Le politiquement correct… on en crève !

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

Tout le monde a déjà été confronté à ce politiquement correct mais que devons-nous en penser ?

La dernière idiotie est récente. Comme vous le savez, chaque année, une cinquantaine d’États, dont la Belgique, font la démonstration d’une belle coopération européenne à travers l’organisation des “Journées européennes du Patrimoine” dans le but de rapprocher les trésors patrimoniaux du public. En Wallonie, ces journées auront lieu les 11 et 12 septembre sur le thème “Femmes et Patrimoine”. Elles mettront précisément en valeur les femmes en évoquant leur rôle, leur fonction, leur apport personnel et collectif, leur gestion, leur empreinte ou alors tout simplement leur souvenir. Par ailleurs, seront également mis en avant les biens patrimoniaux wallons en lien avec l’évolution des droits sociaux et politiques des femmes en Belgique.

Tout semble fonctionner comme sur des roulettes mais le socialiste bruxellois Pascal Smet de Vooruit est tombé dans les griffes de ce politiquement correct. En effet, il souhaiterait changer le nom et le rebaptiser de « Heritage days ». Pourquoi ce changement ? Selon le Secrétaire d’Etat, cette appellation est purement sexiste puisque le mot « patrimoine » dérive directement du substantif latin patrimonium, évoquant un héritage paternel et donc masculin.

L’idiotie humaine ne cessera jamais de m’impressionner. Je pense que personne n’avait jamais pensé à cette étymologie latine aux « allusions sexistes ». Par ailleurs, je pense même que toutes les personnes qui utilisait le mot patrimoine n’ont jamais pensé « asservir » les femmes. Ce changement d’appellation pose, en réalité, deux problèmes. Nous créons, d’une part, un problème où il n’y en a pas. D’autre part, nous utilisons des mots anglais alors que nous avons des équivalents en français. L’incorporation de substantifs étrangers dans une langue ne me dérange absolument pas à condition qu’ils soient nécessaires. Le cas échéant, utilisons les mots dont nous disposons.

Le politiquement correct nous plonge non seulement dans une décadence linguistique mais également dans une constante crainte de « mal parler ». Une personne aveugle voit-elle mieux quand on l’appelle « malvoyante » ? Le politiquement correct nous plonge dans un marasme dont nous ne pourrons plus sortir. Le politiquement correct nous plonge dans une société décadente. Y souscrire, c’est renoncer à sa liberté ! Pour moi, c’est donc un grand « non » !

Sources (dont image):

https://www.lalibre.be/debats/ripostes/2021/08/25/pascal-smet-a-t-il-eu-raison-de-rebaptiser-les-journees-du-patrimoine-en-heritage-days-BLNMA5Z4CNG4HBVN2KQ6MGMR6Y/?fbclid=IwAR2SvOa_fQ0a47eTJFqo0T300lNE17Rk2ZAdVlJInsFX7v2H1_j_p9GCUpc

Crise en Afghanistan: les limites désastreuses du Nation Building à l’américaine

Par Olivier Humblet, journaliste Piccolo.

Retour sur les évènements de ces dernières semaines

« Il s’agit d’un échec de l’ensemble de la stratégie occidentale conduite au cours des deux dernières décennies ». Voici comment Nicolas Gosset, spécialiste de l’Asie centrale à l’institut royal supérieur de défense, définit la situation actuelle en Afghanistan.

Nous sommes les témoins d’un renversement complet du régime mis en place par les Occidentaux il y a de cela plus de 20 ans. Les derniers évènements ont pris un coup d’accélérateur quand le président américain Joe Biden a annoncé le retrait définitif des troupes américaines le 14 avril dernier. Suite à cette annonce et au retrait progressif des troupes US, les Talibans n’ont fait que prendre des territoires. Districts après districts, villes après villes, ils ont enchaîné les victoires sur les forces militaires et policières gouvernementales afghanes. L’armée régulière en déroute et exsangue laisse derrière elle l’équipement qui est utilisé par les Talibans pour accélérer la prise du pays. 

