400 ans… ça se fête !

LA MINUTE

400 ans... ça se fait !

Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, nait le 15 janvier 1622 à Paris et meurt le 17 février 1673. Il fréquente le collège de Clermont, connu aujourd’hui sous le nom de Louis-le-Grand où il rencontre des grandes personnes comme le prince de Conti ou encore le célèbre auteur du cogito ergo sum, Descartes.

Très vite, le jeune Jean-Baptiste adopte le nom de Molière et réalise le rêve de toute une foule de comédiens ; il fonde le 30 juin 1643 une troupe de théâtre nommée l’Illustre Théâtre. La troupe se compose notamment de la célèbre Madeleine Béjart, comédienne française. Comme il est de règle dans toutes les précipitations, l’Illustre théâtre fait faillite en moins de deux ans. Jean-Baptiste décide de tout plaquer et de partir en tournée dans toute la France.

En arrivant à Paris, il obtiendra l’appui du Roi Louis XIV et pourra s’installer au théâtre du Palais Royal, fondé jadis par le cardinal Richelieu. La grande carrière de Molière commence. En vers ou en prose, des Précieuses ridicules et de l’École des femmes en passant par un Malade imaginaire aux allures d’un Don Juan avare et misanthrope, parsemés d’un zeste de Femmes savantes, les chefs d’œuvres défilent. La vie de Molière est, inextricablement, un triomphe et une lutte permanente jusqu’à la quatrième représentation du Malade imaginaire où la fiction, devenant réalité, met fin d’une part à sa carrière et d’autre part à son existence. Comédien et martyr, il meurt sur scène le 17 février 1673, dans le rôle du malade.

Sources :

Brix Michel, 2014, Histoire de la littérature française.

Qui est Spike ?

LA MINUTE

Qui est Spike ?

Décembre 2019, le monde apprenait l’existence d’un nouveau virus qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de SARS-Cov-2 ou virus de la Covid-19. À ce moment, personne ne se doutait que ce dernier allait provoquer une importante pandémie et bousculer nos modes de vie. Pourtant, le monde scientifique s’est hâté de concevoir un vaccin. Celui-ci permet d’éviter les complications dues à l’infection au virus SARS-Cov-2. Mais comment fonctionne-t-il et grâce à quoi ?

Avant tout, il faut savoir comment un virus fonctionne et de quoi il est composé. Un virus est constitué d’un matériel génétique entouré d’une capside, le tout protégé par une enveloppe. Sur cette enveloppe on retrouve des protéines de surface. Le virus va utiliser ces protéines pour entrer en contact avec une cellule et insérer son matériel génétique. Il va utiliser la cellule pour se répliquer. Le Sars-Cov-2 utilise le même procédé mais à sa surface, on retrouve une protéine de surface : « Spike ».

Le virus Sars-Cov-2 utilise cette protéine pour pénétrer à l’intérieur d’une cellule. Les scientifiques vont utiliser ce facteur pour le développement d’un vaccin. Le but du vaccin contre le virus de la Covid-19 est simple. On insère un ARN messager (ARNm) dans le corps. Cet ARNm contient le plan pour fabriquer la protéine « Spike ». Les cellules vont donc la produire. Notre système immunitaire va reconnaître cette protéine et lancer la production d’anticorps contre elle. De ce fait, le corps sera capable de reconnaître « Spike » sur la surface du virus et de s’en protéger.

Sources :

https://www.inrae.fr/actualites/avantages-desavantages-risques-ce-quil-faut-savoir-vaccins-arn

https://www.chuv.ch/fr/chuv-home/espace-pro/journalistes/communiques-de-presse/detail/nouveau-test-serologique-pour-evaluer-limmunite-contre-le-sars-cov-2

https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/tag/proteine-spike/

https://press.pfizer.be/pfizer-et-biontech-choisissent-leur-principal-candidat-vaccin-a-arnm-contre-le-covid-19-et-demarrent-une-etude-pivot-de-phase-23-au-niveau-mondial

https://vaccination-info.eu/sites/default/files/documents/MRNA-vaccine-infographic-FR.pdf

https://www.insb.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/effets-surprenants-de-certains-anticorps-neutralisant-la-proteine-spike-du-sars-cov-2

https://www.insb.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/effets-surprenants-de-certains-anticorps-neutralisant-la-proteine-spike-du-sars-cov-2

https://www.inrae.fr/actualites/analyse-proteine-qui-permet-au-sars-cov-2-dinfecter-cellules

https://sciencesnaturelles.ch/covid19-vaccination-explained/mrna_vaccines/wie_funktioniert_ein_mrna_impfstoff_

Image : https://www.futura-sciences.com/alternative/amp/breve/3882/

L’euro a 20 ans ?

