Décryptage: écriture inclusive !

Par Maylis Robben

Durant le XVIIe siècle, les grammairiens de l’Académie Française ont décidé de supprimer le genre féminin pour montrer la supériorité de l’homme ainsi que rendre plus noble la langue française. Quatre siècles plus tard, dans une volonté de faire avancer le combat féministe, les militants se penchent sur cette décision et proposent d’instaurer l’écriture inclusive. Mais qu’est- ce que l’écriture inclusive concrètement ? C’est ce qu’on appelle « le langage non sexiste », c’est- à-dire un usage de la langue française non genré (ni masculin ni féminin, mais neutre) qui évite toute discrimination sexiste. Cette manière d’écrire inclut, par définition, tout le monde : les hommes, les femmes ainsi que les personnes qui ne définissent pas leur genre, appelées les non-binaires. L’écriture inclusive se veut aussi de montrer davantage la femme dans la société. Pour ce faire, plusieurs plans d’action, controversés ou non, sont proposés.

Sur le plan lexical, il y a une demande de féminiser les noms de métiers. Cette dernière est motivée par le souhait de l’inclusion du sexe féminin et sa représentation dans tout métier. Le terme « boulanger » est devenu « boulangère », au féminin, parce que des femmes ont commencé à faire ce métier. Féminiser les métiers est plus judicieux lorsque le sujet de la phrase est du genre féminin. D’ailleurs, le moniteur belge a publié le 26 novembre 2021 le décret du 14 octobre 2021 relatif au renforcement de la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre et aux bonnes pratiques non discriminatoires quant au genre dans le cadre des communications officielles ou formelles.

Aussi, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a proposé l’utilisation du point médian pour pratiquer au mieux l’écriture inclusive. Pour rappel, le point médian se situe au- dessus de la ligne de base et est employé à la fin du radical d’un terme lorsque l’on veut représenter la partie féminine dans l’ensemble désigné. Par exemple, pour citer l’entièreté des ingénieurs à la fois masculins et féminins à l’écrit, ce sera « les ingénieures ».

Bien qu’utilisée depuis plusieurs années, cette proposition graphique est énormément débattue. Le problème de l’illisibilité causé par l’emploi du point médian qui allongerait les termes est pointé du doigt. Ainsi, la phrase, telle qu’écrite sans appliquer l’écriture inclusive, « Ces docteurs sont très fiers d’aider les séniors. » va devenir en utilisant les points médians « Ces docteures sont très fieres d’aider les séniores. ». L’académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique dénonce également les difficultés que peuvent rencontrer les personnes souffrant d’un handicap, telles que les dyslexiques, ainsi que les enfants qui apprennent la langue française, déjà assez complexe.

Deux réformes de la langue sont intéressantes à analyser et à appliquer plus couramment : l’habitude d’employer des mots épicènes et des termes collectifs, ainsi que l’accord de proximité. Un mot épicène est un mot identique au masculin et au féminin, comme « adulte », « artiste », « partenaire », etc. Dans le même style, les termes (ou noms) collectifs sont des termes qui désignent un ensemble et peut être suivi, ou non, d’un complément. Dans ce cas, plutôt que d’utiliser « ces étudiants » l’expression « ce groupe d’étudiants » sera privilégiée. Ces pratiques semblent plus digestes que l’utilisation du point médian pour les personnes ayant des troubles dys, pour les plus jeunes et pour les apprenants.

De plus, même si cette révision grammaticale va demander un long moment d’adaptation au niveau des mentalités et des habitudes bien ancrées, appliquer l’accord de proximité ne parait pas absurde. L’idée est de laisser tomber l’accord selon le masculin – qui l’emporte sur le féminin – pour accorder en fonction du genre de la proposition la plus proche de l’adjectif qu’il qualifie, dit l’accord de proximité. De là, on ne dira plus « les garçons et les filles sont grands » mais « les garçons et les filles sont grandes » puisque les filles est le plus proche de l’adjectif grand, et inversement « les filles et les garçons sont grands ». Cet accord de proximité se présente comme plus logique pour les enfants que la règle grammaticale apparue au XVIIe siècle.


Comme dit précédemment, l’écriture inclusive représente aussi les personnes non-binaires, qui ne revendiquent pas leur genre. C’est alors qu’au début des années 2010 le pronom « iel » apparait, contraction de « il » et de « elle » et traduit à they en anglais. De même, ce pronom nomme un groupe d’hommes et de femmes, mais également une personne dont le genre est inconnu. Voici, pour éclairer, trois exemples de phrases dans lesquelles iel est utilisé :

– « iel vient au cinéma ce soir » où iel fait référence à une personne non-binaire ;
– « iels iront au restaurant pour Noël » iels, alors employé au pluriel, fait référence à un groupe d’hommes et de femmes ;
– « iel viendra se présenter pour la première fois lundi » là, enfin, le genre de la personne n’est pas connu.

Depuis le 15 septembre 2021 le pronom « iel » est entré dans le dictionnaire en ligne du Robert et est définit comme « Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. L’usage du pronom iel dans la communication inclusive. – REM. ON ÉCRIT AUSSI ielle , ielles » (Le Robert en ligne, s.d.). Cette entrée au dictionnaire fait évidemment débat. Pourtant, la langue française ne cesse d’évoluer et les dictionnaires s’adaptent. En d’autres termes, c’est parce que « iel » est utilisé, bien que de manière encore marginale, comme le précise Charles Bimbet, directeur général du Robert, qu’il est reconnu et mis au dictionnaire.