A la surprise des Occidentaux, le président Ashraf Ghani fuit le pays et les Talibans entrent dans Kaboul le 15 août 2021 créant la panique dans la capitale. Tous les calendriers sont bousculés et commence la cohue pour fuir le pays de la part des nombreux ressortissants étrangers et leur famille ainsi que les Afghans ayant collaboré de près ou de loin avec les Américains et leurs Alliés. C’est à l’aéroport de Kaboul, seul vivier encore sous protection occidentale, que se cristallise cet exode moderne. Se masse alors des milliers de candidats au départ créant des scènes de chaos qui ont fait le tour du monde. C’est à la lumière de ces images qui nous sont parvenues par les réseaux sociaux principalement que nous pouvons évaluer la crainte que représente l’arrivée des forces talibanes au sommet du pouvoir. Les foules se déplacent, les gens s’accrochent aux carlingues, les jeunes courent après les avions qui quittent le tarmac et nous comptons déjà les premiers décès. Le 20 août, une source de l’OTAN fait état d’une vingtaine de personnes décédées lors de ces évènements.

S’est alors organisé plusieurs opérations occidentales conjointes pour rapatrier les ressortissants et les personnes candidates à l’exil. La Belgique se joint à l’opération via sa propre mission Red Kite qui a pour but d’évacuer les Belges d’Afghanistan. Des ponts aériens entre Kaboul et la capitale pakistanaise Islamabad ont été créés. Cette opération menée par la Belgique a permis d’évacuer 1400 personnes à bord des vieux C-130 de la Défense, pourtant voués à enrichir nos musées.

Malgré les évacuations qui allaient bon train, deux éléments rendent la situation délicate aux abords de l’aéroport de Kaboul. Premièrement, la date définitive du retrait des troupes américaines, dernières garantes de la sécurité des missions d’évacuation, est fixée et confirmée par J. Biden au 31 août 2021. Or les candidats au départ sont extrêmement nombreux et massés aux entrées de ce que représente la dernière porte de sortie du pays. Il commence à se faire entendre que tout le monde n’aura pas une place dans l’avion. Le deuxième élément est la menace d’une attaque terroriste qui plane depuis plusieurs jours. En effet, Didier Leroy, chercheur à l’institut royal supérieur de défense, estime que le paysage politique morcelé de l’Afghanistan se prête à un jeu de pouvoir et d’influence entre les groupes islamistes qu’ils soient d’Al-Qaïda, des Talibans ou de l’Etat Islamique. Ce jeu d’influence pourrait donc mener un de ces groupes et notamment l’Etat Islamique à perpétrer un attentat dans cette foule agglutinée aux abords de l’aéroport. Pour le chercheur, l’occasion serait ici « trop belle » pour l’EI de perpétrer une attaque qui déforcerait les Talibans vainqueur de la guerre d’Afghanistan, mettrait en lumière l’impuissance américaine et aurait un potentiel de publicité énorme tant la situation afghane actuelle est médiatisée. C’est exactement ce qui arriva le 26 août dernier. Un attentat suicide a été perpétré et revendiqué par l’Etat Islamique causant la mort de 180 personnes dont 13 soldats américains et blessant 200 personnes supplémentaires. Cela faisait deux jours que les renseignements occidentaux parlaient d’un risque très élevé d’une attaque de l’EI dans la foule de l’aéroport. Les Américains ont, la veille de l’explosion, exhorté les candidats à l’exil de quitter la zone. Mue par une crainte encore plus forte de rater un éventuel vol pour fuir le régime taliban, la foule est restée campée là dans l’espoir d’un voyage.

Nous sommes le 31 août 2021 à l’heure d’écrire ces lignes et les derniers soldats américains ont quitté le pays, détruisant leur matériel militaire resté sur place, et laissant un peuple voué à son propre destin. Les tirs de victoire des Talibans dans la capitale afghane marquent ainsi la fin d’une guerre initiée en 2001 à la suite des attentats du World Trade Center de New-York.