L’euro ne date pas d’hier. Il est le fruit de décennies de préparation. En effet, la route vers la monnaie unique est encore longue. En voici quelques dates-clés

1970

Le rapport Weber (en référence au Premier Ministre Luxembourgeois de l'époque) envisage une certaine union monétaire.

1972

Les pays membres de la CEE (Communauté économique européenne, fondée en 1957 par le traité de Rome) introduisent (par le président Pompidou) le « serpent monétaire ». Ce dispositif limitant la fluctuation des monnaies des pays membres tient la route jusqu’en 1979.

1986

La communauté européenne adopte le projet de marché unique avec l' Acte Unique Européen (Single European Act).

1989

Le président de la Commission européenne, Jacques Delors, propose un plan (Rapport Delors) en trois phases pour arriver à la création d'une monnaie unique mais aussi d'une banque centrale européenne.

1992

Traité de Maastricht. Ce traité transforme la Communauté européenne en une Union Économique et Monétaire complète. Pour y participer, les pays candidats doivent respecter une série de critères

1998

La Banque Centrale Européenne succède à l’Institut monétaire européen.

1999

Les États de la zone euro mettent en œuvre une politique monétaire unique. L'euro est introduit comme monnaie légale, mais n’existe encore que sous forme scripturale.

2002

Le 1er janvier apparaissent les pièces et billets en euro dans 12 pays de l’UE.

...

Aujourd’hui, l’euro est la monnaie de 340 millions d’Européens, dans 19 pays constituant la zone euro.

Crise énergétique à Bruxelles ?

La société Octa+ dit adieu au marché bruxellois de l’énergie. Fondée en 1881, l’entreprise fournit de l’électricité, du gaz naturel, du fioul et du mazout à plus de 100 000 clients. Cependant, dès le 1er janvier 2022, la société perdra 17 000 clients.

En effet, les réglementations de la Région Bruxelles-Capitale, différentes des autres régions, sont plus nombreuses et plus contraignantes. Le fournisseur Octa+ a donc informé le gestionnaire de réseau bruxellois Sibelga qu’il renonçait à sa licence et qu’il ne fournirait plus de gaz et d’électricité à ses 17 000 clients et ce, dès 2022. Bruxelles est, de facto, devenue un duopole entre Enegie Electrabel – société anonyme fondée en 1905 – et Lampiris – fournisseur et producteur d’énergie depuis 2003.

 

Notons toutefois que d’autres fournisseurs plus « spécifiques » sont actifs au niveau bruxellois comme la coopérative Aeco, fondée en 2016 (dont il faut devenir coopérant) ; Brusol (initiative de l’entreprise EnergyVision et uniquement pour les propriétaires de panneaux solaires) et Luminus (exempt de contrat en ligne. Les contrats sont néanmoins possibles par téléphone ou en vous rendant au magasin MediaMarkt).

 

Ce n’est pas la première fois que ce genre de situation se produit et qu’un fournisseur se plaint de la situation complexe à Bruxelles. Quel est le souci ? À Bruxelles, un fournisseur ne peut pas résilier un contrat en cas de défaut de paiement d’un client. Si durant son contrat (d’une durée minimum de trois ans) le client ne paie pas, le fournisseur se doit de continuer à l’approvisionner. « Vous pouvez évidemment vous adresser à un juge de paix, mais la procédure prend souvent un an et les dettes s’accumulent » déclare Vincent Declerck, directeur marketing d’Octa+. 


La page bruxelloise se tourne donc pour Octa+ qui restera toutefois actif en Flandre et en Wallonie.

 



Sources :

 

Octa+ arrête de founir ses 17.000 clients bruxellois, L’Écho, mercredi 29 décembre 2021, p.1.