Ce qui semble crisper le plus avec ce pronom neutre est la question de son accord grammatical. Quelle règle appliquer ? Garder l’accord au masculin, tout féminiser ou, appliquer la règle du point médian ? La grammaire française est déjà bien complexe et profondément liée au genre, l’emploi de ce pronom neutre ne fera que la complexifier davantage ou, au contraire, la rendre plus facile. En effet, pour les apprenants il serait plus aisé d’avoir un seul pronom pour désigner à la fois le masculin et le féminin afin de faciliter l’usage de ces normes.

Par ces différentes réformes de la langue, le mouvement féministe veut une société plus représentative et égalitaire. Néanmoins, la langue française est, depuis toujours, attachée au genre, et la changer prendra des années, voire plus. Pour rappel, toutes les normes grammaticales considérées comme sexistes ont été mises en place depuis plusieurs siècles où les mentalités, nommément la place de la femme, furent très différentes par rapport à la société actuelle. Est-ce vraiment par l’écriture que le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes arrivera à ses fins ? Ou la langue n’est qu’un des moyens par lesquels la femme peut regagner sa représentativité perdue au XVIIsiècle ? Mis en parallèle, dans les pays anglophones – où l’anglais est nettement moins lié au genre grammaticalement – les inégalités sexistes sont pourtant bel et bien présentes.


Sources: 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/05/l-ecriture-inclusive-ou-la-longue-quete-d-une-langue-egalitaire_6101010_3232.html 

https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2021-01-10/langage-epicene/s-exprimer-sans-genres.php

Uber: échec du gouvernement bruxellois?

Le mercredi 24 novembre 2021, la Cour d’appel de Bruxelles rendait un arrêt ordonnant que l’injonction prise contre UberPop, en 2015, s’applique aux conducteurs LVC (Location de Voiture avec Chauffeur). La conséquence est simple, 2000 conducteurs pouvaient perdre leurs revenus. Cette décision est un scandale pour la mobilité à Bruxelles et pour les usagers qui utilisent ces moyens de transport. La nouvelle était un véritable choc pour les conducteurs LVC et leurs utilisateurs. L’incertitude pèse sur de nombreuses familles. Les passagers, qui voyaient ces transports comme quelque chose de sûr, sont dans le doute.

 

Mais comment expliquer une telle situation ?

 

Le collectif « Taxi-vert » a saisi la justice pour bannir UberPop et UberX. Cette action est soutenue par la Fédération Belge des Taxis, qui trouve que les chauffeurs Uber auraient dû travailler sous licence de Taxi. La fédération a mis énormément de pression sur ce dossier. En effet, l’arrivée de Uber a perturbé le marché sur de nombreux points. L’entreprise ne respecte pas totalement la réglementation, comme les licences de Taxi qui ne sont pas appliquées par le service privé. Malgré tout, la décision prise contre les LVC se base sur une réglementation obsolète. Celle-ci devait être réformée par le gouvernement bruxellois au cours des sept dernières années. Selon l’opposition, le gouvernement bruxellois de Rudi Vervoort, et surtout le PS, sont responsables de cette situation. Le cdH et le MR ont dénoncé le manque d’investissements du gouvernement dans ce secteur et veulent les mêmes règles pour tous.

 

 

Mais la bataille n’est pas perdue et l’action de Défi, Groen, One.brussels et Open VLD, qui ont déposé une proposition d’ordonnance, ont permis une reprise d’Uber au sein de la capitale. Il ne faut pas oublier le MR qui a soutenu cette proposition et qui demandait une réforme de cette réglementation qui n’était plus à jour.

 

Malheureusement, la Fédération des Taxis va demander une action en justice contre le retour d’Uber. Elle trouve le retour du service injuste et s’y oppose fermement. De plus, la proposition d’ordonnance, dite « sparadrap » ne rassure pas tout le monde, surtout du côté des taxis. Le chemin vers un transport rémunéré de personnes plus juste est encore long, mais c’est en agissant de manière concrète, et dans l’intérêt de chaque travailleur, que le gouvernement bruxellois pourra apaiser les tensions et offrir un service de qualité, aussi bien pour les usagers, que pour les chauffeurs.

La FEF, monopole de la représentativité étudiante… ou pas!

Par Simon Liegeois et Wiktoria Ewa Wojslawowicz

Le lundi 1 novembre, nous apprenions avec stupéfaction certes, mais beaucoup de satisfaction, la désaffiliation du Bureau des Étudiants Administrateurs (BEA), conseil étudiant de l’ULB, de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF). Si cette décision a pu s’avérer surprenante pour de nombreux étudiants, elle résulte néanmoins d’un système de représentativité dépassé, voire sclérosé au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’en est-il réellement ?

Comment fonctionnent les conseils étudiants et les organisations représentatives communautaires dans l’enseignement supérieur ?

 

Pour comprendre l’enjeu d’une telle décision de désaffiliation de la FEF, il est important d’expliquer pour commencer le fonctionnement d’un conseil étudiant et d’une organisation représentative communautaire (ORC), ainsi que le rôle de ces instances dans la représentativité des étudiants de l’enseignement supérieur.

D’une part, le conseil étudiant est une instance présente dans chaque établissement supérieur. Pour qu’il puisse opérer, il doit se composer d’au moins sept membres élus lors des élections pour lesquelles les étudiants de l’université sont invités à voter. Parmi les sept membres élus, chaque faculté ou domaine d’étude devra avoir un représentant.