Eléments historiques d’une catastrophe annoncée

Faisons un retour dans le temps pour comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation chaotique de ces dernières semaines. Déjà en 1979, en pleine guerre froide, l’Afghanistan se retrouve au centre d’un conflit décentralisé qui oppose les deux superpuissances de l’époque, l’URSS et les USA. Marc Epstein revient sur la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989. Il fait ressortir un point intéressant dans l’analyse des évènements qui ont eu lieu en ce mois d’août 2021, soit 40 ans plus tard. Le casus belli de la guerre de 1979 est l’entrée sur le territoire afghan de l’armée rouge voulant porter secours à la branche communiste de la politique afghane et ainsi assurer la pérennité de la République Démocratique d’Afghanistan. Avec la même logique qui a poussé les USA à intervenir en Corée, au Vietnam, ou en Chine, les Américains sont également intervenus en Afghanistan pour éviter que le pays tombe dans le camp communiste. Pour se faire, ils ont favorisé un soutien à des combattants locaux et non l’intervention militaire pure. Ainsi, plus de 7 milliards de dollars ont été dépensés par les USA, au travers de l’opération Cyclone de la CIA, et l’Arabie Saoudite pour le financement de la résistance afghane composée, entre autres, des Moudjahidines d’Afghanistan. Il s’agit d’un groupe islamiste salafiste prônant le Djihad pour chasser les Soviétiques de leur pays. Pour ce financement, la CIA a fait appel à Oussama Ben Laden qui s’occupait des relations avec l’Arabie Saoudite et qui recrutait des guerriers pour lutter contre les Soviétiques. L’URSS perd la guerre et quitte le pays en 1989 juste avant la chute de son empire communiste. 

La décennie qui suit la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989 voit la guerre civile prendre le dessus. Des dissensions apparaissent entre les groupes de résistance vainqueurs des Soviétiques. Deux cellules s’affrontent alors. D’une part la résistance afghane dont l’une des figures emblématiques est le Commandant Massoud, et les combattants étrangers arabophones importés par Ben Laden. Ces derniers veulent faire de l’Afghanistan le pays central où former les candidats au Djihad (ou guerre sainte), créer un état respectant la Charia, et lutter contre le système mondial et la présence occidental en terre d’Islam. Les Moudjahidines de Massoud sont exilés dans la montagne et le Mollah Omar instaure la loi islamique au pays et permet aux graines d’Al-Qaïda de germer sur son territoire.

En 2001, les alertes envoyées par le Commandant Massoud aux Occidentaux sur la menace d’attentat qui pèse sur eux ne parviendront pas à éviter l’Histoire de se dérouler. Le 6 septembre 2001, un attentat perpétré par deux Tunisiens vivant à Bruxelles coûte la vie au Commandant des Moudjahidines, et le 1er septembre de la même année, les Etats-Unis sont frappés à New-York par un attentat qui changea la face du monde. La réaction du président de l’époque, George Bush fils, est immédiate. Il demande à l’Afghanistan de livrer les responsables des attentats, à savoir Ben Laden et son groupe. Suite au refus de coopération des Talibans au pouvoir, les USA entrent en guerre et chassent les Talibans du pouvoir. C’est le début de la seconde guerre d’Afghanistan qui vient tout juste de prendre fin.

Gilles Dorronsoro parlait déjà d’un « échec annoncé » dans son ouvrage daté de 2003. En effet, malgré une prise rapide du pays, les Talibans se sont vite regroupés dans les montagnes et les campagnes qui entourent les grandes villes. Pieter de Crem, notre ministre de la Défense de l’époque, avait le nez creux quand en 2011 il a dit : « la guerre n’est pas finie ». La menace n’a jamais disparu, la situation s’est enlisée et le conflit a duré. Un des éléments qui explique pourquoi la guerre s’est corrompue en Afghanistan est l’absence de soutien dans les communautés locales. Les Américains ont imposé une nation démocratique basée sur le système occidental dans un pays où la réalité démographique, morale, religieuse était tout autre. Les Talibans n’ont donc jamais disparu. Ils gardaient une forte emprise dans les zones rurales qui s’opposaient de plus en plus à l’occidentalisation des villes. C’est dans ce contexte de guerre sans fin, de dépense publique astronomique, d’une résurgence des Talibans en 2017 malgré l’assertivité d’Obama que le président D. Trump et son administration ont négocié, lors des accords de Doha, un retrait définitif des troupes américaines.