 

https://brusol.be/qui-sommes-nous/

 

https://www.aeco.be/fr/particuliers/a-propos-d-aeco/cooperations-cooperatives/

 

https://www.maes-oil.be/fr/blog/non-classifiee/maes-reprend-156-stations-service-docta-2/ (Image)



Décryptage: écriture inclusive !

Par Maylis Robben

Durant le XVIIe siècle, les grammairiens de l’Académie Française ont décidé de supprimer le genre féminin pour montrer la supériorité de l’homme ainsi que rendre plus noble la langue française. Quatre siècles plus tard, dans une volonté de faire avancer le combat féministe, les militants se penchent sur cette décision et proposent d’instaurer l’écriture inclusive. Mais qu’est- ce que l’écriture inclusive concrètement ? C’est ce qu’on appelle « le langage non sexiste », c’est- à-dire un usage de la langue française non genré (ni masculin ni féminin, mais neutre) qui évite toute discrimination sexiste. Cette manière d’écrire inclut, par définition, tout le monde : les hommes, les femmes ainsi que les personnes qui ne définissent pas leur genre, appelées les non-binaires. L’écriture inclusive se veut aussi de montrer davantage la femme dans la société. Pour ce faire, plusieurs plans d’action, controversés ou non, sont proposés.

Sur le plan lexical, il y a une demande de féminiser les noms de métiers. Cette dernière est motivée par le souhait de l’inclusion du sexe féminin et sa représentation dans tout métier. Le terme « boulanger » est devenu « boulangère », au féminin, parce que des femmes ont commencé à faire ce métier. Féminiser les métiers est plus judicieux lorsque le sujet de la phrase est du genre féminin. D’ailleurs, le moniteur belge a publié le 26 novembre 2021 le décret du 14 octobre 2021 relatif au renforcement de la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre et aux bonnes pratiques non discriminatoires quant au genre dans le cadre des communications officielles ou formelles.

Aussi, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a proposé l’utilisation du point médian pour pratiquer au mieux l’écriture inclusive. Pour rappel, le point médian se situe au- dessus de la ligne de base et est employé à la fin du radical d’un terme lorsque l’on veut représenter la partie féminine dans l’ensemble désigné. Par exemple, pour citer l’entièreté des ingénieurs à la fois masculins et féminins à l’écrit, ce sera « les ingénieures ».

Bien qu’utilisée depuis plusieurs années, cette proposition graphique est énormément débattue. Le problème de l’illisibilité causé par l’emploi du point médian qui allongerait les termes est pointé du doigt. Ainsi, la phrase, telle qu’écrite sans appliquer l’écriture inclusive, « Ces docteurs sont très fiers d’aider les séniors. » va devenir en utilisant les points médians « Ces docteures sont très fieres d’aider les séniores. ». L’académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique dénonce également les difficultés que peuvent rencontrer les personnes souffrant d’un handicap, telles que les dyslexiques, ainsi que les enfants qui apprennent la langue française, déjà assez complexe.

Deux réformes de la langue sont intéressantes à analyser et à appliquer plus couramment : l’habitude d’employer des mots épicènes et des termes collectifs, ainsi que l’accord de proximité. Un mot épicène est un mot identique au masculin et au féminin, comme « adulte », « artiste », « partenaire », etc. Dans le même style, les termes (ou noms) collectifs sont des termes qui désignent un ensemble et peut être suivi, ou non, d’un complément. Dans ce cas, plutôt que d’utiliser « ces étudiants » l’expression « ce groupe d’étudiants » sera privilégiée. Ces pratiques semblent plus digestes que l’utilisation du point médian pour les personnes ayant des troubles dys, pour les plus jeunes et pour les apprenants.

De plus, même si cette révision grammaticale va demander un long moment d’adaptation au niveau des mentalités et des habitudes bien ancrées, appliquer l’accord de proximité ne parait pas absurde. L’idée est de laisser tomber l’accord selon le masculin – qui l’emporte sur le féminin – pour accorder en fonction du genre de la proposition la plus proche de l’adjectif qu’il qualifie, dit l’accord de proximité. De là, on ne dira plus « les garçons et les filles sont grands » mais « les garçons et les filles sont grandes » puisque les filles est le plus proche de l’adjectif grand, et inversement « les filles et les garçons sont grands ». Cet accord de proximité se présente comme plus logique pour les enfants que la règle grammaticale apparue au XVIIe siècle.