Ainsi, ces élections estudiantines mènent à la réunion des étudiants de première année jusqu’à la troisième année du bachelier autour du conseil étudiant. Dans le cas d’une démission d’un membre, celui-ci est remplacé par son suppléant. Si l’un des étudiants membre du conseil perd sa qualité d’étudiant régulièrement inscrit, il sera automatiquement considéré comme étant démissionnaire. En pratique, le conseil étudiant doit communiquer la liste des représentants tant effectifs que suppléants à l’établissement d’enseignement supérieur au sein duquel il opère.

D’une autre part, les ORC agissent en tant qu’organisations représentatives des étudiants à l’échelle communautaire. Une ORC s’assure à représenter tous les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en veillant à défendre et à promouvoir leurs intérêts, mais également, comme des associations telles Jeunes MR aspirent à le faire, de former des CRACS (Citoyens Responsables, Actifs, Critiques et Solidaires).

Les conseils étudiants dans les universités peuvent faire le choix de s’affilier à une ORC ou de garder leur indépendance. Pour qu’une ORC puisse exister, elle doit disposer de statuts qui respectent le décret et garantir le pluralisme politique et philosophique au sein de sa structure. Elle doit également représenter au moins 15% des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, et ce, dans au moins trois provinces. Si un conseil étudiant décide de s’affilier

Rétrospective sur la FEF et l’Unécof

 

La FEF a été créée en 1973 afin de représenter les étudiants francophones de Belgique. L’Unécof est quant à elle, née en 1996, et issue du Bureau des étudiants administrateurs de l’ULB, du Conseil des étudiants de la Haute École Francisco Ferrer et des étudiants de la Haute École Robert Schuman. À l’époque, elle se revendiquait pluraliste et représentative du monde étudiant dans toute sa diversité.

Lorsque le décret participation a été signé en 2012, la FEF (Fédération des Étudiants Francophones) et l’Unécof (Union des Étudiants de la Communauté française) étaient les deux organisations majeures qui représentaient les étudiants au sein de la Communauté française (actuelle Fédération Wallonie-Bruxelles). Bien qu’une collaboration entre les deux organisations aurait pu sembler alléchante, celles-ci nont pas toujours privilégié les mêmes moyens afin de défendre les intérêts des étudiants.  En ce sens, la FEF s’est vue reprocher des méthodes militantes contreproductives sur des dossiers clés, mais également, sa proximité avec le PTB et les jeunesses militantes communistes telles le COMAC. À titre d’exemple, le président du parlement interne de la FEF a été contraint en 2011 de démissionner car celui-ci exerçait un autre mandat pour le PTB.

L’Unécof, quant à elle, ne parvenait pas à représenter suffisamment d’étudiants en plus d’endosser un double rôle lourd à porter. En effet, celle-ci, en plus de son statut d’ORC était également reconnue comme OJ (Organisation de Jeunesse). Ce poids l’a finalement conduite vers sa fin en 2019, laissant la FEF seule pour défendre les intérêts des étudiants.

Où est la place du libéralisme ?

 

Bien que la FEF ait mis en place de nouvelles règles, notamment l’interdiction pour leurs représentants de cumuler des responsabilités avec un parti politique, ou encore de se présenter à des élections, le manque de pluralité et de représentativité ainsi que l’utilisation de moyens ne prenant pas en compte les diverses sensibilités, orientations philosophiques et politiques des étudiants, lui ont été reprochés de plus en plus au fil des années.

Si certains se sont étonnés de la décision du BEA de l’ULB de quitter la FEF, cette initiative du conseil étudiant de l’université s’inscrit pourtant dans un contexte plus large et complexe, laissant entrevoir un dysfonctionnement au sein de sa structure interne. Le manque de représentativité, ainsi que le manque de neutralité sont les points ayant mené vers la fin de collaboration avec celle-ci. Pourtant, la nécessité de rester fidèle avec sa vocation principale, qui est celle de représenter l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur, n’a pas pour autant mis en exergue pour la FEF l’indispensabilité d’un discours davantage neutre et inclusif de toutes les orientations philosophiques et politiques qu’elle entend ironiquement défendre. L’hypocrisie est épinglée.

Cette problématique n’est pourtant pas récente. Les deux points abordés ci-dessus ont effectivement été recensés quelques années après la création de la FEF (1973).  Il va sans dire qu’au sein des différentes hautes-écoles et universités du royaume, les étudiants ne partagent pas une seule orientation politique, qui est dans ce cas, celle orientée à gauche. Le manque d’anticipation et de compréhension du besoin de représentativité de la moitié du spectre philosophique et politique des étudiants qu’elle représente se retrouve en ce sens au centre de cette dernière décision ayant secoué le paysage estudiantin. 


 

EN RÉSUMÉ…

Si la FEF se targue souvent d’être le seul organisme représentatif à faire porter la voix des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles, nous remarquons surtout que leur système est usagé. Le spectre militant d’extrême-gauche n’inclut à fortiori pas l’ensemble des étudiants, ni les moyens employés pour parvenir à ses fins, tandis qu’ils se sont vus reprocher à de nombreuses reprises leur manque de travail et de nuance sur le fond de dossiers clés. Le monopole de la représentativité n’existe pas et la ligne militante de la FEF se fait surtout remarquer dans sa manière de communiquer : on ne retrouve ni débat, ni construction dans leur manière d’agir, car la place du débat n’existe pas au fondement-même de l’organisation

Numérisation de la santé !