L’accord de Doha a eu lieu en février 2020 entre les USA et les Talibans. Cet accord prévoyait une sortie des Américains du pays dans les 14 mois, l’assurance que les Talibans ne mettraient pas en péril la sécurité des premiers et de leurs alliés ainsi que la restitution de prisonniers dans les deux camps. Joe Biden qui a dû respecter cet accord a donc entrepris le retrait des troupes ce qui a permis aux Talibans de reprendre le pays.

Echec du nation building en Afghanistan

De l’avis des observateurs, cette reprise du pays par les Talibans sonne comme un échec. Il s’agit de l’échec d’un modèle américain instauré dans les années 1990-2000 nommé le Nation Building. Il s’agit d’une doctrine politique appuyée par la frange conservatrice de l’échiquier politique américain et proche de G. Bush fils. C’est cette doctrine qui a poussé les USA à rester en Afghanistan après 2001. C’est également cette politique qui est à la base de la guerre d’Irak de 2002, de la guerre de Syrie et de celle de Libye de 2011. L’objectif est de renverser un pouvoir jugé contraire à l’ordre et la sécurité mondiale militairement, puis d’occuper le pays assez longtemps que pour y mettre en place un gouvernement démocratique favorable aux valeurs occidentales libérales. A quoi aura servi 20 ans de guerres, des milliers de morts, et des milliards de dollars, pour qu’à la fin, les Talibans reprennent les rennes du pays ?  La fin de la guerre d’Afghanistan ne doit-elle pas enterrer le concept de Nation Building à l’américaine qui, de nombreuses fois, a montré ses limites ? Comment faire rayonner les valeurs de liberté à travers le monde sans causer plus de dommage que d’avantage ? Voici les questions auxquelles vont devoir répondre les dirigeants du monde libre au lendemain d’un retour en force de l’islamisme sur la scène internationale.

Sources (dont photos):

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_afghanistan-les-chancelleries-occidentales-entament-l-evacuation-de-leur-personnel-sur-place?id=10824454

https://www.ouest-france.fr/monde/afghanistan/le-president-afghan-ashraf-ghani-est-aux-emirats-arabes-unis-e708b404-002d-11ec-a0ac-8a8a3b7c04b7

https://fr.metrotime.be/belgique/fin-de-loperation-red-kite-kaboul-il-y-avait-un-risque-dattentat-suicide

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_mieux-comprendre-ce-qui-se-passe-en-afghanistan-en-six-questions-reponses?id=10824930

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_attaque-a-l-aeroport-de-kaboul-entre-l-impuissance-americaine-et-l-humiliation-talibane-l-etat-islamique-est-le-seul-gagnant?id=10830766

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/attentat-a-l-aeroport-de-kaboul-le-recit-d-un-carnage-aux-consequences-internationales_2157360.html

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_p-de-crem-sur-le-retrait-d-afghanistan-la-guerre-n-est-pas-finie?id=6363643

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_afghanistan-quel-risque-terroriste-representent-l-etat-islamique-et-al-qaida-face-aux-talibans?id=10830090

https://information.tv5monde.com/info/afghanistan-les-raisons-du-chaos-mortel-l-aeroport-de-kaboul-421419

« Afghanistan : chronique d’un échec annoncé », Gilles Dorronsoro, Dans Critique internationale 2003/4, (no 21), pages 17 à 23.

« L’URSS et le piège Afghan 1979-1989 », Marc Epstein, Perrin.