Comme dit précédemment, l’écriture inclusive représente aussi les personnes non-binaires, qui ne revendiquent pas leur genre. C’est alors qu’au début des années 2010 le pronom « iel » apparait, contraction de « il » et de « elle » et traduit à they en anglais. De même, ce pronom nomme un groupe d’hommes et de femmes, mais également une personne dont le genre est inconnu. Voici, pour éclairer, trois exemples de phrases dans lesquelles iel est utilisé :

– « iel vient au cinéma ce soir » où iel fait référence à une personne non-binaire ;
– « iels iront au restaurant pour Noël » iels, alors employé au pluriel, fait référence à un groupe d’hommes et de femmes ;
– « iel viendra se présenter pour la première fois lundi » là, enfin, le genre de la personne n’est pas connu.

Depuis le 15 septembre 2021 le pronom « iel » est entré dans le dictionnaire en ligne du Robert et est définit comme « Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. L’usage du pronom iel dans la communication inclusive. – REM. ON ÉCRIT AUSSI ielle , ielles » (Le Robert en ligne, s.d.). Cette entrée au dictionnaire fait évidemment débat. Pourtant, la langue française ne cesse d’évoluer et les dictionnaires s’adaptent. En d’autres termes, c’est parce que « iel » est utilisé, bien que de manière encore marginale, comme le précise Charles Bimbet, directeur général du Robert, qu’il est reconnu et mis au dictionnaire.

Ce qui semble crisper le plus avec ce pronom neutre est la question de son accord grammatical. Quelle règle appliquer ? Garder l’accord au masculin, tout féminiser ou, appliquer la règle du point médian ? La grammaire française est déjà bien complexe et profondément liée au genre, l’emploi de ce pronom neutre ne fera que la complexifier davantage ou, au contraire, la rendre plus facile. En effet, pour les apprenants il serait plus aisé d’avoir un seul pronom pour désigner à la fois le masculin et le féminin afin de faciliter l’usage de ces normes.

Par ces différentes réformes de la langue, le mouvement féministe veut une société plus représentative et égalitaire. Néanmoins, la langue française est, depuis toujours, attachée au genre, et la changer prendra des années, voire plus. Pour rappel, toutes les normes grammaticales considérées comme sexistes ont été mises en place depuis plusieurs siècles où les mentalités, nommément la place de la femme, furent très différentes par rapport à la société actuelle. Est-ce vraiment par l’écriture que le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes arrivera à ses fins ? Ou la langue n’est qu’un des moyens par lesquels la femme peut regagner sa représentativité perdue au XVIIsiècle ? Mis en parallèle, dans les pays anglophones – où l’anglais est nettement moins lié au genre grammaticalement – les inégalités sexistes sont pourtant bel et bien présentes.


Sources: 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/05/l-ecriture-inclusive-ou-la-longue-quete-d-une-langue-egalitaire_6101010_3232.html 

https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2021-01-10/langage-epicene/s-exprimer-sans-genres.php

Édito de fin d’année

Chères amies libérales, chers amis libéraux,

Chères lectrices, chers lecteurs,

 

La fin d’année approche à grand pas, plus que quelques heures… Encore une année de plus qui a filé à toute vitesse !

Voici le temps de vous adresser ces quelques mots. L’année 2021, comme sa précédente, fut une année particulière… Notre monde a connu maintes manifestations – parfois justifiées, parfois incompréhensibles – un regain de violence dans certains pays, une montée en puissance de la cancel culture et du wokisme, une mise à mal de nos valeurs libérales, un clivage sociétal, et bien plus encore. Cependant nous avons tenu ! Nous continuerons sur cette voie pour l’année 2022 et les autres à venir comme ça a été le cas au cours des 175 dernières années. Il en va de même pour notre jeunesse libérale, la première jeunesse politique francophone, désormais aux mains de Laura Hidalgo. C’est sous une présidence dynamique, ambitieuse et proche du citoyen que nous avons décidé de nous engager et d’agir pour les deux prochaines années !


Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’années avec vos proches ; profitez de ces moments précieux en émotions et en arômes gustatifs ! Soyez fiers d’être des libéraux ! Nous nous retrouverons dès 2022 !

 

Amitiés libérales,

 

 

Gauthier Jacques, rédacteur en chef !

Uber: échec du gouvernement bruxellois?

Le mercredi 24 novembre 2021, la Cour d’appel de Bruxelles rendait un arrêt ordonnant que l’injonction prise contre UberPop, en 2015, s’applique aux conducteurs LVC (Location de Voiture avec Chauffeur). La conséquence est simple, 2000 conducteurs pouvaient perdre leurs revenus. Cette décision est un scandale pour la mobilité à Bruxelles et pour les usagers qui utilisent ces moyens de transport. La nouvelle était un véritable choc pour les conducteurs LVC et leurs utilisateurs. L’incertitude pèse sur de nombreuses familles. Les passagers, qui voyaient ces transports comme quelque chose de sûr, sont dans le doute.

 

Mais comment expliquer une telle situation ?

 

Le collectif « Taxi-vert » a saisi la justice pour bannir UberPop et UberX. Cette action est soutenue par la Fédération Belge des Taxis, qui trouve que les chauffeurs Uber auraient dû travailler sous licence de Taxi. La fédération a mis énormément de pression sur ce dossier. En effet, l’arrivée de Uber a perturbé le marché sur de nombreux points. L’entreprise ne respecte pas totalement la réglementation, comme les licences de Taxi qui ne sont pas appliquées par le service privé. Malgré tout, la décision prise contre les LVC se base sur une réglementation obsolète. Celle-ci devait être réformée par le gouvernement bruxellois au cours des sept dernières années. Selon l’opposition, le gouvernement bruxellois de Rudi Vervoort, et surtout le PS, sont responsables de cette situation. Le cdH et le MR ont dénoncé le manque d’investissements du gouvernement dans ce secteur et veulent les mêmes règles pour tous.

 

 

Mais la bataille n’est pas perdue et l’action de Défi, Groen, One.brussels et Open VLD, qui ont déposé une proposition d’ordonnance, ont permis une reprise d’Uber au sein de la capitale. Il ne faut pas oublier le MR qui a soutenu cette proposition et qui demandait une réforme de cette réglementation qui n’était plus à jour.

 

Malheureusement, la Fédération des Taxis va demander une action en justice contre le retour d’Uber. Elle trouve le retour du service injuste et s’y oppose fermement. De plus, la proposition d’ordonnance, dite « sparadrap » ne rassure pas tout le monde, surtout du côté des taxis. Le chemin vers un transport rémunéré de personnes plus juste est encore long, mais c’est en agissant de manière concrète, et dans l’intérêt de chaque travailleur, que le gouvernement bruxellois pourra apaiser les tensions et offrir un service de qualité, aussi bien pour les usagers, que pour les chauffeurs.

Crise à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie

Résumé de la situation :

 

La crise migratoire qui touche en ce moment la frontière de l’est de l’Europe et plus précisément la frontière entre la Pologne et la Biélorussie a vu le jour en août de cette année. Un grand nombre de migrants, issus principalement du Proche-Orient, se retrouvent coincés entre les deux pays. Le gouvernement biélorusse a délivré des visas aux personnes désireuses de venir en Europe en leur promettant un passage plus aisé vers l’Union européenne à travers la frontière polonaise. La Pologne, étant membre de l’Union européenne depuis 2004, protège la frontière européenne contre l’afflux illégal de migrants orchestré par le régime de Loukachenko.

 La communauté internationale ne tarde pas à s’exprimer sur cette crise : Porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price : « Les Etats-Unis condamnent fermement l’exploitation politique et la coercition de personnes vulnérables par le régime de Loukachenko ainsi que l’inhumaine organisation d’une immigration illégale en dehors de ses frontières ». Porte-parole du Gouvernement français, Gabriel Attal : « Il faut qualifier les choses : ce que fait le régime biélorusse s’appelle tout simplement du trafic d’êtres humains ».

 

 

Qu’en est-il des sanctions à l’encontre de la Biélorussie ?