Par Laetitia Tursugian

 

L’évolution technologique touche aujourd’hui différents domaines de notre vie quotidienne. Que ce soit au travail, à la maison, au sport, etc. tout se numérise et se robotise. Mais penseriez-vous qu’un jour nos données de santé se numériseraient ? Et bien, ces deux domaines qui semblaient, à première vue, difficiles à concilier dû aux règles liées la confidentialité des données du patient, ont bien été réunis à la suite du travail de Sébastien Deletaille, co-fondateur de l’ASBL Rosa. La raison d’être de cette ASBL se fonde sur deux constats.

 

Tout d’abord, il y a la difficulté que les personnes rencontrent dans la gestion de leurs données de santé avec leur appareil électronique. En effet, d’après un micro-trottoir réalisé par Sébastien Deletaille, il en est ressorti que les gens éprouvaient des difficultés à gérer leurs données de santé et qu’ils ne savaient pas où et comment elles étaient stockées bien que certains aient toutefois mentionné l’existence du portail fédéral « Ma santé.be ». Ce micro-trottoir a montré la difficulté d’un citoyen lambda à concilier données et numérisation. C’est dans ce cadre que l’ASBL Rosa va favoriser un accès numérique à nos données de santé depuis notre smartphone, notre tablette ou notre ordinateur. Rosa repense la santé à l’ère du numérique. Comme le co-fondateur nous l’a bien illustré avec son exemple, aujourd’hui, l’image du médecin de famille qui connaissait tout et avait tout dans son dossier papier est « cassée ». Dans cette ère numérique, il y a une croissance du nombre de professionnels de la santé et, en conséquence, une diminution de cette relation privilégiée patients/professionnels. Beaucoup de données sont parfois perdues ou isolées et la connaissance des antécédents familiaux est moins bonne. La relation patients-médecins est donc affectée. Elle souffre d’autant plus que les jeunes ont adopté des réflexes numériques qui ne sont parfois pas ceux du médecin. Les attentes sont donc différentes. Dès lors, la plus-value de ce type d’application web est de permettre à la nouvelle génération hyperconnectée de s’adapter au monde de la santé. Il est  désormais possible de prendre rendez-vous en ligne et éviter de se déplacer ou chercher un numéro de téléphone. Tout cela en garantissant la protection des données personnelles étant donné que cette plateforme n’est accessible qu’au patient et au médecin concerné. La confidentialité médicale est donc d’application.

 

Ensuite, le second constat est la gestion administrative de cette Santé qui implique une énorme charge mentale et cette numérisation permet son allégement. Par exemple, l’utilisation des vignettes à coller et envoyer à sa mutuelle représente une charge de travail. Les numériser faciliterait déjà un point administratif. Cette charge est devenue lourde et, comme nous l’a expliqué le co-fondateur de Rosa, d’après leur analyse, dans 90% des cas, ce sont les mères de famille qui s’en occupent. Ces dernières ont souhaité, par exemple, une automatisation des rendez-vous à la mutuelle, une simplification de la prise de rendez-vous, etc., Ainsi la charge mentale serait amoindrie. Du côté des professionnels de la santé, il y aurait aussi un allégement administratif car ils pourront s’affranchir de tâches comme la prise de rendez-vous en mettant à disposition de leur patient leur calendrier. Ces professionnels de la santé répondent ainsi à une nouvelle demande de la part de la nouvelle génération. Cette numérisation facilite et augmente donc l’accès aux soins de santé. Il y a, par exemple, 300 professionnels de cinq domaines la santé différents (médecins généralistes, les kinésithérapeutes, les orthophonistes, les dentistes et les diététiciens) qui ont recours au service de Rosa.

 

La numérisation appliquée à la santé engendre, par conséquent, une simplification des procédures administratives et une augmentation de l’accessibilité au soin.

 

Que nous réserve encore cette évolution technologique ?

Bye bye Facebook?

Par Gauthier Jacques, rédacteur en chef

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de données supprimées

Il y a quelques semaines, Facebook a surpris le monde entier en annonçant son nouveau nom. La société-mère s’appellera désormais Meta. En présentant, le 28 octobre dernier, le nouveau nom qu’il a choisi pour Facebook, Mark Zuckerberg, qui se targue de culture classique – ses filles portent des prénoms inspirés d’empereurs romains –, en a expliqué la signification. « En grec, Meta veut dire “au-delà” », a-t-il souligné. Meta vient également rappeler le concept de métavers, c’est-à-dire la transposition de l’univers réel dans le virtuel dans lequel Facebook s’investit beaucoup ces derniers mois.

 

Cependant, Meta ne s’arrête pas là. En effet, le jeudi 4 novembre 2021, c’est une nouvelle encore plus étonnante qui est relayée par la presse. En effet, Facebook veut arrêter la reconnaissance faciale engendrant par la même occasion la suppression de plus d’un milliard d’informations collectées au cours de la dernière décennie. 

« Je perçois de nombreuses inquiétudes quant à la place de la technologie de reconnaissance faciale dans la société ».
Jérôme Pesenti
Vice-président (IA)

Pour rappel, la reconnaissance faciale a été lancée en 2010. L’algorithme, alimenté par l’intelligence artificielle, reconnaissait automatiquement les personnes présentes sur les photos et vous suggérait de les identifier. Ces photos étaient ensuite liées aux profils des utilisateurs identifiés.

 

Malheureusement, force est de constater qu’au cours des dix dernières années, la reconnaissance faciale a changé de statut. Avancée technologique majeure, elle est désormais considérée comme une technologie raciste, répressive et misogyne. Rappelons par exemple que c’est grâce à cette reconnaissance faciale que la Chine contrôle la communauté ouïghoure ou que d’autres polices y traquent des individus. Le doute sur cette technologie ne fait donc qu’augmenter.