Elections présidentielles: Le ticket de Gilles, Mathilde et Annelise

Du 7 au 14 septembre, les Jeunes MR voteront pour élire leur nouveau président ainsi que 2 nouveaux vices-présidents!

Cette fois-ci, il y a 2 tickets nationaux qui se présentent à vous et en voici un: le ticket de Gilles, Mathilde et Annelise!

Pour tout connaître de leur programme et des projets qu’ils ont en tête pour le futur de notre mouvement, n’hésitez pas à vous rendre sur le site des Jeunes MR dédié aux élections présidentielles: http://www.jeunesmr.be/electionsinternes/

#getupandvote

Elections présidentielles: Le ticket de Laura, Guillaume et Antoine

Du 7 au 14 septembre, les Jeunes MR voteront pour élire leur nouveau président ainsi que 2 nouveaux vices-présidents!

Cette fois-ci, il y a 2 tickets nationaux qui se présentent à vous et en voici un: le ticket de Laura, Guillaume et Antoine!

Pour tout connaître de leur programme et des projets qu’ils ont en tête pour le futur de notre mouvement, n’hésitez pas à vous rendre sur le site des Jeunes MR dédié aux élections présidentielles: http://www.jeunesmr.be/electionsinternes/

#getupandvote

La fin d’un monde ?

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

Sommes-nous entrés dans un monde post-industriel ? 

On pouvait lire il y a quelques jours que sur la seule journée du mercredi 28 juillet 2021, le Groenland a perdu 8,5 milliards de tonnes de glace en surface. Il en va de même pour le lendemain, jeudi 29, avec 8,4 milliards de tonnes. Au total, ce sont donc 16,9 milliards de tonnes de glace qui ont fondu au Groenland en 48 heures. Pour donner un ordre de grandeur, Polar Portal indique que toute cette eau pourrait recouvrir la Floride sous 10 cm. Si ce parallèle ne vous suffit pas, le calcul vis-à-vis de la Belgique est lui aussi frappant. Avec 30.689 km² de superficie, notre pays est près de 6 fois plus petit que l’État du sud-est des États-Unis (170.312 km²). Cela veut donc dire que la glace qui a fondu en deux jours au Groenland pourrait mettre tout notre pays sous plus de 50 cm d’eau. Cependant, bien que ces phénomènes semblent se répéter depuis quelques mois voire quelques années, et ce fut encore le cas il y a quelques semaines avec les inondations en Belgique, ils étaient prévus ! 

Nous savons exactement quel sera notre avenir depuis 1972. En effet, à cette date, un petit groupe de chercheurs du MIT avait anticipé ces scénarios : incendies dévastateurs, pandémie galopante de coronavirus, inondations dantesques et autres dérèglements climatiques liés au réchauffement, autant de fléaux que la plupart d’entre nous n’imaginait pas devoir affronter il y a quelques années encore. Tout se trouve dans l’ouvrage intitulé The limits to growth (Les limites à la croissance, rapport appuyé par le Club de Rome [groupe de réflexion préoccupé des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés]). La conclusion est simple : si l’humanité continue à poursuivre sa croissance économique sans tenir compte des coûts environnementaux, elle va droit dans le mur. Mais ce n’est pas tout, sans un changement de comportement radical, la baisse de nourriture disponible, l’épuisement des ressources naturelles et la pollution galopante impacteraient tellement violemment et durablement la qualité de la vie sur Terre dans les décennies à venir, que la population humaine diminuerait drastiquement avant même la moitié du XXI siècle. Pour comprendre comment fonctionne cette théorie, les chercheurs (Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers, William W. Bahrens III) se sont appuyés sur cinq facteurs : la population, les ressources, la production industrielle, la pollution et la nourriture.

Les chercheurs ont donc généré différents scénarios de développement à l’aide de World3 (modèle de simulation) en faisant varier les hypothèses sur notamment l’innovation, les ressources non renouvelables ou les priorités sociétales. Si divers scénarios en sont sortis, les plus sombres, ceux qui se sont soldés par de fortes baisses de la population, se sont en fait révélés les plus en phase avec l’évolution réelle de ces 50 dernières années.