 

 

La Biélorussie est déjà visée par des séries de sanctions de la part du Conseil européen entre autres pour le caractère frauduleux de l’élection présidentielle organisée en août 2020, pour les actes d’intimidation et de répression violente commis contre des membres de l’opposition et des journalistes, pour l’atterrissage forcé du vol de Ryanair à Minsk il y a peu. La dernière série de sanctions, qui a été mise en place par le Conseil européen le 2 décembre dernier, a vu le jour à la suite des violations à l’encontre des droits de l’homme et de l’instrumentalisation des migrants à la frontière européenne de l’est. Cette cinquième série de sanctions intervient à l’échelle des membres du pouvoir judiciaire biélorusse, des canaux de propagande qui jouent un rôle dans la répression de l’opposition démocratique, des médias indépendants et des journalistes. Qui plus est, l’Union européenne n’est pas seule à implémenter des sanctions contre le régime de Loukachenko, puisque Londres, Washington et Ottawa se sont joints à ses côtés.

 

 


Comment les mesures restrictives sont-elles adoptées par le Conseil européen ?

 

La première étape implique le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (Josep Borrell depuis le 1er décembre 2019) qui fait une proposition de mesures restrictives au Conseil européen.

La deuxième étape, le Conseil européen réceptionne la proposition de mesures restrictives et l’adopte à l’unanimité. Dans le cas où le Conseil européen décide de mettre en place des sanctions économiques et financières à l’égard d’un pays (une action qui engage directement l’Union européenne), celles-ci devront être mises en œuvre par un règlement du Conseil.

 

Les sanctions sont-elles un bon moyen de pression ?


La mise en place des mesures restrictives par le Conseil européen à l’égard d’un pays qui ne respecte pas les valeurs prônées par l’Union européenne a pour but de montrer son désaccord avec les actions faites par celui-ci et surtout protéger les droits humains qui sont au fondement des valeurs de l’UE. L’Union européenne emploie ce moyen de pression en dernier recours lorsqu’une violation des droits humains est constatée. La crise migratoire à la frontière polonaise et biélorusse démontre un dysfonctionnement de ces mesures restrictives. Le régime biélorusse ne prend pas peur à l’égard de ces mesures. Au contraire, il retourne la situation et il exerce lui-même une pression importante à l’égard de l’Union européenne.

La FEF, monopole de la représentativité étudiante… ou pas!

Par Simon Liegeois et Wiktoria Ewa Wojslawowicz

Le lundi 1 novembre, nous apprenions avec stupéfaction certes, mais beaucoup de satisfaction, la désaffiliation du Bureau des Étudiants Administrateurs (BEA), conseil étudiant de l’ULB, de la Fédération des Étudiants Francophones (FEF). Si cette décision a pu s’avérer surprenante pour de nombreux étudiants, elle résulte néanmoins d’un système de représentativité dépassé, voire sclérosé au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Qu’en est-il réellement ?

Comment fonctionnent les conseils étudiants et les organisations représentatives communautaires dans l’enseignement supérieur ?

 

Pour comprendre l’enjeu d’une telle décision de désaffiliation de la FEF, il est important d’expliquer pour commencer le fonctionnement d’un conseil étudiant et d’une organisation représentative communautaire (ORC), ainsi que le rôle de ces instances dans la représentativité des étudiants de l’enseignement supérieur.

D’une part, le conseil étudiant est une instance présente dans chaque établissement supérieur. Pour qu’il puisse opérer, il doit se composer d’au moins sept membres élus lors des élections pour lesquelles les étudiants de l’université sont invités à voter. Parmi les sept membres élus, chaque faculté ou domaine d’étude devra avoir un représentant.

Ainsi, ces élections estudiantines mènent à la réunion des étudiants de première année jusqu’à la troisième année du bachelier autour du conseil étudiant. Dans le cas d’une démission d’un membre, celui-ci est remplacé par son suppléant. Si l’un des étudiants membre du conseil perd sa qualité d’étudiant régulièrement inscrit, il sera automatiquement considéré comme étant démissionnaire. En pratique, le conseil étudiant doit communiquer la liste des représentants tant effectifs que suppléants à l’établissement d’enseignement supérieur au sein duquel il opère.