Notons que Facebook ne réinvente pas la roue. En effet, en 2019, Microsoft avait déjà – discrètement – supprimé sa base de données qui contenait plus de 10 millions d’images d’environ 100 000 personnes. D’autres compagnies ont embrayé le pas. C’est le cas d’Amazon ou d’IBM qui ont ouvertement déclaré qu’elles ne vendraient pas leur technologie de reconnaissance faciale à la police américaine tant qu’une législation plus détaillée et plus claire n’aura pas été établie. Quoiqu’il en soit, cette technologie ne disparaitra pas du jour au lendemain puisqu’elle est indispensable pour créer le célèbre Métaverse, futur univers de Facebook dans lequel tous les utilisateurs seront représentés par un avatar. Cependant, cet univers ne semble pas plaire à tout le monde. C’est le cas de la lanceuse d’alerte Mme. Frances Haugen qui a, dès le début du mois de novembre, mis en garde l’ensemble des députés français contre le projet du géant américain.

Petit détour historique

2004

Fondation de la plateforme Facebook

2017

Facebook compte 2 milliards d'utilisateurs actifs

2021

La société-mère "Facebook" adopte le nouveau nom "Méta".

Sources

Pourquoi Facebook devient Meta ? Futura, consulté sur https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/facebook-facebook-devient-meta-94538/ (le jeudi 4 novembre 2021).

 

Facebook/Meta, ce colosse en marche vers la création d’un univers captif, Le Vif, consulté sur www.levif.be/facebook-meta-ce-colosse-en-marche-vers-la-creation-d-un-univers-captif.html (le jeudi 4 novembre 2021)

 

Facebook ne veut plus de la reconnaissance faciale, vraiment ?, L’Écho, jeudi 4 novembre 2021, p.4. 

Crise en Afghanistan: les limites désastreuses du Nation Building à l’américaine

Par Olivier Humblet, journaliste Piccolo.

Retour sur les évènements de ces dernières semaines

« Il s’agit d’un échec de l’ensemble de la stratégie occidentale conduite au cours des deux dernières décennies ». Voici comment Nicolas Gosset, spécialiste de l’Asie centrale à l’institut royal supérieur de défense, définit la situation actuelle en Afghanistan.

Nous sommes les témoins d’un renversement complet du régime mis en place par les Occidentaux il y a de cela plus de 20 ans. Les derniers évènements ont pris un coup d’accélérateur quand le président américain Joe Biden a annoncé le retrait définitif des troupes américaines le 14 avril dernier. Suite à cette annonce et au retrait progressif des troupes US, les Talibans n’ont fait que prendre des territoires. Districts après districts, villes après villes, ils ont enchaîné les victoires sur les forces militaires et policières gouvernementales afghanes. L’armée régulière en déroute et exsangue laisse derrière elle l’équipement qui est utilisé par les Talibans pour accélérer la prise du pays. 

A la surprise des Occidentaux, le président Ashraf Ghani fuit le pays et les Talibans entrent dans Kaboul le 15 août 2021 créant la panique dans la capitale. Tous les calendriers sont bousculés et commence la cohue pour fuir le pays de la part des nombreux ressortissants étrangers et leur famille ainsi que les Afghans ayant collaboré de près ou de loin avec les Américains et leurs Alliés. C’est à l’aéroport de Kaboul, seul vivier encore sous protection occidentale, que se cristallise cet exode moderne. Se masse alors des milliers de candidats au départ créant des scènes de chaos qui ont fait le tour du monde. C’est à la lumière de ces images qui nous sont parvenues par les réseaux sociaux principalement que nous pouvons évaluer la crainte que représente l’arrivée des forces talibanes au sommet du pouvoir. Les foules se déplacent, les gens s’accrochent aux carlingues, les jeunes courent après les avions qui quittent le tarmac et nous comptons déjà les premiers décès. Le 20 août, une source de l’OTAN fait état d’une vingtaine de personnes décédées lors de ces évènements.

S’est alors organisé plusieurs opérations occidentales conjointes pour rapatrier les ressortissants et les personnes candidates à l’exil. La Belgique se joint à l’opération via sa propre mission Red Kite qui a pour but d’évacuer les Belges d’Afghanistan. Des ponts aériens entre Kaboul et la capitale pakistanaise Islamabad ont été créés. Cette opération menée par la Belgique a permis d’évacuer 1400 personnes à bord des vieux C-130 de la Défense, pourtant voués à enrichir nos musées.