Les quatre scénarios sont les suivants :

Nom

BAU : Business as usual

Graphique

Description

Rien ne change dans nos comportements (par rapport au passé).

Résultat

Effondrement de la civilisation dû à un épuisement des ressources naturelles.

 

Nom

BAU2 : Business as usual 2

Graphique

Description

On double les ressources naturelles par rapport au premier modèle.

Résultat

Effondrement de la civilisation dû à une pollution excessive ainsi que des conditions climatiques extrêmes.



Nom

CT (comprensive technologies)

Graphique

Description

On double les ressources naturelles par rapport aux premiers modèles mais on parvient à développer et à utiliser des technologies exceptionnellement développées et élevées permettant de limiter la pollution et d’augmenter les ressources.

Résultat

Augmentation des coûts des technologies, déclin de la civilisation mais pas d’effondrement.



Nom

ST (Stabilized world)

Graphique

Description

CT + changement dans les valeurs et dans les priorités sociétales.

Résultat

Tout se stabilise.

Malheureusement, nous sommes à l’heure actuelle dans le modèle BAU2 : Diminution drastique des ressources, croissance démographique incontrôlable, etc. S’il veut espérer pouvoir vivre sur Terre encore quelques siècles, l’être humain se doit donc de créer une société dans laquelle il s’impose des limites à lui-même et à sa production de biens matériels pour atteindre un état d’équilibre, sans quoi il risque bien de sombrer.

Sources :

https://fr.businessam.be/en-deux-jours-la-glace-du-groenland-a-tellement-fondu-quelle-pourrait-inonder-toute-la-belgique-sous-50-cm-deau/?fbclid=IwAR3-kPE8ewlODysTn4qzbW7dZcTKEicNGrU1TcOjr3vy5A5ukiqLd0BPLlc

http://polarportal.dk/en/greenland/surface-conditions/#c8397

https://fr.businessam.be/fonte-des-glaces-nous-sommes-desormais-dans-le-pire-des-scenarios/

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_en-1972-un-modele-du-mit-a-predit-l-effondrement-de-notre-civilisation-pour-2040-et-jusqu-ici-il-ne-s-est-presque-pas-trompe?id=10814350&fbclid=IwAR201h66gurnmL0Q3eGVTC5Y-eIeCdBAweXofvwyXNoLTxR2Q0BlUsf0UCg

https://dash.harvard.edu/bitstream/handle/1/37364868/BRANDERHORST-DOCUMENT-2020.pdf?sequence=1&isAllowed=y

http://www.donellameadows.org/wp-content/userfiles/Limits-to-Growth-digital-scan-version.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Limites_%C3%A0_la_croissance#Propositions

Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers et William W. Behrens, The Limits to Growth, Universe Books, 1972.

Graham Turner, Cathy Alexander, Limits to growth was right, new research shows we’re nearing collapse , The Guardian, 2 septembre 2014 (consulté le 1 août 2021).

Journée de deuil national

Par Julien Liégeois, rédacteur en chef du PiccoloMag.

Ce mardi 20 juillet marque une journée de deuil national en Belgique en commémoration des victimes des terribles inondations qui ont eu lieu la semaine dernière dans l’est du pays. Bien que le bilan ne soit pas encore définitif, les autorités avancent le nombre de 31 personnes décédées. Il reste encore 127 autres personnes qui sont portées disparues et, malheureusement, plus les jours avancent et plus leurs chances de survie se rétrécissent.

Pourtant, comme l’indique Mathieu Golinvaux, journaliste à L’Avenir, les services de secours ont déployé des moyens importants ces derniers jours pour aider le plus de personnes possibles: 5000 policiers mobilisés, 4000 agents locaux et 1000 agents fédéraux sur le terrain ainsi que 350 effectifs de l’armée. N’oublions pas que l’aide fut aussi européenne avec le soutien de la France, de l’Italie, de l’Autriche, des Pays-Bas et du Luxembourg qui ont prêté main forte au plus profond de la crise en envoyant 300 sauveteurs, 50 bateaux et 2 hélicoptères. 