D’une autre part, les ORC agissent en tant qu’organisations représentatives des étudiants à l’échelle communautaire. Une ORC s’assure à représenter tous les étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en veillant à défendre et à promouvoir leurs intérêts, mais également, comme des associations telles Jeunes MR aspirent à le faire, de former des CRACS (Citoyens Responsables, Actifs, Critiques et Solidaires).

Les conseils étudiants dans les universités peuvent faire le choix de s’affilier à une ORC ou de garder leur indépendance. Pour qu’une ORC puisse exister, elle doit disposer de statuts qui respectent le décret et garantir le pluralisme politique et philosophique au sein de sa structure. Elle doit également représenter au moins 15% des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur, et ce, dans au moins trois provinces. Si un conseil étudiant décide de s’affilier

Rétrospective sur la FEF et l’Unécof

 

La FEF a été créée en 1973 afin de représenter les étudiants francophones de Belgique. L’Unécof est quant à elle, née en 1996, et issue du Bureau des étudiants administrateurs de l’ULB, du Conseil des étudiants de la Haute École Francisco Ferrer et des étudiants de la Haute École Robert Schuman. À l’époque, elle se revendiquait pluraliste et représentative du monde étudiant dans toute sa diversité.

Lorsque le décret participation a été signé en 2012, la FEF (Fédération des Étudiants Francophones) et l’Unécof (Union des Étudiants de la Communauté française) étaient les deux organisations majeures qui représentaient les étudiants au sein de la Communauté française (actuelle Fédération Wallonie-Bruxelles). Bien qu’une collaboration entre les deux organisations aurait pu sembler alléchante, celles-ci nont pas toujours privilégié les mêmes moyens afin de défendre les intérêts des étudiants.  En ce sens, la FEF s’est vue reprocher des méthodes militantes contreproductives sur des dossiers clés, mais également, sa proximité avec le PTB et les jeunesses militantes communistes telles le COMAC. À titre d’exemple, le président du parlement interne de la FEF a été contraint en 2011 de démissionner car celui-ci exerçait un autre mandat pour le PTB.

L’Unécof, quant à elle, ne parvenait pas à représenter suffisamment d’étudiants en plus d’endosser un double rôle lourd à porter. En effet, celle-ci, en plus de son statut d’ORC était également reconnue comme OJ (Organisation de Jeunesse). Ce poids l’a finalement conduite vers sa fin en 2019, laissant la FEF seule pour défendre les intérêts des étudiants.

Où est la place du libéralisme ?

 

Bien que la FEF ait mis en place de nouvelles règles, notamment l’interdiction pour leurs représentants de cumuler des responsabilités avec un parti politique, ou encore de se présenter à des élections, le manque de pluralité et de représentativité ainsi que l’utilisation de moyens ne prenant pas en compte les diverses sensibilités, orientations philosophiques et politiques des étudiants, lui ont été reprochés de plus en plus au fil des années.

Si certains se sont étonnés de la décision du BEA de l’ULB de quitter la FEF, cette initiative du conseil étudiant de l’université s’inscrit pourtant dans un contexte plus large et complexe, laissant entrevoir un dysfonctionnement au sein de sa structure interne. Le manque de représentativité, ainsi que le manque de neutralité sont les points ayant mené vers la fin de collaboration avec celle-ci. Pourtant, la nécessité de rester fidèle avec sa vocation principale, qui est celle de représenter l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur, n’a pas pour autant mis en exergue pour la FEF l’indispensabilité d’un discours davantage neutre et inclusif de toutes les orientations philosophiques et politiques qu’elle entend ironiquement défendre. L’hypocrisie est épinglée.

Cette problématique n’est pourtant pas récente. Les deux points abordés ci-dessus ont effectivement été recensés quelques années après la création de la FEF (1973).  Il va sans dire qu’au sein des différentes hautes-écoles et universités du royaume, les étudiants ne partagent pas une seule orientation politique, qui est dans ce cas, celle orientée à gauche. Le manque d’anticipation et de compréhension du besoin de représentativité de la moitié du spectre philosophique et politique des étudiants qu’elle représente se retrouve en ce sens au centre de cette dernière décision ayant secoué le paysage estudiantin. 