Malgré les évacuations qui allaient bon train, deux éléments rendent la situation délicate aux abords de l’aéroport de Kaboul. Premièrement, la date définitive du retrait des troupes américaines, dernières garantes de la sécurité des missions d’évacuation, est fixée et confirmée par J. Biden au 31 août 2021. Or les candidats au départ sont extrêmement nombreux et massés aux entrées de ce que représente la dernière porte de sortie du pays. Il commence à se faire entendre que tout le monde n’aura pas une place dans l’avion. Le deuxième élément est la menace d’une attaque terroriste qui plane depuis plusieurs jours. En effet, Didier Leroy, chercheur à l’institut royal supérieur de défense, estime que le paysage politique morcelé de l’Afghanistan se prête à un jeu de pouvoir et d’influence entre les groupes islamistes qu’ils soient d’Al-Qaïda, des Talibans ou de l’Etat Islamique. Ce jeu d’influence pourrait donc mener un de ces groupes et notamment l’Etat Islamique à perpétrer un attentat dans cette foule agglutinée aux abords de l’aéroport. Pour le chercheur, l’occasion serait ici « trop belle » pour l’EI de perpétrer une attaque qui déforcerait les Talibans vainqueur de la guerre d’Afghanistan, mettrait en lumière l’impuissance américaine et aurait un potentiel de publicité énorme tant la situation afghane actuelle est médiatisée. C’est exactement ce qui arriva le 26 août dernier. Un attentat suicide a été perpétré et revendiqué par l’Etat Islamique causant la mort de 180 personnes dont 13 soldats américains et blessant 200 personnes supplémentaires. Cela faisait deux jours que les renseignements occidentaux parlaient d’un risque très élevé d’une attaque de l’EI dans la foule de l’aéroport. Les Américains ont, la veille de l’explosion, exhorté les candidats à l’exil de quitter la zone. Mue par une crainte encore plus forte de rater un éventuel vol pour fuir le régime taliban, la foule est restée campée là dans l’espoir d’un voyage.

Nous sommes le 31 août 2021 à l’heure d’écrire ces lignes et les derniers soldats américains ont quitté le pays, détruisant leur matériel militaire resté sur place, et laissant un peuple voué à son propre destin. Les tirs de victoire des Talibans dans la capitale afghane marquent ainsi la fin d’une guerre initiée en 2001 à la suite des attentats du World Trade Center de New-York.

Eléments historiques d’une catastrophe annoncée

Faisons un retour dans le temps pour comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation chaotique de ces dernières semaines. Déjà en 1979, en pleine guerre froide, l’Afghanistan se retrouve au centre d’un conflit décentralisé qui oppose les deux superpuissances de l’époque, l’URSS et les USA. Marc Epstein revient sur la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989. Il fait ressortir un point intéressant dans l’analyse des évènements qui ont eu lieu en ce mois d’août 2021, soit 40 ans plus tard. Le casus belli de la guerre de 1979 est l’entrée sur le territoire afghan de l’armée rouge voulant porter secours à la branche communiste de la politique afghane et ainsi assurer la pérennité de la République Démocratique d’Afghanistan. Avec la même logique qui a poussé les USA à intervenir en Corée, au Vietnam, ou en Chine, les Américains sont également intervenus en Afghanistan pour éviter que le pays tombe dans le camp communiste. Pour se faire, ils ont favorisé un soutien à des combattants locaux et non l’intervention militaire pure. Ainsi, plus de 7 milliards de dollars ont été dépensés par les USA, au travers de l’opération Cyclone de la CIA, et l’Arabie Saoudite pour le financement de la résistance afghane composée, entre autres, des Moudjahidines d’Afghanistan. Il s’agit d’un groupe islamiste salafiste prônant le Djihad pour chasser les Soviétiques de leur pays. Pour ce financement, la CIA a fait appel à Oussama Ben Laden qui s’occupait des relations avec l’Arabie Saoudite et qui recrutait des guerriers pour lutter contre les Soviétiques. L’URSS perd la guerre et quitte le pays en 1989 juste avant la chute de son empire communiste. 

La décennie qui suit la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989 voit la guerre civile prendre le dessus. Des dissensions apparaissent entre les groupes de résistance vainqueurs des Soviétiques. Deux cellules s’affrontent alors. D’une part la résistance afghane dont l’une des figures emblématiques est le Commandant Massoud, et les combattants étrangers arabophones importés par Ben Laden. Ces derniers veulent faire de l’Afghanistan le pays central où former les candidats au Djihad (ou guerre sainte), créer un état respectant la Charia, et lutter contre le système mondial et la présence occidental en terre d’Islam. Les Moudjahidines de Massoud sont exilés dans la montagne et le Mollah Omar instaure la loi islamique au pays et permet aux graines d’Al-Qaïda de germer sur son territoire.

En 2001, les alertes envoyées par le Commandant Massoud aux Occidentaux sur la menace d’attentat qui pèse sur eux ne parviendront pas à éviter l’Histoire de se dérouler. Le 6 septembre 2001, un attentat perpétré par deux Tunisiens vivant à Bruxelles coûte la vie au Commandant des Moudjahidines, et le 1er septembre de la même année, les Etats-Unis sont frappés à New-York par un attentat qui changea la face du monde. La réaction du président de l’époque, George Bush fils, est immédiate. Il demande à l’Afghanistan de livrer les responsables des attentats, à savoir Ben Laden et son groupe. Suite au refus de coopération des Talibans au pouvoir, les USA entrent en guerre et chassent les Talibans du pouvoir. C’est le début de la seconde guerre d’Afghanistan qui vient tout juste de prendre fin.

Gilles Dorronsoro parlait déjà d’un « échec annoncé » dans son ouvrage daté de 2003. En effet, malgré une prise rapide du pays, les Talibans se sont vite regroupés dans les montagnes et les campagnes qui entourent les grandes villes. Pieter de Crem, notre ministre de la Défense de l’époque, avait le nez creux quand en 2011 il a dit : « la guerre n’est pas finie ». La menace n’a jamais disparu, la situation s’est enlisée et le conflit a duré. Un des éléments qui explique pourquoi la guerre s’est corrompue en Afghanistan est l’absence de soutien dans les communautés locales. Les Américains ont imposé une nation démocratique basée sur le système occidental dans un pays où la réalité démographique, morale, religieuse était tout autre. Les Talibans n’ont donc jamais disparu. Ils gardaient une forte emprise dans les zones rurales qui s’opposaient de plus en plus à l’occidentalisation des villes. C’est dans ce contexte de guerre sans fin, de dépense publique astronomique, d’une résurgence des Talibans en 2017 malgré l’assertivité d’Obama que le président D. Trump et son administration ont négocié, lors des accords de Doha, un retrait définitif des troupes américaines.