Face à l’ampleur de cette catastrophe, une minute de silence sera observée à 12h pile. L’heure sera donc au recueillement dans tout le pays. 

Sources dont photo:

https://www.lesoir.be/384955/article/2021-07-20/deuil-national-apres-les-inondations-le-programme-de-la-journee

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210719_01598779/les-chiffres-fous-de-deux-jours-de-lutte-face-a-la-montee-des-eaux

https://www.francetvinfo.fr/meteo/inondations/en-images-rues-devastees-en-allemagne-evacuations-en-belgique-les-degats-impressionnants-des-inondations-en-europe_4703401.html

 

La décadence post-linguistique

Par Gauthier Jacques, journaliste Piccolo.

De nos jours, certains mouvements de gauche – toutes gauches confondues d’ailleurs – tentent d’améliorer et de moderniser notre société contemporaine grâce à des changements aussi futiles que loufoques. Dans cet article d’opinion pamphlétaire et contestataire, je me contenterai de mentionner l’écriture dite non-genrée ou non-binaire. Cette écriture, directement inspirée du politiquement correct, nous plonge dans une décadence post-linguistique. D’ailleurs, dans l’Identité malheureuse, Alain Finkielkraut déclarait : « Le politiquement correct, c’est le conformisme idéologique de notre temps. La démocratie, en effet, c’est-à-dire le droit de tous à la parole, produit du conformisme. L’homme démocratique pense comme tout le monde en croyant penser par lui-même. Il ne se contente pas d’adhérer au jugement du public, il l’épouse jusqu’à ne plus pouvoir le discerner du sien propre » (Finkielkraut, 2013). Ne vous méprenez pas, je ne suis point contre cet homme démocratique, tant s’en faut, mais bien contre toutes les personnes qui tentent de révolutionner le monde à travers de fausses bonnes idées. Bien que la culture soit un des domaines où se déroule une activité spirituelle et créatrice, pour reprendre une autre citation de notre Académicien, cette activité ne doit en aucun cas pourfendre l’hérésie linguistique. 

Reconnaissons que la langue française est très complexe. Entre sa grammaire et son orthographe, les apprenants de la langue de Molière peuvent éprouver de réelles difficultés. Alors pourquoi encore entraver leur apprentissage ? 

L’écriture non-binaire peut se définir comme une forme linguistique neutre, entendez par-là que les notions de « masculin » et « féminin » disparaissent. Cependant, la complexité ne s’arrête pas là puisque le neutre grammatical n’est pas la même chose que le genre neutre (également nommé neutrois). On peut, donc, par exemple être agenre (personne n’ayant aucun genre), demi-garçon, demi-fille, bispirituel (avoir un esprit féminin et un esprit masculin cohabitant en même temps), genre-fluide, etc. et utiliser le neutre grammatical pour se désigner.

D’un point de vue purement linguistique, cette non-binarité entrave la compréhension et probablement l’apprentissage de la langue française, bien que cette information ne soit pas scientifiquement vérifiée, étant donné la nouveauté de ce phénomène. Cependant, nous pouvons supputer que cette nouvelle écriture entrave la compréhension d’une langue déjà complexe. J’en veux pour exemple les différentes manières d’écrire le phonème [ɛ̃] en français. On peut l’écrire avec /in/ (intéressant), /im/ (important), /ein/ (ceinture), /ain/ (pain), /aim/ (faim), /yn/ (lynx), /ym/ (symbole). Il existe une pléthore d’autres exemples mais nous nous contenterons de celui-ci. Si l’écriture non-binaire souhaite éviter les discriminations, elle en génère indubitablement par sa complexité. Comme le montre le tableau suivant, la langue française connaîtra de nouvelles formes lexicales, verbales, etc. 

