jusqu’à maintenant relevaient en grande partie de la souveraineté des États-membres – l’Europe n’ayant donc plus guère qu’un rôle de soutien –. Il n’est pas nécessaire de pousser la réflexion si loin pour observer un manque de réactivité de la part des 27 pays européens : le simple fait d’obtenir une période de transposition de 5 ans après le vote d’une résolution en dit déjà assez à ce sujet.

À titre d’exemple, la santé, la fiscalité ou même la défense avec la création d’une armée européenne pourraient dès lors être du ressort de l’UFE. Pour rendre l’Europe plus efficace, il faut plus d’Europe, une Europe simplifiée et transparente.

En donnant ainsi plus de responsabilités à l’Europe, nous augmentons également son champ d’action et rendons les différentes structures européennes plus fortes. Quel est l’intérêt des centres de recherches et de préventions européens s’ils ne sont que consultés de temps à autres pour se donner bonne conscience ? Ces structures doivent servir de références et ne plus faire partie de l’arrière-plan européen. Elles doivent être entières et prêtes à agir en cas de crise telle une task force, un groupe constitué pour mener à bien une mission particulière.

En 2015 déjà, certains s’exprimaient en faveur de la mise sur pied d’une entité médicale globale -en parallèle à l’OTAN – en charge du maintien de la paix – qui, elle, s’occuperait d’éventuelles crises sanitaires mondiales telles que celle que nous vivons actuellement. Pour le moment, nous ne pouvons que constater que la coordination de ces différents outils européens n’est pas à la hauteur. Nous en sommes les tristes témoins en cette période de crise.

Pourtant l’Europe possède déjà plusieurs outils salvateurs : le Centre de Coordination de la Réaction d’urgence (CCRU) et le Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies (CEPCM). L’un permet la coordination des mécanismes de protection civile européens, l’autre est une agence européenne chargée de la prévention et du contrôle des maladies et affections transmissibles.

Mais pourquoi ces outils ne sont-ils pas utilisés au maximum de leur potentiel ? On le sait, en temps de crise, une réponse dynamique et rapide est indispensable. Aujourd’hui, ces outils sont sollicités par les États-Membres ou par les institutions européennes ce qui explique la lenteur de leur mobilisation. Dans une Union Fédérale Européenne (UFE), ces deux entités – qui pourraient être fusionnées – seraient les moteurs d’une réponse efficace à une crise sanitaire comme celle que l’on connaît aujourd’hui. Cela passerait par une gestion logistique et préventive du matériel en termes de déploiement, de quantité et d’accès (masques, gants, EPI, tests de diagnostic, respirateurs, …) mais aussi par une capacité de mobilisation de moyens humains (docteurs, infirmiers, ambulanciers, …) à travers l’Europe.

Elles seraient chapeautées par une Direction Générale de la Santé attachée à un Commissaire européen spécifique. Elles permettraient de réaliser des simulations à grande échelle contre les virus ou toute autre pandémie et permettraient de développer une réponse coordonnée, organisée et régulée selon un schéma pré-établi. Le corps médical serait donc formé et professionnalisé de manière identique permettant ainsi, une action rapide entraînant une diminution drastique du nombre de victimes et de conséquences toutes plus regrettables les unes que les autres.

Notre société est en évolution permanente. La crise que nous traversons nous fait prendre conscience qu’il faut avancer et s’améliorer. Empêcher le projet européen de se réformer en parallèle est un non-sens. Il faut se souvenir que tenter de répondre aux problèmes du siècle prochain avec des réponses du précédent n’a aucun sens.

Les pères fondateurs du projet européen que sont Robert Schuman, Jean Monnet ou Paul-Henri Spaak n’avaient jamais rêvé d’une institution figée dans la pierre. L’Union Économique et Monétaire n’était qu’une étape comme l’a été la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) pour la reconstruction de notre continent après la seconde guerre mondiale.

Soyons les dignes héritiers du rêve européen et donnons à notre Union les outils pour répondre aux problèmes de demain.

Nous sommes les Jeunes MR et nous voulons plus d’Europe.

Les auteurs : Gilles Bruck, Laura Hidalgo, Julien Liégeois, Florent Rasseneur, Alexandre Servais et Guillaume Soupart

[1] Unis dans la diversité.

[2] Commission européenne, Proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) nº 2012/2002 du Conseil en vue de fournir une aide financière aux États membres et aux pays dont l’adhésion à l’Union est en cours de négociation qui sont gravement touchés par une urgence de santé publique majeure, 13 mars 2020, COM/2020/114 final.

[3] Commission européenne, Coronavirus : la Commission propose un financement au laboratoire CureVac qui développe des vaccins innovants, 16 mars 2020, disponible surwww.ec.europa.eu/commission/presscorner ; Actualité du Parlement européen, L’Union européenne soutient la recherche pour lutter contre le covid-19, 31 mars 2020, disponible surwww.europarl.europa.eu/news.

[4] Commission européenne, Coronavirus : la Commission exonère de droits de douane et de TVA les importations d’équipements médicaux en provenance de pays tiers, 3 avril 2020, disponible surwww.ec.europa.eu/commission/presscorner.

[5] Commission européenne, Communication de la Commission Encadrement temporaire des mesures d’aide d’État visant à soutenir l’économie dans le contexte actuel de la flambée de COVID-19, 20 mars 2020, 2020/C 91 I/01.

[6] Commission européenne, Coronavirus : La Commission propose d’activer la clause dérogatoire générale du cadre budgétaire pour faire face à la pandémie, 20 mars 2020, disponible surwww.ec.europa.eu/commission/presscorner.