L’accord de Doha a eu lieu en février 2020 entre les USA et les Talibans. Cet accord prévoyait une sortie des Américains du pays dans les 14 mois, l’assurance que les Talibans ne mettraient pas en péril la sécurité des premiers et de leurs alliés ainsi que la restitution de prisonniers dans les deux camps. Joe Biden qui a dû respecter cet accord a donc entrepris le retrait des troupes ce qui a permis aux Talibans de reprendre le pays.

Echec du nation building en Afghanistan

De l’avis des observateurs, cette reprise du pays par les Talibans sonne comme un échec. Il s’agit de l’échec d’un modèle américain instauré dans les années 1990-2000 nommé le Nation Building. Il s’agit d’une doctrine politique appuyée par la frange conservatrice de l’échiquier politique américain et proche de G. Bush fils. C’est cette doctrine qui a poussé les USA à rester en Afghanistan après 2001. C’est également cette politique qui est à la base de la guerre d’Irak de 2002, de la guerre de Syrie et de celle de Libye de 2011. L’objectif est de renverser un pouvoir jugé contraire à l’ordre et la sécurité mondiale militairement, puis d’occuper le pays assez longtemps que pour y mettre en place un gouvernement démocratique favorable aux valeurs occidentales libérales. A quoi aura servi 20 ans de guerres, des milliers de morts, et des milliards de dollars, pour qu’à la fin, les Talibans reprennent les rennes du pays ?  La fin de la guerre d’Afghanistan ne doit-elle pas enterrer le concept de Nation Building à l’américaine qui, de nombreuses fois, a montré ses limites ? Comment faire rayonner les valeurs de liberté à travers le monde sans causer plus de dommage que d’avantage ? Voici les questions auxquelles vont devoir répondre les dirigeants du monde libre au lendemain d’un retour en force de l’islamisme sur la scène internationale.

Sources (dont photos):

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_afghanistan-les-chancelleries-occidentales-entament-l-evacuation-de-leur-personnel-sur-place?id=10824454

https://www.ouest-france.fr/monde/afghanistan/le-president-afghan-ashraf-ghani-est-aux-emirats-arabes-unis-e708b404-002d-11ec-a0ac-8a8a3b7c04b7

https://fr.metrotime.be/belgique/fin-de-loperation-red-kite-kaboul-il-y-avait-un-risque-dattentat-suicide

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_mieux-comprendre-ce-qui-se-passe-en-afghanistan-en-six-questions-reponses?id=10824930

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_attaque-a-l-aeroport-de-kaboul-entre-l-impuissance-americaine-et-l-humiliation-talibane-l-etat-islamique-est-le-seul-gagnant?id=10830766

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/attentat-a-l-aeroport-de-kaboul-le-recit-d-un-carnage-aux-consequences-internationales_2157360.html

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_p-de-crem-sur-le-retrait-d-afghanistan-la-guerre-n-est-pas-finie?id=6363643

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_afghanistan-quel-risque-terroriste-representent-l-etat-islamique-et-al-qaida-face-aux-talibans?id=10830090

https://information.tv5monde.com/info/afghanistan-les-raisons-du-chaos-mortel-l-aeroport-de-kaboul-421419

« Afghanistan : chronique d’un échec annoncé », Gilles Dorronsoro, Dans Critique internationale 2003/4, (no 21), pages 17 à 23.

« L’URSS et le piège Afghan 1979-1989 », Marc Epstein, Perrin.

La fin d’un monde ?

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

Sommes-nous entrés dans un monde post-industriel ? 

On pouvait lire il y a quelques jours que sur la seule journée du mercredi 28 juillet 2021, le Groenland a perdu 8,5 milliards de tonnes de glace en surface. Il en va de même pour le lendemain, jeudi 29, avec 8,4 milliards de tonnes. Au total, ce sont donc 16,9 milliards de tonnes de glace qui ont fondu au Groenland en 48 heures. Pour donner un ordre de grandeur, Polar Portal indique que toute cette eau pourrait recouvrir la Floride sous 10 cm. Si ce parallèle ne vous suffit pas, le calcul vis-à-vis de la Belgique est lui aussi frappant. Avec 30.689 km² de superficie, notre pays est près de 6 fois plus petit que l’État du sud-est des États-Unis (170.312 km²). Cela veut donc dire que la glace qui a fondu en deux jours au Groenland pourrait mettre tout notre pays sous plus de 50 cm d’eau. Cependant, bien que ces phénomènes semblent se répéter depuis quelques mois voire quelques années, et ce fut encore le cas il y a quelques semaines avec les inondations en Belgique, ils étaient prévus ! 