 

Source : http://uniqueensongenre.eklablog.fr

Autrement dit, par souci d’inclusion, nous préférons compliquer la langue française mais nous n’avons pas pensé un seul instant que nous allions discriminer toutes les personnes éprouvant déjà des difficultés lors de leur apprentissage. Certains linguistes seront opposés à cet avis mais je prendrai l’exemple suivant pour montrer la complexité et l’idiotie de cette nouvelle écriture. 

Exemple 1 : « Il est beau » (français standard).

Exemple 2 : « Ille est belleaux » (français dit « non-binaire »). 

La première question qui se pose est la suivante. Comment prononcer Ille ? Rien de plus simple. Ce mot se prononce comme le Il (du français standard). Pour une écriture qui souhaite éviter toutes discriminations mais qui garde la même prononciation phonétique masculine, pardonnez ce satisfecit, mais je trouve cela quelque peu étrange. Ensuite, la forme belleaux est identique au singulier et au pluriel. Certains y verront une facilité, j’y vois une incompréhension. Admettons.

L’hérésie linguistique ne s’arrête pas là. La terminaison des noms féminins et masculins, pour les professions par exemple, sont remplacés par /x/. « Un avocat » s’écrira donc « Um avocax ». Un chanteur et une chanteuse s’écrira désormais « chateureuse ». Peut-on me garantir qu’il n’y aura aucun caractère humoristique quand nous dirons que lu (la) chanteureuse est triste. Le maitre et la maîtresse – qui avait déjà posé problème lors de la féminisation des professions pour avoir deux acceptions dont une quelque peu péjorative – s’écrira désormais « maitré ». Nous pourrions continuer avec une kyrielle d’exemples mais ce n’est pas le but de cet article. 

Une langue doit évoluer sinon elle meurt ! C’est une évidence ! On peut déplorer quotidiennement la disparition des langues comme le relate Claude Hagège dans son ouvrage, paru en 2000, Halte à la mort des langues. Cependant, nous devrions nous attarder sur d’autres aspects linguistiques afin de faciliter l’apprentissage de cette langue et non complexifier ce dernier…

Sources : 

Finkielkraut, Alain. 2013. L’identité malheureuse. Paris: Stock.

Hagège, Claude. 2000. Halte à la mort des langues. Paris: O. Jacob.

 

Interview de Nadia Geerts (part 3): le féminisme

Clap et fin de l’interview de notre invitée de marque, Nadia Geerts, avec cette 3ème capsule vidéo! C’est avec notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques, que Nadia Geerts nous parle de sa vision du féminisme: qu’est-ce que le féminisme? L’écriture inclusive soutient-elle la cause du féminisme ou la dessert-elle? Le mouvement féministe va-t-il trop loin?

Retrouvez toutes les réponses intéressantes à ces questions dans notre vidéo!

Comme d’habitude, n’hésitez pas à liker, partager et à vous abonner à la chaîne des Jeunes MR! On se retrouve tout bientôt pour d’autres interviews! #staytuned

Interview de Nadia Geerts: la religion et la laïcité

Retrouvez Gauthier Jacques, journaliste Piccolo, en compagnie de notre invitée, Nadia Geerts, chroniqueuse et nouvelle recrue du Centre Jean Gol.

Au menu de ce jour: la place de la religion dans notre société, le port des signes convictionnels dans les écoles et les universités et la laïcité en tant que garant de nos libertés!

Comme d’habitude, n’hésitez pas à liker, partager et à vous abonner à la chaîne des Jeunes MR! On se retrouve tout bientôt pour la suite! #staytuned

Nadia Geerts, une personnalité libérale et progressiste

Pour cette nouvelle interview en plusieurs capsules, notre journaliste Piccolo Gauthier Jacques a rencontré en ligne Nadia Geerts, essayiste sur le féminisme et la neutralité de l’Etat ainsi que la laïcité, chroniqueuse et nouvelle recrue du Centre Jean Gol. Au menu de ce jour, une présentation de notre invitée sur sa formation, son parcours professionnel ainsi que sur sa vision du libéralisme et du progressisme.

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