 

EN RÉSUMÉ…

Si la FEF se targue souvent d’être le seul organisme représentatif à faire porter la voix des étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles, nous remarquons surtout que leur système est usagé. Le spectre militant d’extrême-gauche n’inclut à fortiori pas l’ensemble des étudiants, ni les moyens employés pour parvenir à ses fins, tandis qu’ils se sont vus reprocher à de nombreuses reprises leur manque de travail et de nuance sur le fond de dossiers clés. Le monopole de la représentativité n’existe pas et la ligne militante de la FEF se fait surtout remarquer dans sa manière de communiquer : on ne retrouve ni débat, ni construction dans leur manière d’agir, car la place du débat n’existe pas au fondement-même de l’organisation

« Congo-Hold-Up » : un détournement massif

Par Frédéric Steenhout, journaliste

L’annonce tombe comme un véritable coup de massue. L’ex-président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, est accusé d’avoir détourné 138 millions de dollars.

Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, est accusé, lui et ses proches, d’avoir détourné plusieurs centaines de millions de dollars en utilisant des entreprises personnelles. En effet, une enquête réalisée par plusieurs associations journalistiques et cinq ONG luttant contre la corruption a démontré, en se basant sur l’analyse de plusieurs millions de documents, un détournement massif de la part de l’ex-dirigeant de 2013 jusqu’à 2018.

L’enquête, nommée « Congo-Hold-Up », a pu retracer le circuit du détournement et ses bénéficiaires. C’est un scandale pour plusieurs institutions et entreprises publiques. La Banque centrale, l’entreprise minière nationale « Gécamine » ainsi que le Fond national d’entretien routier ont été victimes de cette malversation. Ces dernières, ont été victimes d’une taxe appliquée par Joseph Kabila. D’un côté, la société minière nationale « Gécamine », créée en 1967, représente à elle seule, l’une des parts les plus importantes pour les revenus congolais. Ses activités sont concentrées sur l’exploitation minière dans le Katanga et participent activement à la vie sociale du pays. En effet, l’entreprise possède des infrastructures médicales et scolaires, des activités agricoles et elle investit dans le sport. Celle société représente une importance capitale pour la vie de nombreux congolais. De l’autre côté, le Fond national d’entretien routier, qui génère plusieurs centaines de millions en taxant le carburant, permet de réhabiliter le réseau routier du pays. L’économie locale dépend de ce fond. Ce dernier génère, pendant que les chantiers opèrent, de l’emploi massif.

Malheureusement, c’est le peuple congolais qui en souffre puisque les recettes de l’État devraient servir au développement du pays et non à l’enrichissement de la classe politique. La République démocratique du Congo possède l’une des populations les plus pauvres du monde et l’instabilité règne dans l’Est du pays, où la guerre continue depuis des années. Selon les estimations de la Banque mondiale, 73% de la population, soit 60 millions de personnes, vivent sous le seuil de pauvreté et le gouvernement doit faire face à des problèmes budgétaires. Il va sans dire que cet argent aurait pu aider grandement le pays. En effet, la modernisation et la création de nouvelles infrastructures, l’amélioration des axes de communication ou encore l’investissement dans l’enseignement en sont des exemples pourtant pressants.

À la suite de cette affaire, notre Premier ministre, Alexander de Croo, a rappelé la position de la Belgique dans la lutte contre la corruption. À ce stade, il n’est possible que d’espérer que les résultats mis en avant par l’enquête puissent aider le nouveau gouvernement dirigé par Félix Tshisekedi dans la lutte anti-corruption qui touche profondément l’ensemble du pays. Ce dernier a promis de lutter contre ce problème, mais pour l’instant, rappelons que chaque année, ce sont 15 à 20 milliards de dollars perdus. La République démocratique du Congo est un pays en voie de développement avec un potentiel économique conséquent dans l’attente de s’épanouir, mais pourtant, cette perte d’argent représente un frein significatif pour sa croissance.

Actuellement, l’ex-président Joseph Kabila réfute cette enquête et appelle le peuple congolais à ne pas croire des affirmations qu’il qualifie comme étant fausses et à cette tentative de décrédibilisation. Une information judiciaire a été lancée à son encontre.