Nous savons exactement quel sera notre avenir depuis 1972. En effet, à cette date, un petit groupe de chercheurs du MIT avait anticipé ces scénarios : incendies dévastateurs, pandémie galopante de coronavirus, inondations dantesques et autres dérèglements climatiques liés au réchauffement, autant de fléaux que la plupart d’entre nous n’imaginait pas devoir affronter il y a quelques années encore. Tout se trouve dans l’ouvrage intitulé The limits to growth (Les limites à la croissance, rapport appuyé par le Club de Rome [groupe de réflexion préoccupé des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés]). La conclusion est simple : si l’humanité continue à poursuivre sa croissance économique sans tenir compte des coûts environnementaux, elle va droit dans le mur. Mais ce n’est pas tout, sans un changement de comportement radical, la baisse de nourriture disponible, l’épuisement des ressources naturelles et la pollution galopante impacteraient tellement violemment et durablement la qualité de la vie sur Terre dans les décennies à venir, que la population humaine diminuerait drastiquement avant même la moitié du XXI siècle. Pour comprendre comment fonctionne cette théorie, les chercheurs (Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers, William W. Bahrens III) se sont appuyés sur cinq facteurs : la population, les ressources, la production industrielle, la pollution et la nourriture.

Les chercheurs ont donc généré différents scénarios de développement à l’aide de World3 (modèle de simulation) en faisant varier les hypothèses sur notamment l’innovation, les ressources non renouvelables ou les priorités sociétales. Si divers scénarios en sont sortis, les plus sombres, ceux qui se sont soldés par de fortes baisses de la population, se sont en fait révélés les plus en phase avec l’évolution réelle de ces 50 dernières années.

Les quatre scénarios sont les suivants :

Nom

BAU : Business as usual

Graphique

Description

Rien ne change dans nos comportements (par rapport au passé).

Résultat

Effondrement de la civilisation dû à un épuisement des ressources naturelles.

 

Nom

BAU2 : Business as usual 2

Graphique

Description

On double les ressources naturelles par rapport au premier modèle.

Résultat

Effondrement de la civilisation dû à une pollution excessive ainsi que des conditions climatiques extrêmes.



Nom

CT (comprensive technologies)

Graphique

Description

On double les ressources naturelles par rapport aux premiers modèles mais on parvient à développer et à utiliser des technologies exceptionnellement développées et élevées permettant de limiter la pollution et d’augmenter les ressources.

Résultat

Augmentation des coûts des technologies, déclin de la civilisation mais pas d’effondrement.



Nom

ST (Stabilized world)

Graphique

Description

CT + changement dans les valeurs et dans les priorités sociétales.

Résultat

Tout se stabilise.

Malheureusement, nous sommes à l’heure actuelle dans le modèle BAU2 : Diminution drastique des ressources, croissance démographique incontrôlable, etc. S’il veut espérer pouvoir vivre sur Terre encore quelques siècles, l’être humain se doit donc de créer une société dans laquelle il s’impose des limites à lui-même et à sa production de biens matériels pour atteindre un état d’équilibre, sans quoi il risque bien de sombrer.

Sources :

https://fr.businessam.be/en-deux-jours-la-glace-du-groenland-a-tellement-fondu-quelle-pourrait-inonder-toute-la-belgique-sous-50-cm-deau/?fbclid=IwAR3-kPE8ewlODysTn4qzbW7dZcTKEicNGrU1TcOjr3vy5A5ukiqLd0BPLlc

http://polarportal.dk/en/greenland/surface-conditions/#c8397

https://fr.businessam.be/fonte-des-glaces-nous-sommes-desormais-dans-le-pire-des-scenarios/

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_en-1972-un-modele-du-mit-a-predit-l-effondrement-de-notre-civilisation-pour-2040-et-jusqu-ici-il-ne-s-est-presque-pas-trompe?id=10814350&fbclid=IwAR201h66gurnmL0Q3eGVTC5Y-eIeCdBAweXofvwyXNoLTxR2Q0BlUsf0UCg

https://dash.harvard.edu/bitstream/handle/1/37364868/BRANDERHORST-DOCUMENT-2020.pdf?sequence=1&isAllowed=y

http://www.donellameadows.org/wp-content/userfiles/Limits-to-Growth-digital-scan-version.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Limites_%C3%A0_la_croissance#Propositions

Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers et William W. Behrens, The Limits to Growth, Universe Books, 1972.

Graham Turner, Cathy Alexander, Limits to growth was right, new research shows we’re nearing collapse , The Guardian, 2 septembre 2014 (consulté le 1 août 2021).

Interview de Nadia Geerts (part 3): le féminisme

Clap et fin de l’interview de notre invitée de marque, Nadia Geerts, avec cette 3ème capsule vidéo! C’est avec notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques, que Nadia Geerts nous parle de sa vision du féminisme: qu’est-ce que le féminisme? L’écriture inclusive soutient-elle la cause du féminisme ou la dessert-elle? Le mouvement féministe va-t-il trop loin?

Retrouvez toutes les réponses intéressantes à ces questions dans notre vidéo!

Comme d’habitude, n’hésitez pas à liker, partager et à vous abonner à la chaîne des Jeunes MR! On se retrouve tout bientôt pour d’autres interviews! #staytuned

Interview de Nadia Geerts: la religion et la laïcité

Retrouvez Gauthier Jacques, journaliste Piccolo, en compagnie de notre invitée, Nadia Geerts, chroniqueuse et nouvelle recrue du Centre Jean Gol.

Au menu de ce jour: la place de la religion dans notre société, le port des signes convictionnels dans les écoles et les universités et la laïcité en tant que garant de nos libertés!

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Nadia Geerts, une personnalité libérale et progressiste

Pour cette nouvelle interview en plusieurs capsules, notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques a rencontré en ligne Nadia Geerts, essayiste sur le féminisme et la neutralité de l’Etat ainsi que la laïcité, chroniqueuse et nouvelle recrue du Centre Jean Gol. Au menu de ce jour, une présentation de notre invitée sur sa formation, son parcours professionnel ainsi que sur sa vision du libéralisme et du progressisme.

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